Le 06.12.04 Par Dee

Les aventures de Maxime, une grosse venue du futur (épisode 2)

Me revoilà ! Mais siiii, vous savez bien, Maxime (prononcez Maximi, vous n’avez pas oublié tout de même !!!)

Voilà, cela fait 8 jours que j’ai effectué ma petite escapade au supermarché. Résultat ? Assez….mitigé en fait. J’ai faim ! Je n’ai jamais eu aussi faim de toute ma vie. J’en viens même à rêver de nourriture la nuit. Vous vous rendez compte ? Moi ! Moi ! Moi ! J’ai rêvé que je mangeais des croquettes de poulet en me baignant dans une piscine de purée.

En tant normal, je déteste la purée. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’ai la fâcheuse habitude de la mâcher. Oui, je sais, c’est ridicule, la purée ne se mâche pas. Mais moi je n’y peux rien, il faut que je mâche.

Tout ça à cause de Pierre. Vous ne savez pas qui est Pierre bien entendu. En fait c’est le responsable de tout ce gâchis. Mais c’est aussi l’amour de ma vie. Pendant trois ans, nous avons vécu un amour parfait et sans nuage, et voilà que nous nous sommes séparés il y a quelques jours sur un stupide malentendu. Mais j’ai bien l’intention de le reconquérir. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de me reprendre en main. Régime, nourriture saine et pauvre en calories, afin de maigrir vite et bien et de devenir belle et désirable. J’ai enfin accepté d’ouvrir les yeux et de me rendre à l’évidence. Cet homme est trop bien pour moi. C’est à se demander comment il a pu rester aussi longtemps avec une fille comme moi.

Il est si beau ! Quand je suis avec lui, je fais vraiment trop tache.

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre entourage. Ils ne peuvent tout de même pas tous se tromper.

Mais que je vous raconte. Alors, avec Pierre ça a été le coup de foudre au premier regard. Oui, je sais, ça fait vachement cliché de dire ça, mais je vous jure que c’est la vérité. Bon, les mauvaises langues disent que le coup de foudre a surtout eu lieu de mon côté, mais tout de même, un homme qui reste avec vous pendant 3 ans ça veut bien dire qu’il vous aime non ?

On s’est rencontrés, on a eu le coup de foudre, et 2 semaines après notre première rencontre, j’emménageais chez lui, au grand dam de ma famille et de mes amis persuadés que notre union ne durerait pas.

C’est fou ce que les gens peuvent être aigris devant le bonheur des autres. Vous avez remarqué ?

Jalousie, pure jalousie !

Certains disent même qu’ils ne comprennent pas comment un mec comme lui peut être avec une fille comme moi.

Physiquement, comment dire ? Ah je sais, je vais prendre l’exemple d’un homme de votre époque. Vous voyez qui est Ian Lawless ? Quoi ? Me regardez pas comme ça !!! Mais siiiiiii Ian Lawless !! Bon la pub Lacoste avec le mec tout nu qui shoote dans un coussin et qui va s’asseoir dans un fauteuil avec une tasse de café à la main. Le regard coquin et le sourire en coin.

C’est bon ? Ca vous revient maintenant ? Franchement avec tout le bruit qu’a fait cette pub à votre époque, et tous les hurlements des puritains qui disaient qu’il était indécent de montrer les fesses (et accessoirement la zigounette) d’un homme à la télé je ne comprend pas que vous ayez pu passer à côté.

Bon, blague à part, il est beau non ?

Allez ! Ne soyez pas hypocrites, OK j’en vois déjà certaines, dire qu’elles n’aiment pas trop ce genre de mec, et que il est trop ci trop ça, et qu’elles préfèrent les mecs qui sont les sosies parfaits de Danny de Vito. Mais honnêtement, si « Monsieur je joue au foot avec un coussin » venait vous déballer les émois que votre petite personne provoque dans son cœur, vous ne seriez pas un tout petit peu flattée ?

En même temps………ce n’est pas de vous dont il est question. Mais de moi. Donc Pierre, c’est un peu Ian, si vous voyez ce que je veux dire. Et je dois même rajouter qu’il est aussi bien habillé que nu. Ce qui ne gâche rien.

Il vit sur Terra 1, et grâce à lui, je viens de passer les 3 plus belles années de ma vie.

J’en vois qui froncent les sourcils en voyant que je parle de Terra 1. Ce que vous pouvez être naïves tout de même ! Vous croyez que sous prétexte qu’on est en 3094 on a réussi à inventer un sparadrap géant pour boucher le trou de la couche d’ozone que vous nous avez généreusement légué ?

De toutes les façons, le sparadrap en question n’aurait servi à rien car il n’y a pas une seule parcelle de la Terre qui ne soit pas contaminée par les armes bactériologiques. Jusqu’à il y a encore une centaine d’années c’était un pénitencier de haute sécurité, mais les détenus mourraient trop vite. Les savants ont bien essayé de détourner des comètes et des météorites pour la détruire, mais elle est coriace la rosse. En fait, le trou dans la couche d’ozone et les nuages toxiques qui s’échappent du sol ont créé une sorte de bouclier qui la rend quasiment indestructible.

