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Mes paroles un jour

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cornflakegirl
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:27 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Essence interdite

La sécheresse du monde ne parfumait plus mes précipices
Les lumières tamisées de ces lieux de rendez-vous ne décoraient plus mes désirs
La nuit, c’était sur la terre battue que je me joignais à celle qui me fardait
Tel un air suspendu, une feuille s’est accrochée à mon regard...
Larme tatouée de mes absences
Alors nous nous sommes saouler de cette mer profonde et parfois déchaînée
Les indices de sa fièvre ont commencé à couler dans mes veines
Lambeaux d’images explosant mes horizons cisaillés
Lambeaux de son masquant les craquelures du sol
Et jour après jour nous avons marché pieds nus sur les jardins de pierres suspendus
Offrant les ébauches de mes tourmentes sur chacune des rives

La sécheresse du monde ne parfumait plus tes précipices
Les lumières tamisées de ces lieux de rendez-vous ne décoraient plus tes désirs
C’était en ces nuits de pleine lune que je te fardais de poussières d’étoiles
Mais la sève ne coulait déjà plus...
Stagnant dans ce calme subitement d’une autre réalité
Il m’a fallu sortir de tes iris aux heures enfumées...
Pour y découvrir dans ce miroir la larme figée
Déjà les flots du ciel s’agglutinaient à ta robe...
Embrassant la moiteur de ta peau glacée
C’était le risque de l’anathème que tes lèvres soient vêtues de silence
Acceptant ton sort tu t’es rendue, offerte à la fièvre, preuve de mon existence

L’hôte maquilla une dernière fois les yeux immaculés de sève
Camoufla la cicatrice où la larme autrefois s’était fixée
Et repartit en silence à la recherche d’un autre abysse
Là où la sécheresse du monde ne parfume plus les précipices...
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:28 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Sacrifice

Assise sous l’arbre
Dessinant le miroir de mes déserts
Sur mes larmes pourpres
Reflet de la chronique
Une histoire qui chuchote…
Épluchure d’une peau inoccupée
Le murmure du souvenir, son absence réelle
Se lever coulante de cendres
Brûlante dans mes veines
Marcher sur un territoire déjà calciné
Pour se vider
Se laisser tomber dans ce fournil
Là où les souvenirs s’amassent
Y voir mon visage
Et cependant se vider
Se vider encore
Atteindre ce seuil de l'asthénie
Où tel un choc…
Le verbe se meurt
Où tel un choc…
Le visage du désastre…
Où tel un choc…
Tout n’est que reflet…
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:29 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Araignée

I

Se parfumer d'araignée
En omettant l’ornement de chair
Entendez-vous le susurrement du vide exalté…
Le chuchotement de ce monde dépeuplé ?

Mes villes, ces déserts ! emportés par le vent
Ensevelissent déjà les dialogues-monologues…

Mes étoiles sont de vagues creusées…
Mires de la destruction du monème
Mes flots, leurs incertains ! se sustentant d’un rien
Nourrissent pourtant l’éternel de sa tendre perfection

II

Page blanche ne s’offre pas

Ne s’y perdent que les rongeurs de vie…
Les chercheurs de rien – un tout pourtant -
Seules mes araignées au noir lettré s’y reconnaissent
Saurez-vous écouter leurs secrets ?

Je me dépare – mise à nu-
Lambeaux de chair coulent par terre
Quelques grains de grêles frappent – bulles d’air-

III

De là où je récolte l’essence
Mes araignées cheminent sur l’eau
C’est ce parfum… -l’effluve des monèmes-
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:31 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Passante

La porte s’est refermée. Une larme est tombée par terre. Il est désormais facile de comprendre la suite. J’ai fermé les yeux, j’avais trop peur de voir tout cela. Des nuages de poisons ont réveillé ma torpeur. Oh si seulement je n’entendais pas ces bruits, si seulement le silence pouvait lui seul me réveiller, me faire vivre… J’ai couru, couru encore et encore dans les couloirs sans même ouvrir les yeux. Ma bonne foi me disait de les fermer, toujours, toujours, de voyager dans le noir. Je n’avais pas de bandeau, juste des visières, pas de bandeau pour me protéger, pour me soulever, pas de parachute non plus pour sauter, pas de voile pour flotter sur l’eau. J’attendais, je courais, j’attendais aussi. Je n’étais pas seule à courir, à attendre, à ne pas savoir flotter, à ne pas savoir nager, à ne pas savoir glisser. Je prenais le temps, ne le dépensais pas par peur de le perdre.

