MENU Le Forum Vive les rondes Connexion

Baclofene et craving...

33 ans 4878
Suite à un sujet qui n'a rien à voir avec des problèmes de troubles du comportement alimentaire mais qui concerne l'addiction à l'alcool, a été évoqué par Poirier un médicament,  
le baclofène... prescrit dans les cas d'addiction à l'alcool, notamment parce qu'il agit sur le craving.
Donc déjà voici ce qu'est le craving (source wiki mais bon ça se tient ;) ) : "Le craving (de l'anglais: « désir ardent, appétit insatiable ») représente une impulsion vécue sur un instant donné, véhiculant une envie de consommation d'un produit psychoactif et sa recherche compulsive ou encore l'application d'un comportement.

Or ce mot a fait tilt puisque c'est précisément le problème qui me "bouffe la vie" depuis quasi toujours... J'ai fait de l'hyperphagie également mais uniquement créée par le fait que je ne cédais pas à mon craving... Et donc je me suis dit, si ça guérit le craving alcoolique, pourquoi pas le craving alimentaire? Donc je suis allée zieuter si il y avait des cas sur le net et là, je me suis rendu compte qu'il y avait de nombreux cas de personnes ayant réussi à mettre un terme à leurs TCA avec ce médicament.

Bref, donc deux choses... Pensez vous qu'il est raisonnable de commencer un traitement juste pour calmer ses TCA (sachant que je suis en thérapie depuis de nombreuses années entre autre pour ce souci, que j'ai fait de la RA, de l'hypnôse, de l'acupuncture et j'edn passe et que jusqu'à présent rien n'a pu le faire passer)? Et d'autre part certaines ont elles déjà eu recours à ce traitement pour des problèmes de TCA ici même?

Voilà, merci à vous pour vos avis et témoignages ;)
33 ans 1547
Je n'avais jamais entendu parler de l'usage de ce médicament pour l'impulsivité alimentaire.
Après de petites recherches, on dirait que Zermati en a parlé en 2013 de façon semble-t-il, très prudente (rien de très précis ici, page 6: http://www.gros.org/si...osinfo_ndeg11_octobre_2013.pdf ) et sur un chat de linecoaching le médecin semble s'intéresser à cette question mais ne pas avoir assez d'expérience de ce type de traitement.
33 ans 1547
Pour la question du caractère raisonnable de commencer un traitement pour des TCA, je crois que là, on touche à une réflexion qui me dépasse un peu.
Je n'y serai pas prête aujourd'hui, personnellement, mais je suis convaincue que les hormones jouent un rôle, je ne sais pas si c'est en cause ou en effet, et à mon avis c'est très complexe.
J'avais déjà eu un traitement naturel (pas un médicament mais un complément alimentaire) de proposé par une nutritionniste qui avait repéré grossièrement un déficit sérotoninergique dans mon comportement (qui est un neuromédiateur utilisé également dans le soin aux dépressions mais aussi on a eu la surprise de découvrir qu'il était utile pour les personnes souffrant de compulsions comme par exemple ayant des TOCs vu que ce neuromédiateur, de façon forcément caricaturale et fausse, a pour fonction de freiner, ralentir, arrêter une impulsion).
K
42 ans 728
Les autorités sanitaires ont sonné l'alarme fin décembre. L'utilisation du baclofène pour traiter les TCA est un détournement de son usage initial, avec les risques que cela comporte.

http://www.lequotidien...-l-usage-detourne-du-baclofene
33 ans 1547
J'ai regardé sur un site qui regroupe pas mal de revues médicales, je ne trouve quasiment aucune publication là dessus. Il doit y avoir peut être des protocoles expérimentaux en cours et sinon, comme le dit l'article de Klarisa, des usages détournés.

