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(J'ai lu La grosse dame tatouée de Ray Bradbury et... )
Bon, ok... c'est même moi qui l'ai écrit... j'avais envie de faire partager mon plaisir à lire du bradbury, et faire découvrir cette nouvelle à ceux qui ne la connaissaient pas... Pas trop de monde sur la brêche, apparement...
Donc si vous êtes passé(e)s à côté de l'article, n'hésitez pas à y jeter un oeil, et à laisser un petit com... 
05:00 - 9.20.2007 - {0} -
Titre : Péchés Mignons Auteur : Arthur De Pins Editions : Fluide Glacial Collection : Fluide Glamour 46 pages, septembre 2006. ISBN : 2858154937 Prix : 9.95 euros.
Arthur De Pins est un touche à tout... né en 77, après avoir fait les arts déco, il explore les domaines de l'animation, de la publicité, puis l'illustration et enfin la BD...
Sorti en 2006, Péchés Mignons est un reccueil de planches parue dans Max-mag. De petites histoires drôles et colorées au fil desquelle le héros (ou plutôt anti-héros), Arthur, se frotte (et se pique) à la gente féminine.
Des femmes, ces planches en sont pleines : elles en sont même les véritables héroïnes. Arthur est jeune, plein de vie et d'envies, et pour être claire, il ne pense qu'à çà... et les tentations sont nombreuses autour de lui : ces petites créatures replètes, sexy en diable, lui donnent l'eau à la bouche, et leurs aventures à la fois amusantes et touchantes nous plongent dans le monde merveilleux (et complexe) des rapports homme/femme...
Ca sent le vécu parfois, celui de l'auteur certainement, et le notre aussi... Toujours humain, un brin coquin, Péchés Mignons se laisse déguster avec plaisir...
01:55 - 5.30.2007 - {0} -
Poids mort de Xavier Mauméjean Editions du Rocher, 2007 Collection : Novella SF 128 pages ISBN-10: 2268062007 ISBN-13: 978-2268062006 Prix : 9,50 euros
Il y a quelques jours, dans une librairie, mon oeil a été attiré par une couverture... une photo d'un homme gros, nu, de dos... pas vraiment le genre de couverture auquel on s'attend au rayon Science Fiction... Je l'empoigne, et oh ! je connais cet auteur, Xavier Mauméjean , dont j'avais récemment beaucoup aimé "La Vénus anatomique " (prix Rosny Ainé 2005, quand même...). Je lis le 4e de couverture, le thème me paraît intéressant : un homme à la vie morne se voit proposer de grossir "pour devenir quelqu'un", dans le cadre d'un "programme d'étude", mené par une étrange entreprise qui se fait des "observations" sur des groupes de personnes hors normes : vieux, gauchers, roux, intellos... et bien sur, obèses... la vie du héros en sera, dès lors, transformée...
Bon, rien de bien folichon, mais dans le cadre de la SF, je me dis que peut-être, quelque chose de neuf va en ressortir... et comme je suis une petite curieuse (enfin, pas si petite que ça), je l'achète et me frotte déjà les mains, toute impatiente de me plonger dans ma "découverte"...
Que dire... vous allez finir par croire que je n'aime rien. Pourtant si, mais j'ai vraiment du mal à accepter les clichés nauséabonds... or ce livre en est rempli.
Notre "héros", Paul, a une vie de merde, je crois qu'on peut le dire comme ça... une femme agressive, un boulot inintéressant... la manière dont cette médiocrité est amenée est plutôt affligeante...
Car le problème de ce livre, ce sont les clichés, je l'ai déjà dit, et les descriptions, des expressions qui se veulent sans doute drolatiques, mais qui m'ont plutôt donné envie de hurler :
Extrait : "Paul afficha un sourire confiant, souligné par une virgule de sauce : "Moi aussi, je vais faire mon beurre en prenant du lard"..."
Rencontrant un jour un ancien camarade d'école qui semble avoir, lui, bien réussi, il entend parler pour la première fois d'une entreprise, Axinom, qui mène des études, donc, sur des groupes de gens... une fois pris dans l'engrenage d'une sorte de système totalitaire qui l'a convaincu qu'il se révélera une autre homme en se laissait devenir obèse, Paul voit sa vie se transformer...
Avec sa femme, rien ne va plus, il devient gros donc elle menace de s'en aller... viré de son boulot pour cause de couche de gras (il travaille dans un magasin de sport, forcement, il fait peur aux clients...), il prend ses quartiers directement dans l'entreprise de cobayes humains, où on va le gaver comme une oie, et où il fait connaissance d'autres gens "à part" comme lui, notamment une certaine Brigitte, femme "formidablement énorme et monstrueuse" :
Extrait : "Ses seins se confondaient avec les bourrelets de son ventre, et l'on ne distinguait plus sa fente. Plus de sexe ou d'âge : Brigitte était monstrueuse, d'une laideur qui confinait au sublime. Elle s'approcha du bassin, ses chairs luisantes roulant autour de sa taille comme une houla hoop graisseux. Lorsqu'elle s'enfonça dans l'eau, ses bourrelets se répandirent comme des vagues."
Cette femme, dont nous apprenons qu'elle pèse 130 kg (le comble de la monstruosité, en somme) est là aussi bien pour lui servir de "marraine" que pour le pousser aux plaisirs de la chair, ce qui donne lieu à des descriptions qui font plus penser au coït des baleines à bosse qu'à une scène d'amour, cette improbable scène de sensualité exacerbée se déroulant dans un jaccuzi (un employé de Taxinom étant, d'ailleurs, obligé des les aider à s'emboîter, parce qu'évidemment...)
Je suppose que l'auteur se voulait amusant, après tout, ce ne sont pas des humains, ce sont des obèses... je passe sur les descriptions lamentables de Paul, qui ne voit plus son sexe tellement il est gros, sur Brigitte, tellement pleine de bourrelets qu'elle offre "toutes les possibilités d'être prise par où on veut"... j'ai trouvé tout ça complètement vulgaire et écoeurant, pourtant croyez-moi, il m'en faut beaucoup...
Évidemment, comme on peut s'y attendre, à un moment, la machine se grippe.... on pense à "THX 1138", on pense à "Soleil vert"... on pense à toutes ses oeuvres d'anticipations désuètes, qui nous ont fait frissonner, il y a une trentaine d'années, mais qui aujourd'hui, se dégonflent comme des baudruches, même si on n'était pas si loin de la réalité... Mais là, on passe complètement à côté de la critique de la société, que l'auteur a peut-être eu l'impression ou du moins la volonté de faire à travers son livre, non, on en reste au grand classique : faisons rire de ce qui ne nous ressemble pas, et là, vraisemblablement, de ce que l'on ne connaît pas... je suppose que Xavier Mauméjean n'a aucun surpoids, ni personne dans son entourage d'ailleurs, sinon il aura réalisé combien "Poids mort" est à côté de la plaque...
Plus d'un livre de Science Fiction, ou d'Anticipation, j'ai plutôt eu l'impression de me trouver devant une oeuvre tirée d'un lointain passé, tant la vision des "gros" était hallucinante de bêtise... goinfres, sales (ils sont incapable de manger sans s'en foutre partout et sans postillonner sur le voisin d'en face), égoïstes, incapables de faire l'amour, laids, et tellement bêtes qu'ils sont prêts à avaler n'importe quoi, au sens propre comme au figuré...
Ca ne pouvait pas "bien" finir, forcement... 128 petites pages pour en arriver là... ce dont le lecteur se doutait dès la lecture du 4e de couverture, voire dès la lecture du titre...
C'est dans ces moments-là que je réalise que la curiosité est parfois un vilain défaut...
Quatrième de couverture : Paul Châtel entrait plus volontiers dans un café que dans sa femme. Cela n'avait rien à voir avec une prétendue addiction, et encore moins avec leur histoire d'amour. La cause tenait uniquement à ce qu'il ne supportait plus d'être lui-même. Pour devenir autre, c'est-à-dire formidablement obèse, il lui avait fallu courage et patience. Une discipline nécessaire pour intégrer le programme Pondération. La boite avait pour vocation de régler tous les problèmes. Depuis, sa vie avait changé. Aucun regret, bien au contraire, pour l'ancien Paul disparu sous ses replis de graisse. Il avait pris de la consistance. Paul flottait, dans un bain de vapeur, massé par les remous du jacuzzi, léger et désirable comme un bouquet de crevettes. Son mollusque nageait en dessous de la ligne de flottaison. II ne l'avait plus vu depuis que cette bouée de chair lui collait à l'estomac, semblable à un naufragé volontaire. Son histoire était simple, mais elle ne manquait pas d'épaisseur.
Membre du très étrange Club des mendiants amateurs de Madrid, Xavier Mauméjean est l'auteur de six romans policiers et de science-fiction, récompensés par plusieurs prix, parmi lesquels Les mémoires de l'homme-éléphant (Le Masque, prix Gérardmer 2000), La Ligue des héros (Mnémos, prix Bob Morane 2003) et La Vénus anatomique (Mnémos, prix Rosny-Aîné 2005). Il écrit aussi pour la télévision et la radio (France Culture).
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01:55 - 5.16.2007 - {0} -
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Tatieva - Artiste peintre

