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Assumez-vous vos crises?

36 ans Paris 1810
Suite à un post intéressant de The Toad sur son blog, je me suis intéressée à mes "déviances" alimentaires, et surtout à ma façon de les assumer (ou non).

En effet,  
même si je suis sortie de la boulimie vomitive, il m'arrive toujours de me faire des "mini-crises" durant lesquelles je mange un peu tout et n'importe quoi en grande quantité. Enfin, je dis en grande quantité mais c'est sans comparaison avec ce que je pouvais engloutir avant.
Ensuite, généralement je "compense" ma crise en m'enfournant un paquet de laxatifs dans le bec. S'ensuit une nuit d'intenses douleurs (contractions et brûlures d'estomac) puis une trentaine d'allers-retours aux wc (hum... glamour, quand tu nous tiens!).

Quand je le lis écrit comme ça, je trouve ça franchement pathétique. Ne faut-il pas être tarée pour se faire subir ça pour une pauvre baguette et un pot de Nutella? Ou un paquet de pringles et un Saint Albray? Quand je me lis, je me fais presque rire tellement c'est absurde (moins drôle que Ionesco tout de même).


MAIS j'ai remarqué que depuis environ 1 an, je vis ces crises étonnamment bien. Sereine. Pendant qu'elles se déroulent, je suis en parfaite possession de toutes mes facultés d'analyse, je me regarde faire, je me fais des commentaires à moi-même, je n'ai pas du tout l'impression de perdre le contrôle. C'est presque un lâchage maîtrisé.
Je dis "presque" parce que si je m'empêchais de déraper, là je ne sais pas trop ce qui arriverait. Mais tout de même, il y une nette progression.

En fait je crois que désormais j'accepte ces crises.
Parce que je sais pourquoi elles existent.
Parce que je suis fragile, assez instable, et que c'est mon moyen de déconner. Je ne me shoote pas, je ne picole pas, je ne fume pas, je ne hurle pas, je ne frappe personne, je ne me taillade pas les poignets.
Non, je mange de la junk food et je m'enfile des laxatifs.

ATTENTION! En aucun cas je ne souhaite laisser entendre que c'est un comportement anodin, sans conséquence. Je ne cherche absolument pas à banaliser quoique ce soit. Je SAIS que c'est un comportement malsain et dangereux, et je ne le prône en aucun cas.

Ce que je veux dire, c'est juste que j'ai compris que pour le moment je ne pouvais pas fonctionner sans ça. J'ai cette faiblesse, ce "problème". Je cherche à travailler sur moi, à le résoudre, je ne suis pas "résignée".
Mais pour le moment, ces crises existent et je les ACCEPTE. Je ne me flagelle pas mentalement de les faire, je choisis d'être un peu gentille avec moi, de me dire que ce n'est rien, que ça arrive, que oui j'ai eu une dure semaine, qu'un jour ça s'arrêtera, etc...


Pour autant, je ne les ASSUME pas. J'en ai honte. Personne n'est au courant. Je mens à mon fiancé, j'ai bâti toute une histoire de colon irritable qui, régulièrement, déconne.
Au final, je crois que ce sont ces mensonges dont j'ai le plus honte... Mais eux aussi je les accepte, pour le moment. Car si je ne le fais pas, si je n'essaie pas d'apaiser mon rapport avec moi-même, je sais que cela ne fera que me conduire vers plus de crises encore.



Voilà pour moi...

Pour les filles qui ont des problèmes de "crises" (hyperphagie, boulimie...), où en êtes-vous? Les acceptez-vous? Les assumez-vous? Au contraire, est-ce quelque chose que vous vivez très mal?

J'aimerais connaître vos témoignages, pour savoir si je suis une illuminée ou si d'autres passent pas une phase similaire...
37 ans Ponthierry 54
Coucou,
moi en fait j'ai des périodes (rares heureusement) où je vais manger beaucoup d'un coup (par exemple cinq ou six yaourts et autres desserts en une fois...) et après... ben je me sens encore moins bien!!!

