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La peur de l'abandon et la fidèle nourriture

M
35 ans 3802
Voilà, j'essuie ce soir une enième crise de boulimie et l'évidence vient de me sauter au visage

j'ai eu deux grosses déceptions amicales dernièrement qui réalisent ma plus grande peur: celle  
de l'abandon... cette sensation de solitude qui remonte à loin

et qui a fidèlement comblé ce gros chagrin? ben la bouffe pardi... la seule amie qui soit toujours là, malgré le mal qu'elle peut me faire, je lui pardonne tout

ai envie de pleurer car j'ai conscience du problème, ça ne changera pas les injustices de ma vie sociale (j'ai réfléchi objectivement, je ne suis réellement pas en défaut et j'ai subit deux choses pas très sympa de personnes sur qui je comptais, pas de martyrisation ici) et je ne sais pas comment gérer ces émotions... j'avais envie de faire du sport pour m'apaiser mais j'ai pas d'appareil et ma salle est bien sûr fermée!

et vous, c'est quoi la cause de certaines de vos crises? savez- vous les identifier? vous avez des solutions pour gérer ce qui vous pousse à ouvrir la bouche sur un aliment inutile?
46 ans Dans l'44 103
Je n'arrive pas trop à identifier. Quand je n'arrive pas à dire non, quand je ne sais même pas que je veux dire non. Mais à part ça, je ne sais pas. J'ai l'impression que j'en ai aussi quand je m'ennuie, tout simplement.
30 ans 350
Moi c'est vraiment une fois que mon chéri est parti se coucher, que je suis seule devant la télé, que je me sens seule, alors là vient cette voix du frigo "viens voir comme je suis rempli de bonnes choses, viens me maaaaaanger"... Et je la sens venir, cette crise, cette envie irrésistible de vouloir engloutir tout ce qu'il y a d'appétissant et de gras dans les placards et le frigo...

Il y a un mois, je me suis fait violence, et maintenant, dès que je sens la crise venir, je réveille mon chéri et pleure dans ses bras.

Je me déteste d'être aussi dépendante de cette chose qui me fait plus de mal que de bien... Certains ont besoin de leur dose de coke, moi c'est de charcuterie, fromage, et autres mets succulents... Et c'est trèèèèèès dur de décrocher (est-ce qu'on décroche vraiment un jour?)

Essaie d'appeler quelqu'un quand tu sens venir la crise, ça peut aider à la faire passer de se sentir entouré...
S
85 ans 4896
J'ai une autre technique mais je ne sais pas si elle est valable pour tout le monde.

Je ne cherche pas à éviter obligatoirement une crise, en fait je me dis j'ai envie de manger cela (en général sucré) pourquoi ? la plupart du temps, je peux identifier chez moi c'est une émotion négative trop forte.

Et je me dis que j'ai tout à fait le droit de m'offrir un aliment réconfort et je vais le prendre en essayant de rester dans le plaisir et de ne surtout pas culpabiliser. J'essaye de le déguster de prendre du plaisir et si je mange toute la plaque de chocolat, je me dis pas grave, j'ai profité, j'ai eu du réconfort, je me suis fait plaisir en même temps et j'y ai droit, ce n'est pas parce que je suis obèse que je ne peux pas m'offrir ce genre d'aliments. Il y a des périodes plus difficiles que d'autres émotionnellement parlant ou je sais que je mangerai plus d'aliments sucrés mais en enlevant le côté tabou, cela s'arrête tout seul après quelques jours.

C'est mon vécu donc je ne sais si tu peux l'appliquer, mais ce que je sais c'est que je suis stable dans mon poids, je ne me sens plus mal ou coupable et cela aide beaucoup mon moral. Je trouve que si tu apprivoises la crise, ce n'est plus une crise, mais un moment de réconfort et pourquoi pas. Maintenant j'essaie aussi d'autres petits trucs qui peuvent m'apaiser, mais bon pour le moment rien trouvé d'aussi efficace que la bouffe.
41 ans 1114
Moi j'ai tendance à me jeter sur la bouffe quand je reviens d'un repas chez mes parents, ou quand je rentre du boulot (tiens, je n'avais jamais fait le parallèle... :shock: ).
Mais comme le dit Princessezelda, le fait de s'octroyer le droit de manger pour se réconforter lève le tabou, et la crise passe beaucoup plus vite. Elle s'arrête toute seule.
Comme si une grosse part de la crise venait du simple fait de faire une crise, et de la culpabilité que cela engendre.
V
35 ans 48
Oh lala, la culpabilité, oui, je crois qu'il n'y a qu'elle qui me fait continuer les crises jusqu'à la nausée... C'est un cercle vicieux : plus je culpabilise plus je suis capable d'avaler des trucs. Mais au bout du compte, je perds tout le temps, puisque j'en deviens malade, paralysée tellement j'ai mal au ventre !
Et au contraire, quand j'arrête de culpabiliser, je focalise davantage sur mes sensations et donc je me rends compte que ce n'est pas manger qu'il faut.
Bien souvent, c'est : sortir, travailler, faire quelque chose... Et bien souvent, je n'arrive pas à faire cette autre chose que je dois faire et qui n'est pas manger. Donc finalement au départ, ce qui me fait manger, c'est le fait de ne pas réussir à agir, ni à me concentrer. Une fois que j'ai commencé, c'est la culpabilité...
M
35 ans 3802
en fait je n'ai aucun aliment tabou... il ya de tout chez moi... et dernièrement, QUAND j'arrive à avoir qu'une crise va arriver, au lieu de me gaver de 5eur de cochoncetés, je vais me pendre pour 10eur d'un aliment de qualité(un bon macaron, une patisserie correcte, une viande plus fine) et je diffère le moment de prise et je déguste

