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Vide et solitude?

32 ans 940
(Je ne savais pas trop dans quelle question poster ce texte, du coup, par défaut, je le poste ici.)


En général, pour ce genre d’écrits introspectifs, je privilégie ce qu’on pourrait  
bêtement appeler mon journal intime, mais là, je sens que j’ai besoin d’être lue par d’autres que moi. Que j’ai besoin d’interlocuteurs réels. Parce que voilà, depuis quelques jours, je suis habitée d’un sentiment étrange, qu’à ma connaissance je n’ai jamais ressenti. Et je m’interroge beaucoup.

D’avance, je vous prie de m’excuser, car je pense qu’on tombe là dans des questionnements assez graves, qu’on affronte certainement tous un jour, mais qui ne sont pas très agréables à regarder en face.

Voilà. Depuis quelques jours, j’ai comme un sentiment de vide face à la vie. C’est très difficile à décrire, à expliquer, et c’est très nouveau pour moi.

Comment dire ?
D’une certaine façon je crois que j’ai toujours été à la recherche de sens (du sens, d’un sens : ça a passablement varié au fil de mon parcours). J’ai très jeune été attirée par la philosophie, que j’ai étudiée à l’université (une grande désillusion, mais c’est une autre histoire). Les questions et crises existentielles, ça me connaît.
On m’a souvent dit que je me pose trop de questions, et je suis tout à fait d’accord : j’ai d’ailleurs appris ces dernières années à m’en poser moins.

Mais ce que je ressens ces jours-ci, vraiment, ça m’est étranger, et je ne sais pas qu’en faire.
Ce n’est pas une sensation de vacuité, ou une sensation d’absurde, ou un truc lié à notre nature humaine mortelle – ce truc qui vous fait vous dire « A quoi bon ? ». ça je connais, je sais gérer.
Là c’est juste... du vide. Du rien. Sans colère, sans peur, sans tristesse, sans angoisse. C’est juste comme un trou quelque part en moi, qui n’est pas un manque non plus. Avec un arrière goût de « Si je disparaissais, ça ne changerait rien, en fait ».
(Nb : écrit comme ça, je me rends compte que ça peut faire état dépressif, mais je ne pense pas que ce soit ça.)

Si j’ai de la peine à définir, identifier vraiment ce qu’est ce sentiment, je ne m’étonne cependant pas tellement non plus de son apparition : je ne doute pas que cela soit contextuel, mais je peine à comprendre comment ce sentiment peut apparaître alors que c’est la première fois de ma vie que j’ai autant de projets et d’envies rien que pour moi (que je vais pouvoir commencer à réaliser dès le mois de septembre). Ça me paraît trop paradoxal je crois !
A ce jour, ma seule explication, c’est que c’est lié à ma séparation : dès le mois de septembre, je serai totalement célibataire, seule, et je me demande si ce n’est pas lié à ça, au fait que plus personne ne sera si intimement témoin de tout ce que je vais entreprendre pour moi-même. Comme si j’avais besoin d’un œil extérieur qui prenne connaissance de mon activité pour la reconnaître, et ainsi valider son existence. Mon couple occupait une grande place dans ma vie sociale, et comme il disparaît je crois que je me rends compte aussi à quel point je suis seule – ou disons que l’équilibre que j’avais mis en place de ce côté ne fonctionne plus (heureusement, j’ai plein d’idées pour changer ce point).
Qu’en fait, finalement, tout compte fait, moi aussi je suis un animal social et que j’ai besoin du contact de mes semblables.

Enfin voilà.
Avez-vous déjà ressenti ce genre de sensation, de sentiment de vide-rien ? Le sentiment de solitude pourrait-il en être la source ? Et vous, qu’est-ce qui donne un sens à votre vie ?

