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ma RA, mes réussites, mes doutes

93 ans 229
Bonjour à tous,

Je viens de me présenter dans le forum dédié, alors maintenant je me permets de venir vous parler de mes problèmes de poids en espérant avoir des  
réponses, ou des témoignages par rapport aux questions que je me pose encore.

Pour dresser le tableau, j'ai grossi à l'adolescence. J'étais une enfant mince, voire très, je le réalise en regardant les photos. On me disait quand même que j'avais un petit bide. :shock:
Je me rappelle que je pesais deux ou trois kilos au dessus de ma taille en cinquième. J'ai eu quelques moqueries à l'école, mais c'est surtout ma mère qui paniquait, qui me grondait en me pesant (une horreur). Elle-même est très préoccupée par son poids, et je crois que ça la terrorisait de me voir grossir. Finalement, je me suis stabilisée vers les 71kg pour 1m65 vers le lycée jusqu'en fac.

Après, j'ai pris encore du poids, environ une dizaine de kilos, et je me suis stabilisée il y a quatre ans autour de ce chiffre.

Pourquoi ce surpoids ? Clairement, j'adore le sucré, ce qui est presque inexistant dans ma famille parce que "c'est mauvais, ça fait grossir". Du coup, je mangeais en cachette, avec avidité, des biscuits et des bonbons.
Autre problème, la cuisine n'a jamais été le truc de ma mère, ni le mien, du coup je trouvais aux légumes un manque de goût terrible.
J'ai quand même la chance d'avoir une bonne hérédité je pense (famille très mince), et je n'ai pas développé de TCA (manger deux paquets de biscuits ou de bonbons, même si c'est sans faim, me semble un peu faible pour parler d'hyperphagie, dites moi si je me trompe). J'ai essayé de me faire vomir en troisième, heureusement cette habitude est passée au bout de quelques semaines. :evil:

Je crois que ma grande chance a été de ne jamais avoir eu la fameuse VOLONTE, ce qui m'a fait échapper aux r*****. Grâce à vous ;) , je réalise à quel point cette volonté tant vantée par les médias et le monde entier est terrible, et à quel point ce qui peut passer pour un défaut m'a sans doute sauvé de pas mal de choses.

Il y a un an environ, j'ai eu une sorte de « déclic ». Impossible à décrire, mais je me suis dit que j'allais arrêter de grignoter entre les repas. Du coup, je mangeais tout ce que je voulais aux heures des repas, je continuais à me faire un méga goûter (trois bols de corn flakes + d'autres trucs), mais plus de grignotages. La première semaine, j'ai perdu un kg. Je l'ai repris la semaine d'après, mais à la fin du mois, pour la première fois en quinze ans, l'aiguille de la balance était repartie dans l'autre sens.

Ça m'a motivée, j'ai décidé de me mettre à la cuisine, de me renseigner, j'ai découvert W***** W******, compté vaguement les points, bref je me suis mise au r***** pour de vrai, même si comme tout le monde ça me semblait bien plus vrai de dire « rééquilibrage alimentaire », « mais non, je mange ce que je veux, je fais juste attention »... Je suis aussi devenue accro à la balance, objet que je fuyais depuis des années, au point d'en acheter une bien plus précise et méchante.
Un soir, dans mon lit, j'ai eu faim, et j'ai paniqué. Je ne me suis pas relevée, mais j'ai réalisé que je ne pouvais pas vivre en paniquant à l'idée d'avaler un biscuit à 22h. Et je suis tombée sur VLR quelques jours plus tard.

Depuis, j'essaie de manger avec faim, je mange plein de gâteaux, de bonbons, de biscuits, et j'arrive à m'arrêter. Comme j'ai appris à cuisiner quelques trucs (le r**** m'a quand même permis de découvrir des saveurs inconnues), j'ai aussi d'énormes fringales de fruits et légumes, je deviens curieuse. Je suis partie en vacances plusieurs fois loin de toute balance, j'ai mangé que des choses mauvaises pour la ligne, et je n'ai pas grossi. En fait, j'ai même retrouvé un poids normal.