J’attendais le « bon moment » du film. Il apparaîtrait devant moi comme une évidence. Nulle autre matière, nulle autre forme que ce moment qui s’interpénétrerait avec le fond. Je n’ai jamais su quel était le bon moment, je n’ai jamais su. Cependant que j’attendais, que je courais, je me suis mise à voir des paysages, je voyais le paysage dans lequel je courais. Je voyais ces portes fermées, ces portes ouvertes, portes et portes. J’entendais les clés, leur bruit strident. Les portes s’ouvraient, se refermaient mais j’avais cette conviction que je ne pouvais pas les traverser, j’avais trop peur que la porte se referme au moment où je pensais aller vers elle, qu’elle m’écrase. Alors je courais encore et encore, oppressée par le poids des idées.

« Ave Maria » est chanté par une jeune fille qui se pend devant moi. Il ne se peut. Je veux ouvrir mes yeux pour échapper à ce spectacle, ouvrir mes yeux, ouvrir… Je n’y arrive pas, je n’y arrive pas. Toujours les yeux fermés, je casse une porte avec mes poings, je l’ai cassée pour l’ouvrir, pour sortir. Je me suis retrouvée devant une autre porte, celle-là incassable. J’ai couru, pleuré, j’ai couru encore et encore, mais étonnée de ne bousculer personne, de ne rentrer dans personne malgré mes yeux fermés. On se croise, on ne fait que ça. Tout est si bien organisé pour cela, pour se croiser, se décroiser. Nos petits chemins s’élèvent en une foule de molécules, formant un nuage qui se croise lui aussi au-dessus de nos têtes. Se décroise aussi. Redescend en une pluie de tracés. Rien ne se passe, je cours encore et encore. Rien ne se passe, j’attends, impatiente, que tout se passe, mais rien ne se passe. Il y a toujours nos croisements, les feus sont verts, rouges, oranges, ils sont noirs et blancs. Tout est si bien organisé. On ne prend pas le temps de partir en arrière, on avance toujours, on court, on attend, on se croise. Ainsi soit-il !
Et rien n’est plus près de moi. Je suis toujours seule, seule à me maudire, à me croiser toute seule. Je me croise, me stigmatise, m’ouvre, me referme. Les plaies béantes se referment, s’ouvrent, mais je suis seule à le voir. Personne n’ouvre les yeux, même pas moi. Je ne peux que ressentir mon corps bouger, mon corps saigner, encore et encore.

Ces traces sur le sol ne dépendent pas de moi, il se peut que je ne dépende pas d’elles. Je n’ai pas fait grand chose. Je me suis juste arrêtée de courir. Je suis restée plantée comme une statue de pierre, n’exécutant plus aucun mouvement. Mais mes organes internes n’ont pas compris, n’ont pas vu la forme immobile, se sont retournés, ont avancé, reculé dans mon corps. J’ai vomi, vomis encore et encore, à n’en plus finir, ne sachant que faire d’autre, n’ayant aucun choix. Mes jambes tremblaient un peu, une fine couche de sueur froide a habillé ma peau. J’ai coulé comme une glace au soleil. Les couleurs de ma vie se sont déversées par terre, sur ce sol si rassurant. Mais ce déferlement fut si gigantesque qu’il a fini par effacer les traces établies. Le sol s’est élevé dans le ciel, est retombé en une poussière d’étoiles.
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:33 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Dernier souffle

Passants, allumez cierges, amour et folie,
Car, en inerte cadavre, sous cette terre, je gis.
La source de mes beaux jours s’est tarie,
Trop sans doute pour retrouver toute envie.

