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réapprendre le plaisir de manger

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Bonjour,

Alors voila, j'ai un problème avec la nourriture. Je ne mange pas "normalement". Soit je ne mange pas ou peu, et je n'ai aucun plaisir à manger ce qu'il y  
a dans mon assiette, soit je me goinfre de cochonneries.

Je vous explique : à l'adolescence, je mangeais à la cantine du college puis du lycée tous les midis (normal) pour la 1ere fois car en primaire je rentrais manger, maman étant nounou, et mon père instit, on mangeait à la maison tous ensemble.

Donc en 6eme j'ai découvert la restauration collective, et évidemment la cantine c'est pas toujours bon...

peu à peu, j'ai commencé à ne quasiment rien manger à la cantine parce que je trouvais ça vraiment ... degueu la plupart du temps.

Arrivée au lycée je ne mangeais quasiment plus, à part le riz, les yaourts nature, la salade et les pommes et c'est à peu près tout, evidemment y avait de riz tous les jours donc il arrivait souvent que je n'avale qu'un yaourt et une pomme.

Mais au lycée on a la possibilité de sortir entre deux cours, après les cours, en attendant le bus vu que je n'en avais qu'un par heure, et c'est là que j'ai vraiment dérappé. J'ai commencé à aller acheter des croissants, pains au chocolat, des bonbons et ensuite carrément les paquets de gâteaux "salés" style chips.

J'avais très faim évidemment vu que je ne mangeais rien à la cantine... donc je me jetais sur toutes ces cochonneries.

A la maison je me cachais pour manger en cachette des gateaux, chocolats etc...

Je rajoute qu'en plus, le fait de manger à la cantine, m'a totalement dégoutée de la viande. Je n'ai jamais aimé la viande (sauf exception), mais avant le lycée je mangeais ce qu'on me donnait, quitte à avaler de l'eau en même temps pour ne pas sentir le gout de la viande.

J'ai de plus été traumatisée par mon père qui m'a forcée à avaler un foie de génisse quand j'avais 8 ans environ. Je suis restée à table 4 heures en pleurant, il ne m'a lâchée que quand j'avais tout avalé (evidemment c'était froid...) et quand je suis sortie de table je suis allée tout vomir...

Après j'ai dis vers 15H que je ne mangerai plus de viande, faut dire que ma meilleure amie de l'époque était végétarienne, et ado ... ça m'a influencée, et miraculeusement (quand on connait mon père) j'ai réussi à imposer cela, mais bien sur, je n'avais aucune contrepartie.

Je ne mangeais pas de viande, mais je n'ai jamais eu de soja ou tofu ou complément.

Ca fait donc 15 ans que je n'ai pas touché un morceau de viande, que je grignotte sans arrêt ou presque, que je me cache pour manger des cochonneries, que je mange toujours la même chose... et j'en ai ras le bol.

J'ai fais quelques régimes mais peu sérieux, et qui n'ont pas duré. J'ai perdu 5 kilos par ci par la, en les reprenant dans la foulées... y avait toujours une "bonne" raison d'arrêter, un coup de blues, un décès, une remise en question...

J'ai fait une fausse couche en septembre. Pendant les 3 semaines ou j'ai su que j'étais enceinte, j'ai mangé super bien, super sainement, en faisant attention à bien manger du poisson tous les jours, des produits laitiers, fruits et légumes etc...

Mais depuis qu'on m'a annoncé ma FC, je ne fais que manger mal. Je ne sais pas combien de fois on a mangé au mac do ou quick (bien sur je ne mange pas de hamburger mais salades avec frites, glaces...), on a mangé aussi plusieurs fois des pizzas.

et je ne vous parle même pas des paquets de chips/plateaeux de fromages, gâteaux divers et variés ...

Quand je rentre le soir du boulot je me sens exténuée et j'ai la flemme de faire à manger, pas le courage, surtout que, et c'est là mon problème, je suis incapable de dire ce que j'aime manger.

