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Quand la stérilité remet en cause le couple et la vie

52 ans quelque part sur la route du bonheur 621
Bonjour à toutes,

voilà aujourd'hui je craque, je vais pas bien. 20 mois que nous essayons de faire un enfant (22 mois d'arret de pillule, mais pause de 2 mois l'année  
passée). 12 mois que je pleure à chaque fois que reviennent mes règles. 6 mois que nous subissons des examens et que nous n'avons pas de vraies réponses : lui tout va bien, moi j'ai une trompe bouchée, de l'hyperplasie légère, mais "ça ne facilite pas, mais ça n'explique pas réellement", 6 semaines avant de passer sur le billard pour faire une coelio diagnostique "pour voir si on trouve rien de plus significatif, mais bon je pense pas trouver grand chose". 2 Heures que la gynéco m'a dit de prendre rendez-vous tranquillement à Cochin dans un centre de PMA. Et je ne sais pas encore combien de mois pour perdre tous mes kilos avant qu'on veuille bien me traiter (j'ai 40 kilos de trop)..... J'ai parfois le sentiment que ma vie se résume à des chiffres, des nombres.

6 heures que j'ai mes règles, et que j'ai fini de croire que c'était pour ce mois-ci le bébéé, parce que j'y avais cru, avec mon traitement contre l'hyperplasie, le résultat super positif de mon test de pénétration croisé, et mon ovulation géniale de ce mois-ci.....

Parfois, j'ai envie de quitter mon ami pour mettre fin à cette attente, ces questionnements, cette souffrance, pour arreter d'etre un utérus défaillant, de compter ma vie sur le mode "28 jours = 14 + 14"....

Alors je viens poster ici, je sais que plein de filles ont des parcours identiques au mien, ou plus longs, et que peut-être qq d'entre vous me consoleront, et me feront part de leur expérience.

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de vouloir tout arreter, quitter l'homme que vous aimez pour oublier la souffrance, pour fuir le parcours, les obstracles et les déceptions qui s'annoncent ?

Désolée, mon post est un peu brouillon, foutrac, mais il est comme mon petit cerveau aujourd'hui

Merci d'avance
41 ans Montréal 1666
Je sais ce que c'est, Minouchette. Je suis étudiante sage femme, j'accompagne des femmes dans leur joie et leurs angoisses maternelles et j'ai plus d'amies qui sont enceinte que d'amies qui ne le sont pas, les autres ayant déjà des enfants ou n'en voulant pas. Pour moi, ça ne fonctionne pas. On attends les résultats de la clinique de fertilité et on a toutes les références pour aller chez Procréa, rendez vous que je n'ai pas encore pris...

Oui, c'est triste, mais je t'en prie, tu n'es pas qu'un utérus défaillant et une succession de chiffre sur une courbe de température! La vie, l'amour, c'est plus que ça, ça va bien au delà!

Un enfant qui arrive dans un couple préparé et uni, avec des parents heureux, a beaucoup de chance. Tu peux voir cette attente comme un moment de préparation pour travailler l'amour que tu as pour toi même et celui qui est dans ton couple. Je sais que c'est long, mais te stresser n'arrangera rien.

J'entends des tas d'histoire ou des mamans infertiles sont tombées enceinte après des années de déception quand le stress est tombé parce qu'elles adoptaient ou qu'elles prenaient de longues vacances... Le stress est un ennemi de la procréation, et il en est un aussi pour toi.

Ce serait dommage de laisser ton ami si tout va bien pour te cacher de peurs qui vont rester là. Pourquoi ne pas essayer de prendre ça plus zen et au besoin, de te faire aider dans cette période difficile (psychologue, méditation, quelque chose qui te ressemble et te fais du bien...). Prendre soin de toi ne peux que t'aider sur tout les plans.

Courage. Il est dur le deuil de la grossesse spontanée et facile, mais ça viendra, et il y a aussi d'autres moyens d'avoir des enfants.

xx
52 ans quelque part sur la route du bonheur 621
Merci de m'avoir répondu Vertige.

Nous avons dépassé déjà bcq de choses avec mon ami, nous avons failli nous séparer plusieurs au cours des 3 derniers mois, mais notre amour semble le plus fort. Je n'arrive pas à accepter que je suis stérile, je sais que le jour où je l'accepterai, j'irais certainement mieux...