Ma perfide muse n’était plus en moi.
Ne faites pas ce satané signe de croix !
Car, infâme, je suis à ses pieds une dernière fois ;
Sirène splendide, j’ai vécu par sa voix.

Peu m’importe le blasphème ou l’affront !
Sachez juste vous incliner devant le Zéphire et son violon.
Ce n’est pas un privilège, un don ou une illusion
Il me reste ce silence éternel et ce mot : aimons !
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:38 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Séléné

Ouvrez les yeux nuages de fer et réveillez-vous nuit maudite ! Allez implorer à votre lune qui se cache de revenir. Elle a honte, je le sais, elle et ses promesses… Regardez-moi ! Regardez le nuage de mes songes, là où l’univers a versé l’étincelle de son orage. Il gronde en moi et a tout dévasté. Cependant, s’il faut souffrir autant que ce feu, alors laissez-moi désormais éclabousser votre ciel de mon sang !

Ainsi vous m’abandonnez encore à mes chimères ? Ainsi, vous avez décidé de mon sort par Echidné elle-même ! Quel est donc que ce sourire ? Pourquoi ce ciel brumeux dans cette nuit pourpre ? Me voici donc, nue, me voici jetant mes mots, épaves de mes tourments. Ils sonnent faux, ainsi chaque respiration est inutile. Ecartelée, déchiquetée, morcelée, déchirée, je vomis ces phrases, les déteste, les ingurgite. Trop de haine, trop de sentiments. Qu’avez-vous fait de moi ? Mes yeux brûlent et chaque chose sur leur passage se consume.

J’attire, excessive, l’étreinte qui me fait pousser des ailes, quand le vent que vous soufflez, ce presque rien, exagère sans cesse. Il n’apaise rien en moi, ni souffrance, ni caresse. Avec lui, ce gouffre voluptueux a un goût d’éternel. Et vos étoiles s’amusent à contempler cette brise acide qui caresse mes fragiles espoirs. Pourquoi devrais-je nommer amour ce feu que vous faites brûler ? Il n’a pas de sens, me fait tout perdre, même mes rêves…

Rendez-moi, je vous en conjure, mes instants de paix que je croyais n’être que douleur. Rendez-moi ma solitude et ma mélancolie. Faites de moi un quidam de pierre, d’habitude et de sérénité. Serait ce donc trop tard que pour prier ? Et vous ne cessez de rire lorsque je vous parle de l’oublier… Je ne me regarderai pas être funambule suspendue dans le vide à un fil sans matière. Je vais tomber, je le sais…pourquoi me susurrer que je m’envolerai dans cette chute ?
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:39 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Innommable

I

Les images cavalent dans les corolles de mes yeux
Sont-ce souvenirs ou illusions ?

II

Corollaire
L’innommable a confectionné… !

III

Une nuit bordée par des bouches pendantes…
Bouches…et bouchent le sens du courant
Ce qui me fait jaillir de ce désert

C'est ce qu'il y a derrière le mur :
des murmures qu'on ne peut distinguer,
des spectres aux yeux crevés
Bavant les murmures
Murmures pendants
Murmures...et murmurent...
Assourdissant !

Les miroirs vides fixent pourtant
Attirés par l'innommable
Les regards se concentrent sur moi

S'emboîtent en un seul cri
Rugissant à la vie
Un Léviathan se forme
Chair contre chair
Un voile de bouches

Le mur enraciné se soulève
Le désert est devant moi
Oublions les lumières
Oublions le son

IV

Elle ne dira que l’innommable
Elle…dans son mutisme

Parce qu’il est question de cela…
Parce qu’il n’est question que de cela !
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:40 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Aveu

Passante
Souvent sous caféine…
Entre délirium zouliesque et chute sans fin…

Etre le Centre
Ligne…quelques petits points
Déclic du monème !

Aimer le Son
Mélodie…sur mouvements
Déclic coloré !

