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Aider ses proches à faire face à la mort d'un bébé

36 ans 2087
Bonjour
Aujourd'hui, je me tourne vers vous, car j'ai besoin d'un conseil. Je suis désemparée. J'ai bien essayé de voir dans les post déjà existants, mais je n'ai pas trouvé  
les réponses que je cherche.
Mon frère et ma belle soeur ont perdu leur bébé l'année dernière, le 10 novembre. Mila était un bébé Fiv (mon frère est stérile) attendu comme un miracle (Mila, ça veut d'ailleurs dire miracle en espagnol) par leur couple depuis au moins 10 ans, et par toute la famille. Quelques jours avant le terme, ma belle-soeur a contracté un virus, ce qui a affaibli le bébé. Quand l'accouchement s'est déclenché, elle n'a pas résisté aux contractions et a fait un arrêt cardiaque (en très très gros, car on découvert par la suite une succession d'erreurs médicales qui ont conduit à ça, mais là n'est pas la question).
Cela faisait 10 ans qu'ils essayaient, 10 ans de tentatives infructueuses et de fausses couches, ce bébé, ils l'attendaient tellement fort. Ils ont été anéantis (qui ne l'aurait pas été) et nous aussi.
Dans ma famille, nous sommes très soudés, en particulier mes deux frères et moi. Quand à ma belle-soeur, je la connais depuis que je suis toute petite, c'est un peu ma grande soeur. Dès le début, on a essayé d'être auprès d'eux, de tout faire pour leur changer les idées. On savait pertinemment, mon petit frère et moi, qu'on ne pourrait pas adoucir leur chagrin. Mais on pouvait au moins faire en sorte qu'ils y pensent moins quelques heures dans la semaine.
Jusqu'à présent, on avait l'impression que disons, ça allait. Récemment, on a commémoré le premier anniversaire de Mila. Depuis, j'ai l'impression que ça va de plus en plus mal pour mon frère et ma belle-soeur. Plus encore que l'année dernière, j'ai le sentiment qu'ils perdent pieds.
On espérait par exemple qu'ils préparent un dossier pour l'adoption (depuis Mila, ils ont fait deux essais qui n'ont pas marché, peut-être, sûrement en fait, parce qu'ils se mettent trop la pression), mais pour ça, il faut se marier. Et mon frère ne veut se marier qu'avec sa fille dans les bras. Ma belle-soeur souffre beaucoup de cette situation, et ils se disputent sans arrêt, alors qu'ils sont très unis (ils sont ensemble depuis qu'ils ont 18 ans).
J'aimerais les aider. J'aimerais vraiment adoucir leur peine. Mais, avec mon petit frère, on ne sait plus quoi faire. Je ne sais pas quels mots trouver pour les aider. J'ai conscience que ce chagrin ne disparaîtra jamais. Mais je sais qu'à un moment ou à un autre, il faudra qu'ils acceptent de vivre avec. Or j'ai l'impression qu'ils ont peur de "s'habituer" entre guillemets (j'ai du mal à trouver le mot qui convient, donc pardonnez-moi cette expression maladroite) à vivre avec : ils ont laissé la chambre du bébé intacte depuis un an. Pire, ils y rajoutent des jouets et des peluches sans arrêt, comme si il y avait vraiment un bébé. Ils se trimballent partout avec la photo de Mila, sa couverture, sa peluche, ses couches, etc., comme si ces objets leur donnaient l'illusion qu'elle est toujours là. Mon frère nous a annoncé récemment que s'ils avaient une fille, il l'appelerait Mila. L'année dernière, ils aviaent fêté Noël avec la famille. Cette année, ils s'y refusent sous prétexte que Mila aurait eu ses premiers cadeaux. Etc. Etc. Etc.
J'ai besoin d'un conseil : vous qui avez vécu ce drame, qu'est-ce qui vous a permis de refaire surface ? Qu'attendiez-vous de vos proches ? Qu'est-ce que je pourrais faire pour les aider ? Dois-je leur parler ? Me taire et les laisser gérer leur souffrance comme ils le veulent ?
Désolé pour ce très long post, mais j'avoue que je ne sais pas trop vers qui me tourner. Mes amis (aucun n'a été confronté à ça) me disent de leur parler un peu crûment, Zhom (pareil pas confronté à ça en plus quand c'est arrivé on commençait à peine à sortir ensemble) me dit de leur foutre la paix et d'arrêter de les appeler toutes les semaines. Donc je préfère me tourner vers vous, parce que certaines ont vécu ce drame...
Enfin voilà, d'avance merci. je suis assez maladroite dans ma façon de m'exprimer quand les choses me touchent donc d'avance pardon pour les maladresses.
39 ans 4830
ils n'arrivent manifestement pas à faire leur deuil... c'est une situation difficile auquelle je n'ai jamais été confrontée. mais le fait qu'ils fassent comme si elle était vivante me parait être problêmatique... est ce que tu leur as proposé de consulter quelqu'un pour parler de leur peine?
S
46 ans suisse 932
Une amie a cônnu ce drame. Ce qui l'a aidée c'est d'en parler dans un goupe d'échnages de paroles pour parents en deuil. Parce que c'est une expérience tellement traumatisante que selon elle seuls des personnes ayant traversé cela peuvent comprendre.

