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"Au point où j'en suis..."

35 ans Sud-Gironde 236
Bonjour à tous et à toutes!

Je reprends la RA pas au début mais presque, après une (trop) longue rechute. C'est très déroutant, car j'ai perdu presque tous les réflexes qui  
avant me faisaient compulser lourdement (émotions positives ou négatives, stress...), mais il y en a deux notamment qui ont la dent dure (sans mauvais jeu de mots ;) )

Le premier, c'est la fatigue. Le soir quand je rentre, je suis un peu claquée et j'ai pas envie de faire l'effort de me concentrer sur mes sensations, ou de résister si je sens monter une envie de compulsions. Après, forcément, je regrette...

Le deuxième et le plus conséquent, c'est cette petite voix dans ma tête qui me dit "bah, au point où j'en suis...autant m'en mettre plein les ratiches!" C'est le plus souvent après un repas où je me rends compte (trop tard) que j'ai un peu trop mangé. Mais au lieu d'en rester là,et de laisser la régulation se faire tranquillement, je continue à manger jusqu'à avoir des douleurs d'estomac pas possible, et sans y prendre aucun plaisir! Je suis patraque toute la journée du lendemain (en général ça arrive le soir, puisque c'est souvent le soir que je mange trop -cf réflexe n°1!), mais ça m'arrive quand même 1 à 2 fois par semaine!

Il doit y avoir là-dessous un besoin de me punir, mais comment faire taire cette petite voix? Ou, au moins, arriver à lui résister?

Comment réagissez-vous quand vous mangez trop?

J'ai été un peu longue, mais je tenais à tout bien expliquer...

Merci d'avance pour votre aide!!
49 ans vigo Espagne 195
c'est marrant, je n'habite pas le meme pays, mais j'ai la meme petite voix chez moi! :D c'est penible, tres penible! :?
L
71 ans 7508
Je ne réagis pas en fait.
Tes réactions me donnent l'impression que tu perçois ta RA comme une sorte de régime.
Citation:
"bah, au point où j'en suis...autant m'en mettre plein les ratiches!"

C'est le genre de petite phrase qu'on se répéte souvent quand on vient de craquer après un régime.

Peut être es tu un peu trop strict avec ta RA. Attends tu des sensations de faim très précises ou écoutes tu le premier signale qui est parfois très léger?

De plus une fois qu'on est entré dans la Ra, elle ne s'arrête plus à moins de faire un régime. Je ne sais pas si tu me comprends ce que je veux dire je suis très fatiguée. Je veux dire que même quand tu compulses ça fait partie de la rééducation, il y a des hauts et il y a des bas. Donc le mieux est de se dire, j'ai envie de manger ça autant alors j'en mange et si demain j'en aurai encore envie, j'en mangerai encore. C'est ainsi à la longue que l'envie va partir.

Quand à la fatigue, je pense qu'un compromis est possible à condition de ne pas voir cette façon de manger comme une faute. Si tu dînes avant d'avoir faim, que tu considères les quantités suffisantes et que donc il n'y a pas cette impression d'échec pourquoi pas surtout si après tu ne manges pas.
Je mange à 20h avec mr Yub même si mes sensations ne sont pas spécialement très fortes mais en général l'assiette me suffit et je ne touche plus à rien jusqu'à demain et d'ailleurs je n'y arrive pas mis à part mon café :lol:

Voilà j'espère que t'as un peu compris ce que je voulais te dire.
35 ans Sud-Gironde 236
linouvhe: bon donc finalement, l'exil n'est pas la solution ;)
Mais ça fait du bien de savoir que je ne suis pas toute seule...

Yubaba: je sais que la RA est un processus long et absolument linéaire; mais je pense sincèrement que trois mois de restriction extrême, suivis d'un an de retour dans la boulimie/hyperphagie/restriction/compulsion, on peut appeler ça une rechute... :?

