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Que veut dire "faire plaisir" ?

51 ans BdR 62
Bonjour à tous,

Cela fait plusieurs fois que l'on me pose la question : "Est-ce que tu le/l'a fais pour me faire plaisir ?"

Et ce dans beaucoup de domaine, familliale, professionnelle,  
privée, etc...

Alors, souvent, même très souvent, je réponds que "c'est dans le plaisir des autres que je trouve mon plaisir."

Pourquoi les gens du mal ont a accepter le fait qu'on ai plaisir à répondre à leurs attentes ?
Est-ce un signe de "faiblesse" ou "soumission" que de faire plaisir ?
Est-ce que les gens peuvent se sentir redevables de ça ?

Pour ma part, j'ai toujours trouver mon équilibre dans le don de soi (temps, attention, etc..), je donne beaucoup c'est vrai, mais j'y retire aussi énormément en contrepartie.. déjà rien qu'avec ce sentiment d'avoir accomplis quelque chose, un sentiment de bien être intérieur.

Alors je me dis que la société de consommation du 21ème siècle n'arrange rien, chacun doit penser qu'on est redevable de tout, que rien n'est gratuit...

J'espère me tromper, j'espère qu'il existe encore des gens qui crois à la bonté de l'être humain.

Cathy
35 ans 21ème strate des Enfers... 1568
Salut !
Je te rassure, je comprends ton idée du "plaisir pour soi par la provocation du plaisir chez autrui".
C'est une forme d'abnégation que je respecte tout à fait, et je ne vis que pour faire plaisir aux autres. On en pâtit souvent, mais je n'ai jamais pris autant de plaisir qu'en suscitant la joie ou le bonheur chez l'autre.
Et c'est vrai qu'en ce siècle de nombrilisme, on se sent un peu perdu d'incarner ces "quelques grammes de finesse dans un monde de brutes" ;)
36 ans 5932
Je vois autre chose dans cette question, personnellement. J'y vois plutôt une idée de sacrifice. Un peu comme si on te demandait "est-ce que t'es forcée à le faire pour me faire plaisir ?"
Et, du coup, les gens peuvent se sentir gênés par le fait que tu aies pu te sacrifier pour eux (en faisant quelque chose que tu n'avais pas nécessairement envie de faire, pour leur faire plaisir).

D'ailleurs, je pense que oui, les gens peuvent se sentir redevables de ça. Surtout si, effectivement, tu as fait un geste "exceptionnel", en quelque sorte, parce que si ça n'avait pas été pour leur faire plaisir tu ne l'aurais jamais fait.

Alors les gens ne se disent pas forcément que tu es faible ou soumise de leur avoir fait plaisir. Ils peuvent aussi se dire que si tu as fait ça juste pour eux alors tu es drôlement gentille, et ils te renverront l'ascenseur dès que possible. Ou bien qu'ils n'auraient peut-être pas dû attendre ça de toi, puisque tu as peut-être dû te forcer.

Je ne sais pas si je m'explique clairement, là :?
51 ans BdR 62
Si si tu es très clair, je comprends que certains peuvent penser ça, "penser m'avoir forcé, idée de sacrifice,etc.."

Alors, peut être oui, que je suis une personne gentille, :lol:

Mais surtout c'est que moi aussi j'en retire quelque chose, en quelque sorte, ce n'est pas un acte "gratuit".

Je ne le fais pas pour avoir un retour, parce que le retour je l'ai en même temps, pas sous la même forme, sous une forme plus émotionnelle.

Et c'est peut être là, ou les autres ont du mal à me comprendre. Et même si je n'y avais surement pas penser seule, c'est justement parce qu'en face il y a un besoin, une envie, auquel je peux répondre que ça me donne encore plus d'énergie.

Et tout à fait d'accord Joddim, "susciter la joie ou le bonheur chez l'autre", et voir une étincelle dans des yeux, un sourire sur un visage... que du bonheur simple :lol:

Cathy
42 ans 4830
ben moi plus je vieillis, moins je crois en l'altruisme, la gentillesse, l'abnégation ect... des gens. c'est ce fou de rousseau qui a mis dans la tête des gens des idées telles que "l'homme est naturellement bon, c'est la faute de la société qui le corrompt" (ouai j'étais à l'école ce jour là ;) ).

