MENU Le Forum Vive les rondes Connexion

votre définition du "féminisme" ?

45 ans Belgique - Ardennes 197
Comment définiriez-vous personnellement "féminisme"?
Euh... sans entrer nécessairement dans une foire d'empoigne entre les "pro" et les "anti" (pas taper)... qu'on sache déjà de quoi  
on parle... :?

Parce que c'est un mot utilisé (trop ?) souvent et mis à toutes les sauces, ce qui crée parfois de malheureux malentendus... Exemple: je travaille pour un mouvement d'éducation permanente féminin, et déjà entre nous, on se rends compte que la gamme des interprétations est assez large (c'est le moins qu'on puisse dire, de "à mort les hommes" à "point de vue socio-culturel spécifique de femme sur des sujets qui concernent tout le monde") ce qui ne facilite pas la communication.

Alors pour vous, c'est quoi, ce "machin" là ?
51 ans contre le mur, face à mon écran 3178
SuperVanoo a écrit:
Comment définiriez-vous personnellement "féminisme"?
Euh... sans entrer nécessairement dans une foire d'empoigne entre les "pro" et les "anti" (pas taper)... qu'on sache déjà de quoi on parle... :?

Parce que c'est un mot utilisé (trop ?) souvent et mis à toutes les sauces, ce qui crée parfois de malheureux malentendus... Exemple: je travaille pour un mouvement d'éducation permanente féminin, et déjà entre nous, on se rends compte que la gamme des interprétations est assez large (c'est le moins qu'on puisse dire, de "à mort les hommes" à "point de vue socio-culturel spécifique de femme sur des sujets qui concernent tout le monde") ce qui ne facilite pas la communication.

Alors pour vous, c'est quoi, ce "machin" là ?

Alors si je suis polie :lol: je dis que mon féminisme se résume à un seul mot : RESPECT.
Et ce mot, je le décline en plusieurs variations.
Le respect que je me dois en tant que personne humaine d'abord, et en tant que femme ensuite.
Car difficile de me faire respecter si je ne me respecte pas moi même. D'aucuns ... (des malpolis aigris) appellent cela être imbue de soi-même, mais je les emmerde (oups j'ai perdu ma politesse) :lol:

Ensuite le respect que je dois à autrui. Je m'étend pas ? Tout le monde a compris ? Non ? Bah voir point précédent hein ? Quadrature du cercle en quelque sorte.

Ensuite, si je suis malpolie. :twisted: Je dirais que mon féminisme consiste à ne me laisser emmerder par personne. Et quand je dis personne, j'entend Humain, animal, minéral, ou machine.
Là encore, les jaloux et les aigris diront............ quelle chieuse !
Mais comme je suis pas polie, je les emmerde. :P :twisted:
Et tous cons qu'ils sont, ils ont un instinct de survie très développé et bizarrement se tiennent à bonne distance de moi quand ils sentent un accès de connerie leur pousser sur le coin de la figure ou dans le boulgour qui leur sert de cervelle.

Voilà c'est ma vision toute personnelle du féminisme.
Je sais que c'est un mot qui de nos jours passe limite pour un gros mot, mais cela n'est est pas un. ;)
5210
Et bien comme tu le dis c'est une question bien difficile parce que de nos jours on ne sait pas vraiment qu'est ce que c'est.

Pour moi, c'est vouloir defendre la cause feminine devant les inégalités homme/femme.

Mais je trouve que ca tend beaucoup trop souvent à la femme est supérieure et ca je ne suis pas d'accord, chaque etre est différent a du bon et du mauvais qu'il soirt un homme ou une femme, mais bon c'est mon opinion.
N
45 ans Domaine réservé. 540
Dictionnaire critique du féminisme

par Helena HIRATA, Françoise LABORIE, Danièle SENOTIER, Hélène LE DOARE

Editions PUF Collection Politique d'aujourd'hui
Discipline(s) Sociologie générale Histoire de la sociologie
Prix 25,00 Euros
Nombre de pages 336
Date d'édition décembre 2004, 2e édition augmentée

Et un lien de présentation de l'ouvrage par le laboratoire CNRS de sociologie (en l'occurence le GERS) qui a réunit l'équipe des auteurs :

http://www.iresco.fr/labos/gers/ouv4.html
45 ans Belgique - Ardennes 197
Merci, Nootship, j'ai moi-même quelques sources ;)

Ce que je me demandais, c'était l'interprétation que chacun fait de ce mot, ce qu'on y met derrière, parce que lorsqu'on communique "autour" du féminisme ou qu'on utilise ce terme dans une conversation ou un post), il n'y a pas nécessairement consensus sur la définition (on n'utilise pas la définition théorique mais celle qu'on a intégrée/composée au gré de son expérience, donc avec des nuances personnelles).