En revanche, je crois que tu as raison sur un point: c'est dû à des résidus de restriction ça. Je me rends compte qu'en fait, je continuais à essayer de "maîtriser" mon alimentation, de reprendre le contrôle, avec juste assez d'aliments "grossissants" pour avoir l'impression d'être en RA.

Mais je crois qu'il s'agissait moins de "rattraper le temps perdu" ou d' "anticiper pour la prochaine période de restriction", que de me punir d'avoir "raté" le respect des sensations... c'est con hein, puisque justement la RA est un processus d'acceptation et de respect de soi...

Tu as raison, il faut juste accepter les bas comme les hauts, sans chercher à se faire du mal. C'est ce que j'essaye de faire depuis une semaine...et même si j'ai parfois dépassé ma satiété, j'ai quand même retiré du plaisir de ce que je mangeais, et surtout j'ai réussi à résister à cette petite voix...

Un vrai bonheur!
35 ans Sud-Gironde 236
Hum, je voulais dire "absolument pas linéaire"...

Mais vous l'aurez compris ;)
45 ans Paris 9866
Tes deux remarques me parlent aussi beaucoup (au point où j'en suis + fatigue). La 1ère s'est estompée un peu avec le temps, la RA m'aide à ne plus trop penser comme ça (et puis tout simplement marre d'avoir mal au ventre).
En revanche, la "fatigue", ça reste un vrai problème et un prétexte à tout (je l'ai bien mérité, allez, après une journée de boulot, etc.).
Je consulte depuis un peu plus d'un an le Dr Zermati et il m'a aidée à comprendre un truc sur ce point: ce n'est pas "par" fatigue que l'on mange (moi je le vivais comme ça: le moteur est à sec, il faut remettre du "carburant"). En fait, la fatigue est une "occasion" (au sens où l'on dit que l'occasion fait le larron) de manger par compulsion. Toutes les limites que l'on se pose dans la journée (y compris celles de la RA: j'attends d'avoir faim pour manger, etc.) nous demandent une folle énergie. La fatigue du soir fonctionne comme une occasion pour les sentiments enfouis pendant la journée de remonter à la surface. Il ne faut pas forcément avoir vécu une journée très dure, le simple stress d'une journée normale est déjà beaucoup et il faut pouvoir l'évacuer.
Il m'a donné un bon conseil à ce sujet: se créer un sas de décompression de quelques minutes en rentrant à la maison. Ca peut n'être que 5 ou 10 minutes, mais c'est très important. Je me force à me poser sans rien faire (pas même regarder la TV ou raconter ma journée à mon homme), je m'allonge sur le canapé et respire. Ensuite seulement je me lève et m'autorise à commencer à penser à la préparation du dîner ou je ne sais quoi... Comme par hasard, les jours où je parviens à me ménager ces minutes (personne ne m'en empêche, ça ne dépend que de moi), je ne compulse pas sur la nourriture!
Désolée pour le pavé et j'espère que ça t'aide ;)
35 ans Sud-Gironde 236
Waow, merci Poupoule...
Pour la fatigue, c'est exactement ce que tu décris! Quand je rentre, j'ai tendance à me jeter sur l'ordi, ce qui fait que je me "concentre" directement d'une chose à une autre, sans prendre le temps de me relaxer...

Et quand tu parles des "limites de la RA", ça me rassure vraiment de savoir que c'est "normal" : c'est épuisant car ça me demande un effort de concentration, pour arriver à discerner l'envie de la faim,pour faire de la "résistance" (comme m'a appris mon psy) quand une envie de compulser se pointe...

Je vais essayer de me ménager des "sas de décompression", et essayer de noter ce qui se passe quand je le fais.

