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Décès d'un animal / être humain

R
36 ans 15384
Coucou,

Je suis moi meme propriétaire d'un joli chat de 9 ans appellé Berlioz et j'ai déjà pleuré des animaux,meme un poisson rouge étant petite :lol:

Bon voilà,j'espere ne choquer personne,c'est pas  
du tout le but ...
Je le dis : je trouve ca réellement choquant que certains comparent la mort d'un animal a une mort humaine. Quand une femme m'a sorti une fois,quand je venais de perdre mon père,je te comprends j'ai perdu mon chat j'étais horrifiée.
Un chat et un père,c'est pas du tout la meme chose. J'adooooore mon chat,je serais très triste quand il mourra et je ne l'oublierais jamais,mais de là a tomber en deuil pathologique et finir sous médicaments,faut pas déconner ...
je dis pas que c'est ridicule de finir comme ca a cause d'un chat,juste franchement excessif.
Je veux blesser personne,je ne minimise pas vos douleurs,mais admettez tout de meme que la mort d'une mere,pere,enfant,c'est tout de même un million de fois plus dur que la mort d'un cochon d'Inde qui de toute facon vit moins de 7 ans en général ...
C'est meme carrément totalement incomparable ! Même si on pleure un chien avec qui on a vécu 15 ans de sa vie par exemple,et je le comprends tout a fait,je trouve ca déplacé de faire la comparaison avec la mort d'un homme de presque 50 ans qu'était mon père,voire meme blessant.
Vous comparez un etre qui m'a bercée,parlée,éduquer aux choses de la vie,emmener en vacances,embrassée le soir avant de dormir,bref ...

Là vous devez me prendre soit pour une garce infinie,soit pire,mais sachez que je respecte vos "deuils" d'animaux,c'est pas ca que je remets en cause,c'est le fait de le comparer a la perte d'humains proches.
Sachez que pour la personne encore endeuillée ca peut etre choquant. Je ne suis pas fermée d'esprit et très ouverte a la discussion,sauf envers les gens agressifs d'emblée,là c'est mort,je ne relevèrais plus. Chacun a encore droit a sa propre opinion en France,non ? J'ai pas insulté qui que soit,pas véhiculé de haine raciale ou tout autre,donc j'estime avoir le droit d'aborder le sujet en espérant que ca ne vire pas en "Procès de Cute" comme dans certains topics ...
A
37 ans 3124
Moi ça ne me choque pas...(et non, je ne pense pas que tu sois une garce) et ça dépend des circonstances...c'est vrai que dans ton cas, difficile de comparer la perte d'un papa avec celle de chat...mais il y a des personnes qui tiennent beaucoup beaucoup a leurs animaux
31 ans Landrecies 23
Je comprend ton point de vue.

Moi même je me trouve un peu excessive par rapport à la mort de ma furette mais je suis comme ça.
Depuis toute petite mes parents m'ont tourné vers les animaux et comme je n'ai jamais eu beaucoup d'ami, je reporte tous l'amour que je pourrais donner aux gens bah aux animaux. Pour moi, un humain a le choix, il fait ce qu'il veut, alors qu'un animal de compagnie est souvent soumis à son maitre, il n'a pas le choix. (Enfin, moi j'me comprend =/)

Je gère mieux la mort des humains parce que je suis chrétienne et au cathé, on nous a appris à "gérer" la mort puisqu'il y a Mort -> Paradis -> Résurrection.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je gère mal la mort d'animaux... Peut-être qu'inconsciemment, j'ai peur qu'il n'y est pas de paradis pour eux... Je ne sais pas du tout.

Disons simplement que toutes les personne sont leurs points de vues et ressentent différemment les choses.
38 ans 5932
Je pense que ça dépend du lien qu'on a avec les êtres humains et avec les animaux.

Je veux dire par là que toi avec ton père, si j'ai bien compris, il semble que vous étiez liés par un amour très fort et par une grande complicité. C'est très beau, et c'est sûr que le décès d'une personne qu'on aime autant doit être extrêmement difficile à vivre.
Mais tout le monde n'a pas ce lien-là. Par exemple, le truc qui est censé me servir officiellement de père et moi, on n'a pas ce lien-là. On n'a strictement aucun lien. Quand il mourra je n'en aurai rien à faire. Non, pardon, je serai soulagée, c'est plus juste, parce que je n'aurai plus la possibilité de le croiser ici ou là et de le voir m'ignorer volontairement. Et c'est réciproque : je n'existe pour lui que quand il m'a sous le nez, et encore là je n'existe que pour être ignorée. Tu vois, dans des conditions pareilles, la mort d'une personne comme ça, elle vaut moins (point de vue difficulté, j'entends) que la mort d'un animal qu'on aime.