A part grignotter ces cochonneries, 'jai vraiment du mal à savoir ce que j'aime, ce dont j'ai envie. Du coup je ne sais pas, et c'est facile une pizza dans le four...

Hier dans le miroir j'ai vu que j'avais encore pris du poids, et tout dans le ventre, plus précisement l'abdomen, je me suis pesée, j'ai pris 2.5 kilos ... en 2 mois !!!

J'en ai marre d'être comme je suis physiquement, mais j'en ai surtout marre d'être marginale point de vue nourriture et repas. De plus je suis avec mon chéri qui a pris énormémnt de poids depuis qu'on vit ensemble, en partie à cause de moi ... (et aussi parce qu'il a arreté le sport et qu'il se laisse aller).

Alors voila, j'ai envie de cuisiner, pas passer des heures, mais surtout retrouver le gout des choses! apprendre à cuisiner le poisson (car à part faire griller un saumon ou un filet je ne sais rien faire), apprendre les saveurs des aromates et herbes, parce que les légumes moi j'aime ça, mais si je sais les cuisiner j'aurai d'autant plus envie d'en manger!

par ex pour noel, je ne sais pas ce qu'on va manger, car pour le moment je n'ai rien envie. Surement du saumon fumé parce que ... c'est comme ça... mais sinon souvent je mange les accompagnements et pas la viande, donc je me retrouve à manger des pommes noisettes ou haricots verts, pas vraiment une fête hein?

Je ne sais pas si mon mal être face à la nourriture a un nom. peut etre hyperphagie quand je me jette sur le paquet de chips? peut etre boulimie, mais je ne crois pas car je selectionne bien ce que j'ingurgite (car ce n'est plus manger à ce stade la...). Perte de gout? dépression ?(surement).

Toujours est-il que je veux changer, je veux trouver ce qui m'a toujours manqué, le plaisir de manger des petits plats savoureux et sains.

merci de m'avoir lu, si vous avez envie de discuter, si vous avez des conseils ou des avis, si vous vous sentez proche de ce que je ressens, je serai tellement heureuse de discuter avec vous:)
P
41 ans 610
Ce n'est pas forcément mal manger que de manger des frites, des pizzas...

Si tu veux une piste pour varier gustativement ton alimentation pense aux épices: curry, curcuma, piment doux, razelhanout, noix de muscade... et à d'autres choses qui peuvent complétement changer un plat: crème, lait de coco, huile de sésame, de noix, d'olive, des pignons de pin...
38 ans Montréal 1666
Le plaisir de manger, c'est super important! Saurais tu te cuisiner ces plats que tu aimes?
4467
justement c'est ce que je veux réapprendre! le plaisir de manger.

parce que même si je grignotte des chips, j'ai l'impression d'aimer ça, enfin je me rempli, plutot que je ne mange, le plaisir des petits plats de ma maman, d'un plat mijoté, d'un bon poisson bien cuisiné, d'un risotto ou de lasagnes maison n'a rien à voir!

quand j'étais étudiante en cité U. En semaine je n'avais pas envie de faire la queue pour avoir accès à la cuisine (1 cuisine par étage!!!!), du coup je mangeais uniquement froid et donc beaucoup de gâteaux, chips, fromages ...

c'était l'anarchie.
je mangeais quelques fois un sandwich (sans viande ni mayo ce qui est dur à trouver croyez moi !!) le midi et déjà j'avais l'impression de meiux manger ...
Je prenais 1 ou 2 kg dans la semaine

et le week end je retrouvais les plats de ma maman. Elle faisait la cuisine, et pas du tout régime, mais le fait de manger chaud, bien préparé, avec des aromates, des produits frais, çà me refaisait perdre ce que j'avais pris en semaine!

et depuis que mes parents sont décédés, j'ai déménagé, je me suis installée avec mon copain qui ne fait PAS la cuisine (quand je dis pas c'est pas du tout, je ne lui en veux pas c'est pas son truc c'est tout). Et donc j'ai pris peu à peu ces mauvaises habitudes ...