Inhospitalière, inhabitable, mais indestructible. La pollution aura au moins servi à ça.

Comme il fallait bien que l’on aille vivre ailleurs, eh bien les nouveaux territoires ont été créés. Grâce aux avancées de la science, de nouvelles planètes inhabitées ont été découvertes, et nous voilà. Notre implantation sur les différentes planètes s’est passée en moins d’une génération. Nous avions peu de temps car des scientifiques avaient prédit deux catastrophes majeures : La première se serait traduite par l’implosion de la Terre – reconnaissez qu’ils se sont plantés en beauté – mais la deuxième, plus ennuyeuse, était la mort par empoisonnement des habitants de la Terre. Mais je vous expliquerai tout cela plus tard. Disons pour faire simple que Terra 1 est LA planète où il faut vivre. C’est la réplique exacte de la Terre, et pour simplifier, nous avons repris les mêmes noms de villes. Le seul petit soucis………. C’est qu’elle est formellement interdite aux gros pour des raisons de sécurité, mais ça aussi je vous l’expliquerai plus tard.

Mais que je vous ramène quelques jours en arrière, juste avant cette stupide rupture.

Cà fait trois heures que nous sommes partis de Paris1. Pierre m’a obligée à me lever aux aurores car nous sommes invités au baptême du petit dernier de sa sœur Sophie. Depuis que nous avons eu une discussion à propos de l’avenir de notre relation – en fait c’est surtout moi qui ai parlé, lui s’est contenté de grogner des onomatopées difficilement identifiables – il se comporte avec moi de façon étrange. C’est comme s’il avait reçu « mon » titre de propriété. Sous prétexte de me montrer la direction que peut prendre notre relation après trois ans de vie commune, il se comporte avec moi comme s’il avait reçu « mon » titre de propriété.

Pour me prouver son amour, il est persuadé que me traîner dans toutes les fêtes familiales va me permettre de prendre conscience de la place que j’occupe dans son cœur et dans sa vie.

Moi, tout ce que je vois, c’est que je me fais de plus en plus chier. Me focaliser sur ses bons côtés relève plus du parcours du combattant que de l’évidence.

Après ce baptême, je vais attendre que l’on soit de retour à Paris1 et je vais rompre. J’aurais très bien pu le faire avant, mais je ne veux pas lui coller la honte d’être obligé d’arriver seul à cette fête. Sa sœur est une vraie conne qui me déteste et qui ne supportera pas de me voir squatter son oxygène. Je ne peux tout de même pas me priver de cette ultime occasion de lui pourrir la vie.

Sophie habite avec son mari et leur deux virgule huit enfants à une heure de route de Paris1.

Ils ont quitté la capitale après la naissance de leur premier enfant, car la pollution c’est très mauvais pour les enfants.

Note pour plus tard – surtout pour ma copine Véronique – : Paris1, Pas bon pour les enfants. Province : Excellent pour les enfants.

Question : pourquoi y a t’il pénurie de places en crèches alors dans ce cas à Paris1 ? Est-ce que tous les parents parisiens – parisiens parents – sont des monstres qui offrent sciemment une qualité de vie déplorable à leurs enfants ?

Les parents que j’ai interrogés à ce sujet m’ont répondu que « je ne pouvais pas comprendre, n’ayant moi-même pas encore d’enfants, je vis encore dans ma bulle d’égoïsme ».

En attendant, je ne peux pas aller tranquillement faire du roller sur coussins d’air le week-end dans le bois de Boulogne sans rencontrer des terroristes en culotte courte – assoiffés de sang – tentant par tous les moyens de me faire tomber en se jetant dans mes jambes avec leurs vélos à quatre roues. Cet engouement pour des vieux jouets datant du 21ème siècle m’échappe complètement. Ils ont la possibilité de se faire implanter des puces électroniques en tout genre, et ils apprennent encore à faire du vélo à l’ancienne. RI-DI-CU-LE !!!!

Certains n’hésitent pas à appeler en renfort des chiens grands comme des chevaux. Au fait comment font ces chiens pour tenir en appartement le reste de la semaine ? La SPA n’est pas censée donner une fiche d’information où il serait fait mention de l’adéquation entre la surface habitable et la taille de l’animal ?

Mais je m’égare. Revenons à la théorie fumeuse de ma « belle-sœur ». Elle nous a expliqué que la vie à Paris1 est tellement chère qu’il est impossible de s’y loger convenablement avec des enfants. Leurs cent dix mètres carrés leur revenaient trop chers.

