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Sacraliser le premier rapport sexuel...?

E
39 ans 144
Excusez-moi, d’abord, pour la longueur du post, je ne pourrai pas faire court, et même si je sais que des topic qui se rapprochent de ma question existe, voilà, ils  
s’en rapprochent, ce ne sont pas les mêmes.

C’est une question un peu complexe que je me pose, et que je ne peux poser sans expliquer d’abord le pourquoi du comment, d’où la longueur, so sorry :$

Donc, voilà, faut bien se lancer. Quand j’avais 19 ans, je me suis fait violer. C’était mon ex-premier copain, le premier qui m’avait embrassée, le premier pour qui j’avais des sentiments, c’était à la fois une contrainte physique et psychologique, et un homme totalement pervers, bref, c’était une horreur totale, je me suis vue mourir ce jour-là, et j’ai mis sept ans à m’en remettre (je n’ai pas consulté de psy, erreur énorme), sept ans avec un dégoût et une peur totalement violente des hommes, complétée par le fait qu’au moment où ça a eu lieu, j’avais déjà une image très dégradée de l’homme héritée de mon père, sept ans à culpabiliser aussi, à me dire que c’était bien fait pour moi, parce qu’après m’être débattue pendant trois plombes puisqu’il avait cadenassé la porte, quand il l’a rouverte et que je me suis jetée dessus pour me barrer il a suffi qu’il dise « s’il te plaît, reviens » pour que comme une connasse je revienne et me laisse faire, que j’avais assistée à ça en serrant les dents –un peu comme extérieure à la scène, et trois ans de plus à pouvoir dire le mot « viol » puisque pour certains de mes amis, ce n’en était pas un, j’étais restée quand j’ai eu la possibilité de partir, puisque certains ne m’ont pas crue, puisque moi même j’ai cru devenir folle en pensant avoir rêvé ça. Je me suis construite à côté, par force morale, parce que j’avais des passions immenses qui m’ont probablement sauvé la peau à l’époque, des amis extraordinaires, et un idéalisme et un Absolu tels que je devais aller de l’avant, même à genoux parce qu’il le fallait, la vie étant trop courte pour ne pas en profiter.
Donc, sept ans après, je me remets en selle, je réessaie, je tombe sur un chasseur, je me prends une nouvelle expérience sordide de plus dans la tête, je ne couche pas puisque de toute façon je dégoûtais ce pauvre type, je ne m’apitoie pas, je ne pleure pas, puisque de toute façon j’avais épuisée mon stock de larmes avant, et que je m’étais construit un mur si épais qu’à part le fendiller ça ne m’a pas brisée. Bref, j’avance, encore. Il y a eu, plus que probablement, durant toutes ces années, des hommes géniaux à côté desquels je suis passée, parce que de toute façon je n’étais pas disponible pour les voir, dans la mesure où même en marchant la tête haute je détestais mon corps, et que je ne m’aimais pas du tout à l’époque, et c’est peu dire, pour regarder les hommes, c’est là toute la différence entre voir et regarder.

Je rencontre l’an dernier un doux dingue rêveur instable, qui ne veut pas m’aimer mais qui me propose de chouettes parties de jambes en l’air, je refuse. A chaque fois de toute façon c’était la même chose, j’avais si peu confiance en l’autre que je me mettais à trembler de tout le corps, pas loin de la crise de spasmophilie, et tellement bloquée que non, pas possible.

