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Chéri a perdu son papa, comment l'aider?

Je ne sais pas si je poste au bon endroit ni si je vais trouver les mots mais tant pis j'ai besoin de conseils.

Chéri a perdu son papa ce week  
end. Un coup de massue.
Pour le moment il tient plutôt bien le choc, pour sa mère, pour sa soeur, pour les petits, même pour moi et aussi parce qu'il faut s'occuper de tout un tas de trucs.
Mais je sais qu'il "joue au dur" et je sens derrière son pauvre petit sourire qu'il ne va pas bien du tout.

Samedi soir je l'ai laissé tranquille, j'ai passé la soirée près de lui, il pleurait parfois (et alors on pleurait tous les deux) mais se reprenait vite, comme s'il ne s'y autorisait pas.
Il m'a juste dit "qu'est-ce que je vais faire sans lui?" et moi, comme une quiche, je n'ai pas su quoi lui répondre...

Hier soir, une fois au lit, dans le noir, je lui ai dis qu'il avait le droit de pleurer. Il a commencé par me dire que ça ne servirait à rien et puis il a fini par craquer et à part le prendre dans mes bras,lui dire que je l'aimais, je me suis sentie totalement désamparée devant cette douleur...

Qu'est-ce que je peux faire pour l'aider?
Comment trouver les mots qui pourrait l'aider?
49 ans 35 10308
Je suis vraiment désolée pour ton homme...

Je ne pense pas malheureusement que tu puisses l'aider beaucoup, perdre un parent c'est vraiment quelque chose de traumatisant, surtout si c'était soudain et inattendu. Dans ce genre de deuil, on est toujours un peu seul de toute façon.
Ce que tu fais c'est bien : être là pour lui, lui dire qu'il peut se lâcher avec toi, qu'il a le droit d'être malheureux. Qu'avec toi il peut penser à lui et qu'il ne doit pas chercher à te protéger. Les mots eux-même n'ont pas vraiment d'importance je pense, simplement qu'il sache qu'il a quelqu'un avec lui qui va l'épauler, qui comprend sa peine.

Beaucoup de courage à tous les deux.
36 ans 21ème strate des Enfers... 1568
Tu dis que tu n'as pas eu de réponse, et c'est bien normal...parce qu'il n'y en a pas : on est vite perdu lorsqu'il arrive du mal à nos proches.
Tout ce que tu peux faire, c'est l'aider dans les démarches pour lui épargner les peines annexes, prévenir les relations plus distantes pour lui éviter les condoléances pesantes...et surtout être là lorsque tu sens qu'il va craquer, pour protéger un peu sa fierté, celle qui fait qu'il ne veut pas pleurer devant les siens.
Tout mon soutien dans cette période de peine, et un bon anniversaire à ma grand-mère, décédée cette année, qui a réussi par sa disparition à faire pleurer mon bloc de marbre de père. :cry:
Merci pour vos réponses.

Il me l'a dit aussi que le plus important ce n'était pas ce que je pouvais dire (et que de toute façon il n'y avait rien à dire) mais que je sois là... Mais je trouve ça tellement peu et je voudrais faire tellement plus!
39 ans Tours 2247
Mon mari a perdu son pere il y a 2 ans et à part etre presente, il ne m'a rien demandé de plus. Il a apprécié etre seul par moment aussi. Je savais que s'il fermait la porte de la chambre ça voulait dire qu'il avait besoin d'etre seul.
65 ans nice 3117
anypya a écrit:
Mon mari a perdu son pere il y a 2 ans et à part etre presente, il ne m'a rien demandé de plus. Il a apprécié etre seul par moment aussi. Je savais que s'il fermait la porte de la chambre ça voulait dire qu'il avait besoin d'etre seul.



pas mieux qu'anypya :) etre la, présente, et respecter son besoin de solitude lorsque il se présente !

je viens de perdre ma mère, et c'est la seule chose que pouvait faire mon homme - courage :)
Merci pour vos réponses.

