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En guerre avec moi même depuis des années...

M
29 ans 5
Bonjour à tous et à toutes,

Voilà maintenant plus de 10 ans que je suis boulimique. 10 ans que je lutte quotidiennement avec la nourriture, que j'aime autant que je la  
hais. Ayant d'abord été anorexique (une quarantaine de kilos), j'ai sombré dans la boulimie (pour atteindre les 90kilos pour mon 1m60). Depuis maintenant quelques années, ne supportant plus mon poids, je suis devenue boulimique vomitive.

Comme beaucoup ici, j'imagine, je connais des hauts et des bas dans la "gestion" de ma maladie...
Ces 6 derniers mois ont été (et continuent d'être) une descente aux enfers. Je crise plusieurs fois par jours, et ne sais combien de temps je passe aux toilettes, sans pouvoir rien y faire...

Je suis fatiguée... Physiquement, et moralement. Je ne sais plus quoi faire pour gérer, pour minimiser..
Je fais 64/65 kilos. A mes yeux, je suis énorme, mon visage est bouffi, mes jambes sont tellement enflées qu'elles en sont douloureuses, mais gorge est en feu...

Alors oui, je voudrait perdre ces kilos qui me rendent folle, qui m'empechent d'être naturelle avec autrui (car oui, en ce qui me concerne, je ne m'assume pas, ces kilos reflètent ma souffrance intérieur, ce n'est pas un choix), qui me bloquent dans mes relations sociales et je vous en passe...

Mais la raison première de ce post est que j'aimerai réussir à arreter ces crises infernales, ou au moins à les espacer dans un premier temps...

Je suis réellement desespérée, en colère contre moi même...
34 ans 3196
Masa a écrit:

Je suis réellement desespérée, en colère contre moi même...


Commence déjà par arrêter de t'en vouloir... Essaie d'être bienveillante envers toi-même, tu le mérites. Ce cycle infernal te dépasse, c'est au-delà de la simple volonté.

Malheureusement, je ne sais quoi te conseiller pour arrêter cela... Es-tu suivi par quelqu'un pour ce problème de TCA, as-tu quelqu'un à qui en parler ?

Plein de pensées pour toi :kiss:
89 ans 9582
je plussoie Aphasie, arrête de t'en vouloir, c'est une MALADIE !
je connais tout ça malheureusement...

si ton visage est bouffi et tes jambes oedématiées, ton état est inquiétant. Tu en es où côté sodium, potassium, fer etc ? résoudre le TCA est une chose, mais éviter les grosses emm… de santé est une urgence… ton médecin traitant est au courant ?

bon courage pour faire la paix avec toi-même :kiss:
89 ans 9582
je plussoie Aphasie, arrête de t'en vouloir, c'est une MALADIE !
je connais tout ça malheureusement...

si ton visage est bouffi et tes jambes oedématiées, ton état est inquiétant. Tu en es où côté sodium, potassium, fer etc ? résoudre le TCA est une chose, mais éviter les grosses emm… de santé est une urgence… ton médecin traitant est au courant ?

bon courage pour faire la paix avec toi-même :kiss:
M
29 ans 5
_Aphasie_ a écrit:
Essaie d'être bienveillante envers toi-même, tu le mérites. Ce cycle infernal te dépasse, c'est au-delà de la simple volonté.


J'essaie, c'est d'ailleurs une des raisons qui m'ont poussé à m'inscrire sur ce forum, et à en parler... Je pense que celà peut m'aider, dans une certaine mesure, de prendre conscience que je ne suis pas seule à vivre cette maladie.

_a-nonyme_ a écrit:
si ton visage est bouffi et tes jambes oedématiées, ton état est inquiétant. Tu en es où côté sodium, potassium, fer etc ? résoudre le TCA est une chose, mais éviter les grosses emm… de santé est une urgence… ton médecin traitant est au courant ?