Tatieva est née en 1965 et vit à Annecy (Haute-Savoie) avec Tsarine et « le Couillu », ses deux chats. Elle aime les escargots, les poupées et le silence...
Comment es-tu venue à l'Art ?
Je suis née dedans... Petite fille solitaire, je rêvais et je dessinais... J’ai toujours aimé le dessin, la peinture, l'écriture. Ces trois arts m'accompagnent depuis toujours. Je considère mon parcours comme étant atypique : je suis totalement autodidacte...
Comment ton entourage a-t 'il réagit à ton orientation ?
J'ai toujours voulu être artiste, mais on m'a plutôt encouragée dans une voie plus raisonnable, plus acceptable, plus rassurante, mais qui ne me convenait pas du tout. De toute façon je ne suis pas quelqu'un de rassurant, bien que doutant moi-même de tout, tout le temps… J’ai effectivement besoin d'être rassurée. Aujourd’hui, ma famille est fière, ils m’encouragent, me poussent... parce que je me suis affirmée comme artiste : Je ne pouvais pas changer d'avis ... La somme de travail que j’ai fourni additionnée aux premiers résultats positifs, cela a changé leurs regards.

Tu te sens hors-normes ?
Décalée. Globalement, je fonctionne à contre courant. Je suis toujours là où on ne m'attend pas. Je fais des choses étranges. Je me sens double, voire multiple. Je suis très manichéenne. Toujours à la recherche de mon équilibre. Ma vie socio-professionnelle est complètement chaotique. Dans ma jeunesse, j’étais anar, punk (mais toute seule, et c’est sûrement ça qui m’a sauvée)...
Et physiquement ?
Je suis très petite (1m 49)… Enfant, j’étais le bouc émissaire. J’étais vraiment différente, j’avais peu d'amies, mais celles que j’avais, je les ai conservées à l'âge adulte. Quand j'étais en société, j’étais la petite rigolote, le verbe cru, on m'a souvent comparé à la Goulue... Toujours replète, et menue en même temps... Suite à une rupture, j’ai subi une perte de poids vertigineuse, et quand la vie est revenue, les kilos aussi (avec quelques uns en bonus)... J’ai toujours fait le yoyo : J’étais fumeuse, puis j’ai arrêté, puis de l’hyper-thyroïdie (je suis devenue très mince) puis de l’hypo-thyroïdie (je suis devenue ronde)... Je n’ai jamais fait de régime. Pour moi, « régime » = « totalitarisme »... C'est pas ça, la vie, ce n'est pas se restreindre à tout bout de champs, c'est profiter, la vie, c'est le plein, c'est pas le vide. La vie est fluctuante, donc il me semble normal que le corps fasse de même...

Comment vivais-tu ton physique ?
Je n'ai jamais aimé le regard des autres, et encore moins le mien : Il n'y a pas pire juge que soit-même. Je ne m'aimais pas. En même temps, ce regard des autres, je le recherche maintenant, d'une certaine manière : Quand je porte des décolletés, je dévie le regard de certaines de mes formes, vers d'autres formes qui me conviennent mieux. VLR m'aide à porter un regard bienveillant sur moi, je ne suis plus dans le jugement, mais dans l'accueil de ce que je suis, j'apprends à être bienveillante avec moi, du coup je me sens plus jolie, et prête à jouer à nouveau avec mon corps, qui me semblait hors d'état de marche depuis ma rupture. Je suis arrivée sur VLR par la section Rondouill'art du Mag, il y 2 ans environ... J’y ai fait de très belles découvertes artistiques. mais je n'allais pas sur le forum... Et puis un jour, je me suis détestée à un point... et j'avais besoin d'aide... Dans un profond mépris, j'avais besoin de parler... la rubrique « Rondeurs et acceptation de soi » est celle dans laquelle je me retrouve le mieux, qui change mon regard sur moi, positivement, avec bienveillance.

Ton rapport à la nourriture :
Désastreux ! Sucre, sucre et sucre... Du lait et du sucre. Pourquoi le sucre ? Manque de douceur, besoin de se cajoler, de se rassurer, jusqu'à écœurement. Ça me calme, ça m'apaise. Mon besoin de sucre se retrouve dans mon choix des couleurs, dans mon travail de peinture. Chaud, doux et maternel : le sucre.
Alors justement, ta peinture… :
C’est une histoire sensuelle, de sens (les sens), en dehors du motif (nu féminin) lui même sensuel... Une histoire de toucher de la toile. C'est extraordinaire… Quand je vais dans la boutique, je caresse longuement les toiles jusqu'à ce qu'il y en ait une qui me parle, je sens comme un grain de peau... Quand tu enlèves le cellophane de la toile, une odeur s'en dégage, et c'est encore un autre plaisir... Il y a des toiles sur lesquelles je serais incapable de faire quoi que ce soit... Certains grains de toile me rebutent, de même qu'avec les gens, certains grains de peau... Il faut une affinité, c'est un langage entre la toile et moi. La peinture est un langage et moi qui ai du mal à m'exprimer verbalement, je le fais par la peinture.