Prendre rendez-vous en pma maintenant, c'est accepter ma stérilité, c'est passer au stade suivant, c'est affronter les médecins qui me demanderont encore de maigrir (je comprends leurs arguments, d'ailleurs, j'ai commencé un régime alors que cela fait trois ans que je fais une RA car je suis hyperphage boulimique).

Mais j'ai peur, je suis découragée, triste, stressée, angoissée, je m'appitoie sur moi-meme, je fais mon caliméro .... :roll: :twisted:
735
Je n'ai peut être pas grand chose à te dire et aucune leçon à te donner, mais je suis sure que si tu te sentais mieux dans ta peau un petit bébé déciderai de s'y loger plus facilement.

Il y a l'anatomie certes, le corps humain et ses dysfonctionnements mais le pychique a une place énorme.

Si ton ami te suis dans toutes ces épreuves c'est bien qu'il t'aime et qu'il a lui aussi envie d'un bébé. Nous ne vivons pas toujours les choses sous meme angle que nos bien aimés et pourtant ils souffrent à leur façon aussi.

la vie mets parfois des obstacles devant soi,plus sur le chemin de certains que d'autres mais garde espoir.
une de mes ames qui ne réusssissait pas à avoir d'enfant s'est inscrite à la pma, durant les mois d'attentes elle est tombée enceinte de deux merveilleux jumeaux, depuis son corps de femme a réagis et ils ont eu d'autres enfants le plus naturellement du monde, qui se portent tous les 4 à merveille!

alors garde espoir et serrez vous les coudes toi et ton compagnon

COURAGE
60 ans 91 25732
minouchette2007 a écrit:
Est-ce que ça vous est déjà arrivé de vouloir tout arreter, quitter l'homme que vous aimez pour oublier la souffrance, pour fuir le parcours, les obstracles et les déceptions qui s'annoncent ?


Oh que oui ça m'est arrivé d'avoir envie de tout plaquer, y compris mon mari ! Non pas que je ne l'aimais plus, mais j'en avais marre de n'être à ses yeux qu'une idiote incapable de faire ce que n'importe quelle femme fait naturellement ! Et en plus on me faisait des traitements de pointe et ça ne marchait même pas ! Fallait bien être une grosse nullasse non ? :evil: :cry:

Parfois je lui disais qu'on ferait mieux de divorcer pour qu'il puisse trouver une femme qui serait capable de lui faire les enfants que j'étais incapable de lui faire !

Mais il a tenu bon... Oh il a eu aussi ses soucis et sa façon de réagir... Notamment l'alcool... Ce n'était pas que pour ça, mais ça a contribué.

Ces traitements ont bien remis en cause notre couple, à divers niveaux, jusqu'au jour où j'ai failli mourir des complications d'une hyperstimulation.

Mon mari a décidé que les traitements c'était fini, qu'on n'avait pas besoin forcément d'être parents pour être heureux et que de toutes façons il n'accepterait plus que je prenne le risque à nouveau.

Ce jour là a été une délivrance, tant pour moi que pour lui. En fait ces traitements, je le sais maintenant avec le recul, je les détestais. Je les vivais mal, cet échec permanent, sans cesse renouvelé, je n'avais plus la force d'y faire face et lui non plus. Je crois que nous vivions ça comme une violence terrible.

On a tout arrêté et on a décidé qu'on n'aurait pas d'enfant. Nous avons aussi renoncé à l'adoption qui ne nous paraissait pas pour nous. Et puis comme le disait mon mari "ras le bol de se foutre à poil physiquement devant les médecins, on va pas aller se foutre à poil moralement !"

Nous ne regrettons pas notre décision. Elle nous a permis de nous retrouver, il a réussi à vaincre l'alcool, nous avons trouvé d'autres buts dans la vie et nous allons bien. Je ne dis pas que parfois, nous ne pensons pas à ces enfants que nous aurions pu avoir, mais nous en avons fait le deuil.

Je crois que parfois, il faut savoir dire stop, ça suffit, et renoncer à certains espoirs, même si ça fait mal... Mais pour ça il faut être prêts et nous l'étions, cette dernière épreuve qui a failli m'emporter a été la goutte d'eau de trop.