mais voilà y'a aussi les moments où je saute dans le frigo et la charcut ou le fromage et j'engloutis au-delà du plaisir, comme un drogué et du coup la tentation de ne plus acheter ces choses et de me gaver de fromage blanc arrive pffffffffffff
31 ans 343
Vayavaya a écrit:
Oh lala, la culpabilité, oui, je crois qu'il n'y a qu'elle qui me fait continuer les crises jusqu'à la nausée... C'est un cercle vicieux : plus je culpabilise plus je suis capable d'avaler des trucs. Mais au bout du compte, je perds tout le temps, puisque j'en deviens malade, paralysée tellement j'ai mal au ventre !

C'est tellement vrai!
Mais j'ai beau connaître par cœur ce fonctionnement je n'arrive toujours pas à l'enrayer... :?
1289
Pour moi le déclencheur de crise c'est quasiment toujours la solitude, ou parfois juste l'ennui et le stress. J'ai repris 15kg en 5 mois, j'en suis malade... et rien que d'y penser, ça me donne envie de bouffer. Très logique comme truc!!
V
35 ans 48
Maybesomeday, c'est le cercle vicieux qui revient (la déprime des kilos pris, qui engendre l'envie de manger). Régulièrement chez moi aussi. Mais il ne faut pas le laisser tourner ! Parfois un simple tour dehors, des étirements, un dessin (tout dépend de tes intérêts)... ça aide à le ralentir, voire à l'inverser !
Nikouette, pour la culpabilité, j'avais posé une fois la question de savoir comment s'arrêter à satiété et Ellispoire (merci) m'a répondu d'oublier la culpabilité.
Du coup je me force (oui mais ça fait du bien) à ne pas culpabiliser. Et en effet, ça diminue un peu les crises.
J'exagère peut-être un peu mais j'ai l'impression que quand on déculpabilise, la nourriture perd son attrait diabolique :twisted: et du coup on en a moins envie... Tout à coup elle redevient quelque chose d'assez banal somme toute (comparé à ce que l'on en fait en temps de crise : un réconfort pervers atrocement attirant).

En tout cas, même si j'ai ces crises d'hyperphagie depuis longtemps, une chose qui m'a beaucoup aidée à les supporter au moment où j'étais complètement au fond du trou, c'est de rencontrer du monde. Et pour ça je me suis servie des associations, toujours demandeuses. Même si c'est pas facile au début d'entrer dans un groupe formé, comme il y a des tâches à effectuer et bien ça fait du bien d'aider à les faire et on n'est pas tout seul...
;)

Mais je m'écarte du sujet initial. :arrow:
31 ans 343
Vayavaya a écrit:

Nikouette, pour la culpabilité, j'avais posé une fois la question de savoir comment s'arrêter à satiété et Ellispoire (merci) m'a répondu d'oublier la culpabilité.
Du coup je me force (oui mais ça fait du bien) à ne pas culpabiliser. Et en effet, ça diminue un peu les crises.
J'exagère peut-être un peu mais j'ai l'impression que quand on déculpabilise, la nourriture perd son attrait diabolique :twisted: et du coup on en a moins envie... Tout à coup elle redevient quelque chose d'assez banal somme toute (comparé à ce que l'on en fait en temps de crise : un réconfort pervers atrocement attirant).

En fait cela fait déjà quelque temps que je ne culpabilise plus vraiment de mes crises alimentaires...mais je culpabilise toujours par rapport à mon poids. C'est une obsession que je n'arrive pas à me sortir de la tête.
Et puis même sans culpabilité j'ai l'impression que des fois souvent je me gave vraiment pas pure habitude et par peur de me séparer de la nourriture.
49 ans Saint Laurent Blangy, près d'Arras ( 62 ) 288
Moi les crises surviennent dès que j'arrive chez moi ... après le boulot ... je rentre et je commence à manger jusqu'à ce que je me couche :oops:
42 ans 22
Bonsoir,

Mes déclencheurs de crises: la solitude et le sentiment d'abandon surtout lorsque mon mari part en déplacement...

Mais je suis surtout arrivée à identifier le point de départ: attouchements (non incestueux), déracinement (mon père a voulu déménager pour changer de boulot alors qu'à l'école j'avais des supers copains, je suis arrivée dans un lycée pourri), violences physiques et psychologiques, menaces de mort sur ma mère que j'ai eu très peur de perdre...

A bientôt
B I U