Ajoute à ça que chacun à, par contre l'impression (que dis-je est certain ...), que l'autre a la même définition que lui... ça donne des malentendus, provoque des prises de bec et radicalise parfois même le disours...

Et d'ailleurs, toi, tu veux exprimer quoi, si tu dis "féminisme"? (pas un bouquin, hein, ton avis...)

Après relecture, je me rends compte que ce n'est peut-être pas très clair... me suis qui peut... :oops:
427
Alors bon je sais que tout le monde doit avoir un dictionnaire chez soi, mais moi, aime bien mon dico (il en systématiquement plus que moi le vilain ! :lol: )

Féminisme : mouvement, doctrine qui préconise l'extension des droits, du rôle de la femme dans la société.

Dans ce sens là, je ne vois pas tellement comment on pourrait s'opposer à ce modèle de société où toutes les possibilités de devenir (sur un plan personnel et professionnel) seraient permises aux femmes. Est-ce le cas dans nos sociétés actuelles ? Ca n'engage que moi, mais je pense globalement que oui, même s'il y a sûrement encore des progrès à accomplir (le mouvement contestataire " Ni putes, ni soumises " est là pour nous le rappeller).

En revanche, je n'arrive pas trop à me faire à l'idée de la parité homme/femme instaurée dans les entreprises et au milieu politique. Je partage en cela l'avis d'Elisabeth Badinter, qui s'était insurgé contre ce projet de loi, en stipulant qu'on ne devait prendre en compte que la compétence effective de la personne nommée à tel ou tel poste (peu importe homme/femme). Je suis assez d'accord avec cela, même si j'imagine que cette loi a pu avoir des effets bénéfiques dans certains cas où des postes à responsabilités étaient délibérément refusés à des femmes qui le méritaient amplement.
877
Pour moi, le féminisme est un peu plus que la défense des intérêts de la femme.

Je m'explique, si ds un premier temps il s'est agit de revendiquer l'égalité entre les deux sexes, alors que l'inégalité était criante, tel n'est plus le cas actuellement.
Je ne dis pas que l'égalité est parfaite, loin de là, mais les hommes de 30 ans approuvent dans leur très grande majorité la maîtrise de la femme sur son corps (= pilule), le fait que la femme travaille et qu'ils doivent participer à l'éducation des loulous.
Bien sûr il reste des zones d'ombre, principalement au niveau professionnel, mais je gage sur l'avenir, je pense que tout cela n'est plus qu'une question d'années.
Donc, jusque là, le féminisme, ok.

Là où ça me perturbe, c'est qd le féminisme devient le moyen d'exprimer son intolérance, de manquer totalement d'humour.
Je pense notamment à une pub pour une crème fraîche (genre "babeth je la fouette", etc...) qui était plutôt marrante (à mon goût) et qui a fait l'objet d'une campagne proprement hallucinante des Chiennes de garde. Idem pour une chanson d'Enrico Macias.

Ok pour rétablir l'égalité.
Ok pour défendre des intérêts catégoriels (contraception gratuite, par exemple)
Mais pas ok pour l'intolérance.

Voilà.

PS : Nootship, gros feignant, fais marcher tes méninges au lieu de donner des références !!
37 ans Nancy Vannes 3418
Oui, le respect, je suis assez d'accord.
Je vais un peu me répéter mais compléter un peu aussi. Pour moi le féminisme c'est les actions qui visent à modifier lois et mentalités pour que femmes et hommes soient au même niveau, égalitaires et égaux, et donc le respect est indispensable. Donc pas seulement agir pour la femme mais aussi pour l'homme. Car personne ne trouve anormal qu'un homme qui souhaite prendre un congé paternité ou se mettre en mis-temps pour s'occuper de ses enfants se heurte à un mur de moqueries et d'incompréhension et plus des difficultés à les obtenir ? Moi, si, tout autant que quand on dit à une femme qu'elle coûte trop cher à une entreprise à cause de sa maternité.
Voila
N
45 ans Domaine réservé. 540
SuperVanoo a écrit:
Merci, Nootship, j'ai moi-même quelques sources ;)