Mais j'ai envie de retrouver les sensations de bon petit plat :)
38 ans Montréal 1666
Alors tu l'as ta solution: te mettre aux chaudrons et pouvoir en prime faire continuer à vivre les recettes de ta maman tout en apprenant d'autres.

Pour ce qui est des kilos pris en mangeant tes sandwich, il faut savoir que le métabolisme met environ 3 semaines à redevenir pleinement fonctionnel après une période de restriction. Peut-être que ton corps l'a ressenti comme tel. Il se pourrait donc que tu engraisse un peu au début, mais ça va se placer rapidement ensuite. (ce n'est pas ma propre théorie mais ce que dit ma nutritionniste...)
4467
oula y a un truc qui n'a pas du bien passer dans mes messages.

je n'ai pas pris de kilos en mangeant des sandwichs !! j'en ai pris en mangeant des gâteaux, chocolat, chips, depuis mon adolescence et en cachette la plupart du temps en plus !

en ce moment je ne fais pas de régime (j'ai voulu en faire un, jusqu'à admettre que ce n'était pas le moment dans ma tête (opération de chéri, fausse couche pas encore acceptée, stress...)).

par contre je voudrais retrouver le plaisir d'un bon petit plat. comme je l'ai expliqué plus haut.

je vais lire le site gros.org pour voir si je m'y retrouve
38 ans Montréal 1666
Tu as raison, j'avais mal compris. C'est quand même possible de ne pas prendre de kilos en mangeant de la cochonnerie en quantitées raisonnables et de prendre en mangeant plus de bonnes choses. Ça m'est arrivé à quelques reprises... :oops:
P
41 ans 610
at2933 a écrit:

par contre je voudrais retrouver le plaisir d'un bon petit plat. comme je l'ai expliqué plus haut.


Ca t'inspire pas mon idée des épices et tout ça?

Autrement pour réapprendre le plaisir de manger, tu peux aussi passer par la case réapprendre le plaisir de cuisiner: acheter des épices, aller à un cours de cuisine, faire des nouvelles recettes (il y a plein de sites et de blogs dédiés à ça), inviter des amis à manger, te faire un bon restaurant, jouer à deviner les ingrédients pour mieux reconnaître et faire attention aux saveurs afin de mieux les apprécier...
4467
Merci de vos encouragements.

j'avoue que j'ai encore craqué à manger des cochonneries, mais j'ai aussi recommencé à cuisiner à la maison.

les épices, les aromates, les condiments, tout ça c'est génial et faut que j'apprenne encore plus à les utiliser!
P
41 ans 610
at2933 a écrit:

j'avoue que j'ai encore craqué à manger des cochonneries


Mais tu as le droit de manger ce que tu veux, il n'y a pas de cochonneries, non?
4467
heu si
manger des chips ou des cacahuetes c'est des cochonneries à mon sens ;)
P
41 ans 610
at2933 a écrit:
heu si
manger des chips ou des cacahuetes c'est des cochonneries à mon sens ;)


Mais t'as le droit d'en manger, ici, on considère plutôt qu'il n'y a pas d'aliments "tabou" "interdit" "mauvais".

Citation:
A - Les croyances remplacent les sensations alimentaires
Dans un premier temps, le sujet en difficulté avec son poids, cesse de s’en remettre à ses sensations alimentaires (faim, rassasiement, satiété) et confie, en quelques sortes, la direction de son comportement alimentaire à des processus mentaux, des croyances alimentaires. À ce stade, les sensations alimentaires sont correctement perçues, mais elles ne sont plus prises en compte. Le sujet mange en tenant compte de ce qu’il pense, s’en remettant ainsi à des indications extérieures à lui-même, au détriment de ses sensations qui expriment ses propres signaux internes. Les croyances les plus habituelles concernent la fréquence et la répartition des repas ainsi que celles obligeant ou interdisant la consommation de certains aliments, dans la perspective de perdre du poids.