Chante ! Chante ! Son de ma boite remplie de pluie
Gratte ! Gratte ! Les marques du dernier repas

En rang ! En rang ! Autant ne plus marcher
Du sang ! Du sang ! Assez pour ne plus boire
Du vent ! Du vent ! Pourtant mes pieds prennent racine
Du temps ! Du temps ! Jamais assez…

Baisons-nous ! …Avec l’étouffement
Dans un rythme pas imaginatif, juste cohérent
Sur l’orage hurleur ou ce torrent mouvant

Dans une belle progression…

Moquons-nous ! …Du cadran de l’heure
Du quidam enragé par ses coups de cœur
En larme devant son lit qui crie toutes les vapeurs

Nous sommes assez imparfaitement chaotique pour aimer…

…sans l’aveu !
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:42 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Comme au paradis

Enfer, enfer…
Nom lui-même pris de convulsion…
Et dans ma bouche n'ose s'échapper…
Sous peine de me faire blasphémer.
Son sang et ses entrailles transpirent leur dernier souffle.
Prosternons-nous devant ce qui nous accable !
Baisons les pieds de celui qui nous absout !
Misérables créatures que nous sommes.
Je te voulais pour moi.
Je te l’ai dit, tu as ri.
J’espère que tu t’amuses tout autant que moi.
La tourmente m'a pris, je ne peux que vociférer les mots du serpent.
« Ssssssss ma jolie captive… »
Le sang coule sur le mur.
Il coule et mes idées passent
Se ressassent...
Se prélassent dans ce bain d’orgasmes et de souffrances.
T'ouvrir de la trachée à ton sexe, du haut en bas, dans un mouvement sensuel.
Comme au paradis.
J’en tremble quand je te vois étendue là devant moi…
Les jambes écartées, bougeant tes courbes nerveusement…
Provocation, provocatrice…
Bouge, ondule ma jeune captive…
Enfant du péché, nous irons en enfer.
Vautour du sang noir…
Du sang pas encore oxygéné, qui coule…
Coule encore sur ces murs.
Pas d'oxygène entends-tu?
Nous mourrons ainsi…, moi charogne et toi coupable.
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:43 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

L'attrait du vide

Ce qui aurait du être un hiver maculé devint un printemps trop ensoleillé.
Une colonne en marbre s’est dressée, m’emportant à sa cime.
L’éblouissement du soleil et le vertige des yeux baissés.
J’aurais du périr sur cette colonne dressée dans le vide…
Sans le courage de m’élancer.
L’attrait du vide. Comment ne pas y tomber consentante ?

Je suis morte à force de vouloir regarder dans tes lunes où tout se consume.
La sorcière a abandonné ses sorts pour se faire dévorer.
Cette émotion remplissant toutes mes veines et me nourrissant de frissons.
Je ne me nourris que de ça.
Le jeu de la phrase aux mots posés et pesés,
Qui me fait monter aux apogées des sentiments…et qui d'un coup se détruit !


Avec ma bouche à demi lacérée, je crée ces mots aveugles.
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 0:45 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Je ne saurai jamais

Vomir la mixture à coup de vin et de doigts.
Mélanger les cadavres de mes amants.
Tenter l’embrochement charnel et sa pitié qui fait tant reine.

Les entités s’échangent en silence des cris muets.
Les mondes s’inversent et leurs lunes deviennent noires.

Ma peau originelle brise sa couverture de verre.
Corps flottants effleurent l’éther sans effort ni pas de danse.

Je ne saurai jamais...

Tous les jours seront nuits...

Je ne me réveillerai jamais...

Acte du souvenir.
Un acte vers le passé, vers un songe, vers des associations.
Ca devient un chemin, une entrée, un passage vers un autre monde...
C'est une porte qui s'ouvre à moi, bien malgré moi.
Et pourtant, c'est par-là que je dois aller pour "savoir"...
Savoir...savoir quoi?
Pourquoi…
Un autre qui fait partie de moi...un autre qui me coupe, me brise, me découpe...
Je me réveille...une larme tombe...larme forcée d’incompréhension.
Toujours abusée par l’envie de la lame tranchante.
Discrètement, une larme ou plus coule en silence sur mes joues encore chaudes.
Aucune émotion.