Ce n'est pas facile de renoncer et je ne dis pas que tu dois le faire ! Ce que je veux te dire c'est que si un jour tu as envie de dire stop à tout ça, tu en as le droit. Personne n'est obligé de subir ça. Tout le monde ne peut pas vivre dans l'échec, tout le temps, surtout celui-là qui est si intime.

Et si tu as envie de faire ta calimero, fais le ! Extérioriser tout ça permet de retrouver la force de continuer ou de comprendre qu'il est temps d'arrêter. ;)

Je m'excuse à l'avance car je vais paraitre dure aux yeux des personnes qui ont répondu gentiment, mais le discours "c'est psychologique, il faut aller bien, il ne faut pas y penser, il ne faut pas stresser, je connais des femmes qui étaient comme toi et le jour où elles n'y ont plus pensé elles ont eu leur enfant".... RAS LE BOL !!! :evil: (mais je vous comprends hein ? J'essaie juste de dire ce que je ressentais, que personne ne le prenne mal, je sais que c'est plein de gentillesse et de bonnes intentions).

Je vous jure qu'on en a marre d'entendre ça, même si vous dites la vérité, les autres on s'en tape, notre douleur est trop forte pour que la raison l'emporte, nous ne sommes que des animaux blessés au plus profond de nous-mêmes.

Quand je vivais ces moments, je m'étais promis au bout d'un moment que la 1e qui me consolerait comme ça, je lui collerais ma main dans la gueule !!! Essayez de ne pas y penser quand tous les jours quand il faut prendre votre température, faire des piqures, des échos, se faire regarder et tripoter par un gynéco plusieurs fois par semaine, là où les autres femmes n'ont qu'à faire l'amour avec l'homme qu'elles aiment ? Essayez de ne pas y penser quand vous allez à l'hôpital et que vous voyez les autres, avec leur gros ventre et leur bébé ? On fait comment ?

Si vous avez un truc pour qu'on vive ça bien, qu'on n'ait pas mal tout le temps, physiquement et moralement mais pitié donnez-le nous !!!!

Je crois que tant qu'on ne l'a pas vécu, on ne se rend pas compte de ce qu'est ce sentiment de nullité, d'être une incapable, même plus une vraie femme... Juste rien, juste un utérus vive et condamné à être vide...

C'est violent non ? C'est maintenant que je me rends compte de cette violence qu'il y avait en moi mais aussi de la violence de ce qu'on m'a fait subir... Même si le mot est fort, même si j'étais d'accord pour le subir, je crois que je l'ai vécu comme quelque chose de violent.

Un jour on en a marre de la violence, de l'échec, de ce qu'on nous impose, du fait qu'on échoue là où ça devrait être si simple...

Vider son sac permet de repartir. Ou non. Chacun son choix, mais il faut savoir qu'avant tout, on a le choix de continuer ou d'arrêter, sans pour autant renoncer à être une femme et un couple.
L
42 ans 3913
Je ne connais pas ce parcours car je suis au tout début de mes essais mais je suis de tout coeur avec toi pour que toi et ton mari preniez la décision la meilleure qui vous permettra de continuer à vous aimer chaque jour et non plus vous détruire par ce parcours qui est si dur.
Courage :kiss:
P
46 ans picardie 740
chez nous c'est pas facile non plus mon mari refuse de faire le spermogramme et ne veux pas trop que je prenne leclomid de peur d'avoir des jumaux (elle a eu une bonne idée de dire ca la gygy)

alors c'est tendu et l'envie de tout envoyer promener me turlupine aussi
courage c'est jamais facile.....
57 ans gard 384
Je suis d'accord avec ce que dit Patty car j'ai à peu près le même parcours.

Oh que oui ça a été difficile à vivre toutes ces années de traitement.
On ne vit que pour ça, rien d'autre n'a d'importance, et finalement on s'oublie, nous, le couple, au milieu de toutes ces contraintes et ces attentes.
Sans parler des rapports intimes forçés, calculés et toujours avec cette arrière pensée de ce bébé tant attendu.
On finit presque par détester ces moments là.

Alors oui, le couple souffre...mais l'amour est quand même le plus fort!

Nous aussi après 15 ans de galère, nous avons décidé de trouver d'autres buts à notre vie et de faire le dueil de cet enfant.
Et cela a été un soulagement aussi!
Nous avons pu reprendre une vie libérée de toutes ces contraintes!

