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Un conte de faits

3.24.2007 - Une chance d'être soi ...

Allez savoir pourquoi, ce soir, après des mois de silence, j'ai envie ou besoin de laisser un petit mot ici.
Journée éreintente, semaine épuisante, mois pénible.
Me voilà affalée sur mon fauteuil, lamentablement vautrée devant mon pc. Les minutes défilent et je pense, je pense, je pense, incapable de trouver le moindre courage pour faire autre chose.
Je pense à combien il est injuste parfois ce regard des autres, celui qui condamne d'un simple clignement de cil et qui anéantit en un bref coup de vent, les pilliers qui érigent votre existance.

Tout est parti d'une conversation anodine au travail, d'une fille aux cheveux longs passée dans mon bureau et qui me souffle avec sourire et une pointe d'amerturme son desarroi vis à vis de la gente masculine. Elle a 27 ans, des formes généreuses et toujours un sourire aux lèvres. Et sans vraiment la connaître, je lui trouve beaucoup de charme, assez pour avoir envie d'apprendre à la connaître en dehors du travail. Et ses mots qu'elle a laché sans même prendre conscience de leur impact, m'ont renvoyé à quelques mois auparavant.
"J'en suis à un stade où ce n'est plus moi qui choisit. J'attends qu'on veuille de moi."
Et je me replonge dans mes propres craintes d'avant, ce moment où on se résigne à prendre pour compagnon celui qui voudra de nous, en espérant que ça puisse combler nos attentes et au pire, s'en accomoder.
Je comprends son mélange d'amerture et de rancoeur, même s'il ne devrait plus me concerner. Mais à la vérité, je ne peux me mentir. Si mon chéri me quitte... qui voudra de moi?
Et je la vois, elle, si pleine de vie, tellement plus que ces bimbos au sourire peint et à la manucure parfaite, le ventre toujours serré et la poitrine en avant.
Et je me demande: "pourquoi les gens sont autant aveugles aux évidences qu'ils ont sous le nez?"
Et de fil en aiguille, je diverge, je pense, je divague et je pense à mon lenzo et à la solitude si désarmante qu'il renvoit, à l'image de cette fille, pourtant si méritante d'amour.
Lenzo, que je ressens parfois comme ayant tant à donner à qui voudra s'en rendre compte, tant de tendresse, maladroite sans doute de n'avoir jamais pu s'exprimer à sa guise.

Dans mes grands moments d'ancienne détresse, il me plaisait de répêter cette phrase, peut être pour me sentir un peu plus "humaine":
"il n'ait rien de plus touchant que la beauté qui s'ignore, si ce n'est la laideur qui se sait."
Et dans mon esprit naïf et candide, je ne pouvais que m'imaginer un être laid se transformer par cette persception de sa propre laideur en quelque chose qui devenait étrangement un être attirable par cette sensibilité qu'il dégageait. Et en me transposant dans ce rôle, j'arrivais à m'en trouver moins detestable.
Mais moi j'ai eu la chance de pouvoir trouver quelqu'un qui m'a permis de pouvoir être moi au delà de la chair.
Et comme j'aimerais que d'autres puissent à leur tour donner une chance à cette fille aux longs cheveux ou à Lenzo l'apprenti romancier, car je suis persuadée que les plus chanceux du lot ne seront pas forcément ceux que l'on croit!

 


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