7h35 quand j'entre dans le self. Ce matin, un léger contretemps, j'étais en retard pour sortir de l'internat et la pionne nous a "oublié" (avec un autre nana) et enfermé...Je ne prend pas de thé. Je prends du lait avec un fond de café et du miel. Bof. Je referais pas. Une tartine de beurre et confiture de marron. C'est gros, c'est trop gros. Le pain est bon mais il y en a trop. Peu de plaisir. Trop peu. Deuxième bout de pain. Je n'ai plus de plaisir, je le sens bien. Mais il y a autre chose que j'essaie de combler ce matin. "J'ai encore faim", je dit. Même si les filles de ma chambre savent très bien que je ne mange jamais autant le matin et que rarement aussi vite. Un troisième bout de pain. Une deuxième plaquette de beurre que je mange à moitié (10g par plaquette). Je sais que ça ne m'aide pas, que ce n'est pas un réponse adaptée à mon mal être, que ce n'est qu'un pansement provisoire qui fait plus de mal que de bien car je m'en veut, après...Surtout quand cela fait plusieurs jours que j'ai ce comportement là, et que je commence à sentir que mon corps qui était si bien parti commence à regonfler un peu...Et cette constatation me blesse. Cette comstatation me donne envie de manger plus, pour mieux panser la blessure qu'elle crée. Je creuse un peu plus la plaie en posant le pansement. Ça ne rime à rien, non?
En sortant du self je me dis que je ne referais plus. Pas de souci, cela ne m'arrivera plus. Je le sais que cela me fais plus de mal que de bien au final, et je ne suis pas masochiste, donc je ne referais pas, n'est-ce pas? Comment moi, en ancienne boulimique je peux encore avoir ce genre de réléxions tellement à côté de la plaque?! Bien sur que si, que je referais. C'est la solution d'apaisement à laquelle je me suis habituée depuis des années de boulimie. Tant que je ne me détache pas plus de la nourriture cela sera mon premier refuge...Il est vrai, cependant, que je peux aller un peu à l'encontre de cette espèce de fatalité de "je mange pour aller mieux". Il y a des choses que je peux faire, selon la situation qui peuvent un peu voir complétement selon le mental du moment, changer les choses. Il éxiste d'autres sortes de réponses inadaptées à un problème que la nourriture. Des réponses qui ne blessent pas par la suite. Aller se réfugier dans les bras de Maman, quand elle est là, vu que je tombe de plus en plus ma carapace anti-sentiments avec ma thérapie. Ou aller prendre un bain chaud quand j'ai un bain et du temps à proximité. Ou encore, plus simplement une bonne petite session de respiration abdominale couplée d'un peu de reiki. Cette solution là est tellement évidente et facile d'accès que je n'y pense pas. C'est un acte manqué, comme dirait Freud. Un acte manqué qui montre que je me sens bien avec la nourriture comme réponse inadaptée à un malêtre, même si cela fait mal après. Alors peut-être que j'emploie mal cette réponse inadaptée. Puisque ma façon d'utiliser la nourriture m'empêche de m'en satisfaire. Je le vois aussi ou dans les périodes ou je ne vais pas bien, comme en ce moment, je suis incapable de trouver mon seuil de sasiété. "Quand l'apétit va, tout va" comme dirait cet éminent philosophe du monde gallo-romain (qui résiste encore et toujours à l'envahisseur...).
Donc, si je récapitule en quelques tirets ma réléxion :
-j'utilise la nourriture en réponse inadaptée a un malêtre comme beaucoup de mangeurs régulés
-mais ce n'est pas bien il faut que je me trouve une autre réponse inadaptée à mes malêtres
-mais, non! Je peux utiliser la nourriture comme réponse inadaptée à un malêtre mais il faut que je me l'autorise et que j'arrive à tirer tout ce qu'il y a a tirer de cette prise alimentaire-que je tire une satisfaction de la qualité de sentiment engendré par la prise et non par la quantité de la prise-la qualité VS la quantité ; le mangeur régulé VS le mangeur compulsif...Pourquoi je complique toujours tout?
Bref, ça c'est pour ce matin, mais c'est à relire quand même, Madame Zoé, parce que ça ne vous fait pas de mal de vous repencher sur ce que vous avez fait pas le passé, en général!
Ce midi, évidemment, après ce "hudge breakfeast" (qui reste, je tiens à le dire, incroyablement moindre à celui de n'importe quel gars de l'internat) je n'ai évidement pas faim à midi. Seulement Zoé, à midi, se dit : mais il faut que tu aies manger maintenant, parce que sinon tu va manger dans 40 minutes (parce que le self ferme à 12h45) et toute seule -au lieu d'être avec L. et C.- donc Zoé passe au self avec L. et C. Zoé prend de l'ébly et des haricots aux tomates. Une glace au chocolat. Un bout de pain. Une pomme pink lady (celle qui sont tellement grosse qu'on les croirait transgénique). A table, Zoé mange vite. 3 bouchées d'ébly sauce poivre (trop poivrée et trop crémeuse pour être bonne), une bouchée de haricot/tomates. Ça c'est fait, c'est expédié. La glace maintenant. Chocolat. Mon péché mignon quand ça neva pas bien mais dernier goût de dessert, goûter que je choisis quand tout est au mieux. Depuis que je faisais la queue je me disais que je mangerais rien du plat principal mais que je mangerais la glace. Vite. C'est froid et mousseux (oui, à l'internat les glaces en baton sont mousseuses...), j'adore la consistante mais le plaisir...Je l'oublie vite. Oui, il y a eu plaisir, mais les 3 premières bouchées. Je ne veux pas vraiment de la pomme, mais les autres en sont à peine à leur plat principal. Alllez, hop! C'est parti pour la pomme. Expédiée la pomme, limite j'y aurais mangé les pépins. Ouf, les autres en à la moitié de leur plat. Mais moi, je suis speed. Ce repas sprint m'a donné le rythme pour la suite. Je sors du self, j'embarque mon pain. Je cours dans les escaliers (non, ça ce n'est pas de la frénésie de crise c'est juste que ces escaliers sont tellement mal foutus que les on les monte soit marche par marche et on a l'impression de piétiner soit par 3 marches et on arrive en haut tout essouflé) en haut, mon pot de miel qui m'attend. Et hop, miel sur pain et pain dans l'estomac. Vitesse grand V comme qui dirait.
J'avait pas faim ok, mais maintenant si c'était à refaire, qu'est-ce que je ferais. Et bien je monterais dans la chambre. Je demanderais à C. de me sortir du pain et un fruit, et je viendrait ici raconter mon petit-déj en attendant d'avoir faim au lieu de grapiller sur le temps consacré à mon TPE. Puis, quand j'aurais faim, et pas avant, je ferais chauffer de l'eau. Je prendrais mon bol, mes nouilles chinoises et je me ferais un petit repas pépère dans ma chambre vu que le midi c'est le repas de la journée ou l'appel n'est pas fait...
Pff...Si au moins cela me servait pour la prochaine fois... |