Ces idées qui font grossir.
— Je dois faire trois repas par jour et ne pas manger entre les repas. Il est vrai qu’il est difficile pour le mangeur moderne d’échapper à cette croyance tant elle est rebattue par la presse et les nutritionnistes. Pourtant, chose étrange, plus aucun scientifique n’accorde aujourd’hui d’importance à la fréquence des repas dans le problème du poids. Les historiens savent très bien que les trois repas sont une invention récente qui n’existe que depuis le début de ce siècle. Pour l’historien J.L Flandrin : " les textes antérieurs au XIXe siècle, nous parlent tantôt de quatre repas quotidiens, tantôt de deux, voire même d’un seul vrai repas, mais rarement de trois ". Le fait remarquable de notre époque est donc qu’elle semble bien avoir imposé une norme unique, celle des trois repas du matin, de midi et du soir, à la place de la grande diversité des pratiques qui prévalait jusque-là. Les sociologues, qui étudient le comportement alimentaire des français aujourd’hui, savent que très peu de personnes ne mangent que trois fois par jour, seulement 17 à 20 % de la population. La plupart font quatre, cinq, six prises alimentaires dans la journée. Par conséquent, ils s’interrogent souvent sur la nécessité d’obliger 80 % des français à manger comme les seuls 20 % qui seraient jugés diététiquement corrects. Enfin, les physiologistes ont étudié le rôle du fractionnement des repas sur la perte de poids. Ils ont pour cela observé, chez des volontaires obèses, la différence entre des régimes de niveau calorique équivalent, répartis d'un jusqu'à dix-sept repas par jour. Ils n’ont constaté aucune influence du nombre de repas sur la perte de poids. La plupart des arguments qui imposeraient l’obligation de manger même en l’absence de faim repose sur l’idée étonnante que le corps se venge s’il est privé. Ce qui aboutit à l’étrange comportement de manger parfois sans faim pour éviter de manger en ayant faim ! Il n’est pas rare de rencontrer des patients qui, pour respecter cette croyance, s’obligent à prendre sans faim un copieux petit déjeuner alors qu’ils ont fait la veille un dîner de fêtes. Ils décident délibérément de passer outre les signaux qui leur indiquent qu’ils ne devraient pas manger. Dans tous les cas, retenons qu’il est tout fait possible de maigrir en répartissant son alimentation sur deux, quatre, cinq ou six prises alimentaires par jour. C’est-à-dire en ne prenant pas de petit déjeuner ou en s’ajoutant des collations.

— Je dois faire un gros petit déjeuner et alléger mon repas du soir. On nous dit bien souvent qu’il est plus facile de maigrir en mangeant davantage au déjeuner qu’au dîner. Certaines recherches semblent d’ailleurs bien le confirmer. Ainsi, les enfants obèses mangent moins le matin et davantage l’après-midi et en soirée, que les enfants minces. Ces études statistiques qui établissent une relation entre un comportement et une maladie n’affirment pas, en revanche, qu’il existe là un lien de causalité. Rien ne dit, en effet, que ces enfants sont obèses parce qu’ils ne mangent pas le matin. Peut-être, n’ont-ils tout simplement pas faim parce qu’ils mangent trop le soir. Dans ce cas, les obliger à prendre un petit-déjeuner reviendrait simplement à leur demander de manger encore plus. Malheureusement, ce type d’études a conduit certains spécialistes à vouloir imposer à tous la prise d’un petit-déjeuner consistant et d’un dîner léger. L’inconvénient de cette nouvelle mesure que l’on souhaiterait nous imposer, est qu’elle va à l’encontre de toute la vie sociale de nos contemporains. De nos jours, le déjeuner devient le plus souvent un repas " fonctionnel ", il est pris rapidement, parfois seul, parfois dans le stress et se prolonge par un après-midi de travail. Pas question donc d’être alourdi et de dépenser son énergie à digérer. Quant au dîner, il reste souvent le seul repas familial de la journée, il correspond aussi à un moment de détente et de décompression après la journée de travail. La famille se retrouve et apprécie de partager ce moment et ce repas.

