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Question avant de commencer une RA

30 ans 1324
J'y songe depuis quelque temps débuter une RA.. Mais je m'inquiète de mes TCA, de ces petites voix dans ma tête qui sont là, à me hurler dessus, encore et  
encore et encore. Est-ce que je peux mener à bien une RA sans les voir prendre le dessus une nouvelle fois ? Dois-je retourner voir un psy pour parler des conséquences de mes TCA, les petites voix qui ne sont toujours pas parties, contre qui je continue de lutter. Mais est-ce qu'elles vont partir un jour de toute façon ? Alors je vous demande, selon vous, que dois-je faire ? Puis-je commencer une RA malgré tout ? Avez-vous des conseils à ce propos ? Si certaines d'entre vous ont eu des TCA et ont mené à bien votre RA, comment ça s'est passé ? Comment avez-vous tenu ?
Merci de m'aider.
38 ans Sous les pins!!! 7782
pas de TCA pour moi mais je me disais pourquoi ne pas trouver un psy pour qui la RA serait une chose connue et qui pourrait t'aider justement dans ce chemin là?
41 ans 821
alors je suis en RA depuis 5 mois et je souffre de crises d'hyperphagie boulimique.
On peut très bien faire une RA avec des TCA et justement la RA va aider à les atténuer peu à peu. Il ne faut pas être jusqu'auboutiste ou hyperexigeant : la RA ne les fait pas disparaitre d'un coup de baguette magique mais peu à peu, il y a du mieux.

J'ai pu voir l'évolution chez moi : je mangeais au quotidien beaucoup trop pendant les repas pour calmer mes angoisses et j'avais plusieurs crises par mois où là je me gavais d'aliment sur le mode anesthésie et destruction.

Aujourd'hui, au quotidien, je ne mange plus trop pendant les repas,juste un peu au dessus de ma satiété mais tout ça se régule.

Sur les 5 derniers mois, je n'ai fait que quelques crises violentes (et encore rien à voir avec avant en quantité)et je les vis moins mal qu'avant.

Pour le psy, je pense que c'est une bonne idée mais un psy SPECIALISE dans les TCA (je suis suivi très régulièrement depuis 2008 par un psy et ça n'a rien fait sur les TCA, il est très bon en général mais pas qualifié pour les TCA). Aller voir n psy non spécialisé peut-être, à mon sens, contre productif : confusion entre souhait d'arrêter les TCA et de perdre du poids, conseils diététiques etc etc. C'est uniquement la RA qui a commencé à m'apporter des éléments d'aide pour la TCA. Je pense qu'une thérapie comportementale m'aiderait beaucoup mais pour le moment pas le temps, le courage et l'argent.

De toute façon débuter une RA se fait tout doucement,je te conseille le livre de Z "maigrir sans régime" et peut-être de t'offrir un abonnement à linecoaching.
100 ans 591
Lizzie34 a écrit:
Dois-je retourner voir un psy pour parler des conséquences de mes TCA, les petites voix qui ne sont toujours pas parties, contre qui je continue de lutter


Pour ma part j'avais débuter une RA il y a trois mois, que j'ai abandonné suite a ma deuxième crise d'hyperphagie.. Je ne sais pas si seule, par la simple volonté, on peut réussir a vaincre un trouble aussi profond..
L'aide d'un psy me semble nécessaire pour s'en sortir, il est important de parler de ces petites voix a quelqu'un qui a les outils pour les faire disparaitre.
33 ans 1547
Lizzie34 a écrit:
J'y songe depuis quelque temps débuter une RA.. Mais je m'inquiète de mes TCA, de ces petites voix dans ma tête qui sont là, à me hurler dessus, encore et encore et encore. Est-ce que je peux mener à bien une RA sans les voir prendre le dessus une nouvelle fois ? Dois-je retourner voir un psy pour parler des conséquences de mes TCA, les petites voix qui ne sont toujours pas parties, contre qui je continue de lutter. Mais est-ce qu'elles vont partir un jour de toute façon ? Alors je vous demande, selon vous, que dois-je faire ? Puis-je commencer une RA malgré tout ? Avez-vous des conseils à ce propos ? Si certaines d'entre vous ont eu des TCA et ont mené à bien votre RA, comment ça s'est passé ? Comment avez-vous tenu ?
Merci de m'aider.


L'idée de voir un psy me semble assez bonne. C'est la première fois que tu l'envisages ?
Tu parles de cela pour exprimer les "conséquences des TCA", ça implique que tu as déjà pu cheminer sur ce qui a pu favoriser leur développement ?
Je ne rejoins pas forcément l'avis qu'il est nécessaire de voir un psy spécialisé TCA, mais je suis d'accord sur l'importance de choisir le professionnel et de ne pas hésiter à dire ou demander par rapport à ses orientations (après, tout dépend de ce qui te convient à toi). Je rejoins l'importance de ne pas se laisser suggérer des méthodes de restriction cognitive, mais là, c'est à toi de voir si tu souhaites t'en éloigner vraiment (si tu y es). Ce n'est pas forcément évident pour tout le monde.