Certaines personnes n'ont aucun lien fort avec des êtres humains. Ni famille, ni (vrais) amis, rien. Par contre, avec les animaux c'est différent. Le lien qu'on peut créer avec un animal peut parfois être plus fort qu'avec un être humain. Pour certaines personnes, la mort d'un animal peut s'apparenter à celle d'un enfant.
J'ai une chatte comme ça, c'est mon bébé. Elle était sauvage petite, elle s'est retrouvée avec un œil crevé sans qu'on sache comment. Il a fallu que je l'apprivoise pour pouvoir la soigner. Depuis je suis la seule à pouvoir lui faire ses soins correctement, la seule à comprendre ses attitudes et ses réactions, et elle vient me consoler quand je ne vais pas bien. On a confiance l'une en l'autre (et pourtant la confiance c'est ni son fort ni le mien). Ça peut paraître bête, ce n'est "qu'un animal", mais je serais 100 fois plus triste de sa disparition à elle que de celle de certaines personnes.

Je comprends ce que tu veux dire, mais je comprends aussi les gens qui comparent l'un et l'autre.
R
36 ans 15384
Je suis désolée pour ta furette,et je comprends ta peine. C'est juste le fait qu'on place ce genre de deuil au niveau des deuils humains qui me dérange ...

Après,quand la personne est par exemple seule sur Terre,sans amis ni famille,je pense que ca peut etre compréhensible quelque part,l'animal étant sa seule attache.
Ou dans le cas qu'expose Lalwende,quand on a pas de liens forts avec les membres de sa famille,oui on souffre d'autant plus.
31 ans Landrecies 23
Lalwende a écrit:
Certaines personnes n'ont aucun lien fort avec des êtres humains. Ni famille, ni (vrais) amis, rien. Par contre, avec les animaux c'est différent. Le lien qu'on peut créer avec un animal peut parfois être plus fort qu'avec un être humain. Pour certaines personnes, la mort d'un animal peut s'apparenter à celle d'un enfant.
[...] la seule à comprendre ses attitudes et ses réactions, et elle vient me consoler quand je ne vais pas bien. On a confiance l'une en l'autre (et pourtant la confiance c'est ni son fort ni le mien). Ça peut paraître bête, ce n'est "qu'un animal", mais je serais 100 fois plus triste de sa disparition à elle que de celle de certaines personnes.


Pour moi, c'est exactement ça avec mes furets...

Lalwende, tu as réussi à mettre par écrit ce que je n'arrivais pas à expliquer.[/b]
58 ans en Suisse .... 852
Mon père est décédé subitement il y a 8 ans, il avait 58 ans. c'était une force de la nature, aucun problème de santé ... Pour moi il était : mon Père ce héros. Je l'adorais et je peux le dire sa mort reste l'épreuve la plus difficile de ma vie. 8 ans après,à chaque Noël j'ai les larmes aux yeux lorsque je sors la crèche parce qu'il l'a fabriquée et qu'il serait fier de la voir .... Bref, il me manque beaucoup, il n'y a pas un jour sans que j'aie une pensée pour lui. Donc, je te comprends ... mais, je peux le dire, lorsque ma chienne mourra je vais être aussi triste qu'au départ de mon Père.
Mon coeur est assez grand pour aimer plein de gens ET mes animaux, l'amour que j'éprouve pour mes animaux ne prend pas la place à l'amour que je pourrai éprouver pour une ou plusieurs autres personnes.
Je n'ai pas d'enfants mais je me suis toujours demandée comment les parents qui perdent un enfant arrivent encore à vivre, je pense que moi je n'y arriverais, si l'un de mes neveux mourrait je pense que je serais bonne pour l'asile psychiatrique ... mais voilà, je pleurerai quand même lorsque mes "poilues" mourront ...
38 ans 5932
Il y a une chose qui me chiffonne toujours, pas uniquement dans le cadre des décès mais aussi dans celui des embêtements, du poids ou quoi que ce soit d'autre. Ce qui me chiffonne c'est cette espèce de hiérarchisation des souffrances. C'est une chose qui revient souvent cette idée que telle situation est pire que telle autre, que ceci n'est pas comparable avec cela, etc.

