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Phobie sociale : s'en sort-on vraiment un jour ?

37 ans On my black cloud in a white heaven 7469
Bonjour,

Tout est plus ou moins dans le titre ... J'ai ce questionnement depuis quelques jours, depuis ma reprise de boulot mercredi en fait.

J'ai commencé à développer une phobie sociale à  
12 ans, mes parents n'ont jamais vraiment compris (ils n'ont pas été méchants, c'est juste que l'aspect psy leur échappent un peu, ils n'ont jamais pensé à mal), du coup je me suis battu seule. Le médecin traitant, me voyant aller de plus en plus mal et moi refusant le psy m'a prescrit du deroxat à 17 ans.

Le fait de commencer le traitement, d'aller en stage de BTS puis de travailler ensuite m'a aidé à sortir la tête de l'eau et à avoir une vie à peu près normale.
J'ai commencé à voir des psys vers l'âge de 23 ans car je sentais toujours un mal être.
Evidemment, les relations sociales n'ont jamais été top. Pas beaucoup d'amis, pas d'activités, casanière tout ça quoi.

Aujourd'hui, je ne prends plus de Deroxat mais du Seroplex et suis en phase de sevrage (qui sera long car 15 ans de traitement quand même ...). Je suis suivie par un psychiatre pour le sevrage et un psychanalyste qui m'aide à avancer et comprendre des choses.
Mon passé a laissé des traces dans la mesure où je me suis forgé un caractère d'ourse un peu asociale (cf. post sur mon sentiment d'être inadapté socialement), pas parce que ça m'effraie (enfin, si parfois) mais surtout parce que le monde me gonfle et je sature vite de trop d'échanges/moments en société. Et truc qui m'énerve aussi c'est que les changements de rythmes me stressent. Je voulais pas être en vacances car j'avais peur de m'ennuyer et là je voulais pas reprendre parce que finalement, j'étais bien en vacances.

Bref, la reprise me stresse, j'ai du mal à m'y remettre. Et comble du truc, j'enchaîne les mondanités ce week-end : anniv d'une copine ce soir, cérémonie pour le boulot demain soir, et aprèm chez les parents dimanche. Cela commence à me faire paniquer (j'ai pris un lysanxia ce matin :oops: ). J'ai peur de pas avoir de moment à moi, de pas avoir de "sas de décompression", de pas pouvoir me reposer (marmotte power), de saturer et de faire une crise d'angoisse.

J'en ai un peu marre de ces moments qui semblent me dire "la phobie sociale, jamais tu en guériras, faudra que tu apprennes à la gérer". Il y a des périodes (parfois longues) où cela va, où je n'ai pas de souci de stress et d'autres comme présentement où je suis sur le fil du rasoir et avec cette sensation d'être au bord de la crise d'angoisse en permanence....

Bref, à ceux qui connaissent ou ont connu la phobie sociale : vous en êtes vous sorti complètement ? comment ? ou avez-vous aussi des "rappels à l'ordre" de temps à autres et comment gérez-vous ?
30 ans La Ville Rose 2302
Ma phobie sociale a commencé au collègue, sûrement au même âge que toi, parce que les autres gamins se moquaient de moi. L'avantage c'est que la cause est clairement identifiée :lol:

Honnêtement, je crois que c'est un équilibre fragile. On peut s'en sortir dans une certaine mesure ( par exemple je n'ai plus de palpitations comme il y a 10 ans mais je ressens toujours - et je pense que je la ressentirai jusqu'à la fin de ma vie - une certaine tension quand je suis hors de chez moi. ça s'accroisse dans le métro, quand quelqu'un me regarde. Mais pas d'état de panique ).

Il y a des jours/périodes où ça revient, ça s'exprime par le fait d'avoir peur de sortir de chez moi. ça m'arrive quand je me sens moche, plus que d'habitude ( c'est pour ça que l'été est la période où ça m'arrive le plus ), ou quand j'ai un problème, généralement financier.

En gros si je vais bien ( que je me sens pas trop dégueulasse et que j'ai des sous ), j'ai juste la tension sans plus.
Si je vais moins bien ( que je me sens horrible et/ou j'ai un souci de thunes ), ça augmente, mais à ce jour, jamais jusqu'au stade où j'en étais ado ( aller à la boulangerie en tremblant, les mains moites parce que la trouille de parler à la boulangère, ne pas pouvoir passer un coup de fil ... ).
Y'a des relents, y'en aura toujours et quand je sens que je suis dans une phrase critique, j'essaie de me forcer à sortir par exemple. Ou je me rappelle ( même si je n'aime pas trop faire ça ) qu'il y a pire dans la vie, et que je dois arrêter mon caprice. C'est violent, ça ne fonctionne pas toujours, mais ça me permet de relativiser, de rester pragmatique. C'est un peu comme si je personnifiais mon angoisse, que je la regardais dans les yeux en lui disant " j'ai pas le temps pour toi aujourd'hui, dégage, retente un autre jour ".
Ce n'est plus vraiment un combat quotidien mais je reste vigilante. En ce sens je ne pense pas qu'on en guérisse vraiment.

