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Contes de fées et formatage

40 ans 04 5576
Bonjour,

un petit sujet qui aurait pu être dans "littérature" mais je voudrais aller plus loin que cela.

Voilà : pour Noel 2010, je voudrais offrir à mes neveux et  
nièces des sortes de conte de fées calquées sur l'histoire familiale, écrits par mes soins.

J'ai, pour commencer, révisé mes contes de fées. Et là, que vois je ?

Dans Barbe Bleue, au début du conte, les deux soeurs refusent absolument d'épouser un homme qui a la barbe bleue. Passons sur la superficialité. Mais voilà que le bonhomme, riche à tout va, organise une semaine de vacances avec une foule de jeunes gens très gais et que jour après jour, au fil de la semaine, la richesse et l'abondance des distractions fait que le plus jeune des soeurs..." lui trouve la barbe moins bleue" !!! bref, la morale de l'histoire c'est : soyez riche, faites la fête à tout va et en trois jours vous emballerez la donzelle.

Dans Les fées, la gentille soeur est belle, intelligente at aimable, la méchante est laide et désagréable. Super, la dichotomie...

Dans Serpentin Vert ET dans Riqquet à la Houppe, la princesse est soit moche et intelligente, soit stupide et magnifique au départ. D'une façon ou d'une autre, elles se retrouvent magnifique et intelligente à la fin mais n'accepte d'épouser celui qu'elles reconnaissent comme paré de toutes les qualités que lorsque lui même devient beau et parfait !!! Elle est où leur intelligence là dedans ?

Dans L'Oiseau Bleu on décrit la soeur Truitonne comme laide et stupide. Admettons. N'empêche que même quand elle fait tous les efforts possibles pour se faire aimer du prince, il la traite comme une m****. Les laids et stupides n'ont donc pas le droit d'être amoureux eux aussi ? Il n'y avait pas moyen de lui dire en douceur au lieu de la rejeter avec mépris d'entrée de jeu ?

Dans je ne sais plus quel conte d'Andersen, un petit garçon part en voyage pour se chercher des amis. Plus ou moins. Il rencontre en premier un loup (ou un renard, je ne sais plus), super sympa qui veut bien être son ami. Le gamin accepte jusqu'à ce qu'il rencontre je ne sais plus quel animal, plus "noble" que le loup, et fait dégommer celui ci par ses nouveaux copains. Ben ouais mais le loup il n'a rien fait, à part d'être un loup !

il n'y a pas comme un malaise quelque part ? Je sais que ces contes datent un peu mais regardez dans shrek. Il a fallu que Fiona devienne ogresse pour pouvoir épouser Shrek. C'est vrai que c'est beau, d'accepter de se faire sotraciser par amour mais ne pouvait elle pas rester princesse ? Je sais, la nuit de noce aurait été difficile mais bon c'est un "conte", non ? Les enfants ne sont pas censés penser à cela et comment on leur explique après qu'on peut être différents (par exemple, un(e) blanc(he) et un(e) noir(e)) et s'aimer et être heureux quand même ?

Vous pensez quoi de tout cela ? et la question piège : que lisez vous à vos enfants ?

Merci de vos réponses ;)
40 ans 04 5576
rohhh les fautes (se relire, se relire, se relire, Toad !)

Citation:
Bonjour,

Un petit sujet qui aurait pu être dans "littérature" mais je voudrais aller plus loin que cela.

Voilà : pour Noel 2010, je voudrais offrir à mes neveux et nièces des sortes de conte de fées calqués sur l'histoire familiale, écrits par mes soins.

J'ai, pour commencer, révisé mes contes de fées. Et là, que vois-je ?

Dans Barbe Bleue, au début du conte, les deux soeurs refusent absolument d'épouser un homme qui a la barbe bleue. Passons sur la superficialité. Mais voilà que le bonhomme, riche à tout va, organise une semaine de vacances avec une foule de jeunes gens très gais et que jour après jour, au fil de la semaine, la richesse et l'abondance des distractions font que la plus jeune des soeurs..." lui trouve la barbe moins bleue" !!! bref, la morale de l'histoire c'est : soyez riche, faites la fête à tout va et en trois jours vous emballerez la donzelle.

Dans Les fées, la gentille soeur est belle, intelligente at aimable, la méchante est laide et désagréable. Super, la dichotomie...

Dans Serpentin Vert ET dans Riqquet à la Houppe, la princesse est soit moche et intelligente, soit stupide et magnifique au départ. D'une façon ou d'une autre, elle se retrouve magnifique et intelligente à la fin mais n'accepte d'épouser celui qu'elle reconnait comme paré de toutes les qualités que lorsque lui même devient beau et parfait !!! Elle est où leur intelligence là dedans ?