Cette année, je rencontre un homme génial, dont je tombe très amoureuse, qui tombe très amoureux de moi, avec lequel naît une évidence extraordinaire, et un sentiment de confiance absolu, de telle sorte que je me dis, voilà, c’est lui, c’est moi, c’est nous, semons du bonheur parce que là c’est tellement évident que mes blocages, que je lui avais expliqués, quand j’étais avec lui, ben nada, envolés, pas de tremblements intempestifs, que du plaisir et du bonheur, je me suis entièrement livrée, confiée, ce que je n'avais jamais pu faire sans me planquer derrière mon ironie, j'ai cru en moi, en lui, en nous, je me suis épanouie comme pas possible... Entre temps de toute façon j’avais avancé, j’ai un boulot que j’adore, des amis toujours extraordinaires, les mêmes passions dans lesquelles je m’épanouis, un idéalisme toujours aussi fort – biberonné de littérature-, je m’aimais chaque jour davantage, enfin, j’acceptais les compliments donnés, je pratiquais beaucoup la dérision, l’autodérision, quand j’étais avant surtout hyper cynique, mes angoisses n’étaient plus des crises violentes, j’étais posée, équilibrée, bref tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles. Jusque là, donc, pas de problème…Et puis, là, je me suis perdue. Je me suis mise, moi, une pression monumentale. Dans ma tête, je suis restée vierge, et si je n’ai pas couchée avec le gentil doux dingue rêveur, c’est que j’avais choisi, choisi de réserver ce moment-là à une personne que j’aimais vraiment, et que ce moment, je le voulais magique, je l’avais sacralisé avec une telle puissance, que je me suis effondrée sous la pression, parce que pour faire l’amour, et non pas simplement se faire sauter, il faut être deux, et que sont arrivées des angoisses terribles, de celles à la con « serais-je à la hauteur ? » autour desquelles j’ai cristallisé des angoisses de l’abandon, notamment celle de la famille. Comme c’était une relation à distance, les angoisses m’ont rongée, parce que je me disais, déjà qu’on se voit pas beaucoup, forcément la prochaine fois on va le faire, pression pression pression= angoisses angoisses angoisses. Bref, je ne me reconnaissais pas, du tout, parce je suis une personne posée, très passionnée, mais dans le bon sens du terme –mes passions, je les partage, j’essaie de donner un max-qui réfléchit beaucoup-beaucoup trop parfois-, et vite, donc j’apprends vite aussi (quand on a passé sept ans dans un trou, on ne veut plus perdre de temps après). Bien. Que fait une femme, un homme qui a des crises d’angoisse pareilles ? Il les jette à la tête de l’autre…Je l’ai fait. Avec maladresse d’abord, cruauté aussi, dans les mots, qui sont justement l’essence de mes passions (j’enseigne la littérature, j’écris, je fais du théâtre). Et l’homme que j’aimais m’a quittée, puisque je l’ai fait souffrir. Ce que ça m’a fait, ce que ça me fait encore, peu importe, ce n’est pas le sujet du post, et sa réaction ne l’est pas non plus. Alors non, je ne considère pas être la seule responsable de l’échec de cette relation, les torts étaient partagés, ils le sont toujours, il y avait d’autres problèmes, mais ce n’est pas pour ça que j’écris ce message. Avec le recul, même si c’est encore très frais – je réfléchis vite…voilà, je me pose la question suivante :

Dois-je vraiment me faire interner…non, désolée je plaisante, le rire est un paravent chez moi.

Dois-je vraiment continuer de sacraliser la relation sexuelle, ce qui m’a mise dans cet état, et donc attendre le prince charmant, dont je sais qu’il n’existe pas, la preuve, et donc garder cette « virginité » au risque, avec le temps, de voir s’intensifier les crises d’angoisse, à tel point que j’attendrais tellement de l’autre que ça le fera toujours fuir… ?

Ou dois-je m’envoyer en l’air avec le premier clampin- enfin, un gentil clampin quand même- qui passe, pour régler une bonne fois pour toute la question, et avancer vraiment ?

Merci à ceux qui m’auront lu jusqu’au bout, encore plus, déjà, à ceux qui prendront la peine de me répondre.
48 ans 35 10308
Pfiou...
D'abord, un gros :kiss: pour ton parcours, parce que je ne peux même pas imaginer ce que c'est de vivre une chose pareille et d'être toujours debout aujourd'hui.

Et pour ta question, je dirais... Ni l'un ni l'autre! ;) Profiter du premier gentil clampin venu pour faire "ça" une bonne fois pour toute, comme on arrache un pansement, je ne sais pas si c'est vraiment une bonne idée. Je pense que tu trouverais ça dommage, et puis est-ce que ça peut se passer bien pour toi si en plus du corps qui a du mal, la tête et le cœur ne comprennent pas ce qu'ils font là?

Mais sacraliser à ce point-là la relation sexuelle, non plus. Au contraire même, il faut essayer de désacraliser, et surtout désacraliser la première fois! (je dis ça en pensant comme tu l'as dit que tu es vierge dans ta tête et que tu attends toujours de faire ta vraie première relation sexuelle). La relation sexuelle, ce n'est pas l'aboutissement ultime de la relation, ce n'est pas un examen, tu n'as pas à prouver quoi que ce soit. C'est une partie de la relation entre deux personnes qui s'aiment, une partie importante certes, mais ce n'est pas tout. Et surtout, tout ne se joue pas à la première fois. La première fois, c'est pas forcément les trompettes et les grandes orgues, on se découvre, on ressent des trucs, plus ou moins... Ca peut être magique, ça peut ne pas l'être et dans ce cas ce n'est pas du tout catastrophique.
Ce que tu as besoin, ce n'est pas de pression, c'est de compréhension. Tu as besoin d'un gentil garçon, en qui tu as confiance, qui prendras son temps avec toi et à qui ça fera plaisir de prendre son temps parce qu'il a envie que ça se passe bien pour toi (et que ça se passe bien pour lui aussi, bien sûr, mais l'un sans l'autre c'est difficile dans une relation de couple sincère). Est-ce que tu crois possible de raconter à quelqu'un que tu aimes ce par quoi tu es passée, ou même juste le fait que tu n'as pas d'expérience et que ça t'angoisse? Si tu arrives au moins à exprimer tes angoisses avec ton partenaire et que vous puissiez en discuter pour que ça se passe bien pour tous les deux ça serait un grand pas. Mais ne te met pas la pression toute seule. Partage (partage ne veut pas dire "jette tes angoisses à la figure", hein! ;) ). Ce n'est pas qu'une question physique, la relation avec l'autre...