Cela fait un peu plus d'un an que je me suis engagée dans la rééducation alimentaire. C'est une expérience toute fraîche, subjective et relative :)

Au début, la RA a été difficile car mes TCA sont revenus en force. En commençant la RA, j'ai lâché les stratégies de contrôle qui contenaient -et entretenaient - mes TCA, donc ils ont flambé.
A noter aussi que j'étais jusque là en restriction cognitive avec toute mon adhésion pour celle-ci, donc ça me paraît maintenant assez logique que l'après-restriction ait été le lieu de compulsions à répétition.
Si ça n'avait pas été la RA, probablement qu'ils auraient flambé à nouveau quand même, et que j'en aurais souffert moralement et physiquement énormément. Là, je n'ai pas repris de poids du tout, j'ai eu peur, c'était violent, mais j'ai trouvé d'autres ressources et ça s'est apaisé. Donc si je me fie à mes expériences passées, c'est la meilleure expérience que j'ai eu d'une recrudescence des TCA. (Quelle phrase étonnante à écrire.)
Parce qu'elle a donné lieu à des créations plus qu'à des destructions je crois.

Ça m'a fait peur sur le moment, j'ai pensé que ça signait un échec de ma capacité à faire une RA car ça semblait tellement apaisant pour les autres. Je pense que le fait d'être suivie (psy et nutri) m'a bien aidé et effectivement, ça a donné lieu à de jolies transformations. Je dirais, sans trop de certitude, que ça a duré au moins deux mois, mais pas à la même intensité.
Puis ça s'est apaisé car j'ai franchi un cap dans mon rapport à mon corps à ce moment là.
Je crois que justement, les TCA ont joué un rôle dans la RA.
Avant la RA, l'alimentation était devenue une zone chaotique et sinistrée, je ne saurais même pas décrire les émotions terribles que j'avais autour de la nourriture et de l'acte de manger. Je n'ai pas pu me mettre à savourer mes aliments comme ça, à être "là" en mangeant, c'était beaucoup trop conflictuel de manger. J'en ai parlé ailleurs, ma RA s'est en fait beaucoup appuyée sur un détour, celui de l'attention sensorielle que j'ai développé (et le plaisir que j'y ai (re)découvert) dans le rapport au mouvement et à mon corps. Ça a ensuite profité à mon rapport à l'alimentation, mais dans un après coup.
Peut-être que sans TCA, ça n'aurait pas été par ce "détour" là, mais ça a été le mien. Tu posais la question de ce qui a aidé à tenir. C'est à la fois le résultat et le moyen, car ce sont ces détours qui, au delà des bénéfices "intrinsèques", m'ont aidé à tolérer, à tenir le temps de pouvoir transformer petit à petit les difficultés que j'ai par rapport à mon alimentation. (cf le post sur le rapport au sport avec la RA)

D'une façon générale, aujourd'hui, ça n'a rien de comparable avec avant, le bénéfice est manifeste.

Cela dit, pour moi, mes TCA n'étaient pas qu'une affaire d'alimentation. C'est pour cela que j'ai mis du temps avant de m'engager dans la RA, j'ai eu besoin de pouvoir cheminer sur d'autres choses avant, et d'ailleurs, pas que sur les TCA eux-mêmes. Ça a été important pour moi aussi de pouvoir prendre conscience dans une certaine mesure de ce que pouvaient servir mes troubles alimentaires.

J'espère que je n'ai pas répondu trop à côté de tes questions. Si tu demandais simplement si ça paraissait pertinent de s'engager dans une RA avec des TCA, je dirais oui sans hésiter.
Il est possible que la RA à elle seule ne suffise pas par rapport aux TCA.
Tu pourras peut-être nous dire ce qu'il en est pour toi si tu fais cette expérience là.

Tu penses à la RA depuis longtemps ? Tu saurais dire ce qui a pu te retenir jusqu'ici et ce qui te fait l'envisager davantage, poster là dessus, aujourd'hui ?
30 ans 1324
D'abord, merci pour vos réponses.
Je suis déjà aller voir un psy pour les TCA, et ça a empiré le tout parce que je notais tout sur un carnet et que ça m'angoissait. Ce n'était pas la bonne méthode pour moi, mais c'était celle qu'elle utilisait.
J'ai pensé y retourner, mais à chaque fois, je me dis que ça va, que je gère pas si mal. J'ai pensé à la RA pour arrêter de courir après celle que j'étais parce que je l'ai été par l'anorexie... Parce que j'en ai marre de peser le pour et le contre à chaque fois que je mange un truc, de vérifier les calories, d'être dans cette entre-deux où une part de moi me dit "maigris putain ! tu n'as pas honte de te présenter ainsi" et "au point où tu en es, mange, goinfre toi". Et même quand j'ai l'impression d'avoir un semblant d'équilibre, si on me dit que je maigris, je panique, si on ne me le dit pas, je m'insulte. Je me dis que la RA pourrait me permettre de manger "correctement", de manger juste pour manger en y trouvant du plaisir peut-être, sans compter surtout. J'en ai marre de compter.
Je ne sais toujours pas ce qui a causé les TCA, je mangeais en cachette des tablettes entières enfant, mais j'ignore pourquoi. Il y a eu les remarques sur mon poids par ma famille, les "tu es un tronc", les promesses d'argent si je maigrissais. Je ne me suis jamais aimée ou respectée. Et j'imagine que le premier pas à faire, c'était de régler le problème du repas, de l'étape de l'alimentation.

