9.19.2007 - "Lorsque manger remplace aimer"
C'est que je lis en ce moment. Je le lis doucement parce qu'il est assez difficile à lire. Difficile dans le sens où je suis amenée à réflechir sur certaines choses parfois douloureuses.
4e de couverture : "Manger jusqu'à en perdre la raison et toujours recommencer puisque c'est d'amour dont notre faim cherche à se rassasier. Enfants, nous nous sommes fixés sur cette manière de nous aimer pour survivre à des manques qui nus auraient dévorés. La nourriture est devenue une forme d'amour qui ne nous a jamais trahis. Mai elle n'est toujours qu'un substitut. Comme en témoine si clairement Geneen Roth, notre parcours de guérison ne passe ni par les régimes répétés ni par les actes volontaires. C'est en nous-mêmes qu'il faut revenir, en notre histoire et jusqu'en notre souffrance pour aller chercher nos raisons obstinées de manger plutôt que d'aimer. Cette régflexion confrontante touche tous ceux d'entre nous qui entrent dans une voie de croissance, quels que soient leurs comportements de dépendance. Pour grandir, nous avons à comber nous-mêmes notre manque par le choix délibéré d'apprendre à nous aimer."
Où l'on nous dit que "la nourriture et le poids ne sont que des symptômes [...] une échappatoire pratique et socialement acceptée aux raisons réelles pour lesquelles tant de femmes mangent sans avoir faim." "Un comportement obsessionnel est la manifestation du désespoir sur le plan émotionnel." De prime abord, je n'ai pas l'impression d'avoir manqué de quoique ce soit étant enfant, de prime abord seulement.. Si je suis honnête, j'ai souffert de l'absence de mon père, mes parents se sont séparés quand j'étais petite, j'ignore précisément à quel âge, 4/5 ans peut-être ? Je ne le voyais qu'un week-end sur deux (et c'est déjà pas mal) et j'ai dû ensuite subir la présence de mon affreuse belle-mère qui, classiquement, n'acceptait que mon père ait un passé avec une autre femme et surtout, un enfant avec une autre femme. Ce n'était qu'insultes, critiques, moi, ma mère. Je me souviens, une fois, nous sommes arrivés, mon père et moi à la maison. Le sol était recouvert de feuilles elles mêmes recouvertes d'insultes. Difficile de se sentir bien dans ces cas là. Il y a aussi son manque de "démonstration". Mon père n'est pas affectueux, il ne dit pas qu'il aime, je ne suis pas sûre qu'il soit capable d'exterioriser ce sentiment. Il a cette manière d'être tellement exigeant sans rien exiger, c'est tellement difficile d'extirper quelque chose de lui.. Et comme pour la plupart des enfants de famille monoparentale, le parent "absent" est idéalisé à l'excès, il faut qu'il soit fier de nous, il faut qu'il nous reconnaisse, qu'il dise quelque chose, je ne sais pas, c'est bien, c'est mal mais quelque chose, n'importe quoi ! Mais lui non plus ne sait pas aimer. Ce n'est pas parce qu'il ne l'exprime pas par des mots que ce n'est pas le cas mais parfois, on a besoin de l'entendre clairement. Mon père, c'est le genre à vous proposer de venir passer quelques jours chez lui si ça ne va pas.. C'est comme ça qu'il communique mon père. Et quand on arrive à avoir une discussion un peu moins "superficielle", "ce n'est pas parce que je ne l'exprime pas que je ne le ressens pas" c'est vrai.. Et il y a aussi cette impression que j'ai, erronnée sûrement, qu'il préfère mon frère et ma soeur à moi. Moi, je suis l'élément indésirable, je suis l'erreur.
