Le 07.06.18 Par Anne

Scandale : Les sponsors surfent sur le diktat de la beauté, snobant les athlètes pas assez sexy

C’est Naïk Nann’s sur Facebook qui m’a envoyé un message pour attirer mon attention sur ce scandale, suite à un article lu dans l’express sur une surfeuse pas assez “canon” pour les sponsors.
Le monde du sport a perdu ses valeurs, à l’heure du body positivisme c’est bien triste.
Quand il faut ressembler à un cliché pour poursuivre sa carrière, on a de quoi penser que le monde va de travers.

Là où on devrait applaudir les résultats, l’effort, l’agilité, la performance… même en gagnant, on n’est pas reconnue, car il semble plus important de ressembler au cliché de la blonde aux yeux bleus, minces, longilignes et musclés si on veut réussir que d’être la première dans les compétitions.
Les critères d’exclusion vont bien au de la du tour de taille ou de la santé supposée.

Connaissez-vous Silvana Lima ?
C’est une surfeuse, 8 fois championne du Brésil et deux fois vice-championne du monde, elle est Brésilienne et si vous n’avez pas entendu parlé d’elle c’est que les sponsors la boude car elle n’a pas le physique mannequin !

Alors vous me direz, les sponsors c’est juste de la pub, qu’elle continue à faire son sport et qu’ils aillent se ******.
Oui sauf que pour faire des compétitions, il faut avoir un budget qui permet de payer pour les déplacements, et sans sponsor ce n’est pas facile.

Dans un monde à peu près logique, un sportif ou une sportive qui gagne se retrouve non seulement avec des marques qui veulent être associer à son image et qui ainsi lui permettre de financer sa carrière, et aussi pour les sports les plus populaires, parachuter dans des campagnes publicitaires.

Je me souviens encore des campagnes avec la championne Jenna de Rosnay, dans les années 80, qui a fait les couvertures de Wind (magazine de planche à voir le et fun board), Madame Figaro, on la voyait sur les plateaux télé, elle a même eu sa ligne de maillot de bain, tiens c’est encore une blonde longiligne.

Même lorsqu’on cherche le mot “surfeuse” sur Google, ce qui ressort ce sont des listes de surfeuses sexy, comme on peut s’y attendre, elles ont la plupart du temps un physique de mannequin, souvent blonde, toujours fine.

Aujourd’hui, on voit des surfeuses comme Alejandra Guilmant poser en lingerie et presque nues pour Esquire, ce n’est pas la seule et ce n’est pas nouveau.

La preuve est faite, il est plus important de montrer ses fesses et d’avoir le style mannequin, que de gagner réellement des championnats et de promouvoir les valeurs du sport.
Pas de quoi s’étonner que les gens fassent des réflexions basées sur le physique avant tout au lieu de se reconnaître la valeur d’une personne et de ses actions.

Il y a vraiment de quoi se demander, encore, si il est plus important de vendre du sexe ou de mettre en avant des valeurs de travail, d’effort et de dépassement de soi auprès de nos jeunes générations.

Concernant Silvana Lima, elle a fini par trouver des sponsors qui croient en elle en 2015, un opérateur téléphonique et un fournisseur de gaz, ce n’est pas glamour, mais cela paie les factures,
En avril 2018, Silvana est devenue la première athlète sponsorisée par une marque de cryptomonnaie, on sait où trouver les personnes avec de la vision n’est-ce pas !

Malheureusement Silvana n’est pas la seule à être victime de cette discrimination au physique, et beaucoup d’autres athlètes comme elle ont du mal à poursuivre leur carrière parce qu’elles sont des sportives et pas des mannequins.

Message aux marques, vous qui vendez du rêve, des destinations de vacances, des maillots de bain, des produits pour la peau, des vêtements de sport, des chaussures de sport, et vous aussi les médias, qui parlez des sportifs, peu importe qu’ils soient sexy ou non, mais laisser de côté les sportives comme Silvana.
Il est temps de changer votre fusil d’épaule, de rejoindre le rang de ceux qui ont des valeurs, mettent en avant des modèles à suivre, des personnalités et pas justes de jolies fesses et des cheveux blonds.

Nous sommes tous responsables dans cette dérive du diktat de la beauté, dans cette ambiance qui fait que les gens pensent qu’avoir un ventre plat ou un espace entre les cuisses et plus important que ce que l’on fait vraiment de sa vie.