Ces groupes sont parfois organisés par les maternités ou les paroisses par exemple.
36 ans 2087
Or de question qu'ils voient un psy. C'est du moins ce qu'ils m'ont dit (pourquoi ? impossible d'avoir une raison). Ils sont allés voir un psy deux fois et n'y sont pas retournés. Ma belle-soeur a accepté de se faite aider par son médecin traitant, ce qui me parait être un remède pire que le mal, vu qu'il l'a collé sous xanax (un anti-dépresseur), sans lui proposer de psychothérapie. On avait dans l'idée avec mon petit frère de ruser et de trouver une association, pour qu'ils en parlent avec d'autres personnes, mais on n'a peur de pas arriver à les convaincre d'y aller.....
52 ans Lyon 920
Ton histoire est très touchante. Je n'ai pas connu la même situation, moi, à 20 ans j'ai perdu mon bébé en étant enceinte de 5 mois et la vie a fait que je n'en ai pas eu. Je m'en suis voulue pendant longtemps. Je ne pouvais même pas regarder un bébé... ni en entendre parler... après beaucoup de haut et de bas liés à cela j'ai fini par accepter de consulter et de comprendre qu'il fallait que je fasse mon deuil. Le chemin a été long, très long...

Le deuil d'un enfant est à mon avis la chose la plus difficile. Il faut beaucoup beaucoup de temps, avec des hauts et des bas. Je trouve déjà formidable que tu sois là pour les aider et les soutenir car c'est très important. Tu ne peux pas les conseiller car ils sont réfractaires à tout autre chose qui n'est pas leur bébé, mais tu peux peut-être les amener à prendre conscience qu'ils ont besoin d'une aide extérieure. J'espère pour eux qu'ils arriveront doucement à passer à "autre chose" même si c'est très dur. Là, ils sont encore dans leur souffrance, ils se sentent sûrement responsables, ont peur de trahir la mémoire de ce petit être... Sois là tout simplement, sans trop forcer pour ne pas les braquer.

Je ne sais si mon post t'aidera mais je t'admire pour ce que tu fais pour eux.
36 ans 2087
A vrai dire, je crois aujourd'hui que les soutenir a eu aussi une vertu purement égoïste : pendant que je pensais à leur chagrin, je ne pensais pas au mien, tout simplement.
Merci en tout cas Anubis, pour ta réponse touchante. Je redoutais un peu de ne pas pouvoir faire grand chose. Comment as-tu, pour ta part, accepter de consulter?
52 ans Lyon 920
Oh que non ce n'est pas égoïste crois-moi. J'aurais aimé être entourée et comprise.

Pour accepter de consulter, il m'a fallu des années d'auto-destruction... et suite à de gros problèmes de santé j'ai consulté au début pour ça et le reste a suivi. Mais c'est une démarche qui n'est pas évidente non plus, chacun réagit différement.
37 ans Lyon 160
Je ne suis pas très loin de ta situation

Ma belle soeur a acccouché le 9 décembre d'une petite fille et quelques heure après la naissance ils se sont apperçu qu'elle avait une très grosse pathologie cardiaque (la moitié du coeur ne fonctionnait pas). Ils l'ont fait opéré quelques jours après mais les chances étaiement minimes)

Le 25 décembre, on se réuni chez eux, pas pour feter noel car on avait pas vraiment la tête à çà vu que la petite était en soins intensifs le coeur ouvert :? mais pour être avec eux et les soutenir. mais vers midi, ils ont reçu un appel de l'hopital pour leur dire que le coeur avait cessé de battre et n'avait rien pu faire ...