Je me demanderais, je pense, toujours ce que ça fait de sortir de chez soi sans se dire " bon allez, respire, dans 30 secondes ça ira mieux " ou d'être entouré(e) de gens sans des idées parasites du genre " j'espère passer inaperçue / Pourquoi il-elle me regarde ? / Pourquoi ils-elles rigolent, ils se moquent de moi là ou pas ? " en permanence.

Bon courage avec tes médicaments. Ma question va peut-être sembler idiote et je m'en excuse d'avance mais, tu ressens quoi grâce à eux ? ça fait quel effet ? Et as-tu déjà essayé de t'en passer ? Histoire de voir comment tu gères sans ?
Je n'en ai jamais pris, sûrement parce que je n'ai jamais parlé de ça à qui que ce soit. Il y a juste ma Maman qui avait remarqué que j'avais peur de descendre de la voiture en face de mon école ( j'avais peur de tomber, de me faire remarquer ... ) et elle m'a forcée parfois. J'avais la trouille au ventre mais avec le recul je me dis que peut-être ça a aidé ma phobie sociale à ne pas plus évoluer.

Après concernant les moments en société, je ne sais pas si c'est forcément lié à la phobie sociale. Moi ça me gonfle parce que c'est souvent futile en fait. Pas que je sois si profonde hein, mais ça me fait parler pour rien, et je n'aime pas ça lol.
37 ans On my black cloud in a white heaven 7469
Cela ne se déclenche pas pour les mêmes raisons mais en gros on galère pareil ma fille :lol: Y'a des périodes parfois longues où ça va, d'autres où ça coincera un peu plus.

Je vois parfaitement ce que tu veux dire et ne peux que te soutenir en te souhaitant que cela aille chaque jour un peu mieux :)

Pour tes questions, qui sont loin d'être idiotes, je ne saurais même pas répondre. J'ai 33 ans, j'ai commencé le traitement à 17 ans. Autant dire que je ne sais pas/plus comment je suis sans médicament. C'est un peu flippant dis comme ça et cela m'a souvent freiné pour un sevrage mais cette fois, je me suis dis que ça me faisait plus de mal qu'autre chose (la mémoire, la libido et le poids pour ma part). Donc je tiens le choc et je tiens à tenir le choc ^^
Au début du traitement, cela m'a aidé à diminuer les crises d'angoisses, à affronter les situations qui me faisaient peur (rien que le dentiste déjà :shock: ) et au fur et à mesure, c'est devenu ma plus fidèle béquille et je ne pensais plus à ses éventuels effets sur moi.


Alala, c'est clair que ce serait bien d'arriver à vivre plus légèrement !
F
27 ans Lyon 18
J'fais remonter un post qui date un peu lol mais je me reconnais bien dans vos propos. Phobie sociale/scolaire diagnostiquée à 15 ans et qui se traduit par un blocage de mon dos (jai une hernie discale).

Depuis j'ai vu des psys, j'ai fait de la TCC et ça va beaucoup mieux.J'ai fait un DUT, en 4 ans... assez pathétique mais 1 semestre sur 2 mon dos se bloquait et je n'allais plus en cours. Longue période de dépression, je ne sortais plus, je n'arrivais plus à conduire, je prenais des crises d'angoisse et de larmes à chaque fois que je devais sortir, même faire des courses je ne pouvais pas, j'ai pris 15kg, je ne m'habillais plus, je restais en pyjama devant la TV a longueur de temps...

A ce jour je fais une licence en alternance et autant, l'école je n'en peux plus, je ne supporte pas mes collègues de classe, la journée ca va je suis normale j'ai des échanges, je ris avec eux mais le soir STOP, j'ai envie de rentrer et eux ne pensent qu'à sortir, ce qui est normal bien sûr mais ils ne comprennent pas que j'ai besoin d'être seule et du coup soit ils me prennent la tête soit à force il lâche l'affaire et me mettent à l'écart.
Quand je suis en entreprise, ca va, mes collègues ont dans les 40/50 ans, ils ont des enfants, des conjoints, bref après le taff pas question de sortir ou quoi donc de ce côté je suis tranquille. Mais j'ai eu la merveilleuse idée de choisir une formation pour le poste de .... COMMERCIALE!!! Quelle idée !
Le gros soucis que j'ai au travail c'est les clients... dans les phases où j'occupe le poste d'accueil tout va bien, ils ont une demande, je réponds, je les oriente et c'est fini. Mais quand j'ai des rendez-vous...je suis terrifiée, j'ai peur de me tromper (ce qui est normal à la rigueur vu que je suis en formation) et pas moyen de me raisonner, je ne sais pas quoi dire, je ne pose pas de questions, je bégaie, bref je perds toute confiance et ça me renvoie à mon passé quand comme zouzou (désolée je ne sais pas ton prénom), je tremblais devant la boulangère juste pour acheter une baguette de pain....