Dans L'Oiseau Bleu on décrit la soeur Truitonne comme laide et stupide. Admettons. N'empêche que même quand elle fait tous les efforts possibles pour se faire aimer du prince, il la traite comme une m****. Les laids et stupides n'ont donc pas le droit d'être amoureux eux aussi ? Il n'y avait pas moyen de lui dire en douceur au lieu de la rejeter avec mépris d'entrée de jeu ?

Dans je ne sais plus quel conte d'Andersen, un petit garçon part en voyage pour se chercher des amis. Plus ou moins. Il rencontre en premier un loup (ou un renard, je ne sais plus), super sympa qui veut bien être son ami. Le gamin accepte jusqu'à ce qu'il rencontre je ne sais plus quel animal, plus "noble" que le loup, et fait dégommer celui ci par ses nouveaux copains. Ben ouais mais le loup il n'a rien fait, à part d'être un loup !

il n'y a pas comme un malaise quelque part ? Je sais que ces contes datent un peu mais regardez dans Shrek. Il a fallu que Fiona devienne ogresse pour pouvoir épouser Shrek. C'est vrai que c'est beau, d'accepter de se faire ostraciser par amour mais ne pouvait elle pas rester princesse ? Je sais, la nuit de noce aurait été difficile mais bon c'est un "conte", non ? Les enfants ne sont pas censés penser à cela et comment on leur explique après qu'on peut être différents (par exemple, un(e) blanc(he) et un(e) noir(e)) et s'aimer et être heureux quand même ?

Vous pensez quoi de tout cela ? et la question piège : que lisez vous à vos enfants ?

Merci de vos réponses
35 ans 21ème strate des Enfers... 1568
Les meilleurs contes sont ceux qu'on fait soi-même. Au moins, on n'est pas volé sur la marchandise et les gamins adorent. Je n'ai pas d'enfant, mais ça marchait du tonnerre sur les maternelles ! :teddy:
35 ans Paris 1810
Et que dire du chat botté, qui au final n'est qu'un mythomane qui parvient à faire de son maître pauvre l'époux de la princesse, juste en lui créant une réputation et en usurpant la fortune d'un ogre? :lol:

Pour moi, cette morale pas franchement glorieuse des contes de fée que tu évoques, on la retrouve très souvent au cinéma. En plus adapté à notre époque, mais quand même.

Le formatage est partout : jouets, pubs...

Après, il existe quand même des contes plus intelligents que d'autres. On peut aussi piocher dans les contes étrangers (il y a également à boire et à manger dans les autres pays, mais sur la masse, on peut trouver matière intéressante, par exemple "l'arbre qui voulait rester nu" c'est très joli. Ou aller chercher dans des contes écrits à notre époque mais qui respectent le style : "les contes de la cave", Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, c'est super chouette.

Il y a une vie au-delà de Perrault et Andersen, et donc des façons de profiter du style des contes tout en échappant au manichéisme et à la superficialité. ;)
39 ans 685
Avez-vous la psychanalyse des contes de fées? Ca pourrait vous donner des pistes sur une autre façon d'interpréter les contes de fées et découvrir l'apport sur la psychologie de l'enfant que peuvent avoir ces histoires.
Nous, adultes, nous les interprétons avec notre regard d'adultes, nos expériences d'adultes... nous ne sommes pas la cible de ces contes.
Il y a aussi des contes de fées qui pourraient nous aider. En Afrique, les contes servent à éduquer, instruire etc que ce soit pour l'enfant que pour l'adulte.

La méchante pas belle reflète l'image que l'enfant a de sa maman pendant la période complexe d'Electre. Ca peut etre une princesse, une belle soeur ou la maratre.
La belle intelligente est l'enfant
Le roi est souvent effacé. La papa est enfermé par la méchante maman.

Ces contes permettent de donner des réponses imagées à des situations psychologiques que l'enfant n'arrive pas à formuler et à comprendre : le complexe d'oedipe, la mort, la jalousie, la colère, la peur de l'abandon...
La violence sous jacente de certains contes n'est pas forcément traumatisante pour l'enfant comme on tend à le croire. La version originale du petit chaperon rouge est vraiment glaucque à souhaits. http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Petit_Chaperon_rouge

Si vraiment l'impact de ces histoires était si désastreux, ils n'auraient pas perduré. Enfin... il me semble...

Et puis alors que dire des comptines pour enfants???
40 ans 04 5576
Spounette a écrit:
Avez-vous la psychanalyse des contes de fées?


On m'en a beaucoup parlé, je crois que je vais finir par l'acheter.

Par contre :
Citation:
Si vraiment l'impact de ces histoires était si désastreux, ils n'auraient pas perduré. Enfin... il me semble...


