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La Mort n'en saura rien...

4.3.2008 - La malheureuse mère

Posté dans Necropolis




Ci-git
Marie, Hermin***
Philomène, ABRIOT
Veuve Louis BREUCQ
Née à Conliege. Décédée à
Briod le 9 décembre 187*
à l 'âge de 26 ans.

Pour ta malheureuse mère
le présent n'est qu'un songe
qui doit s'évanouir ! et l'avenir
n'est qu'une espérance :
celle de te revoir au ciel
car ta mort a brisé ma vie
mais tu l'as dit :
je l'attends et tu m'attends.


Cimetière Saint Etienne de Cosdres (Briod, Jura)



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4.2.2008 - L'honneur de son sexe ?

Posté dans Necropolis




CI GIT

AMABLE BALAN VEUVE
PAULIN ORIGINAIRE DE
THOUAIRIAT AGEE DE
CINQUENTES (sic) ANS EST
MORTE LE 21 JANVIER 1833
APRES AVOIR RECU LES
SACREMENTS DE L'EGLISE
SA VIE ENTIERE FUT UN
MODEL (sic) DE VERTUS (sic) DE (?)
SURTOUT UN PRODIGE
DE CHARITE ELLE FUT
L'HONNEUR DE SON SEXE
PUISSE-T ELLE RECEVOIR
DANS LE CIEL LA
COURONNE DES ELUS

REQUIESCAT IN PACE


Cimetière de Saint Etienne sur Cosdres (à Briod, Jura)



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1.4.2007 - Blog de poèmes gothiques

Posté dans Poemes mortiferes

 

 

Un blog découvert cette nuit, http://www.lespoetes.net/blog/Aubepine.php

La mort est partout dans son oeuvre... j'aime ce qu'écrit cette fille...

 

 

Un petit extrait...

 

Jouer avec les mouches

 

Elles dansaient tout autour de son blême visage
bouillonnante nuée, bourdonnante de rage,
se posaient souveraines en un vrombissement
sur sa peau encore tiède, leurs ailes s'agitant
en un ballet moqueur, qu'elles jouent à ses oreilles
du festin qu'il leurs offre depuis sa fin la veille.
Mouvance de couleurs du vert au rouge acier,
tâches venant grêler de sa tête à ses pieds,
se fichant de pudeur, explorant de leurs corps
les sinistres tréfonds et les affres du mort
se posent sur ses yeux, ses narines et sa bouche
et toujours plus nombreuses elles viennent, les mouches
Agitant de leurs vies celui qui n'a eu droit
en enfant sur une mine, à un tombeau de roi
et son sourire de môme s'est figé dans le sable
ne pouvant étouffer l'essaim interminable

 

 

 

 

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11.13.2006 - Poême sans titre de Xavier Forneret (1839)

Posté dans Poemes mortiferes

Mars

Le temps semble donner à l'homme une couche de boue.

 

Pour que la Conception et l'Execution soient bonnes, elles doivent être l'Eclair et le Tonnerre.

 

Mai

L'Ennui s'habille à la mode.

 

La Mort est la soupape de la Vie.

 

Les rêves sans dormir sont les baisers de l'âme.

 

Octobre

Le cercueil est le salon des morts, il y reçoivent des vers.

 

La Folie, c'est la Mort avec des veines chaudes.

 

 

 

 

Xavier Forneret (1809-1884), "Sans titre, par un homme noir, blanc

de visage"

 

 

 

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8.25.2006 - Nécropolis (Poème de Philothée O'Neddy, 1811-1875)

Posté dans Poemes mortiferes

 

 

Sur la terre on est mal : sous la terre on est bien.
(PETRUS BOREL)


 

Voici ce qu'un jeune squelette

Me dit les bras croisés, debout, dans son linceul,

Bien avant l'aube violette,

Dans le grand cimetière où je passais tout seul.

 

Fils de la solitude, écoute !

Si le Malheur,sbire cruel,

Sans cesse apparait sur ta route,

Pour t'offrir un lâche duel ;

Si la maladive pensée

Ne voit, dans l'avenir lancée,

Qu'un horizon tendu de noir ;

Si, consumé d'un amour sombre,

Ton sang réclame en vain, dans l'ombre,

Le philtre endormeur de l'espoir ;

Si ton mal secret et farouche

De tes frêres n'est pas compris ;

Si tu n'aperçois sur leur bouche

Que le sourire du mépris ;

Et si pour assoupir ton âme,

Pour lui verser un doux dictame,

Le Destin, geôlier rigoureux,

Ne t'a pas, dans ton insomnie,

Jeté la lyre du génie,

Hochet des grands coeurs malheureux ;

 

Va, que la mort soit ton refuge !