Alors ne t'inquiètes pas, si vous vous aimez, tout ira bien, vous arriverez à dépasser tout ça, et sûrement à nous faire un joli petit bébé! :)
41 ans Montréal 1666
Patty: quand je parle de se détendre la dessus et de déstresser, je persiste à croire que c'est la meilleure solution, que ce soit pour permettre à un enfant de faire son nid ou tout simplement pour ne pas avoir envie de tout laisser là... Que toute celles qui ont envie de répondre à ça agressivement le fasse mais je rappelle que je ne dis pas ça en toute légèreté sans savoir de quoi je parle et sans connaître ce que c'est, l'attente. Ça fait aussi un bon bout de temps qu'on essaie de concevoir. Je suis entourée de femmes qui y arrivent. Serais-je mieux de me mettre en colère, de me détester et de penser à mon incapacité jour et nuit? Je ne pense pas...
52 ans quelque part sur la route du bonheur 621
Bonjour les filles,

je réponds ce matin, du boulot, à la maison c'est impossible. Et bien, je m'en doutais le sujet interpelle bcq de monde.... et les réponses sont diverses, comme nous toutes d'ailleurs. Je dirais personnellement que je dois apprendre à lacher prise non pour que le bébé arrive, mais pour que moi j'arrete de souffrir en permanence, que je redevienne une femme et non plus une procréatrice, parce que souvent c'est ça que je ressens.

La culpabilité s'invite tous les jours.

En meme temps, je suis comme Patty, comment oublier alors que notre vie est rythmée par : faire l'amour, pas faire l'amour pendant 4 jours, perso, je ne suis bien qu'1 petite semaine par moi, celle juste après mes règles, là je redeviens une amante, le reste du temps, c'est l'angoisse du nombre de rapports sexuels, et passé l'ovulation c'est l'angoisse de l'espoir. Je ne pensais pas un jour croire que l''espoir était pire que tout, l'espoir à court terme, celui de 14 jours, et qui s'effrondre .....

Hier la gygy m'a dit au téléphone de prendre rendez-vous en pma, voilà, ça m'est tombé sur la tete, boum, une réalité... J'ai du en discuter avec mon ami, lui dire qu'il fallait que je perde du poids, etc, encore trouver le bon moment, la bonne manière de le dire, d'en discuter, lui aussi a ses craintes, mais il est dans un état réactionnel, moi je suis dans un état d'action, je suis à l'initiative, quelle est la meilleure place ? Lui oublie très souvent, moi jamais.... Hier il m'a dit qu'il ne voulait pas que je souffre ... que lui dire "non je veux pas y aller, j'ai peur, je sais pas si je serais à la hauteur", j'ai répondu "que si nous voulions un bébé il fallait accepter certaines choses", je l'ai protéger, et j'ai plaisanté sur la possibiité de jumeaux .... il est totalement ignorant de l'univers pma, alors que moi je m'y prépare depuis des mois... j'ai peur qu'il tombe de haut, il crois qu'il y a forcement un enfant au bout de la pma....

Aujourdh'ui je vais mieux ...je vais prendre cette journée comme elle vient, demain est un autre jour.

JE dois appeler Cochin pour prendre un rdv .... je lance la machine.
60 ans 91 25732
Vertige a écrit:
Patty: quand je parle de se détendre la dessus et de déstresser, je persiste à croire que c'est la meilleure solution, que ce soit pour permettre à un enfant de faire son nid ou tout simplement pour ne pas avoir envie de tout laisser là... Que toute celles qui ont envie de répondre à ça agressivement le fasse mais je rappelle que je ne dis pas ça en toute légèreté sans savoir de quoi je parle et sans connaître ce que c'est, l'attente. Ça fait aussi un bon bout de temps qu'on essaie de concevoir. Je suis entourée de femmes qui y arrivent. Serais-je mieux de me mettre en colère, de me détester et de penser à mon incapacité jour et nuit? Je ne pense pas...


Tu essaies de concevoir avec des traitements de PMA ou naturellement pour le moment ? Parce que ça a beau avoir l'air d'être la même chose, ça n'a strictement rien à voir.

