MENU Le Forum Vive les rondes Connexion

les gens qui accostent dans la rue, comment le vivez-vous ?

34 ans Lyon 125
j'ai toujours plus ou moins considérée qu'être grosse me rendait partiellement invisible aux yeux des gens (avec ses avantages et ses inconvénients) mais depuis quelque temps, je suis revenue sur  
cet avis

étant quelqu'un de foncièrement solitaire (très peu d'amis et célibataire), je me promène dans la rue seule
régulièrement, je suis abordée par des gens et je trouve ça particulièrement désagréable
le plus souvent, il s'agit d'alcooliques déjà assez avinés mais pas toujours

entre les approches très subtiles du genre "mademoiselle tu es charmante" (merci pour le mademoiselle auquel je tiens mais si vous pouviez me vouvoyer, je serai contente <_<) ou plus vicieuses genre "je cherche tel bus/métro/tram" et quand j'ai répondu, "tu veux boire un verre ?", je ne sais plus trop quoi penser
généralement, il n'y a pas de violence dans les propos même quand je décline assez sèchement la proposition mais cela me met toujours mal à l'aise (essentiellement parce que je n'ai personne pour me "défendre" en cas de besoin)
certains sont collants (et ça me fait vraiment flipper), la plupart laissent couler sans insister

hormis le fait d'être effrayée par ces "contact" indésirés, je ne peux m'empêcher chaque fois de me demander pourquoi ces types s'adressent à moi, parce que je suis seule et que j'ai manifestement l'air d'une pov' fille tellement en manque qu'il suffit qu'ils me parlent pour que je les suce ? <_<, parce qu'ils sont, eux, des pov' types tellement en manque qu'il abordent indifféremment tout ce qui a des cheveux longs et de la poitrine (donc pourquoi pas un métaleux en surpoids ^^) ?

je prends ça fort mal, ça ne m'amuse pas, ça ne me plait pas, je ne me sens pas valorisée du tout (bien au contraire), je ne considère même pas que ce soit de la drague, car c'est trop peu ciblé/personnalisé

j'ai aussi malheureusement constaté que ces gens étaient souvent des mêmes origines éthniques (et n'étant pas raciste, ça me navre, car ils ne font que renforcer eux-même l'animosité que l'on peut avoir contre eux)

je ne prend aucun risque inconsidéré, mais je suis quand même trop souvent confrontée à ce genre de comportement (aux arrêts de transports en commun, dans les centre commerciaux)
je n'arrive pas rester sereine face à ça, selon les lieux, soit je réponds méchamment, soit je baisse les yeux et file vite

êtes-vous confrontés à ce genre de comportement ? comment réagissez-vous ?
90 ans 9582
ah mais ça n'est pas réservé aux rondes, j'ai été emmerdée à toutes les corpulences... et en général ils en ont eu pour leur argent :lol:
90 ans 9582
cadeau, si tu ne connaissais pas... je l'ai déjà mise sur le forum mais je ne m'en lasse pas

https://www.youtube.com/watch?v=AUY8GEfGHKo
34 ans Lyon 125
bien sûr que ce n'est pas réservé aux rondes, je n'ai pas dit ça, je dit juste que j'aurais pensé être à l'abri d'une certaine manière et qu'en fait non

c'est juste qu'étant ronde, je me demande toujours "pourquoi moi ?"
je ne me demande même pas si c'est pour se foutre de ma gueule (ce qui serait méchant mais pas dangereux)

je demande vos réactions en tant que femme avant tout
comment vous le ressentez, comment vous le gérez
90 ans 9582
non, être ronde ne protège pas, parce qu'il y a des hommes qui aiment ça (si si, en vrai ! ;) ), ou des hommes suffisamment en manque pour aborder une femme qui n'entre pas dans leurs critères parce que les autres ne veulent pas d'eux.

je ne le vis plus si mal qu'avant, privilège de l'âge, mais je leur fais toujours regretter leur impudence :lol:
40 ans Petite fleur bleue 690
Moi j'aime bien, je sais je suis marteau, mais ça me flatte et me remonte le moral :D
34 ans Lyon 125
de toute manière, que le mec soit réellement intéressé par moi (enfin, ce qu'il voit de moi puisqu'il ne connait rien d'autre) ou non, et même si, par un incroyable miracle, il pouvait me plaire, ça me fout quand même les boules (et de toute façon, aucun des ces indésirables ne s'est encore trouvé être potentiellement à mon goût)

le "dragueur en série" qui tente parce que "qui ne tente n'a rien" (il a tenté mais il n'a toujours mais bon tant mieux s'il est optimiste), en général, il lâche l'affaire aussi sec
ça me dérange et me gêne, mais ça ne m'inquiète pas

mais d'autres cas m'inquiètent réellement

ça ne vous arrive jamais ? ou vous n'êtes jamais seule bien longtemps pour vous sentir menacée ?