Par ailleurs, deux études récentes apportent des conclusions opposées. Ainsi, des chercheurs ont observé les populations qui jeûnaient pendant le mois de Ramadan. Ces personnes mangent en un seul repas nocturne l’équivalent de ce qu’elles mangent habituellement en trois repas répartis sur la journée, une véritable hérésie pour le diététiquement correct. La première étude, menée au Maroc, montre que le poids de ces personnes s’est maintenu à un niveau identique et la seconde, conduite en Israël, a même montré une légère diminution du poids. Quand des études produisent des résultats si contradictoires c’est que la vérité est loin d'être acquise. Dans le doute, le bon sens est de se laisser guider par ce que l’on ressent et de manger au moment où la faim nous l’indique. On peut donc très bien maigrir en prenant un gros petit déjeuner ou en mangeant plus le soir qu’à midi. Les Espagnols qui ont l’habitude de manger beaucoup au cours d’un dîner tardif ne sont d’ailleurs pas plus gros que les Anglais qui ont l’habitude de prendre un copieux petit déjeuner. L’Angleterre est d’ailleurs le pays occidental où l’obésité a le plus augmenté dans ces 20 dernières années !

— Pour maigrir, je dois manger équilibré. Beaucoup de personnes ont fini par se convaincre qu’il suffisait ou qu’il était nécessaire de manger équilibré pour perdre du poids. Elles ont donc renoncé à leur manière de manger pour adopter l’idée que se font actuellement les scientifiques de l’alimentation équilibrée. Soulignons que leur conception de l’équilibre alimentaire a déjà changé six fois, seulement dans le dernier siècle et qu’il est peu probable qu’ils décident de s’en tenir là au siècle prochain. L’équilibre alimentaire, sur une très longue période, est une notion qualitative de l’alimentation qui, en fonction des connaissances contemporaines, donnent pour une population donnée des indications qui lui permettrait de se maintenir en bonne santé. Elle perd toute sa signification au niveau de l’individu. Mais surtout, manger équilibré ne fait pas maigrir. Bien des sujets obèses ont une nourriture équilibrée, mais en consomment des quantités bien supérieures à leurs besoins et entretiennent ainsi leur surpoids. À l’inverse, bien des minces ont une alimentation déséquilibrée mais, s’en remettant à leurs sensations alimentaires, n’en consomment que la quantité qui leur est nécessaire. Il n’est pas rare de voir certaines personnes s’obliger à finir leur repas pour atteindre cet équilibre alors même qu’elles n’ont plus faim. " Ce soir, je me serai bien contenté d’une soupe, mais j’ai ajouté une protéine et un laitage pour avoir un repas équilibré ". Et oui, Chère Madame, mais vous avez mangé sans faim et deux fois plus. Et demain matin, alors que vous n’aurez toujours pas faim, du fait de votre dîner trop important, vous prendrez tout de même votre petit-déjeuner. Car l’équilibre veut aussi que vous mangiez le matin.

— Manger certains aliments, même en petite quantité, fait grossir. Manger certains aliments, même en grande quantité, ne fait pas grossir. C’est sûrement l’idée la plus nuisible qui soit et partagée par le plus grand nombre de personnes. Je vous propose pour vous en convaincre de réaliser le petit test suivant. Voici deux menus différents :

Menu 1:
Salade de crudités avec sauce au yaourt
Poisson cuisiné au court-bouillon
Ratatouille sans huile
Yaourt à 0 %

Menu 2:
Salade de tomates
Poisson frit
Mousse au chocolat

Question 1 : de ces deux menus, quel est celui qui fait grossir et celui qui fait maigrir ?

Ajoutons maintenant une information supplémentaire : le niveau calorique de ces deux repas est de 750 Calories.

Question 2 : sachant que ces deux menus ont une teneur calorique identique mais une composition différente, le premier est préparé sans aucune matière grasse alors que le second contient davantage de graisses et de sucres, quel menu fait maigrir et quel menu fait grossir ?