Quelques problèmes subsistent encore :


La balance : je me pèse plusieurs fois par jour. :oops: C'est n'importe quoi. Quand je suis en vacances, je n'y pense pas ou très peu, mais si je suis chez moi, j'ai besoin de vérifier. J'ai pourtant pu constater que si je m'écoute, ça va, mais c'est plus fort que moi.
L'envie de perdre du poids : je pèse un poids tout à fait normal, je me trouve souvent canon dans la glace (un peu plus de fermeté ne serait pas de refus, mais ça c'est avec le sport que je peux le faire), mais je veux peser moins. En plus, je n'arrive pas à savoir si je suis vue comme rondelette, normale ou mince (et je ne peux pas faire confiance à mes proches, qui en plus ont aussi une vision tronquée de moi).
La culpabilité : c'est variable, mais de manière générale, je continue à me dire qu'il faut que je mange moins sucré. Je ne compense pas avec de la salade verte qui va elle me faire grossir, mais je ne me suis pas débarrassée de cette séparation bons aliments/mauvais aliments. Et si j'ai faim et que je grignote à minuit, j'ai toujours un petit pincement au cœur, même si je SAIS que je DOIS manger. En fait, c'est lié à une autre peur, celle de replonger. Hier, j'ai acheté une dizaine de paquets de gâteaux, de bonbons (quelle idée de faire les courses avant le goûter) en me disant que j'allais me faire une orgie en sortant. Finalement, comme à chaque fois, je n'ai pas exagéré (un demi paquet de bonbons et une demi tablette de chocolat aux noisettes, mais presque tout avec faim :D et un peu par envie), mais je n'arrive pas à me défaire de cette terreur.
Les achats de fringues frénétiques : avec ma nouvelle silhouette, j'ai dû me refaire une garde-robe. Je me sentais bien, j'avais plein de compliments sur mes nouvelles acquisitions, alors j'ai voulu me faire plaisir, et j'ai vraiment développé une obsession pour les vêtements (entre 2000 et 3000 euros dépensés depuis janvier :oops: ). Je me suis calmée depuis deux mois, financièrement ça ne m'a pas posé problème, mais j'ai peur de transférer mon besoin de me remplir le ventre sur les fringues.

Désolée pour ce pavé, j'espère vraiment que certains auront le courage de le lire.
35 ans 1547
Tu écris d'une façon qu'il est agréable de te lire.

Cette phrase, je la trouve très forte:
Citation:
Un soir, dans mon lit, j'ai eu faim, et j'ai paniqué. Je ne me suis pas relevée, mais j'ai réalisé que je ne pouvais pas vivre en paniquant à l'idée d'avaler un biscuit à 22h.


J'ai l'impression que là où tu en es c'est plus une question émotionnelle et psychologique qu'une question alimentaire; que les principes de la RA méritent ton attention mais que c'est sur un autre plan que tu as besoin d'avancer et de mettre les choses à plat.

Qu'en penses-tu ?
93 ans 229
En fait, ce fameux soir, c'était il y a presque un an. C'est là que j'ai réalisé que j'étais au r****, et que j'avais la trouille de regrossir. Je n'étais pas du tout dans une démarche qui visait à apaiser ma relation avec la nourriture.
Depuis, si j'ai faim à 22h, je mange. Comme je le dis plus haut, je ressens souvent un peu de culpabilité en le faisant, mais je sais que de toute façon, j'en ai besoin et que si j'y réfléchis de façon rationnelle, c'est ce qu'il faut faire.

Après, tu as raison de pointer l'aspect psychologique de la chose. Comme beaucoup de personnes ayant des problèmes de poids/avec la nourriture, il y a des angoisses derrière. J'ai grossi à des moments précis. Je réalise aussi à quel point mon entourage familial a (involontairement) influencé mon rapport à la nourriture. Jusqu'à il y a un an, je n'avais jamais compris à quel point ma mère est obsédée par son physique (et pour cause, elle est hyper bien foutue). Et je soupçonne certaines de mes amies de souffrir/d'avoir souffert de TCA, chose que je n'avais jamais imaginée, mais qui me saute aux yeux depuis que j'ai entrepris ce travail sur moi.

Je ne vois pas de psy, mais en fait ma perte de poids a débuté avec une prise de conscience dans pas mal de domaines. Ça doit être l'âge. :lol:

Après, c'est long, je suis loin d'avoir tout réglé (un an, c'est hyper court...), et je me rend compte à quel point c'est périlleux. Plein de fois, j'ai eu peur. Je me suis même dit que ce serait plus sûr de regrossir :roll: (sauf que maintenant, manger jusqu'à l’écœurement, je ne peux plus).

En plus, c'est un sujet que je ne peux pas vraiment aborder autour de moi. Les personnes qui n'ont jamais eu de problème de poids ne comprennent pas que dire "il faut manger à sa faim, c'est tout" est incompréhensible quand notre rapport à la nourriture est biaisé, et les autres sont dans des démarches de r****...
C'est pour ça que je trouve ce forum très bien. En lisant des témoignages, des conseils venant de membres bien plus avancés que moi dans la RA, j'ai pu avancer.
B I U