Acte de réconciliation.
Je reviens à moi-même, sans conscience, dans un rêve de marionnette.
Dans le songe de ce pantin objet qui aime être brisé, conduit à l'absolu déchirement de l'être.
Pour ne plus être...
Debout, dans ce monde presque réel, je tente l’expérience.
Un couteau, une clé, ...tout est bon pour ce mouvement de haut en bas sur mon bras gauche.
Je ne ménage rien, force le concept jusqu'à sa fin, jusqu'au bout de sa fin, dans ma faim.
Parce qu’il faut chanter pour oublier les sons, parce qu’il faut une mélodie pour oublier les notes.
Je chante par-dessus les instruments dans des soupirs presque orgasmiques.
Régulation par les coups d’écorchure.

« Un arbre...aux racines...déracinées. »
Je mets en route les même procédés, j’ai peu d’impression.
Ca ne me fait plus rien.
J’ai peu d’inspiration.

« Un arbre...au tronc...écorché. »
Dans l’espoir de lui soutirer un peu de sève.

« Tu n’as pas besoin de te faire cela
Plonge-toi dans ce long sommeil sans question
Divise-toi comme tu sais si bien le faire... »

Je ferme les yeux, passe au liquide froid, liquide qui s’évapore tel ma mémoire...
Je m’enduis le bras abusé d’éther frivole.
Une aumône que le ciel a bien voulu m’offrir.

Un long sommeil de longues années, frappé par des images, d’autres rêves et un manque de sens…

Je ne saurai jamais...
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 1:02 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Au hasard du temps

Au hasard du temps
Je reposais mes litanies sous les cerisiers en été
Cachées sous ses ombres délirantes
Les bras de bois pourtant de marbre
Croix de bois me cachant la lumière

Bouleversée broyant ensemble mes prières

Au hasard du temps
Le crépuscule de mes haleines
L'écume de ce monde

Je tournais ensemble
Dans la prison d'un verre vide
Dans le sublime des yeux mourants
Dans le miroir, glacée par l'effroi

La chaleur était ciel et terre

Les cris devinrent silence

La sonate se mit à raisonner

Ensemble bougeait, détournant l'attention

Gigote corps
Monde invisible
Acharnée à des liens
Je jette l'impression
S'épuiser
Supplier
Ne jamais se plier
Raclant les idées
Armant lames lourdes
Larmes pourtant
Sombre coma

Au hasard du temps
Observant l'air du temps
Le mien étant mort
Je me mis à sourire
Ensemble…

…Le secret conservé
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 1:03 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Lieu

Association
Une pièce dont l'intérieur riche en couleur est traversée par la lumière phosphorescente du jour
Surface pâle peu rassurante, assez désagréable et naturellement menaçante
Les traits s'élaborent, se façonnent
Relief du masque

Incendie
Un dehors et un dedans qui ne se coïncideront jamais
Tel deux corps qui, malgré leur désir d'accouplement, ne seront jamais que deux corps distincts
Ainsi rien n'est accompli
Le feu du jour sous sa pâle rosée

Oeil
L'éveil en sa lucidité laisse effleurer la réalité de deux origines
Au-delà de l'ombre des passants, la chaire est devenue blanche.
Interpénétration par le jeu des mots
Quand déjà tant de nuits ont tenté d'effacer nos rails de lumières

Dehors.
Portée par ce non-lieu qui se sait sans conclusion
Emprise du milieu mais toujours cette trace amère dans ma bouche
Et le mur blanc qui viole la loi universelle
Annule mon regard, ma course et mon déplacement
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 1:06 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Corps oh donnés sur coordonnés

Un sommeil de longues années en face de toi,
C'est moi dans une allée sans fin.
Une lumière inhabituelle dans mon brouillard,
C’est toi, tel un seigneur avec sa monture lyrique en bois.

Un corps oh combien donné, une corde pour toi!
Tu as tiré, attiré la caresse accrochée à ma main.
Les corps, oh combien de fois donnés, se prélassent, s'enlacent et se lassent.
Au début, il y a le verbe, à la fin, un long soupir.

J'embrasse un silence quand tu voudrais m’en éloigner.
Ne pense pas à ma place, c'est la première règle.
Ne me fait pas répéter !
Ne m'interrompt pas !

