Dans ma précédente note, je faisais le bilan de ma première année en Allemagne. Dans l'ensemble, c'est que du positif malgré certains obstacles, mais nous avons pu les surmonter ensemble.
La barrière de la langue était un très gros frein dans mon intégration, mais j'ai pris le taureau par les cornes et maintenant je me débrouille. Au début, j'étais complètement larguée et maintenant, je peux tenir une conversation.
Le travail me manque par contre énormément, c'est une drogue pour moi, c'est ma passion. M'occuper des gens, être auprès d'eux, soigner. Bref, il me manque terriblement. Au début, je ne pouvais pas le pratiquer ici en raison de cette barrière de la langue, mais je fais tout pour y arriver. Seulement le temps file, cela fait un an déjà que je n'ai pas bossé dans ma branche. J'ai peur d'avoir perdu mes marques, ma technique. Bref, j'ai la trouille. Pour l'instant, j'attend encore, j'ai déjà entrepris les démarches nécessaires pour un poste dans une clinique non loin de chez moi et j'espère que cela va aboutir. J'avais dit qu'au bout d'un an, si je ne trouvais pas une place d'infirmière ici, je retournerai quoiqu'il en soit en France au bout d'un an.
Seulement, la donne a changé. J'ai fait d'énormes efforts pour m'intégrer, construire ma vie ici auprès de zhom et cela serait bête de jeter l'éponge si près du but. De plus nous sommes mariés désormais. Si je pars zhom ne pourra pas me suivre, enfin pour l'instant. Il travaille sur un projet de recherche qui requière encore deux années de travail. Il s'est beaucoup impliqué dans ce projet, donc il ne peut pas planter sa boîte, bien qu'il serait prêt à le faire, mais je suis contre cette idée-là.
Si je n'obtiens pas de réponse favorable de la clinique je vais tenter ma chance dans une maison de retraite qui est en construction dans la ville d'à côté, qui sait ?
Si je n'obtiens rien, alors je m'en vais. Je quitte l'Allemagne pour de bon car c'est vital pour moi que de pratiquer mon métier. J'ai supporté un an sans être auprès des malades, je peux encore supporter quelques mois mais c'est tout.
J'ai mûrement réfléchi à cette idée, ce n'est pas une décison prise sur un coup de tête. Je suis prête à partir seule, à me reconstruire au niveau professionnel, à être entreprendre à nouveau toutes les démarches pour quitter le pays.
Je sais que je ne pourrai pas rester plus longtemps si je ne travaille pas dans ma branche, il en va de ma santé mentale.
J'aime trop mon métier, c'est viscéral, c'est comme si j'étais un oiseau à qui on aurait lié ses ailes juste avant de les couper.
Je ne veux pas baisser les bras alors que je suis si prêt du but, mais il faut savoir que j'ai tout fait pour y arriver, maintenant, il faut savoir si les circonstances de la vie vont me donner une chance dans ce pays sinon, je leur dis "Auf wierdersehen ! "
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