Je ne l'assume pas du tout, et pour être sure que mon homme ne s'en rende pas compte, je "cache" les "cadavres" bien au fond de la poubelle!!!
Je culpabilise énormément et me trouve pitoyable après chaque crise!!!
D'ailleurs elles sont souvent suivies par une belle crise de larmes de colère...

Et là, comme toi, en l'écrivant je me rends compte que c'est super pathétique et ridicule...

Enfin, j'essaye de me stopper, mais j'y arrive pas trop!
Mais j'ai décidé d'aller voir un psy pour calmer les choses si c'est possible!
Je ne suis quand même pas un cas désespéré, non?
101 ans Sur une comète 1981
Non je n'assume pas mes crises d'hyperphagie. En général je dors après et refuse d'y penser.

Par contre ce que tu décris me fait furieusement penser à l'état dans lequel j'étais lors de mes crises d'automutilation. Je me regardais prendre un rasoir et couper délicatement les cuisses. Je notais la couleur du sang, le "dessin", la sensation des gouttes. A un moment je prenais même des photos. Oui je sais, ça paraît dingue. Mais je ne me sentais pas impliquée, comme si je regardais une scène sans la vivre. Mais je n'appelle pas ça assumer. Plutôt avoir un sérieux déni de ses crises.
36 ans Paris 1810
@ Fabiche : Non tu n'es pas un cas désespéré, crois-moi... Courage miss, et merci d'avoir donné ton point du vue!

@ Ellemir : Donc tu penses qu'il n'est pas possible d'accepter des crises, de quelque nature qu'elles soient? Que c'est plus une forme de déni?

Dans mon cas précis, je ne le pense pas. Car je ne nie pas que j'ai un problème : j'ai clairement un problème. Simplement, je me suis résolue à l'idée que pour le moment, je n'y pouvais rien.

J'espère juste ne pas "trop" les accepter, car le but ultime n'est pas de vivre avec ces crises mais bien de les éradiquer... :roll:
53 ans 14650
Je faisais des crises d'hyperagie mais je garder tout. Meme quand c'etait quotidien et incontrolable à l'extreme.

Ca faisait partie de moi donc c'etait quelque choses de detestable à punir mais ca revenait car j'ai laché le controle


Je ne fait plus mais c'etait longue à me defaire et il y a des fois ou je sens que ce n'est pas très loin lors de certains situations ou après certains eventments.

Ca ne reponds pas à ta question mais je ne peux pas m'expliquer mieux la de suite
60 ans Au bord de la mer 15536
Oui je fais toujours des crises d'hyperphagie.
Enfin , c'est pas vraiment des "crises", puisque chez moi ça dure plusieurs jours, où je me "remplis", en sachant très bien ce que je fais.
Je ne me suis jamais fait vomir, je n'ai jamais pris de laxatif.
Avant, c'était mon état permanent.
Maintenant, je sais que je vais très prochainement reprendre mon rythme normal, écouter ma faim, ma satiété, etc.
Je sais ce qui "déclenche" ces crises, mais je n'ai pas de solution, je ne peux pas régler ça actuellement.
Je ne peux pas dire que j'assume, puisque je n'en parle pas. Mais je suis tout à fait lucide à ce sujet.
Et puis maintenant que j'ai goûté au plaisir de manger juste à sa faim, à la légèreté et au bien-être dans mon corps et dans ma tête, que je ressens lorsque j'y parviens, je pense que je suis quand même sur la bonne voie.
36 ans Paris 1810
@ Strega : T'inquiète, on n'a pas toujours les bons mots pour expliquer...

@ Provence : Je pense qu'on a une façon un peu similaire de vivre ça... En fait, je pense que le déclencheur ça peut être quand les crises deviennent l'exception et plus la règle... non?
60 ans Au bord de la mer 15536
Oui c'est ça ;)
32 ans Vie de... (-_-)' 1067
Ellemir a écrit:
Non je n'assume pas mes crises d'hyperphagie. En général je dors après et refuse d'y penser.

