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Des bouts de vie.

Soulagement?23/9/2006

Je suis épatée par la fait que tu aies lu le pavé précédent, Darkginger

 

Aujourd'hui, je pense que ça va mieux pour ma part. Je m'assume mieux, je peux trouver des fringues dans lesquels je rentre dedans au rayon femme de beaucoup de magasins "généraux" comme Kiabi, La halle aux vêtements, sur le net, etc, je plais à mon homme (Il y a quelques années, tu m'aurais prédit la vie que j'ai aujourd'hui, je t'aurais balancé des cacahuettes  ) et on ne me fait plus autant de remarques que par le passé, peut être parce que j'ai moins l'air d'une victime, peut être parce que je ne regarde plus les gens, que je n'ai plus ni le temps ni l'envie d'essayer d'interpreter leurs pensées, ou tout simplement parce que ces remarques ne me touchent plus.

En plus, plus je vieillis, plus les nanas fils de fer de quand j'étais ado grossissent. Moi, je ne bouge pas, voir je maigris, elles, elles s'épaississent, elles ont moins envie de me critiquer aujourd'hui...

 

Par VLR, par les discussions qu'on peut avoir, je ne me rend compte que maintenant de la "portée" de ce que j'ai vécu, de combien ça a influé sur ma vie.
Aujourd'hui, j'ai parfois l'impression d'être comme ces gens qu'on a amputé d'un membre, et qui se plaignent que ce membre les démange. Leur bras, ou jambe n'existe plus d'un point de vue pratique, pourtant, il est toujours dérangeant, toujours présent.

 

J'ai l'impression d'avoir retenu pendant des années toute ma douleur, toutes mes peurs, toute ma solitude, et aujourd'hui, je trouve un endroit sur le net où pouvoir me libérer de tout ça. Et même si aujourd'hui mon poids et mon apparence me font souffrir 10000 fois moins que quand j'étais étudiante, j'éprouve un soulagement monstrueux et auquel je ne m'attendais pas à venir sur VLR m'en délivrer.

 

Je pense que j'avais construit une mega carapace, toute la saleté s'était accumulé derrière, et là, je fais le nettoyage de printemps.

 

Et je ne peux faire ce nettoyage qu'à l'aide de personnes qui ont vécu la même chose que moi: il y a tellement de choses à nettoyer, que je ne saurais pas par où commencer ni comment procéder.

Puis c'est vrai qu'aujourd'hui, je m'assume plutot bien à mon gout, même si il y a encore des choses à améliorer, mais on ne peut effacer des années de culpabilisation et de repli sur soi en quelques mois. J'ai passé la majeure partie de ma vie en culpabilisant d'être ce que j'étais, aujourd'hui, je n'ai pas de problème majeur, j'arrive à assumer, mais est-ce que le jour où un pépin me tombera dessus, je ne reprendrais pas le chemin si habituel et connu de l'obsession du poids?

 

Ma mère s'est gentiment moquée de moi un jour que je tentais de lui parler de mes souffrances de quand j'étais adolescente. Elle m'a sorti que j'exagérais, que j'affabulais complétement, et que fallait pas raconter des trucs comme ça qu'on allait finir par prendre mes parents pour des tortionnaires.

Elle était sincère. Et elle m'a dit: "on a surement fait des erreurs avec ton père sur certaines choses, mais que veux-tu qu'on y fasse aujourd'hui? tu voudrais que je fasse quoi, là?" Sur le coup, je n'ai pas su quoi répondre: à quoi bon? c'est vrai, ça, pourquoi en parler? Bien justement, pour sentir une reconnaissance, pour me libérer de ce poids, pour ne pas que je continue à croire que tout était de ma faute, et pire, que je ne suis qu'une égoiste qui a eu une vie parfaitement heureuse et qui se plaint pour des broutilles alors qu'il y a des gens qui souffrent "vraiment" dans ce monde.

Sur le forum, des gens nous disent: "oui, moi pareil". "Oui, il m'est arrivé la même chose, c'est inadmissible". etc. Et ça rebooste un peu de voir que ça n'est pas moi qui ai mal interprété ou qui suis fautive, mais que c'est réel et que beaucoup d'autres l'ont vécu, que je ne suis ni folle, ni une personne méprisable et immature.

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Commentaire sans titre25/9/2006
"Je suis épatée par la fait que tu aies lu le pavé précédent, Darkginger"
En tant que spécialiste des pavé, je n'ai aucun problème à lire ceux des autres. :D

"Aujourd'hui, je pense que ça va mieux pour ma part. Je m'assume mieux […] vêtements, sur le net, etc,"
Idem de mon coté, j'ai des fringues qui me vont, qui sont près du corps sans pour autant me mouler, des fringues féminins me mettant en valeur. Chose que je pensais impensable il n'y a pas deux ans.