Merci pour ton bon conseil... qui en plus te vient de Zermati en personne!! (veinarde.. ;) )
45 ans Paris 9866
à ton service tiny ;)
j'ai aussi appris un truc sur VLR: la RA, c'est beaucoup de chutes pour se relever ensuite, et c'est beaucoup de besoin de partager des témoignages... pour ma part, ça me fait toujours un grand bien de savoir que mes souffrances sont "banales", partagées, humaines quoi!
:kiss:
56 ans Région parisienne 2154
Merci aussi :D

C'est exactement ça : la fatigue comme prétexte. Et la difficulté à s'autoriser ne serait-ce que 5 mn de pause...
La fuite en avant. Par peur aussi des émotions refoulées qui remontent brutalement.
Hier soir, mon Petit Loup de 2 ans 1/2 a brusquement fondu en larmes. Je l'ai accueilli, bercé (et c'est pas son style, les câlins ! :lol: ) le temps que ça passe.
Plus tard j'ai réalisé. Que quand j'ai envie de fondre en larmes, je mange... Et que 5 mn de pause, c'est parfois prendre le "risque" de fondre en larmes...
45 ans Paris 9866
Pour aller dans ton sens, je n'ai jamais eu les larmes qui me venaient si facilement (pas forcément les grandes eaux, mais des yeux embués) que depuis que je m'essaie à la RA... en particulier en consultation dès que je parle de mon rapport à la bouffe, mais pas seulement!
La RA m'aura aussi appris à laisser un peu les larmes venir... ;)
35 ans Sud-Gironde 236
Comme tu le dis si justement pomdereinette, je crois que c'est une des causes de mon incapacité à me relaxer (pour de vrai, sans rien faire d'autre) : j'appréhende trop de me retrouver face à moi-même et à des émotions qui pourraient (ou pas) devenir un prétexte à la compulsion...

En même temps il va bien falloir un jour que je me confronte à une introspection...

Poupoule comment fais-tu dans tes moments de relaxation? Est-ce que tu laisses tes pensées vagabonder, ou tu te repasses ta journée, ou tu fais juste le vide?

Je me rends compte que j'ai encore beaucoup de progrès à faire... mais il y a beaucoup d'"exercices" que je n'arrive pas à m'imposer, même si je sais que ça ne peut qu'être bénéfique...

Le chemin risque d'être long... mais tu as raison Poupoule, partager mes expériences et lire celles des autres sur VLR c'est déjà un grand soulagement... alors merci à vous toutes d'être là!

:kiss:
45 ans Paris 9866
Pour répondre à ta question tiny, je ne cherche pas dans ces moments à diriger mes pensées vers telle ou telle voie, d'ailleurs elles n'ont guère de cohérence alors. Si je fais vraiment l'exercice en arrivant chez moi, après une journée de boulot, après une demi-heure de métro, après 3 étages montés souvent avec des courses, ben c'est pas tellement l'esprit mais le corps qui parle: il fait "ouf!" et pas grand chose d'autre...
J'ai jamais fait de power plate mais ça doit être un peu pareil: après beaucoup de micro-mouvements dans tous les sens, le corps est juste content que tout s'arrête et continue presque à vibrer le temps que son état se stabilise...
Du coup, l'esprit retrouve en quelques minutes sa capacité à se concentrer, à faire le "focus" comme on dit, à savoir ce qu'il veut vraiment à ce moment-là. Ah ben tiens en fait, au lieu de me jeter sur un morceau de chocolat, je vais plutôt me relaxer dans un bain et me découper des jolies carottes bien fraîches par ce temps (et si je prends le chocolat, c'est pas grave non plus!)...
Chépasichuis claire?? bises!
35 ans Sud-Gironde 236
Super claire :D

Maintenant faut que j'arrive à m'y mettre ;)
45 ans Paris 9866
Bon, ben tiens-nous au courant! Et bon courage. :D
56 ans Région parisienne 2154
Perso je me mets de la musique de relaxation. Genre petits oiseaux et bruits de ruisseau. Sûr que mon esprit vagabonde, mais bon, je laisse vagabonder en essayant de pas me focaliser.

Une chose est sûre, c'est très très dur, en tous cas pour moi, de m'autoriser à ne "rien" faire.
Poupoule, ton intervention m'y a aidée. Puisque ça peut aider à éviter ue crise, j'ai le droit ! :lol:
B I U