Du côté de ma mère non plus ce n'était pas facile. Bien sûr, elle se demenait pour nous faire vivre, pour s'en sortir. A l'époque, je ne le savais pas mais elle a transferé sur moi pas mal de choses qu'elle a vécu pendant son enfance à elle. Du style les coups de ceinture. Sûrement pour me punir mais surtout, à mon avis, pour évacuer son desespoir, se défouler. Bien sûr, on ne se défoule pas sur un enfant. J'aime ma mère et ma mère m'aime, j'ai besoin que ce soit clair. Pas parce que c'est ma mère mais parce que c'est (était) une femme géniale, génèreuse, intelligente, forte mais si fragile, qu'elle a toujours tout fait pour nous, mon frère et moi. Parce qu'on ne lui a pas appris à "bien aimer". Les coups, je les ai pardonné, je les ai compris en quelque sorte. J'ai fait en sorte qu'elle ne recommence pas sur mon frère. Ca m'agace, je ne trouve plus ce mot où elle disait qu'elle nous aimait mais qu'elle nous aimait mal. Il doit être chez mon père..
Bref, passons, nous ne sommes pas là pour parler de toi, maman.
Il y a eu l'alcoolisme aussi, ce n'est pas facile pour une petite fille d'aller acheter une bouteille de mauvais daïkiri à sa mère. C'est de là que vient mon dégoût pour l'alcool et les personnes qui boivent. Et ses colères. Finalement, on apprend à se comporter de manière à ne pas déclencher de crise. On fait en sorte que la maison soit rangée, on ne fait pas de bruit le matin, on évite de demander quelque chose qui pourrait l'énerver, on veille à ce que le petit frère en fasse autant. Lui n'avait pas ce "réflexe" ce qui provoquait chez moi.. Des colères. On s'efface plus ou moins et on est soulagé quand ça va, quand elle est contente. Des années plus tard, j'ai(avais) toujours ce comportement, passer une semaine chez elle était une source de stress inimaginable. Voir sa mère malheureuse n'aide pas un enfant à être heureux. C'est un fait. Être plus ou moins la "confidente" de sa mère n'aide pas non plus. Il y a des choses que je n'aurais pas du entendre, ce n'était pas de mon âge. Je ne pouvais pas vraiment comprendre et encore moins l'aider.
Ce n'est pas facile d'écrire tout ça, de le mettre en mot, d'y réflechir. En fait ma mère, c'est toute ma vie. Malgré tout, je ne peux pas m'empêcher de l'admirer, de l'adorer, elle m'a fait, telle que je suis, elle m'a donné son sale caractère, son bordelisme, sa passion de la lecture et de l'écriture et bien d'autres choses.. Rien ne me fait plus plaisir que quand on me dit que j'ai la même intonation, le même rire (même si je pense que les gens ne sont pas très objectifs sur ce coup là !), les mêmes tics.. Finalement, j'ai l'impression qu'elle n'a jamais vraiment été heureuse.. Ca me fait mal au coeur.
Oui, bon, j'ai dit qu'on ne parlait plus de toi !
Finalement, quand je regarde, je n'ai pas un schéma de famille qui reste unie. Mes parents se sont séparés et se sont ensuite séparés de leurs nouveaux conjoints. En l'espace de 2 ans, pif paf pouf, je suis passée de fille unique à 2 frères et 1 soeur.. De là vient sûrement la peur de l'abandon, le manque total de confiance et le reste. (Et là, je me rends compte que je me suis machinalement servi, 3 fois, un morceau du gâteau que je viens de faire.. ) Je crois que pour tout ça, je me mets systématiquement en position d'échec. Je crois que je suis en manque de reconnaissance. J'ai besoin qu'on m'aime. Effectivement.
Je finirais cette introspection un peu plus tard..
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Quelque chose à dire ?
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9.19.2007 - ton texte m'a tellement touchée... |
| Posté par bellarose |
| je me suis retrouvée dans certaines de tes phrases, dans certains de tes passages de vie...et ça m'a touché...je ne sais quoi dire d'autre....que bon courage |
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9.27.2007 - Je sais |
| Posté par doudouce76 |
| ce que tu peux ressentir ,on va dire que nous avons eu des schémas de vie fort paralleles et je suis de tout coeur avec toi.N'hésites pas si tu veux parler |
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Un peu de moi..
Surtout moi et mon poids, moi et ma vie de grosserondenveloppée.. Le reste est ailleurs.
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