Tu pourrais tout à fait contacter le GROS là dessus, voir s'ils ont de la documentation à ce sujet ou un avis. Bref, s'ils peuvent t'orienter.
33 ans 4878
Merci beaucoup les filles ;) Papille, je trouve d'ailleurs que ce questionnement se rapproche un peu de celui autour de la chirurgie de l'estomac que tu as... Doit on avoir recours à la science et au médical pour guérir des problèmes liés uniquement à notre capacité à se contrôler ou à notre dépendance à l'alimentation (donc des problèmes qu'on pourrait à priori pouvoir rêgler autrement).
Je vais en parler avec ma psychiatre la prochaine fois que je la vois et en effet faire des recherches un peu plus approfondies, y compris auprès du GROS ;)
Merki !
33 ans 4878
papille a écrit:
J'avais déjà eu un traitement naturel (pas un médicament mais un complément alimentaire) de proposé par une nutritionniste qui avait repéré grossièrement un déficit sérotoninergique dans mon comportement (qui est un neuromédiateur utilisé également dans le soin aux dépressions mais aussi on a eu la surprise de découvrir qu'il était utile pour les personnes souffrant de compulsions comme par exemple ayant des TOCs vu que ce neuromédiateur, de façon forcément caricaturale et fausse, a pour fonction de freiner, ralentir, arrêter une impulsion).

J'ai un problème de sérotonine puisque je fais de la dépression de façon assez récurrente et que le seroplex m'est toujours prescrit mais étonnament en dépression j'ai tendance à faire de l'anorexie... Donc visiblement le manque de sérotonine chez moi coupe ces envies alimentaires, là ou un rééquilibrage les fait réapparaitre (+30 kg sous séroplex en 1 an et demi après ma dépression)...
111 ans 2413
Le Baclo est déjà un médicament issu lui même d'un "détournement". Si je me souviens bien de l'histoire, je crois même que c'est un toubib qui l'a testé sur lui pour sa dépendance à l'alcool.

Et je me dis que si maintenant la question d'un autre détournement (voire plusieurs d'ailleurs apparemment) se pose, c'est parce que des gens ont essayé.
Et que si des non alcooliques ont pu essayer ça doit être parce que leur toubib a fait une prescription dite "de complaisance".

Après, comme tout médoc, il y a des effets plus ou moins désirables. D'ailleurs c'est aussi comme ça, par les retours qu'on peut tracer et "détourner" l'usage d'une molécule.

Donc je ne me prononce pas de savoir si c'est judicieux ou pas comme interrogations, mais je comprends que tu te poses des questions. 8)

Il me semblait avoir vu une trace de cette question là sur le réseau du GROS mais je croyais que c'était sur le débat de début janvier. Je sais plus du coup...
33 ans 4878
Oui j'ai vu aussi qu'initialement c'était destiné à toute autre chose. Mais je parlais récemment avec un ami qui bosse en labo pharma et qui me disait qu'avec tous les médocs qui existent déjà sur le marché ils font beaucoup plus de tests pour voir les multi utilités des médicaments que pour en chercher de nouveaux en fait...
Et après je me dis si c'est déjà issu d'un premier détournement, que ça a été officiellement validé pour traiter les pb d'addiction à l'alcool, je ne vois pas pourquoi ça ne traiterait pas l'addiction à la bouffe, d'autant que visiblement ça traite le mécanisme de l'addiction en général... mais à mon avis avant que ce soit validé pour cet usage, avec la pression des lobbies des régimes et de l'amaigrissement...
Bon après à voir...
33 ans 1547
Nenufar a écrit:
Merci beaucoup les filles ;) Papille, je trouve d'ailleurs que ce questionnement se rapproche un peu de celui autour de la chirurgie de l'estomac que tu as... Doit on avoir recours à la science et au médical pour guérir des problèmes liés uniquement à notre capacité à se contrôler ou à notre dépendance à l'alimentation (donc des problèmes qu'on pourrait à priori pouvoir rêgler autrement).
Je vais en parler avec ma psychiatre la prochaine fois que je la vois et en effet faire des recherches un peu plus approfondies, y compris auprès du GROS ;)
Merki !