"je plais à mon homme […], elles ont moins envie de me critiquer aujourd'hui..."
Pour tous l'adolescence c'est dur, ce corps qui change qui grandit, on devient hyper sensible et complexé. Le pire c'est de se dire que nos "tortionnaires" le faisaient car elles ne se supportaient pas elles non plus…
Et l'age aidant on admet notre corps, mais certaines mentalité font que l'on ne supporte pas la difformité des corps, l'obèse même adulte reste alors un sujet de moquerie, il ne rentre pas dans le moule. Seulement les petites minettes de 14ans qui rentraient dans du 8ans l'age aidant elles se privent pour garder leur 38 ou bien elle grossissent désespérément… Elles ont fait attention toute leur adolescence, leurs corps se vengent. C'est triste pour elles je trouve.
A force d'être le souffre douleur de ma classe durant mon collège je peux maintenant témoigner que le dicton: "ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort" est véridique, après des années passées au fond du gouffre, sans sorties entre amis, sans rien dans ma vie bah je bossais a l'école j'ai pu aller ou je le voulais, choisir mes études pour m'orienter vers ce que j'aime, réussir mes études…
Contrairement a certaines des populaires qui maintenant passent mes articles devant un scanner à carrefour… Je trouve cela triste.

"Par VLR, […], il est toujours dérangeant, toujours présent."
Re-idem, grâce a VLR je suis moins paranoïaque, les gens qui me regardent ne le font pas spécialement en se disant "tiens une grosse", les vendeuses des magasins ne sont pas toutes des sadiques, mijaurées et médisantes… Je sais que je peux plaire, je sais que je peux me vêtir, que je peux exister, j'ai réussis a retourner nager grâce à VLR, je suis souvent en jupe, je montre mes bras, mes mollets… pourtant mon poids est toujours là, toujours présent…

"J'ai l'impression d'avoir […], que je ne saurais pas par où commencer ni comment procéder. "
Le fait de ne plus se sentir seul au monde, incompris, le fait de ne plus être isolé dans son coin à faire son calimero mais calimeroter en groupe aide oui. On trouve des gens qui comme nous ont les mêmes problèmes, qui comme nous ont les mêmes envies, les mêmes désirs et qui comme nous veulent être traités en humain et pas en bœuf.

"Puis c'est vrai qu'aujourd'hui, je m'assume plutot bien à mon gout, même si il y a encore des choses à améliorer, mais on ne peut effacer des années de culpabilisation et de repli sur soi en quelques mois. J'ai passé la majeure partie de ma vie en culpabilisant d'être ce que j'étais, aujourd'hui, je n'ai pas de problème majeur, j'arrive à assumer, mais est-ce que le jour où un pépin me tombera dessus, je ne reprendrais pas le chemin si habituel et connu de l'obsession du poids?"
J'ai eut cette même pensée, quasiment mot pour mots il y a quelques mois, j'ai passé des semaines a tourner et retourner cette pensées dans ma tête, j'ai écrit sur mon blog mon ressentis, j'ai mis au clair mes sentiments en mots… je me suis rendues compte que je m'en étais sortie. J'ai pus le tester récemment, à la moindre contrariété avant je faisais crise de migraine + crise d'hyperphagie, plus maintenant. Les migraine restent en revanche, mais plus systématiquement à chaque contrariété.
J'attends quelque chose de capital pour mon avenir en ce moment, je stresse a mort, avant je me serais ruée sur la bouffe, là nan, mon poids je m'en moque. Je fait encore des crises d'hyperphagie mais plus lié au sentiment, plus au fait que : "oh un paquet de curly's là sous mes yeux"

"Ma mère s'est gentiment moquée de moi un jour que je tentais de lui parler de mes souffrances de quand j'étais adolescente. […] Et ça rebooste un peu de voir que ça n'est pas moi qui ai mal interprété ou qui suis fautive, mais que c'est réel et que beaucoup d'autres l'ont vécu, que je ne suis ni folle, ni une personne méprisable et immature."
Oui personnellement je nomme ceci l'effet de meute, je considère vraiment VLR comme une meute ou les gens se comprennent, se soutiennent probablement plus que s'il habitaient le même palier… Ils sont humains tout simplement et cela fait chaud au cœur que de voir que oui nous sommes humains et non pas des aberrations physiques.

Posted by Dark.Ginger

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