Ils ont donc acheté pour « trois fois rien », une maison immense dans un petit bourg fan-tas-ti-que qui ne compte pas plus de cinq mille âmes, réplique exacte des petites bourgades provinciales de la fin de 23ème siècle. L’unique commerce du coin fait office d’épicerie, de boulangerie, de café, de restaurant, enfin bref, de tout quoi…

Cette conne souffre un peu de l’isolement, difficile en effet de continuer sa carrière de pharmacienne dans un bourg qui n’en avait pas besoin.

Elle a donc vendu sa pharmacie, et les voilà heureux propriétaires d’un magnifique château à trou-du-cul-du-monde-land.

Laurent lui, fait la route deux fois par jour pour rejoindre le huitième district de Paris1. Mais çà se passe en douceur car il est à contre sens et n’a presque jamais d’embouteillages.

Deux fois par semaine, il passe la nuit à Paris1. Cela varie essentiellement en fonction des clients qu’il doit rencontrer le lendemain matin de bonne heure.

Ils ont donc conservé l’appartement « trop cher » de Paris1, de façon à ne pas se ruiner en nuits d’hôtels.

Logique !

Sophie affirme qu’il y a installé sa maîtresse.

Quand je lui demande pourquoi elle laisse faire, elle me largue un condescendant « tu ne peux pas comprendre ! », en s’apitoyant sur ma bêtise. Alors, je laisse courir. En effet, j’ai du mal à comprendre.

Plus je les regarde vivre tous les deux, plus je me dis qu’ils ont adopté la politique de l’enfant escalier. Tous les ans depuis ces trois dernières années, elle est enceinte. Partie comme elle est, seule la ménopause stoppera sa fièvre reproductrice. Et quand on sait qu’à notre époque, la ménopause arrive au plus tôt aux environs de 75 ans pour une femme. Je ne serais pas étonnée qu’ils se fassent expulser très bientôt de Terra1.

Elle devait dormir quand son implant gynécologique s’est activé pour lui parler du retour de couches. Je ne vois pas d’autre explication.

Pierre soutient que c’est parce que les travaux titanesques qu’ils ont entrepris pour agencer leur nid douillet sont terminés. Elle s’ennuie ferme à Ploucville, mais je ne vois pas le rapport.

Mon connard de « beau-frère » nous a donné des indications compréhensibles uniquement par les habitants de sa planète. Je le soupçonne de ne pas être réellement originaire de Terra1, c’est un petit parvenu, mais c’est une autre histoire et je ne voudrais pas vous paraître peste ou médisante.

Nous avons beau relire son mail truffé de « toujours tout droit », « tourner à droite et longer la ferme des Dugoujeon », « passer devant le musée de la station, c’est une TOTAL ou une SHELL », « vous ne pouvez pas rater la maison, c’est la seule qui a une clôture blanche », rien à faire ! Nous sommes bel et bien perdus au milieu de nulle part.

Et pas âme qui vive à qui demander son chemin !

De toutes les façons, mon cher et tendre préfère se retrouver à Tombouctou plutôt que de demander son chemin. Cà le déviliriserait.

Je ne compte plus le nombre de fois où nous nous sommes perdus, mais où il m’a formellement interdit de demander mon chemin aux autochtones ! Reconnaître qu’il est perdu est une humiliation qu’il est trop mâle pour accepter.

C’est dans des moments comme celui-ci que je déteste certains hommes. En ce moment, ma haine balance entre Amour de ma vie et Connard de Beau-Frère, avec un léger avantage pour le deuxième.

Il pleut, et c’est à cause de lui.

Je repense à une vieille femme rencontrée lors de vacances en Corse sur Terra2.

Elle affirmait que depuis « qu’ils » avaient envoyé des gens sur la 35ème lune, « ils » nous avaient tout déglingué. Le réchauffement de la planète, les pluies acides, le soleil qui donne depuis peu le cancer de la peau, enfin bref, toutes les anomalies météorologiques, c’était « eux » les coupables.

Elle avait vu Alien et çà l’avait marquée, j’ai eu beau lui dire que ce n’était pas un documentaire, elle n’en a rien cru. Elle soutenait que pendant le voyage de retour, certains extraterrestres sont revenus avec les astronautes, ont pris apparence humaine, et ont pour mission de nous pourrir la vie. Après tout, nous avons bien pourri la leur…

Si au début, je n’apportais pas foi à ses élucubrations – elle est tout de même très âgée – maintenant, depuis que j’ai rencontré mon beauf, je SAIS qu’elle avait raison.

Non content d’être un abruti fini, il a irrémédiablement contaminé Sophie.

Qui d’autre qu’un extraterrestre pourrait changer une femme à ce point là ?

Il travaille dans une banque et feint de ne pas comprendre quand je lui dis qu’il n’est pas question que je mélange famille et business.

Donc, chaque fois que l’on se voit, il m’accueille avec un tonitruant : « Alors ma chère belle-sœur, quand est-ce que tu fais transférer ton compte chez nous ? A moins que tu ne préfères continuer à te faire escroquer par mes confrères ? ».

