1.6.2008 - L'Elégance du hérisson
Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de vous faire partager une de mes lectures. L'Elégance du hérisson est un roman dont j'avais entendu parler au travail. Je l'avais oublié, puis au détour d'une visite en librairie, il m'a bondi dessus alors que je venais chercher tout à fait autre chose. Je l'ai acheté.
Je l'ai commencé hier soir en allant me coucher. Autant vous le dire tout de suite, à part pour les insomniaques chroniques, deux heures du matin n'est pas une bonne heure pour commencer cette lecture. En effet, pour qui est, comme moi, habitué au style standardisé, simple et sans fioritures des romans policiers, l'Elégance du hérisson est d'un abord un peu difficile.
J'en ai lu trois chapitres, avant de me résoudre à dormir en me disant "Mouais... Trop compliqué, trop philosophique, trop tout!" Ce matin, je me suis dit que j'allais lui laisser encore une chance, à ce roman... Et j'ai bien fait!
Une fois qu'on a passé la barrière du style, que j'ai trouvé un peu ampoulé et parfois pompeux, mais bien maîtrisé et servant parfaitement le propos, l'ouvrage est magnifique. Je viens de le terminer, et je ne l'ai pas lâché une seconde.
J'ai eu des fous rires comme très rarement avec un livre, des petites phrases dont l'ironie à froid, et pourtant très tendre, ne peut que vous faire cet effet-là.
J'ai pleuré, en lisant d'autres petites phrases si parfaites, si tellement peu écrites dans ce but-là, et si justes...
Ce livre, c'est vraiment une perle de littérature, un bonheur de lecture, et quelques miettes d'espoir dans un grand désespoir...
Je vous livre le quatrième de couverture:
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai."
L'Elégance du Hérisson, Gallimard, 2006
Prix des Libraires 2007
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