Tes toiles regorgent de couleurs :
Plus qu'artiste peintre, je me sens « coloriste ». la couleur est une vibration qui me parle, me touche, m'émeut... On est encore dans le sensitif... Et en cours de travail, je caresse ma toile, les couleurs posées, j'ai toujours ma main sur la toile. A un moment, dans ma couleur, je suis « juste », j'ai la couleur juste, telle qu'elle doit être. Comme accordée. Ensuite, je termine toujours par les lèvres, rouges... 8, 10, 12, 15 couches, pour obtenir le rouge parfait, qui donne envie de croquer dedans, le rouge de la vie... Et là, l'accord est presque parfait, parce qu'une fois la toile finie, il faut la faire chanter... C'est là qu'on met les clés, comme une guitare dont on serrerait les cordes, on resserre les clés qu'on a mis derrière le châssis, et on distend la toile, jusqu'à ce qu'elle résonne comme un tambour : Elle vibre. Tout est histoire de vibration : Peau, couleur, son, et ma vibration intérieure.

Pourquoi des Femmes uniquement ? :
Le sujet féminin est moins académique que le masculin... Il y a plus de liberté en ce qui concerne la représentation de la femme. Ces femmes sont comme mes « filles », parfois je me fais un peu l'effet d'une mère maquerelle (rires)... Je me sens protectrice envers elles, de même que quand je vends une toile, je peux refuser de la vendre si je sens qu'elle sera malheureuse chez cet acquéreur... J'ai besoin que mes « filles » se sentent bien là où elles vont être... D'ailleurs je reste en contact avec les gens à qui je vends des toiles. J'ai besoin qu'un lien se créé, je ne peux pas les lâcher comme ça... Je suis très maternelle, ça m'émeut. Si j'avais eu des enfants, j'aurais sans doute eu un rapport un peu différent à la création, mais je les aurais sans doute mêlés à mon art...
Et pourquoi pas des natures mortes ?
Mais parce qu'elles sont mortes ! Il y a quelques chose de complètement absent, manque la vie, une présence...
Au fil du temps, tes femmes deviennent de plus en plus rondes :
Je commence à mieux accepter mes propres rondeurs, et j'aime de toute façon le plein, le délié, le rond, le tendre... C'est chaud, doux, enveloppant... des monts et des vallées des creux, des pleins... c'est beau.
Le retour des Rondeurs dans l'art, dans la mode... Effet de mode ? Ou juste retour des choses ?
Ça me choque, qu’on oppose la rondeur à la maigreur.. On peut cohabiter. Chaque physique peut être à sa juste place, sans forcement déranger l'autre, et en l'acceptant dans sa différence. Ça a toujours été très important pour moi... Comme je me suis toujours sentie différente... On peut toujours s'enrichir de la différence de l'autre. C'est fondamental.

Tu pratiques aussi le Scrapbooking :
C’est une autre part de ma créativité, très ludique... Cela s'apparente à une après-midi avec des enfants, collage, déchirage, découpage, peinturlurage... J'adore le recyclage depuis toute petite, les cailloux, des bouts de dentelle, des étiquettes déchirées, j'en avait plein mes poches... Rien ne se perd. On transforme un petit rien en quelque chose de beau, c'est magique et très ludique. On peut se réapproprier des parts de son passé, c'est un peu comme une chronologie qu'on reconstruit, j'y ai trouvé ma place...
Tatieva vient de sortir un livre sur le scrapbooking, « le scrap' de lulu T. » aux éditions Tutti fruttiSortie le 7 décembre 2006 dans toutes les librairies, également possibilité de le commander ICI
Et retrouvez son travail de peintre sur "Les Callipyges de Tatieva"
Tatieva a fait l'objet de plusieurs articles dans divers journaux : - Tatieva, artiste coloriste et chercheuse d'idées (L'essentiel)- Des peintures coquines à croquer (Dauphiné Liberé)- Tatieva, mi-ange, mi-démon (Actives) 1 & 2
Tatieva est toujours à la recherche de modèles qui accepteraient de se déplacer sur Annecy en échange de croquis.
(j'ai moi-même eu le privilège de poser pour elle)
N'hésitez pas à la contacter en mp...
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02:25 - 12.25.2006 - {0} -
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Missy par Benoît Rivière, Hallain Paluku, et Svart. Editeur : La Boîte à Bulles - Collection : Champ libre - ISBN : 2849530468 - Prix : 13,90€ - Broché: 78 pages - 2 novembre 2006.
Dire que la lecture de Missy m’a touchée serait bien en dessous de la vérité… L’histoire de cette « grosse » femme, récoltant les hourras et l’adoration des mâles en rut en faisant des strip tease dans un cabaret prend aux tripes, femme objet aux formes pleines, et qui pourtant se sent si vide.
Nombreuses seront celles qui se reconnaîtront dans le désespoir profond de cette fille de la nuit, terriblement désirable, mais pas au delà d’une nuit et qui se retrouve seule, tellement seule au petit matin, livrée à elle-même, seule avec sa honte, rejetée par les hommes qui la salissent et la consomment sans savoir l’aimer.

S’ensuit alors la détestation du corps qui fait d’elle un objet de fantasmes, mais qui, elle le pense, la prive d’un amour que tout son être réclame… Puis la tentation de changer ce corps, l’envie de normalisation, qui, loin de la sauver, précipitera sa chute… Car l’amour n’est pas loin, si l’on sait le voir…
Missy a le regard voilé des gens qui ont trop souffert, se recroquevillant sur elle-même telle un œuf qui ne demande qu’à disparaître, gommer la différence, se bercer soit-même, prendre enfin cette tendresse qu’on lui refuse, et à laquelle elle refuse de croire, lorsqu’enfin elle survient… La véritable beauté est pourtant dans l’œil de celui qui regarde !
Un petit bijou de sensibilité, un cri de désespoir, la tragédie de « l’anormalité », qui voile la face à celui ou celle qui s’en croit atteint, et lui masque le bonheur qui parfois est à porté de main… Le graphisme est doux à l’œil et les personnages sans visage, les couleurs franches… un monde où l’apparence domine, où les corps prennent toute leur ampleur.
Vraiment, de la belle ouvrage !