Puis, il se tourne vers Amour de ma vie, et lui pose exactement la même question. A en juger par l’expression dégoûtée de mon cher et tendre, il se retient à peine de lui coller son poing dans la figure, mais comme il ne veut pas faire de peine à sa sœur, il se contente de sourire en marmonnant un truc du genre : « Cà m’ennuierait beaucoup de me faire escroquer par tes collègues car je serai obligé de te tuer… ».

Je crois qu’il plaisante à peine en disant cela.

Lors de ces échanges, cette idiote de Sophie feint de rester en retrait, mais quand son mari se tourne vers elle pour la prendre à témoin, elle enfonce le clou en rappelant que je n’ai jamais rien acheté dans sa pharmacie.

Ben voyons ! Il fallait que j’aille au fin fond du Val de Marne pour lui montrer mon attachement alors que j’ai un droïde qui m’apporte tous les implants médicaux dont j’ai besoin et tous les médicaments de synthèses pour les moments où j’ai des crises de nostalgie et où je veux utiliser des méthodes anciennes.

Ai-je précisé qu’un droïde c’est disponible vingt quatre heures sur vingt quatre ?

Enfin bref, nous pourrions être tranquillement installés devant un bon feu de cheminée synthétique dans le salon de notre appartement parisien, mais non ! Notre présence est fortement requise à ce baptême débile !

J’ai l’impression que cela fait trois fois que nous passons devant les mêmes vaches qui ne nous accordent même pas un regard, trop occupées qu’elles sont à mâchouiller derrière leurs clôtures blanches.

Quand je pense que cet imbécile nous a assurés que seule sa « masure » était entourée d’une clôture blanche !

Il y en a partout ! Ces péquenauds doivent habiter dans un champ, ce n’est pas possible autrement.

Amour a remarqué les clôtures lui aussi. Excédé, il se gare sur le bas côté de la route.

Enfin…je dirais plutôt sentier. Mais quelle idée il a eu lui aussi de délaisser l’aéroglisseur pour sortir cette antiquité ? Il appelle ça une voiture. Tout bonnement idiot, et inconfortable en plus. Paraît qu’à votre époque, ça vaut une petite fortune. Je vois pas bien pourquoi, j’ai bien l’impression que mon estomac et mes genoux vont fusionner.

Son coupé sport tangue dangereusement. Cà doit être çà que la DDE appelle « accotement non stabilisé»

Nous sursautons tous les deux, quelque chose vient de heurter la vitre côté passager.

Je me retourne et me mets à hurler terrorisée. Ce qui est complètement idiot ! Hurler quand on a peur ne sert pas à grand chose.

Un autochtone est penché vers moi. Il meugle quelque chose – que je ne comprends pas – et son visage est étiré dans ce que je prends pour une grimace menaçante, mais qui pourrait tout aussi bien se révéler être un sourire.

L’autochtone me fait signe de baisser ma vitre pour mieux se faire comprendre, mais il n’en est pas question. De toutes les façons, même si je le voulais, je ne saurais pas comment on fait. Mon implant de commande à distance ne fonctionne pas sur ce truc bourré de mécanique vieille de plusieurs siècles. Je le regarde donc d’un air affable et l’encourage à faire le tour de la voiture. Je préfère qu’il s’adresse directement au chauffeur.

Mon cher et tendre ne l’entend pas de cette oreille.

– Mais qu’est-ce qui te prend ?

– Qui sait ? Il t’a peut-être reconnu et veut un autographe ! Ne fais pas l’enfant, cette…personne veut nous dire quelque chose, étant donné que c’est toi qui conduis, je pense que cela te profitera plus qu’à moi. Dis-lui que nous sommes perdus, et que nous cherchons la maison des Bertrand. En plus, moi je ne parle pas le paysan.

– Mais il n’en est pas question ! Je ne demande jamais mon chemin, je ne vais pas commencer maintenant. Et puis d’abord, je doute qu’ils aient la télévision ou même les journaux dans ce trou perdu. Et qu’est-ce qui te fait croire que moi je parle le paysan ?

Le petit trémolo dans sa voix m’indique qu’il ne s’agit pas de fierté mais de peur.

Toutefois, devant mon air narquois, il presse le bouton de commande de la vitre. Pourvu qu’il ne dise pas un truc pompeux du genre « Bonjour mon brave », je crois que je ne pourrais pas le supporter.

– Bonjour mon brave !

Merde ! Qu’est-ce que je disais ? Je commence à m’enfoncer dans mon siège, pourvu que l’autochtone ne parle pas le Français !

– Bonjour à vous mon brave !

Voilà que l’autochtone s’y met aussi. Pierre tique, il n’apprécie que très moyennement de se faire « traiter » de brave. Après tout, il travaille à la télévision… Ce qui le place très au-dessus de la moyenne des Terriens moyens.

Bon, en tout cas, le contact semble se nouer. Je plaque un sourire d’encouragement sur mon visage, et j’invite mon héros à aller contre ses principes en se résignant à demander son chemin.