Courte respiration : tes poumons sont remplis de fumées toxiques.
Tu m'as dit dans un éclair mystique, comme ça, qu'on n’allait pas ensemble.
J'ai regardé mes poignets…
Pas de bracelet, de lianes ou de menottes !

La queue debout, l'air béat-consterné, tu as continué ton discours.
Alors ça y est, tu t'es enfin décidé à cracher le morceau…
Après avoir cracher ta petite jouissance dont tu n'as jamais aimé le goût.
Etonnamment, je ne me suis pas consumée.

Allez, retourne-toi, avale ma bouche emplie de ta semence et retourne-toi!
Regarde-moi droit dans les yeux petit garçon!
Tes peurs me lassent
Ton baiser est faux là où tu crois que je suis aveugle

Je rechange les coordonnées terrestres.
Latitude, longitude en vue.
C'est une vipère dont je mords la queue.
Caresse-moi le cercle, je me l'enfonce dans la gorge parfois.
Sucré, salé, des goûts inventés!

Je ne te demanderai pas de rester, je te demanderai pas de venir.
J'ai changé les coordonnées sans te le demander, sans dire s'il te plait.
S'il te plait quoi?
Amuse-toi à enlever les liens de sécurité en cachette.
J'ai un pas d'avance sur toi, un pas de rien du tout, un tout en fait.

Je suis au pacifique, pas passive, juste paisible.
J'ai attendu trop longtemps de pleuvoir, de plus te voir.
Combien de temps?
Une seconde, je crois.
Une de trop, je t'assure!
^
 
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MessageLundi 17 Juillet 2006 1:06 Mes paroles un jour Répondre en citant ce message

Le fantôme

La larme du ciel brûle les joues du spectre.
Il court, il court, mais ne sait pas où il va.

Il a beau devenir pythie ou humain l’espace d’un instant, rude ou doux un autre moment, rien ne présage sa présence.

Il sonne souvent aux embrasures closes.
Celles que l’on doit ouvrir pour comprendre.

Mais personne ne répond…seul le dôme porte en lui son lourd secret et, comme en ce jour, le répand cruellement.

Des voix dans les ruelles, des hommes, noircis par la sueur de leur nuit de luxure.
Dressés comme des soldats, un plan en main…celui de toute une vie.

Le fantôme passe devant eux, le regard vers le sol luisant. Il croit qu’on le scrute, qu’on le dévisage, il en a peur et pourtant rien de tout cela n’est. Fantôme il est et le sera à jamais, nul ne pourra percer à jour ce corps qui traîne de ruelles en rues, de rivières en fleuves…nul ne trouvera le chemin de l’océan.

Et le fantôme, nouveau-né dans cet entre-monde, se rappelle ce jour où les humains l’ont banni. Il se souvient de l’aurore sombre…qui l’a pris par le poids de tout son corps pour qu’il parte, comme une vulgaire marionnette. Ce qui a valu l’accusation, l’indignation et la prosternation de quelques compatissants de passage, ceux qui avaient touché le grain de sa peau, un jour, une nuit, pour un plaisir, pour une haine, une rage incontrôlée, un désir insatisfait, une tendresse charnelle ou amicale.

Ainsi sa vie antérieure lui revenait quelques fois, par des flashs, des idées, des sensations qu’il fallait maintenant décrypter, réapprendre. Mais à quoi bon tout cela puisque le fantôme, et il le savait, serait à jamais fantôme.

Lui qui n’avait pas accepté le jeu de la vie se voyait contraint de comprendre le jeu de la mort, de cette demi-mort que le destin lui avait offert.

Une demi-vie, une demi-mort.

Eternellement seul dans ce monde, éternellement sans voix, sans parole, sans aucun moyen de confidence, seul dans son mur de silence, parmi les siens, parmi ceux qui le pleurent encore, ceux qui en rient autant et les indifférents qui se taisent. Le fantôme ne peut plus pleurer ni rire.

Tel est le sacrifice. Un don pour un don, tout a un prix.
^
 
 
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