Par contre ce que tu décris me fait furieusement penser à l'état dans lequel j'étais lors de mes crises d'automutilation. Je me regardais prendre un rasoir et couper délicatement les cuisses. Je notais la couleur du sang, le "dessin", la sensation des gouttes. A un moment je prenais même des photos. Oui je sais, ça paraît dingue. Mais je ne me sentais pas impliquée, comme si je regardais une scène sans la vivre. Mais je n'appelle pas ça assumer. Plutôt avoir un sérieux déni de ses crises.


Wow, ça ressemble un peu à ce que je fais quand ça ne va pas, Je m'empiffre puis je n'y pense plus (essais)
Mes mutilations servent à me soulager de mes peines. Je préfère avoir mal physiquement que dans ma tête. Je tranche mon poignet jusqu'au sang, la douleur physique prend le pas pendant quelques jours, j'oublie que je me suis goinfrée et ne pense qu'a soigner mon poigné...
35 ans 1085
Non, je n'assume pas. Oui, j'ai honte. Terriblement honte.

Comme toi, j'essaie d'être indulgente, de l'accepter, de décortiquer ce qui se passe à ce moment là... mais les sentiments de haine et de dégoût que j'ai à ce moment là restent bien plus forts.

Mes crises se sont largement espacés heureusement... mais leur intensité est tjs douloureuse.
3431
Zoetincelle a écrit:
Pour les filles qui ont des problèmes de "crises" (hyperphagie, boulimie...), où en êtes-vous? Les acceptez-vous? Les assumez-vous? Au contraire, est-ce quelque chose que vous vivez très mal?

Ça m'arrive régulièrement d'avoir des crises de boulimie/hyperphagie causées par l'ennui, l'anxiété, le stress...
Quand ça m'arrive, j'ai besoin de me "remplir l'estomac" coûte que coûte et j'ai l'impression de n'être obsédée que par ça tant que je ne me sens pas "pleine".
Sur le coup ça me soulage de m'empiffrer mais après je me sens coupable d'avoir tant mangé.
Mon copain est au courant de mon problème mais généralement je n'assouvis mes crises que lorsque je suis seule.
En revanche après une crise, je ne fais rien pour éliminer ce que j'ai ingurgité. Je ne me fais ni vomir et je ne prends pas de laxatifs.
36 ans Paris 1810
@ ninami : C'est très triste de lire ça, vraiment... Je le comprends, mais ça me fait beaucoup de peine pour toi

@ theophee : Avant, j'avais ce dégoût de moi que tu décris. Je l'ai eu très longtemps. Mais maintenant j'essaie de prendre mes crises pour ce qu'elles sont : un témoin
de mon hyper sensibilité. Et ça, en soi, c'est problématique, je m'en passerais bien, mais ce n'est pas "répugnant" ni "honteux". Donc je préfère me centrer
sur la cause, et me dire que quelque part je suis victime de ça, pas une horrible folle responsable de ce qui lui arrive. Je pense qu'il fautêtre un minimum indulgente avec soi.
Pas se voiler la face ou se complaire dans ses crises, mais s'excuser un peu au lieu de se remettre une couche de fardeau sur les épaules. Après, dans la pratique ce n'est pas simple.


@ leela-turanga : Ce n'est pas plus mal que tu ne cherches pas à compenser, car les vomissements répétés et la prise de laxatifs sont très destructeurs pour le corps.
Bien entendu, les "goinffrages" répétés le sont aussi. Mais je pense qu'on peut peut-être s'en sortir plus facilement que lorsqu'on y a déjà apporté une réponse, mauvais certes (la prise
de laxatifs ou les vomissements, donc). car quand on a cette "réponse", on se sent moins démunie, et ça n'incite pas forcément à se faire violence pour trouver la force d'arrêter les crises.
(Après, chacun le vit différemment, ce n'est que mon avis personnel).
41 ans 04 5576
Theophee a écrit:
Non, je n'assume pas. Oui, j'ai honte. Terriblement honte.

Comme toi, j'essaie d'être indulgente, de l'accepter, de décortiquer ce qui se passe à ce moment là... mais les sentiments de haine et de dégoût que j'ai à ce moment là restent bien plus forts.

Mes crises se sont largement espacés heureusement... mais leur intensité est tjs douloureuse.