Mais l’autochtone s’est remis à gargouiller. Nous croyons comprendre qu’il s’appelle Francis et nous indique que nous ne sommes plus très loin de chez les Parisiens.

Dans un sursaut d’orgueil, mon futur ex lui demande innocemment de quels Parisiens il parle…

L’autre nous répond hilare qu’en trente ans, seuls les Bertrand se sont installés dans la contrée. Il achève mon homme en lui disant que seuls des Parisiens se perdraient en allant au manoir, et que de toutes les façons, il a l’habitude.

Selon lui, soit les Bertrand reçoivent des visiteurs sans aucun sens de l’orientation, soit ils s’y prennent comme des gorets pour donner les indications permettant de se rendre chez eux.

Amour et moi penchons pour la deuxième solution, évidemment.

Francis nous met donc sur la bonne voie et nous dit qu’il nous verra tout à l’heure à l’église.

Les distractions étant rares dans le coin – tu m’étonnes ! – il viendra assister au baptême du petit parisien.

Quelque chose me dit que même dans trente ans on les appellera encore les Parisiens…

Juste le temps de déposer nos bagages chez Sophie et Laurent – je comprends mieux pourquoi Francis appelle çà un manoir, c’est immense ! – et nous voilà partis à l’église.

La cérémonie a déjà commencé quand nous rejoignons le plus discrètement possible – difficile d’être discrète avec des talons aiguille sur le carrelage d’une église – à nos places.

Nous sommes assis juste derrière un groupe composé de deux adultes – le père et la mère certainement – et quatre enfants.

Madame se retourne vers nous et nous tend généreusement un missel. Ne sachant pas quoi en faire, je l’ouvre au hasard et le pose sur mes genoux.

J’ai tout de même eu le temps de noter qu’elle est enceinte d’au moins huit mois, ce qui portera donc à cinq le nombre de ses descendants directs.

Les hivers doivent être froids par ici…

Le vert foncé et les carreaux écossais sont de sortie. Tout bonnement hideux !

C’est bien un serre-tête en velours qu’elle porte ? Mais quelle horreur !

Il y a une odeur bizarre dans cette église, je crois que je vais mourir.

Le père est assis à une extrémité du banc, la mère est à l’autre. Ils forment ainsi une barrière naturelle, bridant toute tentative d’émancipation de leurs rejetons.

Ces derniers sont assis par ordre décroissant de taille. On dirait les Dalton. L’aînée doit avoir quinze ou seize ans, le dernier qui est assis juste devant moi ne doit pas avoir plus de quatre ou cinq ans, et sa tête dépasse à peine de son dossier.

Il se retourne vers nous et me dévisage avec insistance. Il a de magnifiques et immenses yeux bleus.

Il me sourit, mais je n’ai pas l’intention de me faire avoir. La cérémonie est chiante au possible, et je suis sûre qu’il ne rêve que d’une chose, obtenir un peu de distraction à moindre frais.

Clown pour enfants ne faisant pas partie de mon répertoire, j’ignore royalement toutes ses tentatives de séduction.

Voyant que ses sourires ne me font pas fondre, il se vexe et me tire la langue. Puis…je n’ai pas rêvé, mais est-ce bien son majeur qui pointe vers le ciel ? Non ce n’est pas possible il est tout mignon, c’est encore un bébé.

Au lieu de s’apprêter à noyer le dernier des Bertrand, le prêtre devrait venir nous voir. Je crois qu’une bonne séance d’exorcisme s’impose.

Comment un être si petit, et avec un visage si candide peut t-il être si abject ?

Le diablotin se retourne alors vers Pierre qui, moins blindé que moi tombe comme un débutant dans le panneau.

Après les sourires, Benjamin se retourne et je nous crois débarrassés de lui.

Erreur ! Il revient à la charge en tendant une feuille de dessin à Amour de ma vie.

Ce dernier s’en saisit, la contemple, fait un « oh ! » silencieux en regardant l’enfant. Puis, il repose le dessin sur ses genoux et lève ses deux pouces en signe d’encouragement. Après ça, il me pousse du coude pour que je contemple le chef d’œuvre.

Je feins de ne m’apercevoir de rien et je prétends être absorbée à boire les paroles de monsieur le curé.

Je vais avoir un hématome, c’est sûr !

Personne ne me voit, alors je me risque à jeter un œil sur l’œuvre de l’artiste restée sur les genoux de Pierre.

Il a dessiné une espèce de spirale difforme bariolée de toutes les couleurs. Sans intérêt !

Quel hypocrite ce Pierre quand même !

Je m’assure que personne – et surtout pas Petit Picasso – ne me regarde, je me penche vers Soleil de mes nuits et je lui siffle de me laisser en dehors de sa nouvelle carrière de critique d’art.

Il me regarde d’un air méprisant que je ne lui connais pas et me siffle en retour qu’un peu de gentillesse à l’égard d’un enfant avec un tel visage d’ange ne me constiperait pas.