Je vais essayer de faire au mieux et d'être à l'écoute...

Pour la solitude, ça va peut-être être difficile puisqu'on vit dans un studio mais s'il le faut j'irais faire un tour pour le laisser un peu seul.

Encore merci.
A
35 ans Caen 6651
coucou,

puisque j'oriente mon avenir professionnel vers l'accompagnement au deuil... je vais essayer de te répondre

quand mon papa est mort ou quand le monsieur qui aurait pu être mon papy est mort... j'ai pleuré un peu mais comme il faut bien que les gens âgés meurent, je m'en suis vite remise

et pour ce faire, je me suis entourée et occupée de mes proches... j'avais juste besoin de les sentir heureux et vivants autour de moi pour m'assurer, qu'eux qui ne sont pas en phase de mourir, restaient bien avec moi !!

je pense que ton mari réagit un peu comme moi : il ne pleure pas parce que toi ça te fait pleureur et il veut ton bonheur, il ne veut pas que tu sois triste pour lui ou son père et s'est son rôle de faire en sorte que sa famille aille bien (surtout qu'il est l'homme de la famille maintenant du coup)

donc il n'y a rien à lui dire quand il pleure à part le serrer le plus fort possible contre toi pour lui transmettre tout ton amour et tes ondes positives, tout ton soutien et ta reconnaissance pour l'équilibre qu'il essaie de préserver malgré l'enterrement

il a raison, il n'y a rien à dire, c'est une douleur viscérale et je pense que le contact physique est la seule façon d'apaiser la douleur, sentir ta présence, entendre ton coeur battre, entendre les rires des enfants, garder des bras assez fort pour embrasser toute la famille d'un coup si besoin...

et toi tu es la cinquième roue du carrosse, tu es là pour le soutenir quand lui craque, tu n'as pas à parler ce que tu lui a dis suffit "tu as le droit d'être triste, je t'aime pour ce que tu es et ce que tu fais, je suis là à tes côtés et si tu as besoin d'espace je te le laisse pour faire le point mais je rapplique à la seconde si tu me sonnes car je suis ta femme"

qu'est-ce qu'il pourrait bien demander de plus, hein ? du soutien et de la complicité sans être étouffer c'est ça l'amour
Almarita, Merci de ta réponse.

En fait, il y a quelque chose que je devrais être capable de faire : arrêter moi de pleurer pour le laisser exprimer son chagrin...

C'est un comble quand même : c'est son père et c'est moi qui pleure le plus! Je lui ai dis d'ailleurs que c'était moi qui devrait le consoler et pas l'inverse...

Mais dis-moi, Almarita, est-ce que réagir comme tu le fais ce n'est pas un peu refouler ce qu'on ressent?
Pour moi, le chagrin a besoin d'être exprimé. Il ne faut pas garder ça pour soi...
Enfin, c'est mon expérience personnelle qui me fait dire ça après c'est vrai que chacun réagit différemment...
5030
Mon homme a perdu sa maman y'a deux ans et ça a été dur!
Je ne savais quoi faire, que dire..

Finalement, être présente a suffit je pense.
Le contredire quand il se reprochait de ne pas être allé voir sa maman la veille du décès. Et lui tenir la main bien fort lors des funerailles pour lui montrer qu'il avait du monde autour de lui.

J'ai beaucoup pleuré, plus que lui. A la cérémonie, je me sentais même gêné de pleurer plus que lui ou ses frères, comme si j'étais pas légitime pour montrer ma peine. Et que je n'arrangeais pas leur peine en pleurant ainsi.
Mais au final je crois que cela ne l'a pas dérangé plus que ça.