Quand tu as une infection, qu'elle soit virale ou autre, et que ton corps a une poussée de fièvre, tu lui en veux ?
Quand il y a un problème dans ton circuit electrique et que ton dijoncteur s'encleche pour te protéger, tu lui en veux ?

Les shoots sont un reflexe, certes perveti, de ton esprit contre un problème. C'est le moyen qu'a trouvé ton cerveau pour ne pas peter un cable. Ok, c'est pas celui que tu aurais preferé. Mais c'est une protection quand même. Essaie de comprendre les protections que ton cerveau met en place, tu pourras sans doute ensuite les gérer, c'est à dire pas forcément les faire disparaitre mais les ajuster au problème, et ne plus éteindre un mégot avec une lance à incendie.

Enormes :kiss: à toi, petite Teophee

J'ai répondu à Teophee en particulier, mais cela s'adresse à toute et à toi aussi Zoetincelle.

Zoetincelle, On a beau savoir ce qu'est l'hyperphagie, le monde ne le sait pas lui, et pire, la plupart des gens refusent d'y "croire" et penchent plutôt pour ue victimisation. Cela ne me parait pas anormal de vouloir se proteger de l'incompréhension des autres, surtout quand on est plus ou moins seul(e) face à la foule. L'important dans un premier temps, pour toi, je pense, c'est de supprimer la honte vis à vis de toi même ;)

(pis je sais que ça va être facile de ma part de dire cela mais fais gaffe avec les laxatifs, pour le coup tu peux vraiment le faire deconner, ton colon. prend soin de toi ;))
S
110 ans 3793
Je ne sais pas si je les assume. :oops:

Je les fais toujours quand je suis seule, je ne supporte pas qu'on me voit dans cet état. Une fois ça m'est arrivé de devoir assister à un anniversaire alors que j'étais en pleine crise.
Un apéro dinatoire... ça a été une des pires soirées de ma vie. Et mon entourage ne m'a été d'aucun soutien ni d'aucune aide. J'en ressens encore de la haine, de la souffrance.

C'est là que j'ai vraiment tout fait pour cacher mes crises et de ne plus les faire "en public" mais seule, toute seule.

J'arrive le plus souvent à les "contrôler". Je réfléchis, je me concentre sur ce que j'aurai vraiment envie de manger, sur ce que me fait saliver. Je me concentre là dessus et une fois que j'ai trouvé, je cède. S'il le faut, je sors pour l'acheter. Une fois que je l'ai, je me pose, je mange lentement en pensant à la satisfaction que cela m'apporte. Juste à ça. La dernière fois, j'ai mangé 3 tartelettes au citron avant de pouvoir évacuer la crise... je sais c'est pas glorieux...

Quand je n'arrive pas à contrôler eh bien... je me remplis du matin au soir... je mange, je mange... c'est quelqu'un d'autre qui mange, pas moi. Dans ces moments là, je ne suis même pas consciente que c'est moi qui suis dans cet état, au contraire des crises que j'arrive à contrôler. Peut être le fait de me concentrer sur mon envie me permet de garder contact avec moi-même, je ne sais pas. :roll:
Mais je ne me fais pas vomir.

Je les assume mais pas en public. Je n'ai toujours vu qu'incompréhension, exaspération et dégout dans le regard des gens à ce sujet. D'ailleurs je n'en parle jamais, quant on ne souffre pas de TCA, on n'arrive pas à comprendre ni le mécanisme, ni la souffrance que cela entraine. Donc je vis ça en tête à tête avec moi-même.

Je sais exactement ce qui déclenche les crises. Je ne suis pas maitre de ces éléments déclencheurs. Je peux juste essayer de limiter la casse, c'est tout. :roll:

J'apprivoise mon dragon pour essayer de vivre avec en me faisant le moins de mal possible. Enfin du moins j'essaie... ;)
101 ans Sur une comète 1981
Zoetincelle : Je ne crois pas que ce qui est valable pour une personne l'est pour une autre, surtout sur un sujet aussi personnel que la psychologie de chacun ! En traduction, ce qui était valable pour moi n'est pas forcément la même chose pour toi.
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