Je me suis décidée à aller voir une rhumato. Une femme plutôt qu'un homme, je le sentais comme ça. J'avais peur des grossophobes, des cons, des cachetonniers... ...des rhumatos j'en ai vu tellement qui n'avaient que le mot régime à la bouche, sans me soigner bien évidemment, la phrase qui m'a le plus marquée étant "Ah mais madame, vous pouvez souffrir, bien évidemment." 
Depuis 10 ans je ne suis donc allée voir que des ostéos, avec ma généraliste en support parce que parfois l'ostéo lui-même abdiquait, il fallait un support de médocs. Je suis allée chez le même ostéo pendant 4 ans. Mais depuis quelques temps il ne me faisait plus de bien. Retour à la case départ donc, toujours verrouillée et avec des douleurs à hurler.
Je suis beaucoup plus résistante à la douleur que la normale. Je ne le dis pas pour me vanter, car je ne considère pas celà comme une qualité. La douleur est un message que le corps adresse au mental afin de signaler qu'il y a un problème. Après, on est censé traiter le problème, je suppose. Sauf que pour moi, j'ai bien le message comme quoi j'ai mal, mais jusqu'à présent je pense que j'ai toujours tout mis en oeuvre pour séparer le message de mes activités autres. En d'autres termes : si j'ai mal, j'essaie de traiter la douleur, mais tant que je n'ai ni diagnostic ni solution, alors je me comporte exactement comme si je n'avais pas mal du tout.
Résultat : ce n'est pas très viable à long terme, et au-delà d'dun certain seuil de douleur, que j'ai fini par atteindre en février dernier. Depuis, eh bien je disjoncte sur la conduite à tenir.
Sauf que..... je suis allée voir une rhumato, sous la pression de mon entourage. Je n'y croyais pas, je pensais que j'allais ressortir en rouspétant.
Sauf que..... la dame a fait quelque chose de nouveau par rapport à ses collègues : elle a posé un diagnostic 
Un diagnostic dans le genre costaud : pour faire simple, mon coccyx et mes vertèbres se sont fêlés lors d'un accident de la circulation dont j'ai été victime à l'âge de 9 ans. Comme depuis je ne me suis guère souciée de ménager mon corps (notamment en le gavant de sport et même sans celà de noires journées et nuits blanches à bosser ou à faire la fête, mais surtout bosser malheureusement), les fêlures ont fini par se transformer en fractures de fatigue.Tant que ça restait cantonné au coccyx c'était douloureux mais pas invalidant, là ça remonte niveau vertèbres et ça devient invalidant.
Bon, OK. C'est un diagnostic, elle m'a proposé un traitement qe je fais partiellement, parce que j'ai du mal à être d'accord avec tout. Et que je ne veux pas arrêter de bosser, de vivre pleinement, de consacrer du temps à mes Petits. Mais je vais trouver un moyen.
Et surtout... j'arrive enfin à me reposer. Parce que je me rends compte que, depuis qu'il y a un diagnostic dont la teneur est en rapport avec l'immensité de la douleur, ma souffrance s'est légitimée à mes yeux. Je m'écoute donc un peu mieux.
Tout celà me navre quelque part, je me dis que je suis une telle tête de pioche que je ne suis pas sûre de ne pas être dangereuse pour moi-même... 
Je suis sur le point de poster cette note, et je me dis, que j'ai peur des coms qui risquent d'y avoir. Peur de quoi ? Je ne sais pas. Je vais poster, comme ça je verrai  |