Je pensais bien ne pas t'apporter à toi en particulier de la bibliographie à ce propos. Je "profitais" juste de ton topic pour y glisser un ouvrage de qualité sur la question. ;)

SuperVanoo a écrit:

Ce que je me demandais, c'était l'interprétation que chacun fait de ce mot, ce qu'on y met derrière, parce que lorsqu'on communique "autour" du féminisme ou qu'on utilise ce terme dans une conversation ou un post), il n'y a pas nécessairement consensus sur la définition (on n'utilise pas la définition théorique mais celle qu'on a intégrée/composée au gré de son expérience, donc avec des nuances personnelles).

Ajoute à ça que chacun à, par contre l'impression (que dis-je est certain ...), que l'autre a la même définition que lui... ça donne des malentendus, provoque des prises de bec et radicalise parfois même le disours...

Et d'ailleurs, toi, tu veux exprimer quoi, si tu dis "féminisme"? (pas un bouquin, hein, ton avis...)


Ca serait super compliqué pour moi de te résumer ce que j'entends par féminisme. D'une part parce que j'ai fréquenté de très près un laboratoire de recherche et d'études féministes. D'autre part parce que j'ai moi-même travaillé sur des questions "familles et genres" (sachant que les questions "travail et genre" me sont beaucoup plus lointaines dans mes travaux). Mes questions tournaient plus sur la "construction de la masculinité" au sein du dispositif familial.

En bref cependant : je n'ai pas de définition fixe du féminisme, même si j'ai probablement beaucoup d'a priori, autant que de "construits", à l'égard ce terme.

Disons en fait que je me situe dans un paradoxe vis à vis du féminisme, qui pour moi est un engagement parmi d'autres : je considère qu'un engagement doit à la fois faire correspondre une expression politique et une posture quotidienne (que ce soit dans le travail, la vie familiale, etc.), et en même temps que projeter l'un dans l'autre ou inversement, c'est parfois méprendre l'un et l'autre par une confusion trop rapide.

Par exemple, il y a des situations où les questions féministes se projettent trop vite : les noeuds des conflits familiaux où s'exercent diverses formes de violence ne se résument pas forcément à l'emporte-pièce dans une seule logique de "domination masculine".
A l'inverse, il existe des lieux où les questions féministes n'arrivent pas à se poser réellement, parce que ces lieux sont trop contraints par d'autres questions, (par exemple sur les sexualités désignés comme "déviantes").

Il y a des fois où certains féminismes m'agacent, par exemple un mouvement comme "Ni putes ni soumises", qui par sa dénomination même, crache sur les prostituées et les postures de protection dans lesquels certaines femmes, bon gré mal gré, peinent à se tenir.

Et d'autres fois où les anti-féminismes, sous prétexte que les relations de genre n'iraient pas si mal, et que le féminisme ne serait qu'une hystérie bête et méchante, m'agacent au plus haut point.

Donc, quand je pense "féminisme", je pense toujours à des féminismes en particulier. Difficile de donner une définition générique.

Pour ma part, je ne me positionnerais pas vraiment comme "féministe" : plutôt comme engagé dans un désir de comprendre en quoi la construction des genres fabrique/est fabriquée comme dispositif de société, qu'est ce que ça supporte comme lignes projectives, et comment on peut les accompagner ou les infléchir. Ceci dit, c'est une posture qui hérite de plain pied du féminisme.

Allez hop, je me fends quand même d'une définition à l'emporte-pièce et à ma sauce : pour moi le féminisme c'est une déconstruction volontariste des rapports de genre, et qui se donne pour ambition d'agir comme levier à ce propos sur la société.
877
Nootship a écrit:


Pour ma part, je ne me positionnerais pas vraiment comme "féministe" : plutôt comme engagé dans un désir de comprendre en quoi la construction des genres fabrique/est fabriquée comme dispositif de société, qu'est ce que ça supporte comme lignes projectives, et comment on peut les accompagner ou les infléchir. Ceci dit, c'est une posture qui hérite de plain pied du féminisme..


Bonjour l'engagement, hein !
Et à part observer, tu fais quoi ?