Le mufle !

Le visage d’ange s’est retourné une fois de plus et a tendu une nouvelle œuvre à son futur mécène.

Je suis sûre qu’il n’a rien perdu de notre échange, mais il n’en laisse rien paraître. Il regarde mon gastro-entérologue comme s’il contemplait la Vierge Marie.

Devant la nouvelle approbation muette du traître assis à mes côtés, il se penche un peu plus et lui pose une feuille de papier ainsi que sa boîte de crayons de couleur sur les genoux. Ouf ! Le super cent a eu chaud ! Mais je ne dis rien. Je vais bientôt boire du petit lait.

C’est bien un soupir de lassitude que je viens d’entendre ?

Monsieur Patience souhaiterait t-il déjà passer à autre chose ?

Allons ! Allons ! Un peu d’indulgence et de gentillesse à l’égard d’un enfant si mignon ne le constipera pas.

Je sais ! C’est petit, c’est mesquin, mais ce n’est pas moi qui ai commencé.

La mère, qui est assise juste à côté de son angelot se retourne et sourit gentiment à mon homme en articulant un « merci » silencieux.

Touche pas à mon homme grognasse ! En plus elle est mince cette garce. 4 mômes et demi et elle est même pas déformée !

Et ce salaud qui lui rend son sourire !

Génial ! Je vis avec un descendant de Matisse et je n’en savais rien.

Il vient de dessiner un lapin que ma foi – je dois bien le reconnaître – je trouve très ressemblant. « Essaie de faire pareil triple con », dis-je en pensée au petit, « tu as l’air fin avec tes spirales hideuses. Mon homme c’est le meilleur ! »

Il tend fièrement son œuvre à son nouveau copain qui le contemple pensivement quelques instants. Son regard azur va rapidement et plusieurs fois de suite du dessin au visage de Pierre, puis, pris par une inspiration soudaine, il se retourne et commence une nouvelle œuvre.

Je crains le pire mais je me suis jurée de ne pas intervenir.

Pierre est franchement agacé et aimerait bien passer à autre chose. Toutefois, bon prince, il prend tout de même le dessin que Michel Ange vient de poser précipitamment sur ses genoux.

Cette fois-ci, le jeune artiste a pris soin de plier la feuille avant de la poser sur les genoux de son collègue.

Ce dernier déplie la feuille et la replie aussitôt en poussant un râle étouffé.

J’ai eu juste le temps d’apercevoir un visage esquissé sur la feuille.

Le petit ange a dessiné deux yeux à l’aide de cercles, ainsi qu’un gros et long nez dans le prolongement. Le nez est enrhumé car il a dessiné des gouttes de morve qui s’en échappent ; Il a toutefois omis de dessiner le contour du visage… A moins que !

Mon Dieu, quelle horreur ! Mon père, vous attendez quoi pour cette séance d’exorcisme ?

Devant l’air pétrifié de Pierre, et ayant visiblement atteint son objectif, Benjamin s’est de nouveau penché vers lui et a repris sa feuille.

C’est bien un doigt qu’il lui fait là ? Mais quel âge a cet enfant ?

Devant le manège de Benjamin, la mère s’est de nouveau intéressée à l’activité de son fils. Elle lui arrache le dessin des mains et se tourne horrifiée vers Pierre.

Heureusement, le père du précoce – qui s’appelle en fait Thibault – vient à notre secours en expliquant à son épouse qu’il avait déjà remarqué depuis plusieurs semaines que le petit était en train de développer des talents artistiques spéciaux. Il n’avait pas jugé utile de la prévenir, il comptait régler çà entre hommes.

Le malentendu dissipé, nous pouvons enfin nous concentrer sur la cérémonie qui touche à sa fin.

Morte de honte, je décide courageusement d’abandonner l’étoile de mes nuits et j’opère une retraite que je voudrais discrète, vers la sortie.

Francis est assis dans le fond mais il n’a rien perdu de la scène. Il s’est rasé et je dois reconnaître qu’il est très élégant dans son costume.

S’il ne sourit pas, on ne voit pas ses dents gâtées. Il pourrait même sous un certain éclairage – tamisé – passer pour être potable. Il tapote la place vide à côté de lui et m’invite à venir le rejoindre.

Après tout, pourquoi pas ?

Il y a quelque chose qui cloche chez cet homme. Depuis un quart d’heure que je suis assise à côté de lui, il se baisse à intervalles réguliers et se tourne vers le mur.

Puis, il se baisse de nouveau et se redresse.

Je confirme, il y a une odeur bizarre dans cette église.

Pierre – pas rancunier après ma désertion – vient s’installer avec nous et me sourit comme s’il était normal que je l’aie abandonné à son triste sort.

Cet homme est une perle. Dommage qu’il soit si con en ce moment !

Il fait un signe de tête à Francis qui lui tend discrètement un emballage kraft.