Selon qui met les choses "à plat", c'est l'autre qui fait un lien "déplacé". Je veux dire, là pour toi Cute comme tu avais un lien fort avec ton père, ce qui te semble déplacé c'est qu'on mette le décès d'un animal au même niveau que celui d'un être humain (comme ton père, donc). Pour quelqu'un qui a un lien bien plus fort avec son compagnon de vie à quatre pattes, ça peut être l'inverse.

Ce que j'essaie de dire, finalement, c'est que quand on compare les souffrances, on oublie plusieurs paramètres comme le degré de sensibilité de chacun, le rapport de chacun avec les gens/les animaux/soi-même/etc, et tout ce qui peut influer sur la façon dont on voit et ressent la vie.
Du coup, je pense que quand une personne parle de sa souffrance avec sincérité, elle n'oublie pas que les autres peuvent penser que leur situation est "pire", elle essaie juste de partager une souffrance qui a été aussi forte pour elle que celle de la personne à qui elle parle. Je ne sais pas si je suis claire :?

Pour moi, il n'y a rien qui puisse être objectivement hiérarchisé, là-dedans, c'est du domaine du ressenti personnel et ça varie énormément d'une personne à l'autre.

Bref, ce n'est pas une critique, hein, c'est juste là que ma réflexion me mène.
111 ans 2475
Je ne compare pas les deux. De toute façon, chaque décès est vécu de manière différente. Effectivement, tout dépend de l'attachement...

J'ai hélas connu beaucoup de décès, famille, proche ou un peu moins, amis, animaux...

Je vais peut-être te choquer, mais j'ai eu bien plus de chagrin à la mort de mon chien qu'à la mort de mon beau-père ! Pourquoi ? Tout simplement parce que mon beau-père était quelqu'un avec qui je ne m'entendais pas spécialement bien, donc oui j'ai eu de la peine, mais non je n'ai pas pleuré...

Par contre lorsque ma filleule est partie, ça a été la plus grosse claque que j'ai pris dans la gueule. 18 ans après j'ai encore beaucoup de mal à faire mon deuil entièrement...

Aujourd'hui je vis seule, je suis célibataire, sans enfant. Alors forcément, je suis un peu trop gaga avec ma chienne ou mes chats. Je sais fort bien qu'au décès de l'un d'eux je serai à ramasser à la petite cuillère. Parce que je leur donne beaucoup d'affection, qu'ils me la rendent, et qu'ils sont ceux qui partagent ma vie au quotidien. Ce ne sont pas des enfants, mais ce sont "mes bébés" !

Mais je suis suffisemment objective pour savoir que je les pleurerai sûrement moins longtemps que si il s'agissait d'un de mes parents...

J'ai l'impression que tout ce que j'écris est un peu décousu, mais j'ai jamais été douée pour exprimer mes sentiments ! :roll:
58 ans en Suisse .... 852
Tu as raison. Et surtout, lorsque la personne évoque sa souffrance (même si elle nous paraît dérisoire!) il ne faut pas la minimiser, c'est extrêmement réducteur et ça fait très mal. Je vais finir par vous raconter ma vie ! mais ma Grand-Mère a 92ans, lorsqu'elle va mourir, je ne supporterai pas que l'on me dise : bon, c'était son heure elle a finalement bien vécu! parce que oui c'est vrai c'est un bel âge, mais je l'adore et ça ne consolera pas ma peine!
54 ans Out of Africa... 4355
Lalwende a écrit:


Pour moi, il n'y a rien qui puisse être objectivement hiérarchisé, là-dedans, c'est du domaine du ressenti personnel et ça varie énormément d'une personne à l'autre.

.


Je suis d'accord là-dessus.
Mon fils a toujours connu notre chienne, elle l'accompagne depuis 10 ans. Ils ont crée un vrai lien tous les deux : le jour où elle mourra ce sera très douloureux pour lui. Déjà il angoisse parce qu'elle vieillit.
Pour ma part, mon père est mort et pourtant, je n'imagine pas un seul instant que ma souffrance puisse être plus légitime ou plus profonde que le sera la sienne.
Il n'y a pas d'échelle dans la souffrance.
54 ans Est 414
Psychologiquement le processus de deuil est exactement le même qu'il s'agisse d'un humain ou d'un animal. Et il peut aussi y avoir deuil pathologique pour un animal, "prononcé" au bout d'un an.
Pour moi il n'y a pas de hiérarchisation des souffrances, il y a souffrance point.

Je me souviens il y a longtemps, peut-être une vingtaine d'années, je ne me souviens plus si c'était avant ou après le décès de mon père, j'étais dans un train à côté d'une femme en train de feuilleter les résultats d'une étude sur le deuil.Je pouvais assez bien lire les pages du coin de l'oeil. Je pensais que c'était une psy jusqu'à ce que je vois la question : avez vous repris un animal, de la même race ?
En fait la dame était vétérinaire et allait à un colloque.