Depuis ce jour ma belle soeur et son conjoint n'arrive pas à faire le deuil de leur fille (c'est la 2ème la grande à maintenant 2ans et demi). Elle a suivi une thérapie du moins a commencé et arreté après quelques rendez vous. Lui rien.

Depuis, elle, elle n'a pas repris le boulot, reste chez elle, limite si elle répond au téléphone.

On essaie de les faire réagir mais rien ... ils restent cloitrer chez eux et ne sortent pas la petite ou juste pour faire les courses.

Bien sur noel pour nous y en aura pas cette année.

je t'avoue que nous on a un peu baisser les bras pour les aider car ils refusent tout, et j'ai même l'impression que le temps ne change rien et çà me fait peur pour leur pépette qui grandit.
36 ans 2087
Lou_loute_, on est dans la même situation. Pauvre petite puce, partie le jour de Noël...
Je ne sais pas comment tu gères ça avec ta famille. Pour ma part, j'ai toujours peur d'être trop envahissante ou trop absente. D'autant plus que j'habite assez loin donc pour moi, tout passe par téléphone (frustrant !). J'avais pensé à contacter une association. Il faut que je vois...
45 ans 35 10308
Je ne sais pas si on peut vraiment aider quelqu'un dans cette circonstance horrible, à part être là et disponible si les parents ont besoin de quelqu'un. Ça doit être un deuil affreusement difficile à faire (je ne sais même pas si c'est possible...) et chacun doit réagir différemment.

Je ne sais pas si ça se fait de donner le nom d'un autre forum ici (sinon n'hésitez pas à effacer ce message), mais tu peux peut-être aller voir sur le forum du site Magicmaman, la rubrique spéciale pour les parents qui perdent leur enfant, tu pourras avoir des conseils peut-être? Je l'avais découvert quand une amie à moi avait perdu son bébé peu avant l'accouchement. Attention il faut avoir le cœur bien accroché quand même parce qu'il y a des histoires vraiment très dures à lire.

Beaucoup de pensées pour ton frère et ta belle-soeur.
45 ans pépettesland 1803
Pour l'instant je pense que c'est un peu tôt mais cette info pourra peut être servir pour plus tard.
Il paraît que l'EMDR donne de très bons résultats pour les très gros traumatismes comme celui qu'on vécu ton frère et ta belle soeur.
Ce n'est pas vraiment une psychothérapie, ni de l'hypnose, ce n'est pas très long comme traitement mais cela pourra peut être les aider à "accepter" de faire le deuil de leur petit ange.
Je ne sais pas si ça peu servir ou pas mais bon, je préfère aussi te donner cette piste au cas ou.

En tout cas je trouve cela très réconfortant que tu sois là et que tu te battent pour les aider.
36 ans 2087
Connerie ou pas connerie. Je viens d'envoyer un email à ma belle soeur avec des adresses de forum et d'association d'aides aux parents endeuillés. Je pense que la solution désormais, c'est qu'ils se fassent aider. J'ai mis, mais bon ça elle le sait, qu'elle peut m'appeler quand elle le veut, mais que je ne pourrais jamais comprendre ce qu'ils traversent et qu'ils devraient peut-être en parler avec d'autres personnes qui y sont confrontées. J'ai peur d'avoir fait une connerie en faisant ça. Peur qu'elle croit que je les rejette (c'est pas vrai, je veux les aider, mais à un moment, je ne sais plus quoi faire) ou que je me mêle de ce qui ne me regarde pas.

PS : merci Sarnia, pour ce forum, il est très beau...
34 ans poitiers 941
Bonjour,

Nous avons vecu casiment la meme chose que ton frere.

Tout d'abord il existe une assos qui aide les familles qui ont perdu un bébé. http://www.petiteemilie.org/index.php il y a même un forum de discussion.


Ensuite arrete de culpabiliser et tu n'arretes pas de te demander si tu fais assez, trop, etc .....
Soit pret d'eux, montre leur que tu es là et qu'ils peuvent compter sur toi .