bien sûr qu'on peut à l'occasion faire preuve de gentillesse envers autrui (genre "aujourd'hui je suis dans un bon jour"). mais rarement de manière complètement désintéressée.. dire qu'on trouve son plaisir à travers celui des autres, c'est inconsciemment une manière de se sentir aimé. forcément on en retire quelque chose (ne serait ce que de la fierté, à défaut d'amour). je vois ça comme un signe de manque de confiance en soi quelque part. et loin d'être un signe de faiblesse, moi j'y vois plutôt une tentative de prise de pouvoir auprès de l'autre, qui est sensé nous être redevable.

et puis, on peut se permettre d'être généreux quand on ne manque pas soi même de quelque chose d'important ou de vital. sans quoi c'est la loi du talion qui s'applique... non pas que ça soit très glorieux, mais l'histoire regorge d'exemples de gens qui, se sentant acculés, n'hésitent pas à piétiner les autres pour survivre. après tout, l'homme est un animal comme un autre (on dit un loup pour l'homme non?), civilisé ou pas, avec une conscience ou pas.

je pense que les hommes en général, les adultes en particulier, ne peuvent pas être gentils gratuitement. je sais, j'ai une vision pessimiste du genre humain...il y a certes des innocents, des êtres qui on un gout pour l'abnégation et une vision utopique de la vie. mais je ne pense pas que ça soit une majorité, loin de là!

bon c'est pas tout ça, mais c'est vachement philosophique ton post! ;)
51 ans BdR 62
Phylosophique !! , waouh je ne sais pas, j'ai eu 3 au Bac, c'est pas vraiment ma tasse de thé :lol:

Moi, je crois fortement à la nature humaine, et au fait que l'Homme est naturellement bon (cf Rousseau), après c'est la vie, les épreuves, l'entourage , la necessité de répondre à des besoins vitaux, qui peuvent faire générer des comportements égoistes, arrivistes, etc...

Sans pour ça leur trouver à tous des excuses... nous ne vivons pas dans le monde merveilleux de Disney.

Par contre, à l'inverse de toi, plus je vieillis, plus je suis sensible à tout ça, plus je cherche dans l'autre ce qu'il y a de bon, pour en retirer le meilleur.

Alors, oui, peut être que je ne le fais pas de manière désintéressée, mais surement pas au sens propre du terme, et surtout pas pour une prise de pouvoir.
Ou alors là, il faut que j'aille consulter ;)
57 ans 63 609
Pas besoin de consulter, c'est ton inconscient qui te fait agir ainsi :D et puis l'essentiel, c'est que
1) çà te convienne et 2) que tu assumes sans te justifier :D :D
56 ans 91 25732
J'ai longtemps fait plein de choses pour "faire plaisir" aux autres.

Des bonnes notes pour faire plaisir à mes parents, servir de prétexte pour faire plaisir à des amis, partager des relations qui ne m'apportaient pas grand chose pour faire plaisir à des hommes, supporter plein de choses de la part de mon mari, pour lui faire plaisir. J'ai passé plein de temps à tenter de lui faire plaisir, beaucoup trop de temps. Jusqu'à m'oublier pour lui.

En fait, et cette opinion n'engage que moi, quand on se complait dans le fait de faire plaisir aux autres, c'est parce que ça évite de penser à soi, de se confronter à soi et ça crée aussi une sorte de dépendance des autres vis à vis de nous. C'est bien de "faire plaisir". Ca donne une sorte de pouvoir sur les autres. Du moins le croit-on... On finit par être vu comme quelqu'un d'agréable, de gentil, d'indispensable, vers qui on se tourne quand ça ne va pas. Souvent. Très souvent. Trop souvent. Jusqu'à se faire jeter quand on ne peut plus donner...

Moi aussi j'ai longtemps trouvé mon accomplissement dans le fait de faire plaisir. C'est ce que je croyais... Ca m'empêchait juste de demander qu'on me fasse plaisir à moi aussi. Ca m'empêchait de montrer que j'en avais besoin. Ca m'empêchait de m'avouer qu'il y avait un manque. :? Il a fallu qu'un jour quelqu'un me fasse plaisir. Comme ça. Alors que je n'avais rien demandé, pour comprendre que longtemps je m'étais fourré le doigt dans l'oeil. On ne peut pas vivre qu'en faisant plaisir aux autres, il faut penser à soi, il faut une dose d'égoïsme, c'est elle qui vous fait survivre.

