Miss Diongoma
Posté à 06:05, Mar. 31, 2006 dans Burn Baby Burn
Voici
un petit article savoureux sur le concours de beauté traditionnelle
organisé au Sénégal. Il ne s'agit pas d'être mince mais d'avoir des
formes ! Et beaucoup d'hommes, pas seulement en Afrique, adore cela...
J'espère que la référence à la femme "bonne maîtresse de maison" ne
fera pas grincer trop de dents. Je n'allais pas couper ce passage. En
tout cas ce n'est pas un critère pour moi.
Diongoma ou la beauté XL
mercredi
31 juillet 2002, par David Cadasse (Afrik.com)
Une
chute de rein et des rondeurs avantageuses, élégante, gracieuse, bonne
maîtresse de maison, la diongoma est l’idéal de la femme traditionnelle
sénégalaise. Parallèlement à l’élection des Miss, le Sénégal élit chaque année
sa diongoma nationale.
111 cm de tour de poitrine,
92 de tour de taille et 143 de tour de hanche, pied de nez au culte de la
minceur, les femmes fortes sénégalaises sont belles et attirantes. Avec leur
silhouette pour le moins épanouie, pour peu qu’elles cultivent leur élégance et
qu’elles affichent d’excellentes qualités de maîtresse de maison, on les
appelle les diongomas. Elles suscitent la jalousie des autres femmes et
plongent dans l’émoi une bonne partie de la gente masculine. A l’instar de Miss
Sénégal, elles disposent de leur propre concours national de beauté.
"La diongoma
représente la femme noire. De bonnes formes, une belle élégance dans ses habits
traditionnels, une démarche gracieuse, elle doit aussi être une bonne maîtresse
de maison", explique Oumi, 27 ans, qui avoue lui envier son physique.
"Oui il faut qu’elle ait une taille fine et de grosses fesses",
témoigne Marie-Jeanne, 30 ans, qui se décrit elle-même comme "une petite
diongoma".
Concours diongoma
Parce que les Miss Sénégal
ne rendaient pas compte de l’image de la vraie femme sénégalaise, le président
du comité national d’organisation de Miss Sénégal, Moïse Ambroise Gomis, décide
de lancer, en 1992, le premier concours diongoma. "Au début il s’agissait
d’un défilé de mode où les femmes devaient également rivaliser par leur
démarche. J’ai été surpris du succès," commente-t-il. L’événement est
devenu une véritable institution. Aujourd’hui, ce sont plus de 40 diongomas qui
se pressent aux portes du concours. Seules douze candidates seront
sélectionnées pour participer à la finale. "Il y a de grosses déceptions
puisque puisqu’elles représentent chacune leur quartier et ont chacune leurs
supporters."
Le concours est aussi
l’occasion pour les couturier de lancer les nouvelles modes et pour les
coiffeurs de montrer leur savoir-faire. Au cour de la soirée, les diongomas se
changent trois fois. Grand boubou, jupe pagne (appelé aussi taille basse,
ensemble deux pièces) et le ndokette (de la famille des boubous). Chaque
diongoma se soumet également à l’épreuve du foulard de tête, étoffe qu’elle
doit savoir nouer savamment sur sa coiffe devant les juges. Les dessins au
henné sur les mains, ainsi que des colliers de perles autour des hanches (les
dialis), sont autant de petites choses en plus qui peuvent contribuer à faire
la différence.
Le secret des parfums
Tout aussi important que
leur physique, les diongomas doivent séduire par leur thiouraye,
l’art de
l’encens pour embaumer les chambres et la maison. Elles expliquent à
tous leur
recette et offrent des échantillons au jury et dans la salle. "C’est
aussi un élément de séduction. Les diongomas savent comment retenir les
hommes", explique Moïse Ambroise Gomis. Billets d’avion, chambre à
coucher,
salon équipé, réfrigérateur et une somme pouvant aller jusqu’à 1,5
millions de
francs Cfa, la gagnante du concours est couverte de cadeaux et devient
une
célébrité.