Quatrième de couverture : "Etoile de cabaret la nuit, Missy redevient au matin cette grosse femme dont le monde entier se contrefiche. Une fois leur curiosité et leur désir assouvis, ses amants l’abandonnent invariablement au saut du lit… "
L'album : Etoile de cabaret la nuit, Missy redevient chaque matin cette grosse femme dont le monde entier se contrefiche. Une fois leur curiosité et leur désir assouvis , ses amants l’abandonnent invariablement au saut du lit. Rythmé entre adoration et répulsion, l’équilibre de Missy ne tient qu’à un fil. Un fil sur lequel tire l’impitoyable Dud, le gérant du cabaret. Afin que les hommes cessent de ne voir en elle qu’un simple objet de fantasmes, Missy décide de maigrir, au risque de perdre ce qui l’a imposée sur scène : ses formes généreuses . Mêlant tristesse et tendresse, les auteurs mettent en scène toute la légèreté et l’hypocrisie humaine en matière de séduction amoureuse. Un dénommé Mario, tapi dans l’ombre du comptoir du cabaret, la regarde chaque soir d’un oeil énamouré. Mais que peut raisonnablement espérer cet homme laid de la plantureuse Missy ? Lever le voile des apparences semble bien difficile dans cette histoire…
Points forts : Sensuel, envoûtant, charnel, ce récit aux contours généreux entraîne le lecteur dans un tourbillon de formes. Sans cliché, les auteurs mettent en scène une histoire d’amour et de désespoir qui fera fantasmer tous les lecteurs, y compris ceux qui croyaient jusqu’alors ne pas aimer les rondes. Pour cette histoire toute en sensualité et sentiments, les auteurs ont osé et réussi le pari de ne pas donner de visages à leurs personnages. L’émotion n’en est que renforcée.

Les auteurs : Né en 1977 à Kinshasa au Congo, Hallain Paluku s’amuse dès l’âge de 11 ans à donner des traits africains aux planétaires Tintin, Gaston, Boule et Bill, etc. Illustrateur de presse, il se rapproche progressivement de l’univers BD grâce à divers ateliers, expositions et ouvrages collectifs. Le premier dessin de Missy date de 1999, suite à une rencontre amoureuse. Son patronyme vient de « Missy Elliott », une rappeuse américaine. Sa rencontre avec Benoît Rivière transforme l’idée en album. Chroniqueur BD pour divers journaux, Benoît démarre son parcours de scénariste sur les chapeaux de roues . Dans la foulée de Missy , son premier album, il publiera en 2007 un polar aux éditions Delcourt. Svart a récemment collaboré à 2 albums de la collection EP Jeunesse : Les 3 petits cochons et Les sept nains et demi . Pour les éditions Delcourt il réalise les couleurs de Les Hydres d'Ares et de la suite de Maxime Murène .
"Missy" sur le site de La Boîte à Bulles
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01:58 - 12.25.2006 - {0} -
Jérémie BALDOCCHI
-Peintre-
Agé de tout juste 30 ans, le peintre Jérémie BALDOCCHI a un parcours riche de sens derrière lui. Se désintéressant très tôt des études, il intègre à 16 ans une école privée de dessin qui lui permet alors de perfectionner son graphisme en gestation. Cet artiste nous livre aujourd’hui des tableaux joyeusement colorés mettant en scène, de manière tendre ou humoristique, des animaux au corps surdimensionné, mais également et surtout de curieux personnages, au corps pulpeux, voire débordant de chair, mais dont la tête manque…
Jérémie, avec bonne humeur et gentillesse, a accepté de répondre à nos questions.
J’ai découvert ton travail en passant par hasard, en décembre dernier, devant l’espace expos de la FNAC des Halles, à Paris. Je suis entrée, d’abord attirée par les couleurs vives de tes compositions, puis les sujets ont retenu mon attention. Tes animaux, d’abord, qui m’ont fait pensé un peu au travail de Rosina Wachmeister pour le côté à la fois statique et mignon, leurs bonnes bouilles m’ont tapé dans l’œil… Est-ce une influence dont tu te réclames, ou pas du tout ?
J’aime bien le travail de Rosina Wachmeister mais le trouve un peu statique et répétitif. Par contre j’ai énormément d’influence : Valerio Adami, Francis Bacon, Marc Ryden, Jenny Saville, Botero, Voutch et bien d’autres. Les animaux ont été créés lors de mes premières expos car je n’avais pas assez de travail à présenter et puis maintenant cela m’amuse, surtout de les mettre en scènes dans des situations qui sont complètement incongrues. Pour le moment mon arche de Noé ne se résume qu’aux chats, aux éléphants et aux chevaux. J’attends les autres mais ils ne sont pas, pour le moment, une priorité.

Les personnages, ensuite, aux corps si opulents… Pourquoi ce choix des rondeurs ?
J’ai toujours été attiré par les extrêmes, ne pas « aimer » mais plutôt « adorer », les choses « immenses » et non pas « simplement grandes ». Au début je dessinais beaucoup de personnages extrêmement maigres puis ils se sont mis à grossir à l’inverse de moi : en effet, j’ai perdu, en l’espace de 2 mois, 40 kg, à la suite d’une opération dentaire assez lourde. La mâchoire immobilisée, j’ai du me nourrir de liquide pendant un certains temps. Je suis un ancien gros…. Enfin, en apparence car rien n’a vraiment changé dans ma tête. La plupart de mes personnages ont pris des rondeurs. Ces rondeurs que je n’ai plus physiquement mais moralement. C’est plutôt comme eux que je me vois.
Pourquoi tes personnages n’ont-ils jamais de tête ?
Ça c’est évidemment la question que tout le monde me pose. Si vous regardez bien elle y est, elle n’est certes pas représentée physiquement mais elle se forme dans votre esprit, c’est donc à lui d'inventer ce qu’il voudra que vous y voyez, un proche, une personne souriante, triste, blonde ou brune, cela donne en quelque sorte une part d’interactivité à l’image. Et puis si j’approfondi un peu la question, je pense que l’on peut faire ressentir une expression par le corps. Il est, tout de même, les ¾ de notre être et pourtant, la plupart du temps, nous ne résumons les autres qu’à leur tête.

Est-ce que tu parles de toi dans tes tableaux ? Ces personnages ronds te représentent-ils ?
A une époque je me représentais dans certaines de mes images et je me différenciais avec une petite étoile cachée…Maintenant je fais régulièrement des autoportraits : c’est plus simple. Un jour, un ami m’a fait remarqué que je me représente généralement avec des parties de corps très maigre et d’autres très grosses comme si je n’arrivais pas à choisir un camp. Et je vais peut-être vous étonner mais certaines des femmes de mon univers correspondent à l’image que j’ai de la femme si je devais en être une.
Les scènes représentées, tu les as vécues ?
Oui, en effet, beaucoup d’images sont tirées de scènes vécues. Je me nourris de tous les petits détails de la vie comme par exemple le tableau « Et ça c’est bonus… ». Il y a quelques temps, j’ai fait une liposuccion et à la veille de l’opération, le chirurgien, à genoux en train de me tracer sur le corps les zones à aspirer me trace un grand cercle au niveau des hanches et me dit « Et ça c’est bonus ! ».Il ne s’en est pas rendu compte mais il venait de me donner le titre d’un prochain tableau (voir Fig. 07).