(Allez, une touche d’humour pour la fin de ce pavé: tatataaaaa! :lol: )
91 ans 9582
sans développer pour le moment... ça me parle. Beaucoup.
41 ans 31
Salut!!
JE crois que je comprends de quoi tu parles, je traverse des moments aussi de questionnements et de vide interne. Il m’arrive même d’avoir des absences pendant quelques secondes. Je crois que comme tu l’as dit cela est sans doute dû à la solitude. En effet, je viens aussi de rompre avec mon chum, il y a 3 semaines et depuis lors je ne me retrouve plus.
J’ai pourtant des projets tels que faire un master en management des projets et suivre des cours d’anglais et de danse mais tout ça me semble parfois fade.
Désolée de ne pouvoir t’apporter une aide quelconque mais juste te rassurer que ça peut arriver et j’espère que ce sera juste pour une brève période car je me demande bien si cela à la longue ne peut pas conduire à une dépression. Du courage
32 ans 940
a-nonyme: :kiss:
Ce que je peux dire pour l'instant c'est que ça m'a fait du bien de sortir tout ça de moi. Si ça peut te faire du bien aussi... ;)

baleine-rose, merci pour ton message! Fade, oui, c'est un mot qui m'est venu quelques fois, et c'est ça que j'ai de la peine à comprendre compte tenu de tout ce que je veux faire!
Pour la dépression, oui, en fait ça fait des mois que je suis dans une situation difficile, du coup je me "surveille" beaucoup de ce côté (comme j'ai déjà traversé des épisodes dépressifs je suis attentive aux signes avant-coureur et j'ai eu le réflexe de demander de l'aide à mon médecin et ma microkyné pour affronter cette période), donc ça devrait aller ;)
32 ans 940
Un ajout: baleine-rose, j'espère que de ton côté ça va donner le tour, courage à toi aussi! (Tu fais des choses simples et quotidiennes pour te faire plaisir et prendre soin de toi, sinon, en dehors de tes projets?)
91 ans 9582
en fait, ton sentiment résume ... à peu près toute ma vie. J'ai pourtant plusieurs enfants, donc je ne suis pas seule... mais seule intérieurement, oui, depuis toujours.
32 ans 940
:kiss: :kiss: :kiss:
Moi aussi, je suis seule intérieurement depuis toujours, et j'ai une vie intérieure très riche dont personne n'a vraiment conscience. Il y a des moments où ça m'a dérangé parce que j'étais aussi très très seule socialement, mais ces dernières années ça allait plutôt bien, j'avais trouvé un équilibre. Là, c'est juste que ce sentiment de solitude intérieure a comme une "texture" différente, je crois. Je me suis souvent vue comme "autosuffisante", et là c'est comme si je découvrais que ce n'est pas le cas. Je ne peux pas/plus être une île.

Etre une île... est-ce que c'est une expression qui te parle? Et est-ce que tu vis mal ce sentiment, cette solitude intérieure?
91 ans 9582
je ne sais pas si ça me pèse, c'est comme ça depuis toujours...
la disparition précoce de ma mère y est sûrement pour beaucoup.

as-tu été une enfant précoce ? ça peut être une piste...

être une île... peut être bien... un ovni, sûrement :)
N
34 ans 30
Je n’interviens vraiment pas souvent sur le forum, mais cela fait plusieurs fois que ce que tu postes m’interpelles, Tribulations… Alors juste un petit mot pour t’encourager (dans quelle direction, ma foi, je n’en sais rien), parce que j’ai parfois l’impression qu’on vit au même rythme (ton changement de vie évoqué dans un post il y a quelques mois, la séparation effective en septembre) et avec les mêmes interrogations (du moins, dans les grandes lignes ;) ), et le même genre de caractère (le concept de l’île, l’impression d’autosuffisance mais au fond cette envie de reconnaissance quelque part, et finalement ce sentiment de vide, en « perdant » la personne qui jusque-là était le témoin -l’un des rares ?- de notre vie).

Et la fadeur dont parle baleine-rose aussi, puisque finalement, cet autre qui nous accompagnait permettait d’apporter une sorte de relief à notre vie, d’avoir un miroir (je n’ai pas d’autre terme), et bien sûr, même en étant une grande solitaire, il me semble évident que le partage rend les choses plus agréables.

