L’estime de soi, cette bête curieuse.
Qu’est ce que l’estime de soi, et surtout qu’est-ce qui l’influence puisqu’il apparait évident que cette manière de se percevoir va totalement changer notre façon d’être.
«L’estime de soi est faite de quatre composantes: le sentiment de confiance, la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance à un groupe et le sentiment de compétence. Le sentiment de confiance est préalable à l’estime de soi. En effet, il faut d’abord le ressentir et le vivre afin d’être disponible pour réaliser des apprentissages qui vont nourrir l’estime de soi. Il en va autrement des trois autres composantes. On peut stimuler la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance et le sentiment de compétence à chaque stade du développement, à chaque période de la vie, par des attitudes éducatives adéquates et des moyens concrets. Il faut donc accorder une importance toute spéciale à la sécurité et à la confiance.»
GERMAIN DUCLOS, L’estime de soi un passeport pour la vie. Édition Le magazine et l’Hôpital Ste-Justine, collection Parents, 2000, 115 p.
Commençons donc par le commencement : le soi.
Le soi est l’ensemble des caractéristiques individuelles qui font qu’un individu est semblable aux autres ou différent d’eux : il est façonné par l’environnement. Ce soi comporte 3 dimensions:
1. Le concept de soi qui est l’ensemble des croyances que nous entretenons à propos de nous-même.
Les schémas de soi sont des généralisations cognitives dérivées de l’expérience passée.
Ces schémas organisent et orientent le traitement de l’information reliée au soi contenue dans nos expériences sociales, car nous avons besoin d’un concept de soi stable ce qui nous amène à réinterpréter les informations afin qu’elles correspondent à l’idée que nous nous faisons de nous-même. Il est à remarquer que ce besoin de confirmation de soi englobe également les aspects négatifs. Nous préférons créer un monde prévisible même s’il nous déplait !
2. L’estime de soi qui est l’évaluation que nous faisons de nos caractéristiques propres. Une image de soi trop négative peut nuire à l’adaptation sociale, c’est pourquoi nous utilisons des biais (déformation de l’information pour sauver l’estime de soi).
Voici quelques traits :
le biais de surévaluation systématique de nos aptitudes générales, le biais de fausse unicité (nous amène à considérer comme exceptionnels nos attributs positifs), le biais de faux consensus (nous amène à considérer comme très répandus nos attributs négatifs), le biais égocentrique (nous amène à exagérer dans nos souvenirs le part que nous avons pris à des activités collectives), le biais de complaisance (nous amène à attribuer nos succès à des dispositions internes et nos échecs aux circonstances extérieures), …
Ces biais, nous les utilisons évidemment inconsciemment, sinon ils ne parviendraient pas à augmenter notre estime de soi.
Une déficience d’utilisation des biais entraînera un état dépressif plus ou moins marqué selon la gravité du “trouble des biais”. Seules les personnes modérément dépressives (=dépressives très légères) ont une vision adéquate de la réalité.
Les dépressifs profonds font tout dans l’autre sens et ça contribue encore plus à les enfoncer bien évidemment…
3. La présentation de soi qui est constituée par l’ensemble des comportements que nous mettons en oeuvre pour déterminer l’image que nous présentons aux autres.
Nous avons donc tendance à fréquenter des personnes qui nous renvoient une image positive de nous-même. Il nous arrive même d’utiliser le handicap intentionnel pour nous préserver aux yeux d’autrui.
Le handicap intentionnel est une stratégie par laquelle on explique à l’avance un échec en faisant appel à des circonstances externes plutôt qu’internes. Ce serait le cas de l’étudiant qui va faire la fête la veille de son examen parce qu’il a peur de l’échec; il explique ainsi d’avance son échec par la fête plutôt que par son incapacité à réussir le cours. Plus proche du sujet du forum ce serait le cas de la ronde qui cherche absolument des explications physiologiques (hormones déréglées ou autres problèmes de santé) ou psychologiques (traumatismes) à son surpoids et qui n’en trouvant pas réellement continue à chercher ou à se persuader qu’elle possède l’un de ses troubles. Attention je n’avance pas là que la personne ment ou quoi que ce soit… d’ailleurs il est très rare qu’elle se rende compte qu’elle se trompe elle-même.
Les sources de la connaissance de soi :
Là, je suis sure que l’énumération vous a fait penser à ce que vous vivez tous les jours ;) La famille, le partenaire, les média,…
Cela prouve quand même une chose tout ça : Il ne faut pas avoir honte de notre influencabilité.
Nous sommes humains, et si nous avons suivi le train à un moment, et si nous le suivons toujours il ne faut pas culpabiliser.
Par contre cela permet aussi de se rendre compte que nous avons la possibilité d’agir, d’observer comment nous fonctionnons et pourquoi nous fonctionnons ainsi.
Oui mais à quoi ça va me servir tout ça, vous dites-vous? A apprendre à nous aimer si ce n’est déjà fait ;) A nous rendre compte que nous valons tout autant que les autres, que nous sommes tous dans la même galère :P
Bonne route à tous! Que vous cherchiez encore ou que vous poursuiviez votre route vers une estime postive de vous même :)
Quelques exercies pour vous aider à retrouver votre estime :
D’autres articles : Comment développer l’estime de soi – L’estime de soi : un préalable à la transformation ?
Quelques livres :
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