je suis toujours à chercher les caméra de surveillance, juste au cas où, pour m'en servir comme une "arme dissuasive"
j'ai vraiment l'impression d'être parano à dire ça...
90 ans 9582
je me balade toujours seule en ville, ou alors avec mes enfants, mais pas de chevallier servant pour me protéger ;)
30 ans En Indochine 573
Bah il faut le prendre avec humour même si y en a des bien relous. Tant qu'ils vous poursuivent pas jusque chez vous ça va xD

Mais je confirme que ce genre de gars ne choisit pas forcément les filles rondes, mais dès qu'ils en croisent une qui est seule et qui leur semble potable --'
J
39 ans Paris 1842
Ils emmerdent toutes les femmes, sans distinction de corpulence. D'où les campagnes récentes contre le harcèlement de rue.

Perso, cela m'arrive assez souvent. Je souris trop spontanément dans la rue^^ (qui l'eût cru ^^).

J'ai le "connard" assez facile, je suis aussi capable de faire demi tour pour aller demander des excuses les jours où je suis mal lunée. La plus part du temps, je me contente de soupirer et d'ignorer. Je n'ai pas peur en général, je suis juste saoulée.

Je suis allée dimanche à un stage d'auto-défense. Les moniteurs nous ont conseillé de ne pas trop sourire, de rester sur le vouvoiement, et de préserver notre espace, ne pas laisser le type trop s'approcher le cas échéant, notamment en tendant les bras devant soi, dans un geste d’apaisement: ça transmet un message de calme, et ça empêche de trop s'approcher.

Au passage, si le mec est alcoolisé, il sera pas très stable, tu ne risques pas grand chose ;)

Sinon, je pense que ces types sont frustrés et plongés dans une misère sexuelle et sentimentale assez terrifiante. Mais que c'est pas une raison pour m'embêter :)
34 ans Lyon 125
moi j'ai peur parfois
je sais très bien que si le mec devient agressif, je ne courrai pas bien loin/vite :(

je ne souris pas (ou alors très rarement) dans la rue, c'est même plutôt le contraire, je fais la gueule donc je comprends pas pourquoi ils perdent leur temps (et me font perdre le mien)...
avant je faisais comme si j'avais pas entendu (ça tombe bien, je suis un peu bouchée) mais une fois, un type m'a attrapé le bras
depuis je préfère éviter...

je doute de l'utilité de la bombe anti-agression si on ne sait pas s'en servir ^^
J
39 ans Paris 1842
Elianora a écrit:
moi j'ai peur parfois
je sais très bien que si le mec devient agressif, je ne courrai pas bien loin/vite :(

je ne souris pas (ou alors très rarement) dans la rue, c'est même plutôt le contraire, je fais la gueule donc je comprends pas pourquoi ils perdent leur temps (et me font perdre le mien)...
avant je faisais comme si j'avais pas entendu (ça tombe bien, je suis un peu bouchée) mais une fois, un type m'a attrapé le bras
depuis je préfère éviter...

je doute de l'utilité de la bombe anti-agression si on ne sait pas s'en servir ^^


Dimanche, les moniteurs nous ont dit que ça avait toutes les chances de se retourner contre toi. (genre la fille qui a fait 3 h de cours de self défense et qui est devenue une pro ^^).

Sérieusement, tu ne risques pas grand chose. Et y a peu de chance que le mec te poursuive: ce sont des minables, ils vont à la facilité.
30 ans En Indochine 573
Je pense (mais ça n'est que mon point de vue hein) qu'il faut essayer de ne pas leur montrer que tu as peur, parce que ça se voit et ça se sent.

Dans les rapports entre les gens, il a toujours une grande partie de non verbal. Donc même si tu es pas tranquille, tu poursuis ta route, tu remballes le gars gentiment s'il insiste un peu et puis c'est tout =)
34 ans Lyon 125
oui, je sais qu'avoir peur est idiot, inutile et contre-productif (j'aime bien ce mot) mais c'est pas toujours très réfléchi ^^
80 ans Bretagne 724
Elianora a écrit:
Je demande vos réactions en tant que femme avant tout
comment vous le ressentez, comment vous le gérez


Agacement.