Bref la situation se complique pour moi car d'ici un mois on devra se positionner sur mon embauche en se fiant aux entretiens que j'ai mené et qui à chaque fois sont une catastrophe, dans un mois également je pars dix jours à l'étranger avec ma classe, je loue un appart avec 5 autres filles de ma classe et autant vous dire que ça je le sens vraiment pas... :/ et surtout je me demande ce que je vais faire en octobre quand ma formation sera terminée parce qu'autant j'ai compris qu'être commerciale ça allait être trèèèès trèèèès dur pour moi et que j'avais beaucoup plus de compétences pour les tâches d'assistante que de commerciale à proprement parlé mais que vais je bien pouvoir faire après?!! j'ai peur que si je me retrouve à nouveau dans une période comme en DUT où je reste chez moi à zoner je vais me renfermer, ne plus vouloir conduire, sortir etc...

Bref, je suis pas sûre qu'on guérisse de la phobie sociale, on apprend juste à vivre avec mais dans les moments de fragilité, ça repart comme en 40 !

Désolée pour le pavé mais ça fait vraiment du bien de mettre des mots sur ce que l'on ressent :D
99 ans 591
ZouZou-X3Again a écrit:


Il y a des jours/périodes où ça revient, ça s'exprime par le fait d'avoir peur de sortir de chez moi. ça m'arrive quand je me sens moche, plus que d'habitude

En gros si je vais bien ( que je me sens pas trop dégueulasse et que j'ai des sous ), j'ai juste la tension sans plus.
Si je vais moins bien ( que je me sens horrible et/ou j'ai un souci de thunes ), ça augmente, mais à ce jour, jamais jusqu'au stade où j'en étais ado ( aller à la boulangerie en tremblant, les mains moites parce que la trouille de parler à la boulangère, ne pas pouvoir passer un coup de fil ... ).


Je vois qu'outre notre photo de profil nous avons d'autres points communs :lol:

Pour moi le ton est donné dès le matin; je sais en ouvrant les yeux si ça va le faire ou pas, et ça passe surtout par des signes physiques, je me sens barbouillé, ma peau me semble plus épaisse, mon nez tordu, mes yeux tombant.. et plus je me regarde et plus ma peau devient blanche. Ces jours là je ne fais donc aucun effort car ce sont des "journées foutues", je ne me maquille pas, je m'habille sans envie, je ne me douche pas car ma je refuse de voir mon corps, et si je suis dans l'obligation de sortir je fais tout pour me cacher et pour qu'on ne me remarque pas. J'enfile une grosse paire de lunettes et je trace. Je fais en sorte que personne ne voit mon visage.. C'est comme si je ne voulais pas l'imposer aux autres dans ces moments là, comme si c'était une forme d'agression envers eux tellement il serait laid.

Les bons jours, je dirais environ 4 fois par semaine, j'arrive à gérer, je me maquille et je m'habille bien car je me sens apte à affronter le monde.

Je ne pense pas que dans mon cas ce soit aussi extrême qu'une phobie sociale.. si c'était le cas j'aurais été incapable de faire bon nombre de mes démarches.

Mais ce qui m'inquiète un peu c'est surtout cet impact physique que cet état peut avoir. Après une journée à avoir "interagis" avec des gens, je suis littéralement épuisé. Ca ne m'empêche pas de voir mes amies et de faire des soirées, mais il y a un vrai compteur à rebours par rapport à cette jauge d'énergie que je peux avoir pour telle ou telle interaction. Si je dois soutenir une conversation avec quelqu'un qui est juste un collègue ou une connaissance, je sais que je ne tiendrais qu'à grand renfort de café.
Peut-être que cette fatigue est provoquée par le stress même de parler à autrui (= quelqu'un qui pourrait me juger), je ne sais pas.

Bref, que de joies :lol:
37 ans On my black cloud in a white heaven 7469
Crakhead a écrit:


Mais ce qui m'inquiète un peu c'est surtout cet impact physique que cet état peut avoir. Après une journée à avoir "interagis" avec des gens, je suis littéralement épuisé. Ca ne m'empêche pas de voir mes amies et de faire des soirées, mais il y a un vrai compteur à rebours par rapport à cette jauge d'énergie que je peux avoir pour telle ou telle interaction. Si je dois soutenir une conversation avec quelqu'un qui est juste un collègue ou une connaissance, je sais que je ne tiendrais qu'à grand renfort de café.
Peut-être que cette fatigue est provoquée par le stress même de parler à autrui (= quelqu'un qui pourrait me juger), je ne sais pas.


Cela n'a effectivement rien à avoir avec la phobie sociale, tu sembles simplement être empathe ;) Tu absorbes les énergies des autres, à tel point que tu en es crevée quand tu rentres chez toi. Y'a plusieurs "caractéristiques" chez les empathes et celle-là en fait clairement partie.
99 ans 591
StefaniaW a écrit:


Cela n'a effectivement rien à avoir avec la phobie sociale, tu sembles simplement être empathe ;) Tu absorbes les énergies des autres, à tel point que tu en es crevée quand tu rentres chez toi. Y'a plusieurs "caractéristiques" chez les empathes et celle-là en fait clairement partie.


Tu m'apprends quelque chose.. je vais me renseigner de ce pas !
Est-ce que c'est quelque chose qu'il t'arrive de ressentir quand même aussi ou pas du tout ?
B I U
‚ėļ