Comme le dit Zoetincelle, ce sont des contes très franco français ou occidentaux (me semble qu'Andersen par exemple est très prisé en Allemagne... forcément). Le reste du monde a t il ce genre de contes ? ou... n'en a t il pas besoin ? alors pourquoi ? si les complexes d'oedipe ou d'electre (je ne connaissais pas, j'ai cherché sur le web) sont inhérents à la nature humaine, comment le gère t on là où ces contes n'existent pas ?

Zoetincelle, pour "réviser" ces contes de fées, j'ai simplement tapé "contes de fées" sur google, et ce sont ceux de perrault, Andersen, et autres Madames de l'époque qui sont sortis.

Ce qui me gène, c'est un parallèle que je vois assez souvent dans la vie de tous les jours, sur lequel je ne veux pas focaliser mais je m'interroge sur la relation de causes à effet...

En Chine ou en Afrique, où on ne retrouve "a priori" (je me plante peut être) pas ce genre de manichéisme bonté/beauté/intelligence contre laideur/stupididté/mechanceté, les gros ne sont pas forcément considérés comme des personnes à part.

En France et dans les pays comme les Etats Unis, c'est le cas. On en a parlé il y a quelques temps dans un topic, voire dans plusieurs : que ce soit dans la vie (l'étude pseudo scientifique sur les "gros/stupides" par exemple) ou dans à la télé, le gros est considéré come bête et/ou méchant.

Mon raisonnement vacille car je ne connais pas suffisament de cultures différentes pour dire qu'il y a un lien, alors peut être que je fais une règle d'une exemple. Si c'est le cas, je souhaiterai très vivement être détrompée ;)
47 ans 470
Il faut sortir le conte d'une vision "sociale" où effectivement les "valeurs" présentées sont trèèèès limites sur beaucoup de points (rapport à l'argent, inceste, maltraitance, mensonge...)!

Tout se joue au niveau inconscient pour l'enfant et "beau" ou "belle" veut dire "belle âme"...les enfants ne nous voient-ils pas nous, leurs mère et père comme les 8ème merveilles du monde alors que bon...:roll: :lol:

Effectivement la "Psychanalyse des Contes de fées" éclaire bien sur les conflits inconscients sous-jacents et leur résolution dans les contes de fées.

Et puis ce qui compte c'est le plaisir partagé lors de la lecture/écoute d'un conte, aussi "horrible" soit-il!
35 ans 21ème strate des Enfers... 1568
Toad a écrit:

En Chine ou en Afrique, où on ne retrouve "a priori" (je me plante peut être) pas ce genre de manichéisme bonté/beauté/intelligence contre laideur/stupididté/mechanceté, les gros ne sont pas forcément considérés comme des personnes à part.

Mon raisonnement vacille car je ne connais pas suffisament de cultures différentes pour dire qu'il y a un lien, alors peut être que je fais une règle d'une exemple. Si c'est le cas, je souhaiterai très vivement être détrompée ;)


En Chine aussi, le manichéisme existe, mais il est plus complexe et moins clairement explicité. On y parle beaucoup d'égoïsme et d'adultère. Par exemple, le Voyage en Occident raconte l'histoire de l'égoïste roi-singe, d'un serviteur gourmand, d'un soldat rigoriste et d'un prêtre perturbé. Le prêtre ne cesse de jouer les rabat-joies, le serviteur trahit son maître, le soldat entretient avec le roi-singe un lien ambigu de respect et de haine... Le tout n'est pas plus reluisant parfois que les contes occidentaux. Peut-être plus alambiqués, seulement...
47 ans 470
Toad a écrit:
Comme le dit Zoetincelle, ce sont des contes très franco français ou occidentaux (me semble qu'Andersen par exemple est très prisé en Allemagne... forcément). Le reste du monde a t il ce genre de contes ? ou... n'en a t il pas besoin ? alors pourquoi ? si les complexes d'oedipe ou d'electre (je ne connaissais pas, j'ai cherché sur le web) sont inhérents à la nature humaine, comment le gère t on là où ces contes n'existent pas ?

Ce qui me gène, c'est un parallèle que je vois assez souvent dans la vie de tous les jours, sur lequel je ne veux pas focaliser mais je m'interroge sur la relation de causes à effet...

En Chine ou en Afrique, où on ne retrouve "a priori" (je me plante peut être) pas ce genre de manichéisme bonté/beauté/intelligence contre laideur/stupididté/mechanceté, les gros ne sont pas forcément considérés comme des personnes à part.
...


Il existe dans toutes les cultures des contes avec les mêmes ressorts psychologiques...les formes diffèrent car l'enveloppe culturelle est différente, mais il existe bien un panel contes, mythes et légendes fondateurs dans toutes les cultures.
Simplement ces histoires ne sont pas forcément écrites et se transmettent oralement (griots, conteurs, chamans..) il est donc plus difficile de les étudier.