Etant actuellement étudiante en Asie, je ne sais pas du tout ou j'en suis niveau sodium etc... Avant mon départ, mon bilan sanguin (que je fais scrupuleusement 2 à 3 fois par an, vu ma condition) était bon... Le potassium reste faible, mais pas en mesure alarmante. Qu'entends-tu par "état inquiétant"?
Mon médecin traitant est au courant, et lorsque j'étais en France j'avais entamé plusieurs thérapies (psychologiques, comportementalistes), qui aboutissaient sur le court terme, mais jamais à la longue. Je crois n'avoir pas encore trouvé le praticien "bienveillant" qui m'inspire assez confiance pour jouer le jeu à 100%, ou bien peut être n'étais-je pas encore assez mature pour ça.. Je sais que j'ai 25ans, mais je me sens encore aussi fragile que dans ma prime adolescence ^^'.

Vous qui avez répondu a mon message, ce dont je vous suis très reconnaissante, avez vous connu/ou connaissez vous encore ces problèmes ? Vous en sortez vous ou vous en êtes vous sorti ?
Cette sensation de vide angoissant qui m'envahit avant chaque crise, avez vous trouvez un moyen de le combler (si comme moi vous en ressentez un)?

Merci d'avance pour vos réponses ^^
89 ans 9582
je n'ai pas connu la boulimie à proprement parler, mais je mangeais trop puisque en gros surpoids. Avant ça j'ai été anorexique. Et je suis en train de le revenir comme quoi ça n'est pas réservé aux adolescentes…

ton état m'inquiète parce que tu décris des symptômes de malnutrition. Si tu as l'occasion de faire doser la préalbumine une prochaine fois… attention, les vomissements peuvent altérer la fonction cardiaque :?
89 ans 9582
sinon j'attaque début janvier ma dixième année de psychothérapie… mais pas spécifiquement sur mes pb de poids. :lol:
37 ans aude 792
Je suis désolée de lire que tu ne vas pas bien, Masa. Mais déjà, 64-65 kilos pour 1m60, ça n'a rien de dramatique. En revanche, les symptômes que tu décris doivent être pénibles au quotidien. Comment ça se passe là où tu es? Est-ce que tu peux aller chez un médecin pour parler de tes problèmes et essayer de les solutionner?

J'ai été anorexique puis hyperphage et pour aller mieux j'ai eu recours à plusieurs choses: psychothérapie (analyse transactionnelle), anxiolytiques, antidépresseurs, sophrologie, yoga, amélioration de mon hygiène de vie (bien dormir, faire du sport, faire 3 ou 4 repas par jour tous les jours, diminuer le café, augmenter ma consommation de noix, chocolat noir, bananes, smoothies...).
Mais ce qui marche pour moi ne marchera peut-être pas pour quelqu'un d'autre.

Essaie de ne pas être trop exigeante avec toi-même. Pas de "je dois guérir d'ici 2 mois" ou "aujourd'hui je mangerai parfaitement" ou "je vais terminer ces trois dossiers cette après-midi". Moi j'étais spécialiste pour le perfectionnisme et ça me poussait très vite à dramatiser: "je suis nulle", "j'aurais dû le faire plus tôt", "jamais j'y arriverai"... et je me jetais sur les sucreries ou je me mutilais pour me punir.
J'étais rongée par l'anxiété qui était chronophage et énergivore et au final je ne faisais rien de constructif de mes journées.
Il est très important de dédramatiser et de se poser pour voir les situations de façon rationnelle: "je peux commencer à préparer cette tâche maintenant pendant une heure, demain je m'y remettrai une heure, etc".
Souvent on se fait une montagne d'une taupinière et on se laisse déborder par les émotions alors que la situation n'a rien de traumatisant.

Ce qui m'a aidée aussi, c'est de réaliser qu'il y a de fortes chances pour que je sois anxieuse (plus ou moins) jusqu'à ma mort et que je doive me nourrir jusqu'à ma mort (et là c'est sûr). Donc je ne peux pas me mettre à agoniser psychiquement pour un oui ou pour un non, parce que je connaîtrai forcément des joies et des peines, comme tout le monde, et aussi des journées où il ne se passera rien de bouleversant.
Mais je ne peux pas laisser chaque micro-évènement m'atteindre, sinon je ne m'en sortirai jamais.
En sophrologie, il y a des exercices comme ça, où on met de la distance entre soi et le monde et où on renforce notre confiance et notre sentiment de sécurité.

Je ne sais pas si ça te parle, peut-être que je suis complètement à côté de la plaque et que ton problème vient d'ailleurs!
J'espère que tu trouveras le(s) solution(s) qui t'apaiseront et que tu pourras profiter tranquillement de la vie.