Tu sais, nous avons perdu nos bébés ( j'etais enceinte de jumeaux) a presque 7 mois de grossesse par une IMG (interuption medical de grossesse)en juillet 2008.
Et tout comme ton frére, cette année, en juillet 2009 j'ai peter le plombs, j'ai fais une grosse dépression, je ne sais pas pourquoi c'est arrivé un an apres, mais j'ai l'impression d'avoir reelement pris conscience que ca fait un an, qu'ils devraient presque marcher, etc etc.
Pour noël, je suis aussi comme ton frére, ca me travaille beaucoup, dire que ca aurait été leurs vrai premier noël, mais bon, je vais le feter quand même car être au milieu de ceux qu'ont aime nous aidera a passer se moment.

Pour ce qui est de dire : il faut qu'ils consultent, bien évidement, nous sommes tous d'accord sur se point, seulement, tout comme eux, je n'ai pas encore reussi a franchir le pas, nous avions été suivi lors de l'accouchement et 2 semaines apres mais depuis je ne suis pas aller revoir un psy.
Il est evidement qu'il faudrait que j'y aille, mais je pense, tout comme le dit Anubis 64, ca prend du temps voir beaucoup de temps, et j'ai pris le parti de me laisser le temps. Quand je serais prête je le saurais enfin, je crois.

Tu te demandes quelle attitude avoir avec eux, et bien je te dirais, reste toi même, il semble que vous soyez trés proche avec ton frére et bien reste proche de lui, écoute le lorsqu'il a envi de parler, soit l'épaule dont il aura besoin certaines fois.
Ne lui parle pas de facon cru comme certains te l'ont conseillé, on m'aurai fait ca, j'aurai été capable de m'engueller avec mes proches et couper les ponts tellement j'avais l'impression d'avoir toute la misère du monde sur le dos.
A ce soir je suis toujours très triste, et ce choc m'a tout bloqué, je n'ai plus de régle, je n'ovule plus, bref encore un autre pb.

Ah oui, tu parles aussi des jouets et de la photo de la petite et tout et tout, tu sais, Nico ( mon mari) et moi, avons tous les deux dans nos portes feuilles une petite carte avec de chaque coté, l'empreinte des pieds d'Arthur et de l'autre Elliott (que nous avez donner le CHU) et une photo de leurs bracelets de naissance, et il nous arrivent de regarder leurs photos de temps en temps.
Nous avons également garder 2 peluches qui sont dans le salon et ils ont été incinérés avec les mêmes peluches.
Tout ca pour dire, que pour nous les parents d'anges, notre seul moyen de faire vivre ses bébés que nous n'avons jamais connu vivant c'est par des objets. Personnelement ca m'appaise et j'ai l'impression que comme ca je ne les oubliraient pas.

J'espere que ca va pouvoir t'aider, n'hesite pas si tu as des questions.
34 ans Vannes 2776
Je n'ai pas vécu ce genre de situation.
Mais je comprends tout à fait le drame dans lequel ta famille est plongé depuis plus d'un an....

Ta démarche associative est la bonne je pense.

Cela dit, j'ajouterais une remarque:
Vous aussi vous avez perdu une nièce, une petite fille, une cousine... Vous êtes tous très proche et vous vivez également un deuil personnel.
Pourquoi ne pas aller vous aussi dans une association? Ils pourront vous rassurer, te conseiller...
Cela pourrait inciter ton frère et ta belle soeur à le faire!

En ce qui concerne le mariage: Pourquoi ne pas proposer à ton frère de le faire en 2 temps?
La mairie maintenant, ce qui leur permet d'adopter.
Une cérémonie religieuse ou laîque après l'adoption! Son rêve de tenir sa fille le jour de son mariage sera réalisé!
52 ans Lyon 920
Petite fée bleue... arrête de culpabiliser grr ;) Ce que tu fais est bien puisque TU FAIS. Tu cherches des moyens de les aider et c'est bien, je sais que tu dois te sentir impuissante et perdue à trouver de bonnes solutions. De bonnes solutions il n'y en a pas,rien de magique malheureusement. Mais des pistes qui peut être les aideront à avancer. Continue comme ça, en étant toi-même, et là pour eux s'ils le souhaitent. On ne peut rien forcer. Courage.
B I U


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