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Les TCAs dans la relation

Bonjour!

Le sujet a sans doute déjà été abordé et je ne sais pas si je poste là où il faut mais voilà, j’aurais voulu savoir comment avez-vous parler de vos  
TCAs à votre chéri au début de votre relation?

Je m’explique, pour faire court (enfin je vais essayer :oops: ): j’ai rencontré quelqu’un il y a quelques temps avec qui je me sentais très bien. Je suis de nature anxieuse avec un énorme manque de confiance en moi. Mais avec lui ça se passait plutôt bien durant les quelques semaines pendant lesquelles nous nous sommes fréquentés malgré le fait qu’il trouvait parfois mon attitude bizarre et qu’il avait beaucoup de mal à me cerner.

Bien sur je ne lui ai jamais parlé de mes problèmes avec la nourriture, je ne voulais pas le « dégoûter ».
Puis, j’ai appris qu’il était en fait bel et bien au courant de mes soucis, du poids que j’avais perdu, la manière dont je l’avais perdu, que je pouvais rester des jours sans manger puis d’autres à me faire vomir.
Avec lui, j'ai toujours mangé normalement. Et ce qui m'étonnait beaucoup c'est qu'il mangeait très peu en ma compagnie alors qu'il est réputé pour être un très grand mangeur. Du coup, je me repasse tous les moments, les conversations avec lui en sachant qu'il était au courant.

J’ai alors refusé de le voir, sans lui donner d’explication. Je déteste mon attitude.
Il m’a appelé (peut-être l’effet St Valentin?) et je viens d’accepter de le revoir mais j’ai vraiment peur.
Je sais que l’on va devoir en parler, je ne veux pas m’éterniser sur le sujet avec lui. Je voudrais lui dire que je vais mieux et que mon poids n’est plus un problème, que je mange normalement même quand il n’est pas là mais je suis une piètre menteuse.
Je ne veux pas lui faire peur, qu’il ait pitié, qu’il me prenne pour une fille paumée.

Comment aborder le sujet sans lui « faire peur ». On ne se connaît pas si bien que ça finalement, si je lui en parle c’est que je m’y sens forcée et je ne veux pas que mes problèmes deviennent les siens.

Voilà, voilà, pas simple du tout… J’aimerais avoir vos témoignages, concernant votre manière d’avoir aborder le sujet les premières fois avec vos chéris, leurs réactions…

Merci
39 ans Angers 1761
Je crois qu'il faut lui en parler, tout simplement. Sans minimiser, sans en rajouter mais simplement lui faire confiance et lui en parler. En tout cas, ne lui mens pas. Visiblement, il a compris que tu as des relations compliquées avec la nourriture et visiblement, ça ne lui fait pas peur ni ne le dégoûte puisqu'il te rappelle malgré ton silence radio.

Après, comment aborder le sujet.. Il ne faut pas tourner autour du pot et te lancer.. Éventuellement, avant la discussion, mets les choses à plat (par écrit ou en discutant avec toi même) pense à tes mots, à ce que tu vas lui dire, comme ça, ça viendra plus facilement le moment venu.

Perso, je n'ai pas de TCA mais des soucis relationnels (on va dire ça comme ça) donc, j'ai expliqué (et j'explique encore) à mon mien pourquoi j'ai certaines réactions, comment je fonctionne. Tout en lui expliquant bien que son rôle n'était pas de porter mes soucis à ma place et que je travaillais là dessus de mon côté.
Merci pour ta réponse Célia.
Non, je ne veux pas minimiser mais il y a certains "détails" que je ne veux absolument pas aborder, certains mots que je ne veux pas prononcer. Surtout que je fais de gros gros efforts ces derniers temps même si c'est loin d'être parfait.
J'essaye de m'entraîner dans ma tête. Je n'en ai parlé qu'à deux personnes et c'est clair que ça m'a fait le plus grand bien. Quand j'en ai parlé à ma meilleure amie, j'ai fondu en larmes... Pas envie de me mettre à pleurer et que ça tourne au pathétique.
En tout cas, merci pour tes conseils ;).
39 ans Angers 1761
Ces mots que tu ne veux pas prononcer devant lui, tu arrives à les prononcer devant quelqu'un d'autre ? A te les dire à toi même ?

Il y a certaines choses qu'il ne sait pas et que j'étais moi même incapable de formuler clairement, honnêtement pour moi même. Pour ces choses là, je t'avoue que consulter m'a beaucoup aidé. A ma psy, j'ai pu dire ces choses là, les dire à haute voix, ça les rend réelles c'est sûr mais ça permet aussi de les évacuer, de les admettre et ça, c'est déjà un premier pas vers du mieux. Et du mieux pour toi, c'est du mieux pour vous !