J'ai du être flatté les, quoi...dix premières fois? En étant généreuse. Après, tu t'aperçois que ce n'est pas un réel compliment. Que t'es juste à leur disposition, dans la rue, et qu'ils aiment te le faire savoir.
Il y a trois choses qui m'ont fait detester vraiment ce harcèlement. La première, c'est lorsque je me promenais tard le soir dans les rues, j'avais(j'ai) en arrière pensée la peur d'être violée. Or mes parents ne m'ont jamais inculqué cette peur, je ne connaissais personne ayant été agressé, et n'ayant pas la télé, ni aucun média qui colporte des faits divers, je n'ai jamais été soumise à ce message. Pourtant, j'avais cette peur. Parce que l'expérience du harcèlement de rue m'avait bien martelé en tête que les hommes me regardaient dans la rue comme baisable, et accessible.

La seconde, et c'est assez con (Dans cette anecdote, vous decouvrirez combien je suis longue à la détente) c'est lorsque je me suis aperçue que je ne prenais aucun plaisir à me faire complimenter dans la rue, ou extremement rarement(Cela arrive, tout de même. Lorsque quelqu'un te fait un compliment vraiment spontané, et n'espere rien derrière, surtout n'insiste en rien pour continuer à te parler ou obtenir une réponse de toi, et respecte ton espace. Mais c'est extremement rare.).
En fait, j'étais souvent juste mal à l'aise. Et pourtant, lorsque j'en parlais, je faisais comme si c'était flatteur, tout ça. Même si mon malaise m'envoyait les signaux inverses.
Parce que c'était ainsi qu'on attendait de moi que je le prenne, qu'importe mon ressenti. (D'ailleurs, lorsque j'ai tenté de parler du fait que je n'aimais pas ça, tout le monde m'a dit "attention à ne pas refuser les compliments, ne te ferme pas". Même les femmes de ma famille qui ont vécu ce harcèlement. Et il a fallu qu'on en parle, que j'essaye de les renvoyer à leur vécu pour qu'elles comprennent le malaise, lorsqu'elles ont admis qu'elles non plus n'avaient pas aimé ça. On est censées être flattées, honorées, et le fait que ce ne soit pas le cas, et même souvent insécurisant, est un paramètre dont personne n'a que foutre.)

Et la troisième, c'est lorsque je me suis aperçue que je disais "pardon" aux mecs qui insistaient lorsque j'avais clairement exprimé mon manque d'envie d'entrer en interaction avec eux. Cela peut sembler étrange, mais m'en apercevoir m'a réellement choquée. Je leur demandais pardon de refuser leurs avances insistantes et déplacées. Genre ils étaient dans leur bon droit, et j'étais coupable de ne pas y répondre, au point d'avoir le réflexe de m'excuser.

(J'en rajouterais une quatrième : lorsque, discutant avec un ami, je me suis aperçue que je mettais des moyens en oeuvre pour ne pas être emmerdée : dans le bus, le métro, la rue, ne surtout pas croiser le regard d'un homme -de l'âge type-, si malgré tout cela arrive, avoir aussitôt le regard vide, faire semblant de ne pas entendre et passer rapidement sur un homme tente de me dire bonjour dans la rue, éviter de regarder un homme en souriant, ne surtout pas répondre à un signe... Et ces manips, qui je pense sont assez basiques pour toutes les femmes qui vivent dans un endroit où le harcèlement de rue est une réalité quotidienne, ces manips qui me semblaient parfaitement naturelles, ben, cet ami...il était stupéfait de les entendre. Lui, dans la rue, ne ressentait jamais, absolument jamais le besoin d'adapter son comportement.)

Parfois, il se passe plusieurs jours sans que je me fasse emmerdée. Au début, me passe parfois par la tête : "Tiens, il s'est passé quelque chose, je suis devenue laide?". Et puis cela recommence, et je me souviens que c'est toujours aussi chiant, et toujours aussi insécurisant, et combien je me sens plus puissante, plus "à ma place" lorsque personne ne vient m'emmerder dans la rue.

Sinon, niveau origines ethniques...chez moi, j'sais pas. Ca doit vraiment dépendre des quartiers, des villes... Les fois où je me suis sentie en danger, c'était toujours des blancs (Le quarantenaire qui, à 15 ans, te suit jusqu'à chez toi, le mec du même âge qui stationne en voiture à côté de ton lycée et qui t'attire en ayant l'air de vouloir te demander un service, puis qui t'attrape par le poignet en essayant de te faire monter, les groupes de mecs bourrés prêts de chez moi qui te collent à plusieurs et te demandent de les sucer...)
B I U