Maintenant l'altruisme existe sûrement. Mais j'ai le sentiment qu'il cache autre chose parfois...
50 ans 5519
Je crois faire partie aussi des personnes dites "gentilles", mais sans pour autant m'oublier ni faire spécialement pour "faire plaisir".
Par ex, ma voisine du dessous est montée tout à l'heure, en fait elle s'est trompée d'étage, elle voulait aller à l'étage au dessus. Je la connais à peine. Et pourtant, je lui ai proposé spontanément de lui prendre des courses si elle a besoin, pour pas avoir à sortir et tomber par ce temps de merde (elle est âgée). Je ne demande rien en retour, mais alors rien du tout, m'en fou comme de l'an 40.
Et je fais plein de trucs comme ça, des petits services, tout ça...

Après, peut être que j'en ressors quelque chose ? Oui, surement, inconsciemment ou pas, peut être une estime de moi même, j'en sais rien, je ne me pose pas ce genre de questions en fait...


Je crois que foncièrement, j'aime les gens, tout simplement ;)
32 ans A l'envers du Miroir 2133
Ce qui me dérange dans le fait de faire plaisir c'est que les autres en profitent et finissent par considérer ça comme un dû. A force de tendre la main je me suis faite bouffer le bras, alors j'ai arrêté.
Je fais plaisir à l'homme que j'aime, mais sans que ça devienne de la complaisance, et ça reste la source principal de mon contentement à ce sujet. Il m'arrive également de faire plaisir à des proches, mais de façon plutôt exceptionnel parce qu'on a trop profité de moi.
D'ailleurs l'homme a ce soucis, il a tendance à vouloir faire plaisir à tout le monde, au point d'en pâtir carrément et d'être très souvent pris pour un con. Ses collègues profitent bien de sa gentillesse pour finir plus tôt, et tant pis si lui reste plus tard, si il a mal partout, ou si il est crevé .. Sa sœur fait pareil, elle le culpabilise parce qu'elle considère que ça lui est dû :roll: La liste comme ça est longue, ça m'exaspère. A force, il s'en rend compte, il essaie de se préserver et les gens s'en offusquent ! Un comble :roll:

Donc faire plaisir, okay dans une certaine mesure, mais se sacrifier pour les autres est rarement payé en retour, ne serait ce que par du simple respect ou un minimum de reconnaissance .. Faut pas se laisser prendre pour un con !
51 ans BdR 62
Et voilà pourquoi, tout est une question de dosage...

Faire plaisir, Ok, mais il ne faut pas que cela devienne une contrainte, une obligation.
Eprouver du plaisir à faire plaisir.

Et bien connaître ses limites.

Savoir dire Non quand il le faut, et souvent, un Non bien placé ; vaut mieux de tout plein de Oui ;) et c'est là ou on instaure le respect.

Cathy
M
37 ans midi pyrénées 230
Jiddim a écrit:
Salut !
Je te rassure, je comprends ton idée du "plaisir pour soi par la provocation du plaisir chez autrui".
C'est une forme d'abnégation que je respecte tout à fait, et je ne vis que pour faire plaisir aux autres. On en pâtit souvent, mais je n'ai jamais pris autant de plaisir qu'en suscitant la joie ou le bonheur chez l'autre.
Et c'est vrai qu'en ce siècle de nombrilisme, on se sent un peu perdu d'incarner ces "quelques grammes de finesse dans un monde de brutes" ;)


Jiddim, je plussoie a 200% ce que tu dis, c'est exactement comme ca que je ressens la "chose" aussi!
35 ans 21ème strate des Enfers... 1568
Mais c'est un plaisir de vous servir, très chère ! :D
S
31 ans 3465
Je ne crois pas non plus que l'être humain soit naturellement bon ou mauvais.

Pourquoi vouloir dissocier ces deux aspects. Ils vont l'un avec l'autre selon moi. On a tous un côté sympa, voir " gentil" et un autre côté plus sombre.

Personnellement, c'est rare que je prenne plaisir quand je rends un service. Bien sûr, quand il s'agit d'une personne que j'aime, je le fais en général, mais bon, même si ça ne me fait pas royalement chier de le faire, si j'avais aucune conscience, je ne le ferais pas. Les services qu'on me demandent et qui ne me gênent pas, c'est les services d'ordre financier. Parce que finalement c'est ceux qui me demandent le moins d'efforts.

Après je pense qu'on peut être quelque de bien, tout en n'aimant pas rendre service. Bref en conclusion, l'humain n'est ni entièrement bon, ni entièrement mauvais.
La nature humaine est ambigüe.
B I U