Donc les choses que tu ne veux pas lui dire, ne les lui dis pas mais trouve un moyen de quand même les évacuer (ça commence par être honnête avec soi même). C'est déjà une bonne chose si tu as pu en parler à des amies et si ça t'as soulagé, tu devais en avoir besoin.
40 ans Dans un arbre à Tecolotlan 962
Parler des TCA à son amoureux(se) est en effet compliqué, surtout si la personne n'a aucune connaissance sur le sujet.

Je crois que c'est important que tu verbalises tout cela, à ta manière, sans les détails et les mots que tu ne veux pas employer. N'oublie pas que c'est toi qui décides d’en parler, tu dis ce que tu veux, tu t’arrêtes quand tu veux. Quand on ouvre une brèche, on n’est pas obligé de tout montrer, de tout faire sortir. Tu peux aussi aborder le sujet en lui disant simplement que c’est difficile pour toi et que tu lui en reparleras ultérieurement quand tu le sentiras mieux.

Si jamais tu pleures, ça n'a rien de pathétique, ça lui montrera simplement que c'est quelque chose de délicat pour toi. Lui aussi a certainement ses propres « casseroles », tout le monde en a. Ce qui peut faire peur, ce n'est pas forcément les problèmes en eux-mêmes mais la manière dont les personnes les gèrent. Il faut peut-être le rassurer de ce côté-là, en lui expliquant que même si tu n’en parles pas, tu fais face, et lui disant aussi ce que tu attends de lui à ce niveau : faire comme si de rien n’était/ éviter certaines remarques…etc

Enfin, ne le sous-estime pas quant à sa réaction et inverse la situation : si tu apprenais qu’il avait certaines souffrances mais qu’il ne t’en avait jamais parlé, aurais-tu pitié de lui ? Le prendrais-tu pour un paumé ? Certainement pas, peut-être même que tu serais peinée qu’il te fasse si peu confiance. Et imagine s’il t’avait laissée sans donner d’explications, peut-être que tu serais entrain de te poser tout un tas de questions culpabilisatrices au lieu de penser à la vraie source du problème.

Bref, rien ne vaut les mots. (et je ferais bien de commencer à appliquer ce que je conseille aux autres mais que je n’ai pas encore fait… :( .)
Déjà, le fait qu'il connaisse le poids que j'ai perdu, je supporte moyennement... Moi qui avais caché soigneusement mes anciennes photos :roll: . Donc je ne veux surtout pas aborder les chiffres. Et surtout éviter le passage sur le fait que j'ai du mal à "garder" la nourriture même s'il est au courant de ça aussi.

Personne ne connaît ni mon poids actuel, ni celui "d'avant" dans mon entourage. Même ma meilleure amie l'ignore.
C'est elle qui lui a parlé de mes problèmes. Elle pensait bien faire, elle s'inquiète énormément pour moi (sans doute trop), s'en veut de n'avoir rien vu... Elle savait que je ne lui aurait rien dit, qu'il se posait des questions à mon sujet. Elle a cru bien faire. Elle le connaît bien, moi je ne le connaissais pas avant. Et je me dis aussi qu'il ne m'aurait probablement pas remarquée avant.

Mon amie insiste beaucoup pour que je consulte un psy et je crois qu'elle a raison mais je ne me confie pas facilement, sauf si je suis vraiment à l'aise, donc très rarement.

Ce qui est bizarre, c'est que lui ne me voit pas différemment puisqu'il est au courant depuis le début mais c'est plutôt moi qui le voit différemment. Je trouve bizarre qu'il s'accroche. C'est un mec toujours en forme, tout va toujours bien pour lui, toujours le sourire... A sa place, je partirais en courant, je ne sais pas comment il fait.
J'aurais bien aimé qu'il me voit aussi comme une fille "cool", normale.
Merci Tecolote (je n'avais pas vu ta réponse avant de re-poster ) ;).

Je m'en veux d'avoir fait "la morte".
Si je ne veux pas pleurer, c'est que je ne pleure jamais devant personne. C'est nul je sais mais je pense que je suis assez fière et pour moi, ça signifierait que ça ne va vraiment pas. D'ailleurs c'est en me voyant pleurer devant elle que ma copine s'est dit qu'il y avait un gros problème.

Je sais que mes réactions ne sont souvent pas les bonnes.
Je ne me suis jamais confiée à un garçon avec lequel j'étais. En général, la relation s'arrête quand justement je vois que la personne voudrait en savoir plus et que je ne peux pas. Je ne m'implique jamais.

Là, c'est différent, ma copine a pris les devants.

Maintenant j'ai une grosse boule au ventre, je redoute le week end...