Le fait de mettre ces expériences personnelles sur toile constitue t-il une sorte de thérapie ? D’exorcisme concernant une période difficile de ton existence ?
Tout art a des vertus thérapeutiques, c’est évident. Mon but n’est pas d’exorciser mes souffrances, le néant de ma vie sentimentale ou mes complexes physiques mais plutôt de raconter de petites histoires. Pour moi, une image est réussie si, telle un bonbon, elle est colorée et sucrée, si elle fait plaisir et sourire…
Où en es-tu aujourd’hui, dans ton rapport à ton propre corps ?
Je fais du sport en salle, c'est un rituel, 5 fois par semaine dont 1h de cardio à chaque séance. Et si je n’y vais pas, je ne me sens pas bien. C’est, je pense, un remède à la prise de poids. Cela me permet d’être libre et de manger comme j’en ai envie. Mais, c’est clair, s’il n’effacera jamais le problème que j’ai avec mon corps, le sport me permet de m’en occuper. J’apprends, petit à petit, à l’apprivoiser un peu plus.

Sur certains de tes tableaux, les femmes représentées sont engoncées dans des corsets très serrés… Esthétique fétichiste, goût personnel ? Représentation fantasmée de la féminité avec un grand « F » ? Ou simple effet de mode ?
Je suis énormément attiré par le coté esthétique visuel de l’univers SM, je tiens à préciser néanmoins que je ne le pratique pas. J’aime aussi l’idée de cacher ses excroissances de chair dans des vêtements sans que cela ne se voit et, par conséquent, de ne pas paraître ce que l’on est réellement. Le corset, entre autre, sert à cela, au delà du fait que c’est une chose typiquement féminine (à mon grand regret). J’ai justement tendance à dessiner beaucoup de femmes dans mes images car elles sont, d’une part, visuellement plus intéressantes et, d’autre part, leur univers m’attire et je me sens, en général, plus proche d’elles.
Peut-on penser qu’un jour tu arriveras à te remettre en phase avec ta propre image, c’est à dire te sentir mince dans ton corps mince, et qu’alors nous verrons dans tes toiles des personnages minces, comme tu l’es actuellement ?
Ce n’est pas du tout évidement d’être « en phase » avec soi même et en ce qui me concerne, je ne pense pas atteindre ce degré un jour. Comme je vous l’ai déjà dit, je ne dessine pas que des gros, j’aime aussi les corps anorexiquement maigres. Un jour, j’ai entendu dire que l’on pouvait transformer un état boulimique en état anorexique... Cela me paraît impensable et en même temps, cela me fascine car je trouve incroyable que l’on puisse trouver une satisfaction à en avoir le moins possible dans le ventre.
Quelle image as-tu, toi, des personnes rondes ? Et quelle image penses-tu en donner à travers ton œuvre ?
J’ai toujours été attiré et entouré de personnes rondes, j’ai comme l’impression de les comprendre, de vivre « comme elles »... C’est comme leur dire : « Je suis comme vous ! » mais dans un corps différent en apparence. J’aimerais, à travers mes images, montrer que les plis et les rondeurs peuvent être beaux et agréables à regarder. Mais si vous observez plus en détail, les personnages gros ou minces de mes peintures ne le sont jamais vraiment totalement.
Tu as une exposition permanente à la Galerie La Hune - Brenner, un site Internet et bien sur la sortie de ton livre... Tu as, à ton actif, de nombreuses expositions passées et en prévision… Tu arrives presque à vivre de ton travail, ce qui n’est pas donné à tous les artistes, surtout à ton âge… Quel est, en tant qu’artiste, l’objectif que tu t’es fixé ? Un rêve inaccessible ? Une réalisation qui te fera dire qu’après ça, tout peut s’arrêter ?
Quand on veut vivre de sa passion, cela a un prix : celui du travail nourri d’énormément de motivation. C’est très dur d’être son propre patron, on est vite happé par la vie quotidienne et sociale. C’est pour cela que je me suis fixé des règles assez strictes. Je me lève, par exemple, tous les matins à 6h, je me donne des dates, des tâches à la semaine et au mois ainsi que des objectifs à l’année. En ce qui concerne mon rêve inaccessible, il serait sûrement celui de tout artiste je pense : faire de sa peinture une œuvre immortelle. Et la chose qui me ferait dire qu’après ça tout peut s’arrêter serait peut-être de connaître la satisfaction, car comme la majorité des artistes, je suis perpétuellement insatisfait et, dans un sens heureusement, car c’est ce qui me fait avancer. J’arrêterai donc quand je serai pleinement satisfait d’un travail et que je ne pourrai pas faire mieux, ce qui n’est pas le cas pour l’instant et ce n’est donc pas du tout d’actualité.

Et en tant qu’homme ?
C’est une question très intéressante... En tant qu’homme c’est un peu similaire. A mon avis il ne faut jamais se donner d’échéance finale et de ce fait, toujours avoir des rêves, quelque soit son âge. On a beau avoir obtenu la réussite sociale, sentimentale et professionnelle ce n’est pas pour cela que l’on a forcement tous les éléments pour être heureux. L’être humain est de nature curieuse et a perpétuellement soif de nouveauté. La sensation d’avoir accompli sa vie serait peut-être d’avoir tout connu, tout vu, tout entendu, tout ressenti, ce qui est impossible ! Et même si ça l’était je ne me le souhaiterais pas car j’ai continuellement besoin de découvrir l’inconnu, de parcourir des kilomêtres à chercher ce pays qui me semble être inaccessible et introuvable : le pays des rêves...