A l'exemple du Rédempteur,

Ose à la fois être le juge,

La victime et l'exécuteur.

Qu'importe si les fanatiques

Interdisent les saints portiques

A ton cadavre abandonné ?

Qu'importe si, de mille outrages

Par l'éloquence des faux sages

Ton nom vulgaire est couronné ?

 

Sous la tombe muette, oh ! comme on dort tranquille !

Sans changer de posture, on peut, dans cet asile,

Des relis du linceul débarassant sa main,

L'unir aux doigts noueux du squelette voisin;

Il est doux de sentir des racines vivaces

Coudre à ses ossements leurs noeuds et leurs rosaces,

D'entendre les hourras du vent qui courbe et rompts

Les arbustes plantés au-dessus de son front.

C'est un ravissement quand la rosée amie,

Diamantant le sein de la côte endormie,

A travers le velours d'un gazon jeune et doux,

Bien humide et bien froide arrive jusqu'à vous.

Le silence complet ; far-niente sans borne

Plus de rages d'amour ! Le coeur stagnant et morne

Ne se sent plus broyé sous le vent du remors.

- Certes, l'on est heureux dans la villas des morts !

 

 

 

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7.30.2006 - Le Cadavre de Louis Vincent Thomas

 

 

Je cherche à acquérir ce livre...

 

 

Titre : Le Cadavre

Auteur : Louis Vincent Thomas

Année : 1980

Editions : Complexe (Bruxelles)

 

épuisé, devenu introuvable... je n'en ai qu'une mauvaise photocopie pour travailler, qui commence à s'effacer tellement je m'en suis servi...  

 

si quelqu'un a une piste, n'hésitez pas...

 

 

 

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12.3.2005 - A ma grand-mère...

Posté dans Karen et la Mort

 

 

... décèdée fin juillet 2000, à l'âge de 76 ans... j'ai toujours été proche d'elle, et en même temps nous avions des relations plutôt conflictuelles... mais je l'aimais. Sa mort au terme d'une longue maladie invalidante a été un soulagement pour tout le monde, et en premier lieu pour elle, qui avait cessé la lutte depuis plusieurs mois et cessé de communiqué avec nous... j'ai écrit ce texte, un an après sa mort.

 

 

A ton corps pourrissant j’aurais tellement à dire…

Depuis un an déjà que tu nourris les vers

Sous une dalle froide, blottie contre la pierre,

Dans un cercueil moisi où le satin se fane.

Je te revois encore couchée sur ton lit blanc,

Entourée de tuyaux, reine de ta fourmilière,

Chacun bien attentif à chacun de tes spasmes,

A ta bouche baveuse amenant la cuillère.

 

A ton corps pourrissant j’aurais tellement à dire…

Et je revois encore ce long regard d’hiver

Dans lequel je lisais la fin des illusions.

Pour quelques mois encore, nous t’accompagnerions,

Mais entre toi et moi le masque était tombé.

Tu t’en étais allée.

Même si ton corps gourd physiquement nous restait,

Ton âme torturée, loin du carcan de chair,

Par delà les souffrances s’en alla divaguer.

 

A ton corps pourrissant j’aurais tellement à dire…

Et moi je me souviens de ton corps déjà froid.

Ta peau jaune et fanée de mannequin de cire,

La douceur de ta joue contre mes lèvres sèches,

Et les taches naissantes aux rougeurs putrescentes.

Il faisait si chaud dans ce funérarium

Que je craignais de voir quelque chose couler.

Les gens te contemplaient et d’autres te touchaient,

Et ta carcasse vide en retour nous veillait.

 

A ton corps pourrissant j’aurais tellement à dire…

Et je songe au poème, au cimetière, aux fleurs.

Famille, amis, voisins ensemble te pleuraient

Accompagnant alors pour l’unique fois

Ton cadavre suintant vers sa dernière demeure.

Auprès de tes aïeux nous t’avons déposée

Dans ce lieu un peu triste qui surplombe le lac.

Une dernière fois je me suis retournée.

Ici tu seras bien.

 

(Vendredi 9 septembre 2001)

 

 

 

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12.1.2005 - Premier contact...

