Le 25.07.03 Par Anne Stolbowsky

L’Outremangeur de Thierry Binisti

Avec Eric Cantona, Rachida Brakni, Caroline Silhol, Richard Bohringer et Jocelyn Quivrin.

Et oui, c'est aussi une bande dessiné de Ferrandez et BenacquistaLa solitude de Selena dans toute sa splendeur.

Eric Cantona est touchant dans son rôle de Selena : à la fois fort et tendre.

On aurait pu s’attendre à une prestation moyenne, mais bien au contraire c’est

un pari réussi pour lui. Rachida Brakni quand à elle, interprète Elsa dans

« L’outremangeur » comme elle jouait son rôle dans « Chaos« . Ce n’est pas

qu‘elle joue mal, mais on a l’impression d’être exactement devant le même personnage.

Ce film part d’une

bonne idée, une version revisitée de la Belle et la Bête sur fond de trame policière et d’histoire de famille pleine de rebondissement.

Mais trop de sous-entendus dans les plans et les regards font perdre la dynamique de ce

film malgré tout touchant. Pour ressentir chaque émotion il faut être à l’affut de tous les détails, couleurs, tenues, saisons, etc….

En général, le réalisateur tente de faire ressortir toutes ces nuances qui donnent la couleur du film, mais là on a l’impression qu’il tente de les dissimuler.

Bref une réalisation maladroite, du coup c’est fade !

L’outremangeur est un bon téléfilm policier du vendredi soir.

Synopsis :

Le commissaire principal Séléna dirige

le SRPJ de Marseille. Respecté et craint de ses hommes, il semble n’avoir pour

ennemi que lui-même et ses 160 kilos. A l’étroit dans sa camisole de chair, torturé

par son passé, il mène une vie solitaire dans une grande maison isolée. Séléna

est le seul à savoir Elsa coupable du meurtre de son oncle, un riche armateur.

Fasciné par la beauté de la jeune femme, il lui propose un étrange marché : contre

son silence, il exige qu’elle vienne dîner chez lui, tous les soirs, pendant un

an. Selena et Elsa, un rapport de force pas si evident !!!

Révoltée par la perversité de la situation, Elsa l’accepte cependant et se plie

à ce rituel imposé, dont elle essaie tout d’abord de se dégager avec violence

et maladresse. Touché par sa fragilité, par la blessure que, tout comme lui, elle

porte en elle, Séléna n’en reste pas moins inflexible. Se soumettre ainsi au regard

de la jeune femme est une épreuve qu’il lui impose, mais s’impose aussi à lui-même

pour la première fois de sa vie, limitant désormais sa consommation de nourriture

à ce seul repas quotidien et imparfaitement partagé. Parallèlement à la piste

crapuleuse, l’enquête policière, plus complexe qu’on ne pouvait le penser, permet

de découvrir un lourd secret de famille. Mais l’essentiel se joue peut-être ailleurs,

dans la salle à manger du commissaire, lieu d’un affrontement secret. Là, pourront

enfin s’exprimer comme une libération, la souffrance, la culpabilité d’un passé

qui mutile et enferme… et se révéler un sentiment nouveau : l’amour, qui, comme

dans le conte, pourra désormais unir la Belle et la Bête.

Commentaire d’Eric Cantona:

*Quelle a été votre première impression en lisant le scénario ?

– L’idée de me transformer physiquement me plaisait. J’aime les rôles qui me font sortir de notre époque. Ou du corps que j’ai l’habitude de supporter.

* Vous, un sportif, avez-vous été gêné par l’obligation de grossir ?

– Non, pas du tout. J’aime l’idée de la transformation. Peut-être parce que ce n’est pas mon métier habituel. Changer de physique m’aide à endosser un rôle, à sortir de mon personnage public.

* Pourtant les effets spéciaux, prothèses,rembourrages, n’étaient pas évidents

à supporter… D’autant que vous tenez le rôle principal…

– Je m’étais préparé à la difficulté. Me lever très tôt, supporter deux heures de maquillage avec des prothèses autour du menton… Porter ces costumes qui étaient de vrais carcans et dont l’épaisseur diminuait au fur et à mesure qu’on avançait dans le tournage. Moi qui suis un

peu claustrophobe, cela m’a appris à me maîtriser.

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