Les premières années, je me détendais et je ne stressais pas trop, j'y croyais ! Mais quand c'est échec sur échec sur échec, que tu en as marre de faire crac crac à heure fixe avec ton mari, que quand tu y arrives tu as super mal, que ton mari se rend compte que tu souffres et que ça lui coupe tout, qu'il en a marre qu'on lui dise que son spermogramme n'est pas terrible, que ton derrière n'est plus qu'un immense hématome, que les traitements sont de plus en plus durs à supporter moralement et physiquement... et bien le stress arrive, la dépréciation de soi et le ras le bol aussi et tu n'y peux pas grand-chose...

Quand je te lis j'ai l'impression que si j'ai échoué c'est ma faute parce que je n'ai pas su gérer le truc !!!! :cry: Je n'ai pas parlé que d'attente si tu as bien lu, mais de douleur physique et morale et de risque vital.

Je n'ai jamais attendu une grossesse normalement, dans mon cas c'était impossible, je suis stérile depuis l'âge de 25 ans à cause d'une tumeur de l'hypophyse, la PMA était la seule possibilité d'avoir un enfant.

Je ne mets pas en cause le fait que tu saches de quoi tu parles mais je doute que tu sois allée aussi loin que moi dans la démarche (et j'espère que tu n'iras jamais jusque là). Tu n'as pas le même âge non plus. Si j'avais eu 26 ans quand j'ai commencé sans doute que d'autres espoirs m'auraient été permis.

Mais comme Minouchette, j'avais la trentaine bien sonnée quand j'ai commencé la PMA et presque la quarantaine quand j'ai arrêté les tentatives.

Alors tu as sans doute raison dans ton raisonnement. En fait non, tu AS raison. Mais il arrive un moment où ce n'est plus possible de ne pas stresser, de ne pas se sentir mal, de ne pas se remettre en question dans sa vie de femme. Un moment où la résignation et l'échec, associés à plein d'autres problèmes (financiers parce que ça finit par coûter cher, de boulot parce que tu es absente, de couple parce que plus mine de rien on morfle...) finissent par avoir raison de ta patience, de ton courage et de ta raison.

A ce moment là il ne te reste plus qu'une seule chose : la révolte.

Pendant un moment elle te porte et t'aide à continuer. Et un jour elle t'aide à renoncer si ça ne marche pas.

Dans le cas de Minouchette, le fait d'exprimer sa révolte l'a apparemment aidée à faire le point puisqu'elle a pris une décision et semble voir les choses sous un autre jour. ;)

Aider une femme qui souffre de stérilité c'est aussi lui donner le droit d'exprimer sa révolte et son ras le bol. J'ai tenté la méthode avec plusieurs femmes que je connais et qui sont suivies pour stérilité. Elles ont toutes apprécié que je leur dise qu'elles avaient le droit de ressentir certaines choses et de les dire, qu'elles avaient le droit de détester ces traitements et tout ce qui allait avec. Elles aussi en avaient marre du "prends sur toi sois positive c'est meilleur pour toi et le bébé" qui les faisait plus culpabiliser qu'autre chose.

Exprimer sa douleur, mettre ses maux en mots, comprendre qu'on subit quelque chose d'anormal même si on l'accepte, se révolter, c'est aussi un moyen de reprendre en main sa propre vie, de ne plus être qu'un "cobaye" à piqures et à échos. Et c'est utile même si ça parait destructeur ! ;)

En tout cas pour ma part, la révolte m'a toujours fait bien mieux avancer que la résignation. C'est elle qui m'a poussée à demander au médecin quelles étaient mes vraies chances d'avoir un enfant, pas les stats de son labo. C'est elle qui, quand il m'a appris que mes chances étaient "inférieures à 1% mais c'est mieux que rien", m'a aidée à accepter qu'il fallait arrêter, que ça ne valait plus le coup de risquer ma vie (la vraie et celle de femme). C'est elle qui m'a fait comprendre que j'avais droit à une vraie vie, même sans être mère. Que j'avais le droit de penser à moi simplement en tant que femme et pas en tant que mère potentielle et que je n'aurais pas moins de valeur parce que je ne serais jamais mère.

Un jour, il faut avoir le courage de passer à autre chose. Mais pour ça il faut se débarrasser de la culpabilité.

C'est pour ça que les discours "c'est mieux, c'est meilleurs, les autres y arrivent" ne sont souvent d'aucun secours au bout d'un moment. ;)
60 ans 91 25732
Quand je dis qu'il faut se débarrasser de la culpabilité, je parle d'une phase qui arrive à un moment, où on est certain qu'on ne veut plus continuer mais où on continue "parce qu'on ne sait jamais" "parce qu'on ne veut pas regretter".