Tu dis que tu regrettes à l'époque de ne pas avoir consulté un psy. Est-ce que tu l'as fait depuis, est-ce que tu penses que ça pourrait t'aider d'en voir un maintenant?

Bon je ne sais pas si je t'aide beaucoup parce que encore une fois je ne peux pas vraiment comprendre ce que tu as traversé.
E
39 ans 144
Sarnia a écrit:
Est-ce que tu crois possible de raconter à quelqu'un que tu aimes ce par quoi tu es passée, ou même juste le fait que tu n'as pas d'expérience et que ça t'angoisse? Si tu arrives au moins à exprimer tes angoisses avec ton partenaire et que vous puissiez en discuter pour que ça se passe bien pour tous les deux ça serait un grand pas. Mais ne te met pas la pression toute seule. Partage (partage ne veut pas dire "jette tes angoisses à la figure", hein! ;) ). Ce n'est pas qu'une question physique, la relation avec l'autre...

Tu dis que tu regrettes à l'époque de ne pas avoir consulté un psy. Est-ce que tu l'as fait depuis, est-ce que tu penses que ça pourrait t'aider d'en voir un maintenant?

Bon je ne sais pas si je t'aide beaucoup parce que encore une fois je ne peux pas vraiment comprendre ce que tu as traversé.


D'abord, merci Sarnia parce que si, écouter, répondre, c'est déjà aider, si je puis dire.
Raconter à celui que j'aimais, je l'ai fait, justement. Alors,pas avec ces mots-là, ni ces détails, mais en tout cas, pour la première fois, j'ai verbalisé -c'est important, de verbaliser...la parole libère :)- mes angoisses, posément d'abord, mais visiblement, ben je ne l'ai pas fait correctement pour qu'il soit en mesure de me comprendre.
quant au psy : l'erreur a été de ne pas y aller à l'époque, aujourd'hui je sais que je n'en ai pas besoin, sur ce point, pour avancer. ça peut paraître prétentieux, je sais, et une erreur, mais j'en ai parlé avec une amie psy, justement, et je me rends compte du chemin parcouru, de tout ce que cette dernière relation m'a apporté aussi, et comme elle me l'a déjà dit, le psy va te donner les réponses que tu te donnes, là, toi-même, en ce moment. Donc ben...
Je veux dire, j'ai digéré, dépassé ce qui m'était arrivé. Le seul fait de pouvoir l'écrire, là, sur ce forum aussi le montre, et m'a aidé aussi. Après comme tu le dis, je crois qu'il me faut un intermédiaire entre les deux choix qui se posent...bref, je ne suis pas sortie de l'auberge ;)
Merci, en tous les cas, vraiment pour ta réponse :)
S
85 ans 4917
Je pense qu'il faut que tu passes aux travaux pratiques pour effacer les mauvais souvenirs par des bons.

De part mon expérience personnelle cela sera beaucoup mieux avec quelqu'un de très gentil et que tu aimes beaucoup, je ne pense pas que cela doivent être obligatoirement le grand amour, mais c'est quelqu'un pour qui tu devras éprouver du désir.

Le chemin que tu as fait est énorme et tu as l'air prête. Tu as repris un statut de victime ce qui est très important dans ce genre de cas. C'est très important un partenaire en qui tu auras confiance et qui puisse s'arrêter au moment ou tu le lui diras si tu te sens pas bien à causes de mauvais souvenirs. Plus tu te laisseras aller, mieux cela sera.

Je te souhaite plein de plaisir et de bonheur :D
48 ans 35 10308
Aptera a écrit:

quant au psy : l'erreur a été de ne pas y aller à l'époque, aujourd'hui je sais que je n'en ai pas besoin, sur ce point, pour avancer. ça peut paraître prétentieux, je sais, et une erreur

Non non, pas prétentieux, ni une erreur si c'est ce que tu ressens, je vois que tu as réfléchi à la question et c'est très bien que tu aies pu faire tout le chemin que tu as fait.
Et si j'ai pu aider un peu, alors tant mieux! :oops:
40 ans oise 1060
+1 avec sarnia
E
39 ans 144
princessezelda a écrit:


Le chemin que tu as fait est énorme et tu as l'air prête.