Les œuvres de Jérémie BALDOCCHI sont visibles sur son site Internet : www.jeremiebaldocchi.com
Exposition permanente : Galerie La Hune –Brenner 14 rue de l’Abbaye Place Saint Germain de Prés 75006 Paris (ouverture 10h-13h 14h-19h)
Prochaine exposition prévue : du 25 Avril au 06 Mai 2006 à la galerie La Hune - Brenner, à l'occasion de la sortie du livre "Corps et Ames", parution en avril 2006, 30 pages, format 20 X 21, 20 euros.
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05:19 - 4.20.2006 - {0} -
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Lily la tigresse d' Alona KIMHI
Editeur : Gallimard
Collection : Roman
ISBN : 2070772853
Prix : 21.90 €
- Critique énervée -
Quand j’ai entendu parler de « Lily la tigresse » d’Alona Kimhi, clairement, c’était le roman de la décénnie, que dis-je, du siècle… Enfin un roman sur les rondes ! Enfin un roman dont l’héroïne est une belle ronde ! Enfin un roman qui nous livre, avec force anecdotes poilantes, le grand mystère des femmes, et des femmes rondes qui plus est. Bon, à sa décharge, l’auteur de cette critique exaltée était un homme, chroniqueur dans le « journal de la santé » sur France Cinq, ce qui n’a rien à voir. Il brandissait l’ouvrage magnifique, caressait avec délectation sa tendre couverture mauve, sur laquelle une femme dodue à souhait et totalement nue (hors talons aiguilles et sucette géante à la main) nous fixait avec l’air évaporé d’une jeune génisse à qui l’on présente un pâturage nouveau… Oui, sans nul doute, il avait aimé ce livre, le chroniqueur… il avait rit, tellement rit, qu’il en riait encore, sur le plateau du « Journal de la santé »… Vraiment, ce livre formidable, il fallait que nous courrions tous l’acheter.
Et c’est ce que j’ai fait… Qui ne l’aurait pas fait, d’ailleurs ? Il m’avait été si bien vanté… C’était le 19 janvier dernier, je me suis rendue dans un de ces magasins qui vendent de la Culture en veux-tu en voilà… et là, surprise ! Rupture de stock, déjà… sorti le 12, juste une semaine plus tôt, il n’y en avait déjà plus… il fallait attendre… il avait été si bien vanté, ce livre magnifique… les gens n’avaient pas été assez idiots pour passer à côté de ce manuel à l’usage des gens qui veulent comprendre la femme, ronde de surcroît… Même le 4e de couverture s’y met aussi : « 112 kg de femme.. et patati et patata … d’une drôlerie et d’une fantaisie éblouissantes… ». Bien. Voilà un investissement que je suis sure de ne pas regretter…
Alors j’ai attendu… et quelques jours et plusieurs magasins plus tard, je le trouve enfin, qui m’attend, me tend les bras, la Bible mauve qui va changer ma vie ! Par piles entières, presque jusqu'au plafond... il y en a partout... Enfin ! Il faut que je me dépêche de le chroniquer pour VLR, manquerait plus qu’on me pique mon idée… Je suis contente, je n’ai encore jamais chroniqué de livre… Des artistes, oui, mais des « livre du siècle », jamais… alors je me lance…
Pas mal, tout ça.. ça commence bien… c’est plutôt drôle, en fait et l’écriture (du moins à la traduction) est honnète, ça se lit bien. Cette Lily qui a 30 ans (comme moi) semble avoir un sacré caractère… elle vit seule suite à une rupture dramatique avec l’homme de sa vie qui l’a planté avant le mariage parce qu’elle était trop grosse… bon… ça pourrait être dramatique, mais finalement c’est plutôt drôle, comme elle le raconte… ça se passe en Israël… apparemment, là-bas, ça ressemble assez à ce qu’on vit ici… bon, son enfance, ses parents bizarres qui la rêvent actrice alors qu’elle se fantasme prothésiste dentaire… remarquez, moi je me voyais bien médecin légiste pendant que ma mère me voyait… ben médecin légiste, tiens… finalement, une vocation contrariée par personne mais qui a changé d’orientation en cours de route : je ne suis pas médecin légiste… bon je continue…oh… sans déconner… son dentiste la tripote quand elle a 12 ans… bon, apparemment ça ne la traumatise pas plus que ça… elle se masturbe dans sa baignoire avec le jet d’eau… ah bon ? ok, je n’y avais jamais pensé, faudra que j’essaie ça un jour… elle se pomponne, prend soin d'elle, boit du porto en prenant son bain... et puis elle a sa meilleure copine, Ninouch… Ninouch,elle est super belle, et super maigre… mais elle a un pois chiche à la place du cerveau… elle vit avec un taré super riche qui la fracasse dès qu’elle fait un pas de travers… mais elle est gentille, quand même... elle a été prostituée, mais elle avait les dents pourries et ça plaisait pas trop aux clients, et puis elle s’est occupée d’un bordel d’enfants parce qu’elle adore les mômes, et puis on l’a mise dans un bordel d’anormaux (y a des gens qui fantasmes là-dessus apparemment, d’ailleurs son mec l’a découverte là-bas, lui, l'esthète collectionneur de jolies choses...), rapport à une maladie qui lui a octroyé une souplesse extraordinaire… faut dire qu’elle avait un maquereau prévenant, qui a toujours tout fait pour encourager le développement de ses capacités… soit, mais je commence à me poser des questions, moi… revenons à Lily… Lily qui se souvient de son dépucelage par un étudiant japonais, dans les toilettes d’un avion… ok… elle a eu du mal à l’oublier, celui-là… ses premiers émois, si l’on oublie ceux causés par son dentiste, bien sur… là, on commence quand même à rire jaune… ensuite… elle va au cirque, elle est prise en taxi par une conductrice qui parle trop et qui se mêle un peu trop de tout.. évidemment elle arrive quand la représentation est finie, parce que, bien sur, elle a attendu toute la soirée sa copine qui n’est jamais venue, rapport à la jalousie de son mec… là elle se rend compte que le mec qui s’occupe des fauves, c’est son étudiant japonais qui l’avait dépucelée… mince ! quelle coïncidence quand même… elle se débrouille pour le retrouver, et ils se paient une bonne partie de jambes en l’air, comme si ces douze années ne s’étaient pas écoulées depuis le dépucelage… sauf que l’étudiant est devenu une femme, avec un vagin à la place de l’objet responsable du dépucelage en question… tiens… quelle drôle d’idée… bref… il la saoule et il lui donne un bébé tigre… punaise, le cadeau empoisonné ! la femme du taxi reparaît le lendemain, la copine Ninouch tombe amoureuse du bébé tigre, la femme taxi tombe amoureuse de Ninouch, dont le mec devient de plus en plus violent… oh la la… drôles de vies, quand même… Lily pèse de plus en plus lourd sur la balance (120 kg), mais semble mincir de plus en plus… jusqu’à entrer dans un 44, et elle recroise son ex qui retombe sous le charme (ben oui, maintenant qu’elle a maigri)… et c’est à nouveau l’extase, il est mince, il est beau, il sent bon le sable chaud, son lieutenant… elle se rappelle avec nostalgie toutes les fois où elle a chopé des trucs qu’il lui ramenait de ses multiples conquêtes féminines lors de ses déplacements professionnels (crêtes de coq, chlamydiae, morpions, mycoses – liste non exhaustive)… une fille dans chaque port et un porc qui sommeille, comme disait l’autre… heu là, je commence à me dire qu’il y a quelque chose de pourri dans la tête de cette nana… enfin, je continue… et puis je sais pas trop ce qui lui arrive, elle a tout le temps faim, elle mange, elle mange, elle a faim de sexe aussi… elle erre la nuit dans les rues, dans les bars… elle fait son marché, elle se choisi des mecs, plusieurs dans la nuit, elle se fait sauter dans les arrières-cours… sans protection, pour mieux sentir, chair contre chair… non mais là, ça va vraiment plus… là ça rigole plus du tout… je ne comprends pas ce que le chroniqueur a pu trouver de si drôle.. je ne comprends pas ce qu’on nous montre comme femme… ronde de surcroît… et je continue, le tigre grandit, l’appart devient de plus en plus petit… le mec de Ninouch est souvent absent parce qu’il fait la promotion sur toutes les télés d’un truc qu’il a inventé, un panty électrique contre la cellulite… sans oublier le japonais transsexuel qui s’est suicidé, Lily qui se transforme petit à petit – en quoi ? je vous laisse deviner… on apprend que Lily a rencontrée Ninouch il y a deux ans alors qu’elle se faisait violée dans un terrain vague et que Lily a regardé la scène sans bouger… les rapports de Ninouch avec son homme se dégradent de plus en plus… l’amour de la femme-taxi pour Ninouch grandit de plus en plus, le tigre grandit de plus en plus, Lily s’alourdit de plus en plus (160 kg)… et là, Mesdames et Messieurs, vous pouvez le deviner, le drame est en train de se nouer… vous n’en saurez pas plus, j’ai du péniblement me traîner jusqu’à la 400e page pour voir où l’auteur voulait nous emmener… je vous laisse deviner, c’est con comme les gens, c’est laid et triste comme la vie… et ça sombre dans l’incohérence la plus totale… une entourloupe que n'aurait pas désavoué Marie Darrieusseq dans son très surestimé premier roman"Truismes"... pas de quoi rire, en somme.
Alors quoi ? j’ai perdu mon humour ? ou j’ai rien compris ? j’ai relu le bouquin en diagonale pour être sure que mon esprit ne s’était pas égaré entre deux chapitres… et je me dis non, ce n’est peut-être pas moi, en fin de compte, c’est peut-être le chroniqueur qui n’a rien compris. Ou peut-être qu’il ne l’a même pas lu, enfin de compte… enfin si vraiment il a rigolé tant que ça, il y a quand même du soucis à se faire…
Moi j’ai vu ici un ramassis de cliché, pas flatteurs pour deux sous pour les femmes, rondes ou pas : seules, lâches, viles, pouffiasses ou hommasses, bêtes à manger du foin, tristes, victimes, putes et soumises. Les rondeurs là-dedans ? Un détail sans importance, un prétexte dont se sert un salaud pour jeter la femme qui rampe à ses pieds, plutôt que de dire je te quitte parce que je ne t’aime plus, parce que les oiseaux chantent, parce que j’en ai mis une autre enceinte, non, je te quitte parce que tu es GROSSE… et la « grosse » de promettre de faire tous les régimes du monde, de se coudre les dents, de se mettre un anneau… on croit rêver…