Alors sois juste près de lui, ouvre lui tes bras pour pleurer, et voila. Y'a pas de recettes magiques.
A
35 ans Caen 6651
Tallula a écrit:


Mais dis-moi, Almarita, est-ce que réagir comme tu le fais ce n'est pas un peu refouler ce qu'on ressent?
Pour moi, le chagrin a besoin d'être exprimé. Il ne faut pas garder ça pour soi...
Enfin, c'est mon expérience personnelle qui me fait dire ça après c'est vrai que chacun réagit différemment...


bon moi c'est un cas bien particulier... en fait dès ma naissance on a prédit à mon papa qu'il mourrait avant mes 18 ans et avant le mariage de ses deux autres enfants

donc j'ai souffert toute ma vie de le savoir condamner et à sa mort ça a été un soulagement (et un manque bien sûr) parce qu'au moins, on savait où il allait maintenant (c'est-à-dire bah nul part enfin si ses cendres se recyclées par la nature)

en plus, on est une famille très bercé par le médical donc moi je vois les humains d'une façon plus scientifique qu'émotionnelle, je les vois en masse et pour moi : mourir c'est normal et surtout c'est la meilleure raison pour vivre heureux et sans regret (c'est pourquoi je veux me spécialiser dans l'accompagnement au deuil hihi)

donc oui, je pense que tu devrais essayer de moins pleurer (ça doit être hyper facile d'ailleurs mais bon en fait tu es plus triste pour ton homme que pour son père... donc ça n'aide pas ton homme car il passe pour une victime --> propos métaphoriques bien sûr)
41 ans Au pays des cigognes ~ 1629
Coucou Tallula.
Je viens répondre à ce sujet qui m'a touché.
J'ai pu voir dans mon secteur d'activité (je suis fraîchement diplômée aide soignante) beaucoup de décès et beaucoup de prise en charge en soin palliatif. J'ai moi même vécu quelques décès ces 3 dernières années. Je voulais t'apporter un peu de mon soutien et peut être un début de réponse.

Ta réaction et tes questionnements sont normaux et je dirais que dans ce genre d'épreuve il n'y a pas de "réaction standard", il n'existe pas de façon de faire idéale, puisque le deuil est de loin la situation la plus compliquée à prendre en charge. Les uns et les autres ont de la peine pour les uns et les autres, tout le monde essaye de préserver tout le monde ... mais tout le monde a énormément de chagrin.

Comme ton homme le dit si bien, ta présence est primordiale, pour savoir qu'il a un pillier si il venait lui même à céder, pour savoir qu'il est compris sans avoir besoin de mettre des mots sur une douleur qui est sûrement très fraîche pour lui et qu'il ne comprends peut être pas encore, pour savoir que tu prends le relai avec l'entourage et votre vie.

Je crois que le mot doux "moitié" n'aura jamais autant de sens que dans les épreuves, y compris celle du deuil.

Décharge le de ce qui pourrait lui être pénible et il n'aura sûrement pas la tête à ça.

Soit toi. Tu l'entoures, tu es prévenante. Emmène le à faire son deuil (par exemple l'accompagner sur la tombe de son père afin de lui dire tout ce qu'il n'a pas eûs le temps de lui dire, quand il sera près). Ne te culpabilise pas, tu pense être impuissante ou "inutile" mais tu es loin d'imaginer comme le soutien de tes proches est nécessaire pour une reconstruction après un deuil.
Et toi aussi, panse tes plaies, tu es certainement affectée par cette disparition, le manque viendra avec douleur ... tu as droit de pleurer, il ne s'agit pas de qui était le plus proche de qui, mais de caractères et de traduction de tristesse différente.

Tout mon soutien à vous et à votre famille.
Merci beaucoup pour vos réponses et vos messages de soutien.

Les funérailles sont passées mais je pense que le plus difficile reste devant nous, pour un temps au moins...

Merci encore!
39 ans au bord du lac 605
Je dis comme les autres: le soutenir, être présente, le décharger des tracas du quotidien, et attendre que le temps fasse son oeuvre...
Et si c'est trop dur, l'emmener chez un psy, parfois on voit que l'autre va si mal qu'il faut faire qqchose de plus, c'est dur d'oser le faire mais on ne le regrette pas.

Plein de courage à vous tous...
B I U