Je te souhaite plein de plaisir et de bonheur :D


Je le pense, oui :) Merci Princessezelda, je retrouve là ton empathie et tes bons conseils que j'ai déjà pu lire ailleurs : forcément, avec pour pseudo le nom de mon héroïne de jeux vidéos préférés, ça ne pouvait être autrement ;)
S
85 ans 4917
Reviens nous donner de tes nouvelles :kiss:
E
39 ans 144
avec grand plaisir!!:)
Et puis j'aime ce forum, donc j'y reparlerai, en d'autres lieux ;) :D
chaque chose en sont temps!!
je pense qu'il ne faut pas penser que tu ne seras pas a la hauteur car si l'autre connait ton passer et qu'il te prend avec alors il n'attend pas de toi que tu soit parfaite, mais lui fairas tout pour l'être a tes yeux, pour que enfin tu puisse vivre pleinnement ta séxualité!!
de plus il n'est pas trop tard pour allez voir un pys car tu en as encore gros sur le coeur pour réagir de cette façon!!
tu seras quand passer a l'acte, alors pas la peine de te prendre la tête comme cela!! tout se passeras naturellement!!
autre chose, je te fais des milliard de gros bisousssssss et te souhaite s'incérement tout le bonheur du monde car tu le mérite!! ;)
29 ans 186
Bon je sais que vu mon jeune âge un conseil sera peut etre vu comme innaproprié .. Mais je tente quand même on ne sait jamais ^^ ...

Déjà je tiens à te dire bravo car beaucoup aurait cessé de continuer le chemin en ayant eu beaucoup moins d'obstacles à franchir que toi .
Ensuite je pense que vu tout ce que tu as traversé justement ce n'est pas évident de faire confiance , de se projeter . On dit que le temps efface tout ouai mais c'est bien beau de le dire .
Une vie ça ne se reconstruit pas comme ça ( Et non il n'y a pas de Joséphine ange gardien dans la vrai vie ... dommage)
Il va te falloir du temps encore je pense et peut que la porte de l'auberge et la lueur qu'elle dégage n'est pas loin ?

Et puis tu disais avoir fait l'erreur de ne pas avoir été voir un psy " à l'époque" il n'est pas trop tard , il n'est jamais trop tard pour se faire aider . Il pourrait t'aider pour vaincre tes angoisses où du moins y travailler . ( Non non je ne pousse pas à la "psy-attitude" je dis simplement que pourquoi pas ?)


Bon je finirais là mon petit discours et j'espère vraiment que tu trouveras les réponses à tes question et que la vie te sourrira enfin ;) ..
Bisous
42 ans gironde 345
bonjour
je pense que c'est une question de confiance. Pour vivre sa sexualité il faut se lacher se laisser aller. Apres un tel parcours c'est normal d'avoir du mal. Je pense que dans ta derniere relation tu pensais etre suffisament en confiance pour te defouler avec les mots sur l'homme aimé histoire de régler tes comptes avec l'ancien et de remettre les comptes à zero avant d'aller plus loin. Malheureusement il n'as peut etre pas vu que ton agressivité était un signe de confiance. Je réagis un peu pareil avec mon mari, je me defoule sur lui et il me repete "je ne suis pas ton ennemi" au debut je ne comprenais pas pourquoi maintenant je comprends mais par moments je ne peux pas m'en empecher. Si il ne comptais pas pour moi je lui parlerai de la pluie et du bon temps....bref tu vois on ne tourne pas toutes trés rond :)
pour revenir au sujet excuse moi de parler crue mais jusqu'ou est tu allé avec lui? Car on peut faire l'amour sans penetration pour retrouver la confiance et faire monter le desir en douceur. Il faut apprehender le corps de l'autre, le decouvrir, se decouvrir. Tu n'es pas obligé de "tout faire"...Je pense que faire l'amour avec un copain ne resoudra pas ton probleme car c'est l'acte de faire l'amour avec l'homme que tu aimes qui est difficile car tu laches ta derniere carte de confiance en lui confiant ton corps et tu as peur d'être maltraitée, déçue. Peut etre que la resolution (outre la parole evidemment) est que tu sois la seule personne active dans l'acte sexuel. Que se soit toi qui fasse les premiers gestes et qui decide jusqu'ou tu peux aller afin de controler la situation et donc de maitriser ce qui se passe. Ne pas subir mais agir !!
B I U


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