Et tu as raison, rien ne vaut les mots. Mais c'est quand même vachement difficile (mais appraremment tu connais ça aussi ;) ).
39 ans Angers 1761
Bah écoute, plus tu en parleras (ici, à tes amies, toute seule) plus ça sera facile de lui en parler sans être sous le coup de l'émotion.

Pour le reste, encore une fois, fais lui confiance, ce n'est pas à toi de décider si il doit fuir ou pas mais à lui. En gros, laisse lui une chance, laisse toi une chance ;') Et puis ce n'est pas parce que tu as des TCA que tu ne peux pas être cool ! Tu ne te résumes pas qu'à tes TCAs. Pour la psy, garde à l'esprit que ça n'a rien à voir avec les confidences que tu pourrais faire à une amie, une connaissance. Y'a cette distance patient/praticien qui fait qu'on en arrive à parler. Pas à se confier mais à parler. Sachant en plus que lui n'est pas là pour te juger ni pour te donner son avis mais pour te guider dans ta réflexion, t'aider à exprimer ce que tu n'oses pas exprimer.

J'avais aussi cette peur avec mon monsieur, j'trouve(ais) aussi étrange qu'il reste avec moi malgré tout et pourtant, 1 an 1/2 plus tard, il est toujours là, il n'a pas fuit (et pourtant j'ai essayé), il me prend comme je suis.

En tout cas, je pense que tu es déjà dans une démarche un peu plus positive.. Que tu ais réussi à en parler à ta meilleure amie par exemple, c'est très positif, c'est un bon début !
40 ans Dans un arbre à Tecolotlan 962
Je rejoins complètement Celia sur la question du psy et sur le fait que tu ne te résumes pas à tes TCA, et heureusement ! Sans rentrer dans le débat de ce qu’est la normalité, si tu étais « comme les autres », ce garçon ne t’aurait pas remarquée. Ne te projette pas sur lui : tu lui a plu, pour un ensemble de raisons qui n’ont rien à voir avec tes TCA. S’il t’a recontactée malgré ton silence, c’est qu’il ressent quelque chose de sincère pour toi. Du coup, ce week-end, ce sera peut-être lui le plus stressé.

Au passage, je ne voulais pas dire que tes réactions n’étaient pas les bonnes, je ne me permettrais pas. D’ailleurs je suis avec quelqu’un depuis quatre mois et je n’ai toujours pas eu le courage d’aborder les questions « sensibles », donc je ne suis pas bien placée pour faire des leçons ! Je voulais juste essayer de dire qu’à trop se focaliser sur un problème, on se monte la tête, on en oublie l’essentiel et on passe à côté de belles histoires.
Je pense que j'avais juste besoin d'être rassurée, je me prends facilement la tête et je cogite pas mal pour pas grand chose mais y'a pas de raison que ça se passe mal.

Técolote: je sais bien que tu ne juges pas mon attitude, c'était juste une auto-critique. Je me rends très bien compte que je ne réagis pas bien avec les garçons en général et c'est clair qu'à trop se monter la tête, on passe à côté de belles choses, j'en ai déjà fait l'expérience mais ça ne m'empêche pas de recommencer :roll: .

Célia: pour le psy, j'y pense de plus en plus, reste plus qu'à sauter le pas ;) .

En tout cas, merci les filles.
39 ans Campagne poitevine 2253
Je pense qu'il faut que tu en parles avec lui. Les TCA, c'est (malheureusement) une partie de ta vie, une partie de ce qui t'a faite telle que tu es maintenant, même si c'est dur à accepter. On est le fruit, la synthèse de tout ce qu'on a connu. S'il a continué de te voir alors qu'il était au courant, le fait que tu lui en parles avec tes mots à toi ne le fera pas fuir, je pense !

Quand j'ai rencontré mon homme, je lui en ai parlé assez vite, parce que j'étais en thérapie, et que pour moi, c'était important de réussir à dire "oui, j'ai un problème". Après, je ne dis pas que c'était facile. En fait, j'ai longtemps eu l'impression que d'avouer que je me faisais vomir, c'était aussi humiliant que... devoir faire mes besoins devant quelqu'un (je sais, ça paraît bizarre, mais c'est la prmeière image qui me vient). Mais je pense que c'est un premier pas avant toute une série de pas qui permettent de s'en sortir.
Merci noplacetohide ;) .

Bah non, t'es pas bizarre, ou je le suis aussi alors car j'ai la même impression que toi. C'est humiliant effectivement.
Je sais qu'au fond je préfère qu'il soit au courant. On peut pas cacher ce genre de truc très longtemps.

En tout cas bravo d'en avoir parlé à ton homme de toi même, je crois que j'en serais incapable.
Finalement, ça me facilite les choses qu'il soit déjà au courant.
B I U