La complexité réside dans le fait que tout ça est éminemment lié: somatique, comportemental, psychologique, environnemental...
Je crois qu'historiquement parlant on observe aujourd'hui une tendance à médicaliser les troubles qui ne sont pas forcément d'origine somatique.
Pour moi je prends déjà soin de mon corps au sens somatique, même sans médicament et opération, rien qu'en faisant ce que j'adore car c'est bien là ce qui va me dopaminergiser :D mais aussi entretenir l'équilibre global de mon organisme, etc. C'est un effet secondaire non négligeable, même s'il n'en est pas la cause du comportement (faire ce que j'aime), je n'oublie pas que mon corps (cerveau) est fait pour mémoriser les sources de ces hormones vitales et les rechercher ensuite, il peut donc en devenir un renforçateur et à ce titre une cause partielle après coup. Chercher à différencier tout cela est forcément nécessaire pour déplier un peu les choses, mais aussi illusoire.
47 ans Lorraine 4326
ca me fait penser au nouveau medoc "anti-obesité" qu'un labo tente d'imposer sur le "juteux" marché .
Ce medicament contient de la naltrexone , qui est utilisé contre la dependance aux opiecés et à la drogue ....
33 ans 4878
Papille : en fait depuis que je suis en analyse j'ai l'impression de déplier des trucs mais du coup d'avoir toujours plus à comprendre et analyser, et autant j'ai progressé sur bcp de choses, autant mes pb de tca n'ont pas bougé d'un iota... Alors que psychologique j'ai vachement évolué, je vais mieux etc... mais je compense avec la bouffe depuis tellement longtemps... et je sens que certaines choses à l'origine de tout ça ne veulent pas sortir... malgré l'analyse, l'hypnose etc... Mais bon on ne sait jamais, si les filles qui font de la chir (alors qu'elles ont pour beaucoup des TCA, malgré le fait que ce soit contre indiqué) arrivent à cesser il doit y avoir une raison, je me dis que ce médoc pourrait vraiment aider et peut être permettre au corps de se sevrer de certaines habitudes, qui, au bout d'un moment, prennent le pas sur les causes.
Ladybuguette : mon rapport à la bouffe (et à pas mal d'autres choses, pour ça que je n'ai jamais voulu fumer, prendre de drogues etc) se rapproche de celui d'une droguée à sa came. Je suis capable de faire des crises d'angoisse terribles si je n'ai pas ma bouffe (sucrée) quand je lutte pendant des heures contre ma tendance au craving et que ça finit par se transformer en crise... C'est vraiment extrème. Du coup je me dis que si ça agit sur la dépendance ça peut peut être le faire...
47 ans Lorraine 4326
Je comprends Nenufar . Je te donnais cette info pour te dire que c'est envisageable comme "solution" puisque c'est entrain d'etre testé.
l'idée ne parait pas idiote .

Tu nous diras ce que ta psy en pense ?
33 ans 4878
Oui bien sur je vous tiendrai au courant ;) merci pour vos paroles & conseils les filles ;)
33 ans 1547
Nenufar a écrit:
Mais bon on ne sait jamais, si les filles qui font de la chir (alors qu'elles ont pour beaucoup des TCA, malgré le fait que ce soit contre indiqué) arrivent à cesser il doit y avoir une raison, je me dis que ce médoc pourrait vraiment aider et peut être permettre au corps de se sevrer de certaines habitudes, qui, au bout d'un moment, prennent le pas sur les causes.


Pour moi l'opération, comme un médicament, ne règle pas cela. J'utiliserai un peu de façon abusive la différence entre traitement curatif et traitement palliatif.
L'un règle le souci, or j'ai cru comprendre qu'une chirurgie gastrique n'empêchait pas les TCA mais contraignait simplement leur expression (choix des aliments lors des compulsions par exemple; ou nouveaux tca comme anorexie).
De même que le traitement agira peut être sur un processus chimique, le temps qu'il sera pris. Mais là je m'avance un peu car je ne connais pas le médicament dont tu parles, peut-être est-il curatif.
Ce que je me dis c'est que ça peut donner une certaine occasion de mettre au travail un ensemble de facteurs un temps suffisant pour qu'à côté on puisse dépasser certains de nos troubles. Par exemple je n'exclue pas qu'une personne avec TCA se fasse opérer avant d'avoir pu les régler et qu'à l'occasion de cette expérience, elle parvienne à explorer et aménager autre chose pour elle (mais il s'agira moins de l'opération que de la façon dont elle s'en sera servie).

Par contre je m'excuse mais je n'ai pas réussi à comprendre si quand tu parles de craving pour toi tu parles d'impulsion vers l'alcool ou vers la nourriture ?
B I U