Mais j'ai très peur de la phase où on "relâche" les restrictions, où on ne contient plus les TCA. J'ai vraiment peur de cette phase-là, de prendre du poids, ou d'en avoir la sensation et de retomber dans une phase d'anorexie où je mangeais tellement peu que même maintenant, je n'arrive pas à croire avoir si peu manger.

J'en parlerai au psy que je vois vendredi, lui dire que finalement, mes TCA, je les contrôle peut-être, ça va peut-être mieux, mais que j'aimerai plus, que j'aimerai guérir.

Merci pour vos réponses en tout cas. :oops:
100 ans 591
Lizzie34 a écrit:
D'abord, merci pour vos réponses.
Je suis déjà aller voir un psy pour les TCA, et ça a empiré le tout parce que je notais tout sur un carnet et que ça m'angoissait. Ce n'était pas la bonne méthode pour moi, mais c'était celle qu'elle utilisait.
J'ai pensé y retourner, mais à chaque fois, je me dis que ça va, que je gère pas si mal. J'ai pensé à la RA pour arrêter de courir après celle que j'étais parce que je l'ai été par l'anorexie... Parce que j'en ai marre de peser le pour et le contre à chaque fois que je mange un truc, de vérifier les calories, d'être dans cette entre-deux où une part de moi me dit "maigris putain ! tu n'as pas honte de te présenter ainsi" et "au point où tu en es, mange, goinfre toi". Et même quand j'ai l'impression d'avoir un semblant d'équilibre, si on me dit que je maigris, je panique, si on ne me le dit pas, je m'insulte. Je me dis que la RA pourrait me permettre de manger "correctement", de manger juste pour manger en y trouvant du plaisir peut-être, sans compter surtout. J'en ai marre de compter.
Je ne sais toujours pas ce qui a causé les TCA, je mangeais en cachette des tablettes entières enfant, mais j'ignore pourquoi. Il y a eu les remarques sur mon poids par ma famille, les "tu es un tronc", les promesses d'argent si je maigrissais. Je ne me suis jamais aimée ou respectée. Et j'imagine que le premier pas à faire, c'était de régler le problème du repas, de l'étape de l'alimentation.

Mais j'ai très peur de la phase où on "relâche" les restrictions, où on ne contient plus les TCA. J'ai vraiment peur de cette phase-là, de prendre du poids, ou d'en avoir la sensation et de retomber dans une phase d'anorexie où je mangeais tellement peu que même maintenant, je n'arrive pas à croire avoir si peu manger.

J'en parlerai au psy que je vois vendredi, lui dire que finalement, mes TCA, je les contrôle peut-être, ça va peut-être mieux, mais que j'aimerai plus, que j'aimerai guérir.

Merci pour vos réponses en tout cas. :oops:


Il faut que tu arrive a vaincre cette peur de grossir. Pose toi les bonnes questions: pourquoi cette phobie ? Est-ce si important, finalement, de peser tel ou tel poids ?
Le psy peut t'aider à comprendre par quoi ce trouble est arrivé, une fois la source dévoilée tu pourras te sentir mieux et avancer sans plus penser aux calories derrière les boîtes, au nombre qu'affiche la balance.. Des choses qui sont finalement très superficielles !!
Tu es tiraillé entre deux toi qui chacun sont extremes, je connais ça. Soit tu te remplis a en imploser, soit tu te prive.. Parler avec un psy de ton passé avec la nourriture mais aussi de ta vie, tout simplement, peut calmer ces deux parties de toi et, je l'espère, les faire disparaitre.
Tiens nous au courant ! :)
56 ans île de France 1421
J'ai suivi une psychothérapie il y a quelques années, pour d'autres raisons que celles alimentaires et j'avais perdu beaucoup de poids sans y penser parce que j'avais solutionné mes angoisses.
Donc à mon avis, un suivi psy spécialisé dans les TCA ou pas est très bénéfique lors d'une RA. Je pencherais plutôt sur qqun qui ne se focalise pas sur ce que tu manges mais plutôt sur comment tu vas.
B I U