Je ne sais pas si je suis très claire, mais en tout cas, ce que tu as exprimé (en fait, ce que vous toutes avez exprimé) me parle également énormément…

Bref, mon post n’est pas très utile, mais je voulais vous apporter mon soutien !
41 ans 31
Oui Tribulations, au quotidien j’essaie autant que possible de me faire plaisir. Je mange ce qui me fait plaisir, le week end passé j’ai fait du shopping et j’ai acheté des tenues qui me vont à merveille. J’ai un boulot que j’aime bien et surtout qui occupe tout mon temps en semaine. Les week end c’est autre chose car les sorties entre filles je n’aime pas trop j’ignore pourquoi. C’est mon chéri qui m’avait redonné le gout des sorties : restaurant, bar, boite de nuit et j’adorais vraiment…. Du coup depuis ma séparation, week end ennuyants et naze.
Contrairement à toi, moi ce n’est pas la première fois que je vie cela, je suis déjà passée par là mais j’ai noté que c’est plus fort lorsque je sors d’une rupture et j’avoue que celle-ci m’a vraiment affectée. Anyway la vie continue et c’est à nous de la rendre belle pour bien en profiter.
Je serai en congés en aout et je vais en vacances avec une amie au Ghana, en Afrique de l’Ouest. J’espère que je vais aimer et que je reviendrai plus en forme.
Prends soin de toi :kiss:
48 ans à la maison ! 10072
Sans doute parce que quelle que soit les circonstances de la vie, on est toujours seul dans sa tête. Et il y a des moments où c'est une protection contre l'extérieur et d'autres où on a le sentiments où c'est une prison. Je ne pense pas que ça ait à voir avec la présence d'une mère ou non.
On vit dans une société dans laquelle les liens sociaux sont très ténus : plus de patriotisme, de religion qui dirige la vie entière, la famille est réduite à son plus simple appareil, le couple marital se défait aussi vite qu'il se fait, on perd son travail bien plus vite qu'on ne le gagne et on change de voisin encore plus souvent que de télé. Quand on perd l'une de ces structures, il n'en reste généralement pas d'autre et on a l'impression de se retrouver seul au monde. Certaines personnes n'ont pas de mal à s'y adapter, d'autres ne peuvent pas se retrouver face à elles-même (avec toutes les nuances possibles entre les deux).
91 ans 9582
dans mn cas perso, ça a clairement joué l'absence de mère... quand tu dois te construire autour d'un vide, ça influence forcément. Après la perdre à 8 ans ou à 20 c'est sûr que c'est différent. Ca dépend aussi si l'autre parent compense... dans mon cas, il n'a brillé que par... son absence. Ca fait beaucoup de vide ;)
91 ans 9582
ce que je veux dire aussi, c'est que cette impression de "si je disparais personne ne s'en apercevra", je l'ai depuis petite et c'était justifié... quand on laisse deux gamines de 7 et 8 ans seules à la maison (très isolée, la maison) pendant tout un WE, leur ressenti me semble des plus légitimes...

Maintenant c'est différent, si je disparais mon employeur va me chercher et les enfants se plaindre qu'il n'y a rien à bouffer :lol:
48 ans à la maison ! 10072
(pfff.... j'avais tout tapé, ça s'est effacé...)

Je disais donc que je me suis très mal exprimée : quand je dis que ça n'a rien à voir avec la présence ou l'absence d'une mère,je veux dire que ce sentiment apparait chez tout le monde un jour ou l'autre. Mais, forcément, l'absence d'une mère (d'un père ou les deux dans ton cas, finalement) fait qu'on se retrouve seul face à soi.

Et tu manquerais à tes enfants pas seulement pour la bouffe ou la lessive.
91 ans 9582
trashrap a écrit:


Et tu manquerais à tes enfants pas seulement pour la bouffe ou la lessive.


que tu dis :lol: :evil: ;) :arrow:
B I U


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