Mais tant que la véritable envie de continuer est là, tant qu'on en a la force, tant que l'espoir est là et qu'il continue à vous porter, bien sûr qu'il faut continuer. Mais on peut continuer en râlant ! ;) :lol:
B
45 ans Là ou nous sommes pauvres mais fiers lol 2300
+1 pour tout ce qu'a dit patty.

Je sais je fais partie desormais des chanceuses ( et oui c'est un cadeau de la vie et pas seulement un droit que d'être mère)

Ce que tu exprimes je l'ai vécu aussi. Mr etant très fertile et moi pas du tout j'ai eu et ai d'ailleurs encore cette culpabilité.
Zom a 7 ans de plus que moi et nombre de fois je lui ai proposé "d'aller voir ailleurs" les années avançant. J'aurai préféré son bonheur avec une autre femme et un enfant que d'avoir ce manque entre nous deux.
Il a été formidable et m'a toujours soutenu dans les épreuves (annonces diagnostics, perte de poids, traitements, demarches...) à sa façon.

Je pense qu'effectivement ce genre d'épreuve peut fragiliser voir casser un couple mais si celui ci passe au delà, je pense alors que c'est un couple qui est fait pour durer.
Je ne suis pas sure que nombre de couples "fertiles" de mon entourage auraient tenus le coup avec ce par quoi nous sommes passés.

Une chose importante est d'être sur la même longueur d'onde, les mêmes envies.

Contrairement à ce que certains ( ceux qui ne sont jamais passé par là) pensent, les projets autres ne vous feront pas venir bébé plus vite mais je suis sure que cela fait du bien au couple.
En effet, s'investir à deux dans des projets vacances, maison, bricolage, déco, associatifs, sorties... permet de se donner un élan à 2 qui est nécessaire à la vie du couple. Ne pas investir que dans les projets bébé fait aussi donner d'autres sujets de conversation et permet de s'evader ensemble. C'est bon pour le moral quoi.




je reviens sur tes derniers mots... as tu appelé la pma? ;)
52 ans quelque part sur la route du bonheur 621
Bonjour Boubou,

alors j'ai téléphoné à la pma, pas de rendez-vous avant janvier, les agendas ne seront accessible qu'à partir du 15 octobre (et encore ...).

D'ici là j'ai ma coelioscopie, que j'apprehende énormément.

Ca me laisse qq mois pour perdre le maximum de kilos.

En fait je n'accepte pas mon infertilité... je la rejete. Ce qui je crois accentue ma souffrance, au lieu de voir la pma comme une chance de concrétisation de nos projets, je la vois comme une confirmation de mon incapacité à procréer. En fait, je culpabilise et j'ai honte... en un mot je ne vais pas bien quoi.

Je dois limiter mes larmes, car mon ami ne comprend pas mes réactions. IL se lasse vite des geignardes...

Voilà, je ne pensais pas que ça m'arriverait, on en revient à mon refus...

A +
B
45 ans Là ou nous sommes pauvres mais fiers lol 2300
Ta réaction est tout a fait naturelle!
Quand on veut un enfant, on ne pense jamais être de ceux là, mais si "ceux qui n'ont pas de chance et doivent en passer par là".

On est toute au départ persuadée d'être enceinte dès le premier mois et d'accoucher pour telle date.... Notre environnement ne nous aide pas non plus, le tout tout de suite etc.

Le travail sur soi est long pour accepter, certains n'y arrivent jamais, d'autres font avec.
c'est comme les stades d'un deuil, j'ai eu mon diagnostic au bout de 1 an et demi d'esai et même si je m'y attendais, le choc fut rude.
Je suis passée par toutes les étapes même la depression, enfin j'etais aux portes. Il m'a fallut plus d'un an pour accepter mon probleme et pour avance et accepter certaines conditions que depuis 2 ans et demi je me refusais d'entendre.



Tu n'auras un rdv que debut d'année prochaine, c'est long, c'est sure mais il faut aussi parfois ce temps la pour avancer soi et son couple dans le processus therapeutique.
Ce que je vais dire seras sans doute bizarre mais je pense que l'on entre en pma comme on rentre en guerre, chaque bataille ne seras pas gagné, le tout est d'y être préparée.
B I U