Tu peux trouver des réponses dans des livres sur l'interculturalité des Contes de Fées (faudra que je retrouve mes références si ça t'intéresse, j'avais travaillé là-dessus en psycho sociale).
44 ans Dans le Tarn 413
Toad a écrit:

il n'y a pas comme un malaise quelque part ? Je sais que ces contes datent un peu mais regardez dans shrek. Il a fallu que Fiona devienne ogresse pour pouvoir épouser Shrek. C'est vrai que c'est beau, d'accepter de se faire sotraciser par amour mais ne pouvait elle pas rester princesse ? Je sais, la nuit de noce aurait été difficile mais bon c'est un "conte", non ? Les enfants ne sont pas censés penser à cela et comment on leur explique après qu'on peut être différents (par exemple, un(e) blanc(he) et un(e) noir(e)) et s'aimer et être heureux quand même ?

quote]

Dans Shrek, il y a quand même l'histoire d'amour entre l'âne et la dragonesse pour le coté acceptation de la différence et aussi toute la partie sur les problemes d'acceptation des parents d'avoir une fille/gendre différente. ( si je me souviens bien)

Pour les anciens contes, je ne sais sur quels bases/objectifs psyhcologiques ils ont été écrits (et encore en avait-ils vraiment déjà à l'époque) mais je ne pense pas que l'acceptation de la différence était la première préocupation.
100 ans Sur une comète 1981
Je plussoie Spounette.

A ta question, les contes japonais sont aussi très manichéens.
Je ne crois pas qu'il faille les interpréter avec nos regards d'adulte.

Mon conte préféré était Cendrillon et je suis féministe, comme quoi...
39 ans 685
Chaque pays a sa culture. Chaque culture a ses images types, ses concepts typiques, ces croyances typiques etc et tout ceci encré dans un environnement typique et original.

Un conte qui relaterait la gazelle chassée par le lion n'aurait pas d'impact sur un enfant qui ne vit pas avec une gazelle et lion mais avec un ours blanc et un phoque.

Les contes occidentaux sont faits par et pour les enfants occidentaux. Ce n'est pas une idée intolérante hein. Mais un enfant occidental est baigné dans un environnement type. Il aura des questions liées à cette environnement.

Tous les contes sont manichéens meme si parfois, ce n'est pas totalement explicite. Tout simplement parce que l'enfant n'a une vision que manichéenne. Maman est gentille. Si elle se fache, ce n'est pas maman mais une personne méchante. C'est bien pour ça que l'enfant, après s'etre fait punir, dit "tu n'es pas ma maman". Il reconnait pas sa mère gentille et attentionnée.

Je ne suis pas psychiatre hein. Je redis ce que j'ai lu. Mais pour moi, il ne fuat pas comparer les contes des différents pays en se disant qu'ils seront meilleurs que les notres parce qu'ils ne répondent pas forcément aux questions des enfants selon leur pays et leur culture.
69 ans 3528
lulu10 a écrit:
Tu peux trouver des réponses dans des livres sur l'interculturalité des Contes de Fées (faudra que je retrouve mes références si ça t'intéresse, j'avais travaillé là-dessus en psycho sociale).


Ca m'interesse beaucoup, si tu as des references a nous faire partager :oops: :D

Sinon, je suis avec attention cette conversation, meme si je n'ai pas de quoi faire avancer le debat ;) Super sujet, Toad!
48 ans strasbourg 6049
ne leur lit pas les infortunes de la belle au bois dormant :lol:

non plus sérieusement. je trouve l'idée bonne d'écrire toi mm un remake. je suis plus pour lire les contes dans leur textes originaux donc en général ils sont plutôt presque flippants. pourquoi? parce que je pense que ces histoires sont volontairement effrayantes. je m'explique : petite ma grand mère me racontait les contes et légendes alsaciennes (que je raconte aussi d'ailleurs) et en alsace il y a beaucoup d'ogres, de méchantes sorcières, de père fouettard. mais il y a aussi l'enfant christ; les anges, les étoiles qui sont nos anges gardiens... bref. pour moi ca apprend à reconnaitre le bien et le mal et ca aide l'enfant à se structurer et à vaincre sa peur de l'abandon.

lesquels aie je lu à ma fille? perrault, lafontaine, grimm, swann... des classiques :)
49 ans Belgique 3287
Et ton histoire familiale que tu voulais inclure dans ton conte, elle raconte quoi ?

Fais gaffe tu risques de tomber par mégarde dans la pseychogénéalogie ou de sortir de l'ombre des secrets de famille...
B I U