Oh non ! Pas encore des dessins. Mon naïf de chéri tend la main et attrape fermement le paquet, sans oublier de me caresser – très peu subtilement – les seins au passage.

Mais je ne rêve pas, c’est une bouteille d’alcool ! Les gens ne respectent vraiment plus rien de nos jours.

Je tends la main. Après dix minutes de ballet incessant – j’ai même oublié ma phobie des miasmes et des microbes – la bouteille est vide, et nous sommes tous les trois ronds comme des queues de pelles.

Pierre me tripote de plus en plus effrontément et je glousse comme une collégienne.

L’assistance nous jette des regards de plus en plus courroucés car nous pouffons de rire de moins en moins discrètement.

Il est marrant ce curé finalement !

A la sortie de l’église, les personnes présentes regardent mon Pierre comme s’il venait de purger une peine de prison pour pédophilie.

Quant à moi, je suis classée dans la catégorie des ivrognes adeptes de ménage à trois. Le fait que je sorte bras dessus bras dessous de l’église avec Francis n’a pas arrangé mes affaires.

Sophie n’a rien voulu savoir et n’a même pas daigné consentir à changer son plan de table.

Nous voilà donc assis – loin de Francis – à la même table que les parents du monstre, Eric et Florence.

Lui, est directeur commercial dans une entreprise qui vend du matériel électrique ou quelque chose comme çà. Je me demande bien à quoi ça peut servir du matériel électrique puisque nos maisons sont intelligentes et s’éclairent toutes seules.

Elle, après de brillantes études commerciales, s’occupe de leurs enfants.

Madame est actuellement en pleine campagne de sensibilisation car elle estime que son directeur commercial de mari n’est « pas reconnu à sa juste valeur ». Elle envisage très sérieusement de le pousser à chercher une meilleure situation. Lui, n’est pas tellement acheteur de l’option « démission » car c’est le seul revenu de la famille. Il bafouille à propos de sécurité, de factures et tout çà…

Moi avec ma grande bouche !

Tout se passait bien, notre table écoutait religieusement l’exposé de « madame je prends en main la carrière de mon mari car c’est un incapable », quand il a fallu que je la ramène en posant la question qui fâche.

-Mais plutôt que de pousser votre mari à démissionner, est-ce qu’il ne serait pas plus judicieux que vous commenciez à chercher du travail, afin de contribuer financièrement au…

Je ne finis même pas mon outrage. Le regard des autres couples me fait prendre immédiatement conscience de mon statut d’attardée mentale. Cà et le fait que Pierre vient de s’étrangler avec une gorgée de vin.

Si mon cher et tendre n’avait pas été reconnu coupable de pédophilie notoire dans l’enceinte de la maison de Dieu, ils nous auraient envoyés à la table des enfants.

Je suis sûre que les hommes présents sont – en partie au moins – d’accord avec moi, mais plutôt que de subir les foudres de leurs sangsues, ils ont plongé le nez – en un beau mouvement d’ensemble – dans leurs verres.

Et c’est moi qu’on traite d’ivrogne !

Les femmes me gratifient de moult « vous ne pouvez pas comprendre », « c’est une question de choix de vie », « tout dépend de l’éducation que vous avez reçue », « nous sommes fières de leur sacrifier les plus belles années de notre vie », et autres remarques affligeantes de condescendance.

Des femmes ont défilé, brûlé leurs soutiens-gorge manifesté au nom du libre choix pour que des siècles plus tard, leurs descendantes me fustigent du regard quand je leur dis qu’à mon âge, je suis heureuse de ma condition de femme et que je ne veux pas être un poids pour mon homme.

Elles m’affirment même toutes sans exception que je vis un leurre et que je me mens à moi-même quand j’affirme que je préfère être seule plutôt que mal accompagnée.

Les plus sadiques d’entre elles poussent le vice jusqu’à me dire que je suis aigrie car j’assume mal mon célibat, ma non-maternité et ma corpulence. Quelles salopes ! Que vient faire mon poids là dedans ? Et puis d’abord, je ne suis pas célibataire. Pierre et moi on est VRAIMENT ensemble, aussi étrange que cela puisse paraître, certains hommes apprécient les grosses………. Et même en public.

Elles soutiennent que nous sommes toutes des femmes au foyer en puissance. Selon elles, la seule raison qui pousse les femmes d’aujourd’hui à aller travailler – à l’extérieur de chez elles – serait purement d’ordre économique.

S’il nous était donné à toutes la possibilité de « ferrer » un footballeur – ou un autre sportif de haut niveau – un brillant homme d’affaires ou tout autre représentant mâle nanti d’une situation plus que confortable, nous n’hésiterions pas une seconde à abandonner nos velléités de carrière pour faire « fructifier » notre capital.

Il paraît que je n’échappe pas à ce cas de figure, et que sous mes dehors de femme « libérée », j’aspire à la même chose que toutes mes congénères.