À la première question, 100 % des personnes répondent que le menu 2 fait grossir. À la seconde question, 90 % des personnes continuent à soutenir que c’est le menu 2 qui fait grossir. En réalité, la bonne réponse à la première question était : "cela dépend des quantités". La bonne réponse à la seconde était : "ils sont identiques". Donc si l’un fait grossir, le second aussi ou si l’un fait maigrir le second aussi. Les réponses de ces personnes ne font finalement que confirmer ce qu’elles pensent des aliments. Elles démontrent qu’il existe pour eux des aliments qui ne feraient pas grossir, voire même feraient maigrir, et d’autres qui au contraire feraient grossir. Et cela pratiquement en dehors de toutes notions des quantités ingérées. Voyons quel comportement adoptera une personne qui tient ce raisonnement.

Si le premier menu ne fait pas grossir, voire même pour certains fait maigrir, je peux donc en manger sans grossir, et même, en théorie, en remanger et donc me resservir. Cependant, en me resservant, je n’ai plus 750 calories dans mon assiette mais plutôt 1000. Et je me comporte là, exactement comme si je pensais que 750 calories allaient produire sur mon corps le même résultat que 750. Ce qui n’est pas très rationnel. Au contraire, le second menu fait grossir car il contient des aliments qui font grossir, la friture et la mousse au chocolat. Manger ce type d’aliments expose quoi qu’il arrive à prendre du poids. Je me dis donc que si je n’en mange que 500 calories, je grossirai moins que si j’en mange 750 mais, à coup sûr, je grossirai quand même. Et je finis par dire que 500 calories parce qu’elles proviennent d’une mousse au chocolat me font plus grossir que 1000 calories qui proviendraient d’une ratatouille. Ce qui semble également assez peu rationnel.

Au bout du compte, il n’est pas surprenant qu’en se tenant des discours si irrationnels, la personne finisse par adopter des comportements tout aussi irrationnels. Au prise avec cette croyance "aliments autorisés/aliments interdits" la personne se met à manger sans rapport avec ses sensations alimentaires. Elle surconsomme, sans faim, les aliments autorisés et perd, parfois, le contrôle sur sa consommation d’aliments interdits qu’elle mange également sans faim.


Ca vient de là: http://www.gros.org/ar...ions-consommateurs-2000-01.php
P
41 ans 610
J'ai oublié ma conclusion: donc si tu continues à penser que les cacahuètes et les chips sont des cochonneries et à éviter d'en prendre il y a de fortes chances qu'en cas d'émotions, de stress tu te jettes dessus, pour ensuite culpabiliser et même parfois te rejeter dessus parce que tu te sentiras mal de culpabiliser (cercle vicieux).

Alors que tu peux te dire que tu peux en manger autant que tu veux, ET le faire, puis au bout d'un moment ils perdront leur "attrait d'aliment interdit" (ou à limiter). C'est en fait un apprentissage que de dédiaboliser ce qu'on nous a appris à diaboliser, ou alors c'est un désapprentissage ;) ?
4467
merci pour ce lien.

mais le pb est que je ne mange pas de chips (par ex) de façon modérée, je finis le paquet en mangeant vite et (en plus de manger du fromage avec par ex) sans savoir si j'ai vraiment faim et souvent en cachette...

du coup j'ai envie de faire une RA, j'ai lu pas mal de sujet, de post que vous avez écrits, j'ai envie de retrouver la sensation de satiété, de manger quand j'ai faim, peut etre à 18H et pas à 20H, pas de règle, seulement écouter mon corps, et je pense qu'avec tout ça je pourrai me sentir mieux dans mon corps et ma tête.

maintenant je dois potasser le système "gros" car je n'ai pas vraiment d"'idée de ce que c'est...
P
41 ans 610
Pour t'aider il y a le site du GROS.org, les post-it des sections RA et ANTI-régime et les bouquins de Zermati ou d'Apfeldorfer.
Je te conseille particulièrement "Maigrir c'est dans la tête" d'Apfeldorfer parce qu'il parle bien des situations, des problèmes qui sont à la base des problèmes d'alimentation avec des solutions (il appelle ça les clefs, la clef de l'existence de soi, par exemple, si je me souviens bien).
B I U