Et toute cette fange, non pas dénoncée, mais étalée avec complaisance, comme quelque chose d’anodin, la prostitution des femmes, des enfants, des « anormaux », le viol, la pédophilie, la violence conjugale et la mort…
Ce livre est moche, ces idées sont moches, ces femmes sont moches… Le constat est moche, et pourtant tout semble si banal, au travers des mots de l’auteur…
Ce livre m’a laissé un arrière-goùt de saleté dans la bouche… et de colère aussi. Le second degré, me direz-vous ? non, j’ai pas perdu tout mon humour... Pour moi, en création, on peut tout aborder, mais il y a des façon de dire, des façons de faire, des façon d’écrire… j’ai pas vu le message qu’Alona Kimhi a voulu faire passer… je ne l’ai pas compris. C’est peut-être mieux comme ça. Ou peut-être que si, j’ai perdu mon humour au détour de ce livre, je n’ai pas aimé ce que j’y ai vu, ce qu’on m’y a montré. Je n’ai pas voulu penser qu’on pouvait rire de tout, tout le temps, à n’importe quel prix. Je n’ai pas eu le détachement nécessaire pour vous dire « c’est super, enfin un livre sur les rondes !»… non, c’est pas un livre sur les rondes, c’est un livre qui parle de vies de merde, dans un monde de merde. C’est un livre qui ne m’apprend rien sur moi, et heureusement encore… et du coup je me demande encore ce qu’il a bien pu y apprendre, le chroniqueur.
Je ne vous conseillerai pas cette lecture… vous faites bien ce que vous voulez… je sais qu’il va encore y avoir des critiques dans les médias, que ce livre sera encensé, j’ai entendu à la radio l’autre jour quelqu’un qui analysait ainsi « les kilos de l’héroïnes ne sont pas réels, c’est une parabole »… on peut pousser loin l’interprétation, mais moi je n’y arrive pas, au 14e ou au 23e degré… et les piles de "Lily" qui continuent à grandir, grandir, feront bientôt sauter les plafonds des librairies comme des bouchons de champagne...
J’ai mis un mois et demi pour venir à bout de 429 pages, moi qui dévore trois livres par semaine… j’ai mis un mois et demi pour digérer, au fur et à mesure, ma lecture, et pouvoir rendre une chronique de ce truc… je l’ai fini cet après-midi. J’ai hésité, parce que pour ma première, j’aurais tellement aimé « avoir aimé ».
Ben tant pis.
J’ai pas aimé.
Si vraiment vous ne pouvez pas vous empêcher, si vous pouvez pas attendre la sortie en poche, prenez le à la médiathèque...
Quatrième de couverture : "La jeune Lily, " 112 kilogrammes de femme ", vit seule depuis que son fiancé - effrayé par son poids - a annulé leur mariage à la dernière minute. Elle combat sa solitude et ses angoisses à coups de bains moussants et de gorgées de Porto, et surtout en passant ses soirées en compagnie de Ninouch, sa seule amie. Depuis leur rencontre dans la clinique où Lily travaille en tant qu'hygiéniste dentaire, les deux femmes sont inséparables. Du moins, autant que Léon, le compagnon violent et jaloux de Ninouch, le permet. Car Léon, devenu riche grâce à l'invention d'un panty électrique anti-cellulite, protège et couve la fragile Ninouch, qu'il a arrachée à la prostitution, en usant de méthodes parfois musclées. Mais un soir, alors que Léon refuse encore une fois de laisser sortir Ninouch, Lily décide de se rendre seule au cirque en taxi. Coincée dans un embouteillage, elle arrive après la fin du spectacle, d'autant plus dépitée qu'elle découvre sur le programme que le dompteur de fauves n'était autre que Taro, son premier amant, le jeune Japonais qui lui a fait perdre sa virginité dans les toilettes d'un Boeing 737 au-dessus de l'Atlantique ! Aidée par l'ineffable Mikhaëla, la conductrice de taxi, Lily retrouve Taro qui lui fait don d'un bébé tigre avant de repartir au Japon. Un cadeau qui donne alors à sa vie un tournant inattendu... D'une drôlerie et d'une fantaisie éblouissantes, ce deuxième roman impose définitivement Alona Kimhi sur la scène littéraire internationale comme un des écrivains les plus originaux de sa génération."
Biographie de l'auteur Alona Kimhi, née en 1966 en Ukraine, a été comédienne avant de se consacrer à l'écriture. Elle vit aujourd'hui à Tel-Aviv. Son roman Suzanne la pleureuse a été accueilli avec grand succès lors de sa parution aux Editions Gallimard en 2001.
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02:41 - 3.9.2006 - {0} -
Joel-Peter WITKIN
Le poète sombre de la photographie 
Né à Brooklyn en 1939, Joel-Peter Witkin est, dès son enfance, fasciné par la mort. C'est à 6 ans qu'il aurait assisté, accompagné de sa mère et de son frère, à un carambolage au cours duquel la tête d'une fillette roula à ses pieds. Il en restera fasciné, « tombé amoureux », comme il le dit lui-même, de cette fillette, et cherchera très rapidement, à travers son travail photographique, à retrouver l'émotion de cette funeste rencontre.
Attention, certaines images peuvent choquer - Ames sensibles s'abstenir !
Inspiré par le travail de Weegee qui photographiait les scènes de crimes dans les années 30/40, il s'essaiera au photo-reportage avant de se lancer dans la mise en scène de natures mortes-vivantes, recherchant sans cesse la collaboration d'êtres difformes qui lui semblent être la seule alternative à la normalisation de sa propre monstruosité fantasmée. Ses annonces passées dans les journaux demandent des êtres contrefaits, des nains, des débiles, des femmes obèses, à barbe, des gens mutilés, transsexuels, fous, mystiques, malades, anorexiques... en somme, une hallucinante parade de freaks, qu’il aime à côtoyer et parmi lesquels il se perd, éperdument. Il est également à signaler que tous ces modèles sont venus à lui, de leur plein gré, touchés peut-être par cet art étrange qui est le sien et qui leur ressemble.
Son œuvre, précocement accueillie de la manière la plus favorable qui soit en France, a généré depuis ses débuts moult scandales et controverses, en raison de la nature de ses modèles, sans oublier son utilisation de morceaux de cadavres, squelettes, fœtus humains et animaux morts afin de composer ses tableaux, à la manière d’Archimboldo.
Né d’un père juif et d’une mère très catholique, Witkin revendique sa foi en l'église catholique tandis que ses détracteurs accusent son œuvre d'être blasphématoire... Son mysticisme ainsi que le fort pouvoir d'évocation érotique de ses invraisemblables allégories le classent parmi les artistes sans concession, à la fois adulé et adoré, sans que son œuvre puisse, d'une manière ou d'une autre, laisser indifférent.
Contrairement à d'autres artistes que nous vous avons jusqu'alors présenté, la singularité de Witkin est de ne pas sublimer de manière attendue ses modèles. Ainsi, les personnes obèses qu'il utilise lors de ses créations sont choisies pour l'anormalité de leur physique, et non pas par préférence esthétique ou sexuelle de l'artiste. Ces personnes sont " hors normes ", des êtres " exceptionnels " au sens où Witkin l'entend et celui-ci se propose de les mettre en scène en tant que tels. Il nous donne à voir des êtres " monstrueux " qu'il rend porteurs de messages mystiques. Les significations sont douloureuses, plus encore que la condition extra-ordinaire des modèles de l'artiste, à qui il offre une revanche à sa façon. Etres difformes, malades, honni de la société, Witkin leur offre une place de choix au sein de son panthéon sulfureux de " monstrueuse beauté ".
Sa technique, désormais enseignée dans les écoles de photographie, est également un blasphème pour les puristes, de par le fait qu'il n'hésite pas à endommager son support (le négatif) afin de renforcer le pouvoir évocateur de sa création : rayures faites au rasoir, bains de thé ou de café, grattages, brûlures... Cette phase de création est tout aussi douloureuse que la composition du tableau : l'artiste y met toute son âme, transmettant à son support tout la violence et la destruction qu'il ressent au plus profond de lui.
Le travail de Joel-Peter Witkin est aujourd'hui reconnu mondialement, il a donné lieu à de nombreuses expositions et diverses publications. Il est exposé régulièrement à la Galerie Baudoin Lebon à Paris. Vivant à Albuquerque (Nouveau Mexique), le poète sombre de la photographie (ainsi qu'il s'est lui-même désigné) se montre peu en public désormais et produit environ une dizaine de photos par an, dans un style de plus en plus épuré. Le monde fantasmatique de cet artiste hors du commun a inspiré plus d’un photographe, souvent copié, toujours envié, jamais égalé…
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04:52 - 1.24.2006 - {0} -
Jean-François LEFRANC
(Jefl) 
Peintre et photographe
Elève aux Beaux-Arts de paris dans les années 70, Jean François Lefranc se consacre à la peinture figurative, puis abstraite jusqu'à ces dernières années... expos régionales, nationales et internationales (New York, Montréal, Hambourg, Paris...), essentiellement en galeries.
Comment es-tu passé de la peinture à la photo ?
Je fais de la photo depuis des années, mais sans recherche particulière... puis j'ai acheté un reflex numérique, dans un premier temps pour faire un catalogue de mes œuvres picturales, et désirant aller plus loin dans mes recherches de peintre, j'ai repris une activité didactique de photographe car je m'étais aperçu qu'il y avait un monde entre la reproduction photographique d'une toile et la toile elle-même. La photo écrase les matières, augmente les contrastes, sature les couleurs, les dénature et créé une vison différente de l'œuvre originale.
Petit à petit, j'ai commencé avec mon appareil à travailler des natures mortes d'objets vieillis et poussiéreux. Puis assez rapidement, je suis passé aux modèles vivants, parce que c'était la seule possibilité pour moi de créer des tableaux "vivants", dont je suis le créateur et dont j'ai la maîtrise, non pas intégrale, car on ne peut jamais l'avoir, mais presque.