Nootship a écrit:
Allez hop, je me fends quand même d'une définition à l'emporte-pièce et à ma sauce : pour moi le féminisme c'est une déconstruction volontariste des rapports de genre, et qui se donne pour ambition d'agir comme levier à ce propos sur la société.


Ok, tu as donné une définition.
Maintenant, serais-tu assez gentil pour nous l'exliquer ??
Levier pour quoi faire ? Pour déconstruire encore ? Mais pas pour reconstruire ?
Ta définition me dérange par ce qu'elle pourrait aussi bien s'appliquer à un mouvement de défense des hommes opprimés par les femmes qui travaillent (au hasard).
Au boulot, le Nootship, au boulot.


Lorène, qu'en fout pas une mais qui est exigeante.
1000
Je n'ai qu'une chose à demander?

Ai je le droit de participer et de répondre à ce topic?
N
45 ans Domaine réservé. 540
Lorene a écrit:

Bonjour l'engagement, hein !
Et à part observer, tu fais quoi ?


Très bonne question, merçi de me l'avoir posée :lol:

Justement,

1/ Les études et recherches, sur les questions de genre ou autre, c'est un observatoire critique, qui peut aider concrètement à faire du lien entre des réalités, et des moyens politiques pour agir sur ces réalités. C'est une forme d'engagement. Et c'est moins du vent qu'on le croit trop souvent : les chercheurs ne sont pas à la botte des politiques, même s'ils peuvent leur offrir des expertises ; les chercheurs sont proches des réalités.

2/ Ceci dit... En ce moment, oui, effectivement, je ressens le besoin de faire bifurquer mes engagements de façon moins observatoire et plus attentatoires (au sens du type qui se décide à se mouiller un peu plus au lieu de passer son temps à dire que l'eau est froide).

C'était la question qui fait mal, Lorène. :? :lol:

Lorene a écrit:

Ok, tu as donné une définition.
Maintenant, serais-tu assez gentil pour nous l'exliquer ??
Levier pour quoi faire ? Pour déconstruire encore ? Mais pas pour reconstruire ?
Ta définition me dérange par ce qu'elle pourrait aussi bien s'appliquer à un mouvement de défense des hommes opprimés par les femmes qui travaillent (au hasard).
Au boulot, le Nootship, au boulot.

Lorène, qu'en fout pas une mais qui est exigeante.


Ben justement, ce qui est interessant, c'est que le féminisme se réactualise en se dépassant, en embrassant d'autres causes ; parce que les féminismes ont su développer un savoir-faire d'analyses et d'actions, ils peuvent donc leur apporter quelque chose.
Il faut bien déconstruire pour ensuite reconstruire, savoir apprendre à dire NON pour apprendre à prononcer un vrai OUI. Et ne pas rester dans des choix "nécessaires".
877
sapho a écrit:
Je n'ai qu'une chose à demander? Ai je le droit de participer et de répondre à ce topic?



C'est sûrement de l'humour, Sapho, mais je ne comprends pas pourquoi tu demandes une autorisation ?
5210
sapho a écrit:
Je n'ai qu'une chose à demander?

Ai je le droit de participer et de répondre à ce topic?


:lol: Sapho bien sur que tu peux, je te fais peur peut être :shock: :lol:
877
Nootship a écrit:

1/ Les études et recherches, sur les questions de genre ou autre, c'est un observatoire critique, qui peut aider concrètement à faire du lien entre des réalités, et des moyens politiques pour agir sur ces réalités. C'est une forme d'engagement. Et c'est moins du vent qu'on le croit trop souvent : les chercheurs ne sont pas à la botte des politiques, même s'ils peuvent leur offrir des expertises ; les chercheurs sont proches des réalités..


Non, ni la recherche ni les résultats de la recherche ne peuvent être un engagement, par ce que la recherche est censée être objective pour que ses résultats soient crédibles. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la recherche ne peut être "à la botte" des politiques, non ?
A mon avis, on peut engager une recherche sur un sujet pour des raisons militantes, mais la recherche en elle-même doit être objective et scientifique.



Nootship a écrit:
Ben justement, ce qui est interessant, c'est que le féminisme se réactualise en se dépassant, en embrassant d'autres causes ; parce que les féminismes ont su développer un savoir-faire d'analyses et d'actions, ils peuvent donc leur apporter quelque chose".


Pas de spécificité de l'action féministe, par rapport aux zhoms opprimés par leur femmes qui travaillent, alors ?
B I U


Discussions liées