Posté dans Karen et la Mort

 

 

C'était en 1982, j'étais en CE1... Mon arrière grand-mère, la Mémé Alexina, est morte... C'était la mère de mon grand-père, je la connaissais bien, je l'aimais beaucoup... Tous les dimanches, on s'arretait chez elle, lui faire un bisou... Elle me donnait toujours un paquet de "Petits Lu" au moment de repartir, et parfois même, un billet de 10 francs (oui, oui, il existait des billets de 10 francs lol)... c'était une vraie caverne d'ali baba chez elle, y avait plein de trucs, un vrai inventaire à la prévert... des calendriers des pompiers avec des petits chats, des bibelots bizarres, et une boule qui fait de la neige, avec laquelle j'aimais bien jouer... ça sentait l'encaustique et le fourneau... les chaises étaient paillées, y avait une toile cirée à carreaux sur la table... on buvait du lait chaud dans de vieilles tasses à fleurs et y avait toujours des sucres de collection, avec des papiers d'emballage, du genre "les voitures", "les fleurs"... y avait pas tellement de lumière, chez elle... elle portait toujours un tablier sur sa robe, elle portait un chignon très serré, et ressemblait à un petit oiseau...

 

 

Et puis elle est morte... moi je ne savais pas ce que ça voulait dire, "être morte"... on m'a juste dit que je ne la verrais plus. L'enterrement était en semaine, puisque j'étais restée exceptionnellement en étude, à l'école, le temps que ma mère revienne... J'ai pas bien compris, mais je ne me suis pas trop posée de questions non plus... J'ai bien vu que les dimanches suivants, on ne s'arretait plus chez elle...

 

Quand on est d'une famille athée, comme c'est le cas dans la mienne, il est difficile de donner une explication aux enfants... il n'y a pas de "elle est au ciel", "elle est partie rejoindre les anges, au paradis"... "tu ne le verras plus", voila tout...

 

A la Toussaint suivante, on est allés au cimetière, avec ma famille (je précise que je suis née un 1er novembre, c'était donc aussi mon anniversaire) et là on m'a dit "on va voir la mémé Alexina"... moi j'étais contente, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vue... on est arrivés devant sa tombe... j'ai lu son nom dessus, y avait plein de jolies fleurs et on en a encore mis d'autres... et pour la première fois de ma vie, j'ai vu mon grand-père pleurer... surprise, je lui ai pris la main, et je lui ai demandé "pourquoi tu pleures ?"... "elle me manque" m'a t-il répondu. Sa réponse m'a laissée perplexe : "mais pourquoi elle te manque ? elle est là" dis-je en désignant la tombe... il m'a jeté un drôle de regard, j'ai senti que j'avais peut-être dit une connerie, en tout cas c'était pas la réponse qu'il aurait fallu... c'est là que ça a commencé à me travailler, tout ça... je n'ai ajmais pu me satisfaire des "tu comprendras quand tu seras plus grande"...

 

J'ai reparlé de cette scène avec mon grand-père (que j'aime !) il y a quelques mois... il m'a dit en rigolant : " ce jour-là, j'ai su que t'allais être spéciale"...  

 

 

Je suis retournée sur sa tombe à la Toussaint dernière... ça faisait des années... ça m'a fait plaisir d'aller la voir...  parce que quelque part, ce que je suis aujourd'hui, c'est à elle que je le dois...

 

 

 

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11.26.2005 - Je suis vivante et vous êtes morts...

Posté dans Karen et la Mort

 

 

... à moins que ça ne soit l'inverse ?

 

J'y pense, j'y pense parfois, souvent, sans arrêt ou presque...

 

J'y pense et j'ai envie d'en parler aussi...

 

Je ne suis pas morbide, je suis juste lucide...

 

Elle ne me fait pas peur...

 

Elle me fascine depuis tant d'années...

 

Du décès de mon arrière grand-mère (j'avais 7 ans) à mes visites frénétiques de tous les cimetières que je trouve sur ma route et que je photographie... de mes lectures mortifères à ma pratique de l'anthropologie funéraire... de ma passion pour la thanatopraxie à ma brêve expérience aux Pompes Funèbres... de mon passage dans l'univers gothique à mes âmbition d'être médecin légiste

 

Mes interrogations, mes constatations... mes lectures, mes pages d'écriture...

 

Je la suis comme une ombre, et son ombre me suit.

 

 

 

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About Me

La Mort... depuis mon enfance, elle m'accompage... Présence discrete, jamais très loin... dans ma tête, dans mon travail d'anthropologue funéraire, mon expérience aux Pompes Funèbres, dans mes lectures, dans mes photographies... Elle m'accompagne.

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