Pourquoi ce choix de travailler avec des personnes rondes ?
Parce que ma démarche en tant que peintre n'a jamais été dans la standardisation donc celle de photographe est en continuité avec cette pensée, c'est à dire travailler au-delà des normes, sur des chemins parallèles, dans l'extrême.
A croire que je désirerais que les extrêmes deviennent norme à travers ma création. je serais plus dans un état de recréation que de création pure. Je n'invente rien, je donne une possibilité de travailler au-delà de l’à priori visuels.
Désormais, je consacre l'essentiel de ma création à la photo, plus particulièrement au nu féminin. Je me sens un peu frustré de ne plus avoir envie de peindre. A modeler les modèles, je continue néanmoins à créer des toiles. C'est juste le média qui change. C'est la forme qui n'est plus aussi "matièrée" que celle de la peinture, mais ma vision est toujours celle d'un peintre. D'ailleurs je ne me considère pas comme photographe, mais comme un créateur.

Tu travailles aussi avec d'autres physiques...
Oui car toute femme, tout corps est chargé d'un matériau créatif et il est évident que plus le corps est différent de ce que l'on attend dans la photo de nu (que ce corps soit rond, anorexique ou celui d’une femme âgée), plus cette différence va m'amener dans le monde onirique de la peinture. Mais j’en viens parfois à me demander si il existe des modèles « classiques », tellement je suis confronté, dans ma démarche, à des corps « à part »…

Jamais avec des hommes ?
Dans l'instant présent, je n'ai pas d'inspiration pour travailler avec des corps masculins, si ce n’est avec le mien, parfois, en autoportrait.
Tu utilises souvent des tissus, des drapés afin d | |