Je comprends très bien Cute, j'ai perdu mon père à 24 ans et heureusement pas 14, - je me demande d'ailleurs dans quel état je serais - et j'ai mis plus de 10 ans pour faire mon deuil. Et c'est grâce à mon généraliste que j'ai réussi alors que j'ai fait une psychanalyse depuis l'âge de 18 ans.

Mais j'ai fait aussi un deuil patho pour un chat qui m'a conduit à prendre de graves décisions complètement "folles" dont je paie les conséquences encore aujourd'hui, c'était il y a 12 ans.

Il y a des personnes âgées qui se laissent dépérir quand leur animal meurt, c'était leur dernier amour, leur dernier lien avec la vie. La dame de 80 ans qui a perdu son père dont elle n'était pas proche depuis 70 ans, son mari depuis 30 ans, peut-être un mari dont elle aurait bien divorcé si elle avait osé, il n'est pas extraordinaire que son coeur soit brisé quand c'est son chat qui meurt.

Et là je rejoins Tati. Sa petite furette vient juste de mourir et elle des images atroces dans les yeux mais c'est normal que pour le moment elle soit inconsolable. Ce n'est qu'après quelques temps, jours, semaines, mois, qu'elle pourra appliquer nos beaux conseils. Penser aux jours heureux, déculpabiliser aussi car si tu as pris la meilleure décision, elle n'est pas évidente.
En 2009 j'ai fait "piquer" deux chattes, je n'ai pas pleuré, elles étaient âgées et leur donner une mort douce dans mes bras était mon dernier cadeau après toutes ces années passées ensemble.

J'ai failli répondre à Tati dès ce matin mais je devais conduire ma petite chérie chez le véto chez qui elle est restée, elle se fait opérer demain matin. Le petit chat de mon avatar était son fils, il est mort le jour de ses 6 mois condamné dès sa conception en fait, là j'ai pleuré et 2 ans après je trouve toujours intolérable la mort d'un être jeune comme lorsque je lis les sujets perte de bébé à terme.

Et pourtant en tant que généalogiste, je sais combien nos ancêtres ont perdu d'enfants avant l'arrivée des vaccins etc
Et le nombre de décès chez les adultes : arriver au mariage avec ses deux parents n'était pas évident
Nos ancêtres aimaient leurs enfants différemment, étaient certainement plus durs, fatalistes, plus croyants aussi.
C'est sûr qu'ils auraient difficilement compris qu'on pleure sur un animal mais ils n'en étaient pas moins humains comme nous.
102 ans Sur une comète 1981
Il y a des gens qui voient les animaux à égalité avec les hommes, d'autres qui les voient comme des espèces inférieures. Pour les premiers, il n'y a pas de différence entre mort de leur animal et de quelqu'un de la famille, puisque l'animal est de la famille à part entière.
J'avoue sans honte avoir été aussi malheureuse à la mort de mon grand-père qu'à celle de mon chat. Les deux avaient veillé sur moi depuis le berceau, et c'étaient les deux seules personnes de ma famille à ne pas me dénigrer et m'aimer comme j'étais. Je ne trouve pas cela déshonorant pour mon grand-père. Mon chat m'a vraiment protégée aussi, réconfortée, écoutée... Comme mon grand-père. La manière était différente, mais le résultat était le même. J'ai perdu les deux membres les plus chers de ma famille.
31 ans Landrecies 23
Renarde a écrit:
Et là je rejoins Tati. Sa petite furette vient juste de mourir et elle des images atroces dans les yeux mais c'est normal que pour le moment elle soit inconsolable. Ce n'est qu'après quelques temps, jours, semaines, mois, qu'elle pourra appliquer nos beaux conseils. Penser aux jours heureux, déculpabiliser aussi car si tu as pris la meilleure décision, elle n'est pas évidente.


Merci Renarde, tes mots me font certes refondre en larmes mais ils sont tellement justes et réconfortants !
41 ans 77 5703
rooooh la vilaine garce :twisted:

non mais il y a eu d excellentes réponses, merci d ailleurs.

ceci dit, tu ne peux pas ressentir quelque chose qui n est pas en toi simplement. Nous sommes bien tous differents, surtout face aux evènements, et quand en moi y a un truc que j ai pas, j ai du mal à comprendre que chez d autres ça se manifeste. c est humain.
B I U