Le choix de mon compagnon actuel ne serait pas aussi innocent que je veux bien le faire croire.

Les salopes !

Et ce chien de Pierre qui acquiesce, non mais pour qui se prend t-il ?

Je ne le supporte plus. Nous abrégeons notre séjour et rentrons plus tôt que prévu sur Paris1. De toutes les façons, ras-le-bol de s’extasier sur son neveu. Ce môme est laid comme un pou avec ses oreilles décollées.

Nous n’avons même pas mangé sur place et nous sommes enfuis comme des voleurs.

Depuis que nous sommes dans la voiture, nous n’avons pas échangé deux mots.

Je vais attendre d’arriver à la maison pour le larguer car là, il a mis la musique à fond, et je ne m’entends même plus penser.

Tiens ! Pourquoi se gare t’il dans la rue ? Il ne compte tout de même pas ressortir à cette heure ?

-Maxime, il faut qu’on parle.

J’allais le dire… Pierre, j’espère que tu ne le prendras pas mal, mais nous deux, çà ne peut pas durer. Je vais finir par te détester. Je ne supporte plus de te voir te ronger les ongles et recracher tes rognures en émettant des sons de saxophoniste. Si j’entends encore une fois le bruit que tu fais quand tu croques un morceau de chocolat ou celui de l’air que tu exhales entre chaque gorgée de liquide que tu bois, je suis capable de t’écorcher vif. Je hais ta famille, tes amis, ton style de vie, je veux que tu dégages de chez moi, je…

-Chérie, tu m’écoutes ?

-Hmm ?

-Il faut qu’on parle, j’ai beaucoup réfléchi. Mais avant toute chose, je veux que tu saches que ce n’est pas toi qui est en cause, le problème vient de moi.

Je le trouve bien sérieux tout d’un coup…

-On ne peut plus continuer comme çà. J’ai besoin de faire le point de mon côté.

Hein ?

-Qu’entends-tu exactement par faire le point de ton côté ?

-Ecoute, ne t’énerve pas… J’ai besoin d’un peu d’espace…

-Je ne m’énerve pas j’aimerai comprendre.

Il serait pas en train de me larguer des fois ?

-Tu vois… Tu t’énerves.

-Arrête avec çà, je ne m’énerve pas, mais je te trouve gonflé d’attendre ce moment pour me sortir tes conneries en pleine tronche. Un dimanche soir en plus ! Si tu voulais me larguer, ce n’était pas la peine de me traîner à ce foutu baptême…

-Qui te parle de mettre un terme à quoi que ce soit ? J’ai besoin d’un break c’est tout. Je pensais que çà te ferait plaisir de savoir que…

-Va chier connard !

Et voilà, çà y est, il est parti. Véro, au secours !

Ma copine arrive moins de vingt minutes après mon appel de détresse.

C’est pile poil le temps qu’il m’a fallu pour sortir les pots de glace et les paquets de gâteaux.

-A ton avis, qu’est-ce qu’il a voulu me dire ? Il va revenir ?

Cà fait au moins mille fois que je lui pose la même question. Elle ne perd pas patience, mais il m’a semblé que son regard était fuyant.

-Tu sais quelque chose ? Véro, si tu sais quelque chose dis-le moi ! Je peux tout entendre.

-Je ne pense pas qu’il revienne. Quand un mec dit qu’il a besoin d’espace, ce n’est jamais bon.

-Tu crois qu’il y a une autre femme ?

-J’en sais rien.

Devant mon regard torve, elle choisit de rectifier le tir.

-Meuh noooon, qu’est-ce que tu vas chercher là ? Il veut faire le point de son côté c’est tout…

-Alors pourquoi a t’il déménagé toutes ses affaires ? Même son courrier n’arrive plus ici. Il avait tout planifié et je n’ai rien vu venir.

-Quel salaud quand même…

-C’est foutu hein ?

-Vois le bon côté des choses. Tu voulais le larguer non ?

-Me faire larguer ne faisait pas partie du plan. Et puis, je ne suis pas sûre, peut-être qu’on aurait pu…J’veux dire, il n’avait pas que des mauvais côtés…

-Maxime excuse-moi une seconde, il faut que je prenne cet appel, c’est Jean-Seb.

Nous sommes au beau milieu d’une crise majeure, et elle me laisse pour parler à Jean-Seb. Je rêve ! Je croyais qu’il avait disparu de la circulation celui là ?

-Chérie, il faut que je te laisse, il veut qu’on discute. Tu m’appelles si tu ne vas pas mieux ?

Je ne vais pas mieux, mais visiblement c’est plus important de courir après le père de son enfant que de s’occuper d’une copine en détresse…

-Bisou, bye, j’te raconterai.

Ouais c’est ça, tout le monde s’en fout alors que ma vie s’effondre. Je n’ai plus qu’à me débrouiller toute seule.

Objectif numéro 1 : MAIGRIR !

Retrouvez le premier épisode des Aventures de Maxime.


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