Prends bien soin de toi! :kiss:
34 ans 3196
Je pense avoir un peu le même profil qu'helvetia : très perfectionniste, soumise à des crises d'angoisse, extrêmement sujette à la culpabilisation... Une control freak qui passe son temps à dévisser en somme.

Je n'ai jamais été suivie spécifiquement pour des TCA, mais je pense pouvoir dire que je suis hyperphage. Cela n'a jamais été aussi loin que ce que tu décris, mais j'ai longtemps subi des crises de "remplissages" compulsifs plus ou moins espacées dans le temps.

Depuis trois ans environ, ça va mieux. J'ai découvert la RA, les livres de Zermati (notamment Maigrir sans régime), et ça m'a aidée à comprendre, puis à me déculpabiliser sur mon comportement alimentaire.

Cependant, sans aide extérieure, je ne sais pas si ces lectures peuvent suffire...

Ce qui peut marcher pour moi, pour éviter les crises (d'hyperphagie ou d'angoisse), c'est d'essayer de voir venir les moments de stress intense. Après 2 ans de thérapie psy et 5 ans de psychothérapie, je sais repérer de loin les moments où je risque de "dévisser", justement. Je mets alors en place des stratégies pour éviter d'en arriver là. C'est un peu ce que décrit helvetia ; il s'agit principalement de dédramatiser et de se calmer. Je n'ai pas essayé la sophrologie, mais je tenterais bien la pleine conscience.
Et puis quand je ne parviens pas à éviter la crise... et bien, j'essaie de ne pas trop me juger, et de me considérer avec bienveillance. Parce que dans mon cas, la culpabilité nourrit la crise suivante ; il faut donc briser le cercle vicieux.

Apfeldorfer explique que, dans l'absolu, il faudrait parvenir à ne pas donner systématiquement une réponse alimentaire à problème non-alimentaire (en l'occurrence, un inconfort émotionnel). C'est-à-dire, quand tu te sens vide par exemple, à trouver un moyen de te "remplir", de te réconforter, autrement qu'avec la nourriture.

J'ai conscience que ce n'est pas si simple hein, moi je suis toujours en plein travail là dessus. Et il y a des moments où c'est très usant d'avoir le sentiment de lutter en permanence :?
M
29 ans 5
Tout d'abord, merci une fois de plus à vous deux pour vos messages, et navrée d'être si tardive à répondre (pas de repos pour les braves en période d'examen... pendant les fêtes -_-)
helvetia a écrit:
Comment ça se passe là où tu es? Est-ce que tu peux aller chez un médecin pour parler de tes problèmes et essayer de les solutionner?

Alors, actuellement au Japon, et après de nombreuses recherches, je ne peux me faire aider ici... Et ceux pour plusieurs raisons:
-Il n'existe à Tokyo que 2 spécialistes des TCA, et leur liste d'attente pour un rdv est d'environ 2ans...
-Etant très surprise de ce déficit de personnels dans un secteur qui, malheureusement, à de l'avenir devant lui, j'ai cherché à en savoir plus... Ici, l'anorexie est elevé au rang d'art de vivre, les jeunes filles et jeunes femmes sont encouragées a être les plus maigres possible. En effet, pousser la maitrise de son corps à l'extreme est synonyme de volonté, de détermination, et signifie donc que la personne est respectable et digne de confiance.
A l'inverse, la boulimie, le surpoids, et autres, sont considérés ici comme un manque flagrant de volonté, et signifie que la personne "refuse de se prendre en main"... Bien sur, je ne tomberai pas dans la globalisation, mais une grande partie de la population sur place à tendance a tenir ce discours (pour les personnes que j'ai pu rencontrer en tous cas).
Etant étudiante en japonais, j'ai la chance d'être entourée d'expatriés, donc je reste un peu épargnée par cette pression sociale.

Ton témoignage rejoint en tous cas mon quotidien, comme toi, je suis sujette a une anxiété latente, et à un perfectionnisme exacerbé (que ce soit physiquement, intellectuellement, dans le cadre social ou familial). Je DOIS être la meilleure, je DESIRE être la plus aimée, la plus belle, la plus cultivée etc... C'était en tous cas les objectifs, inatteignables, que je me fixais (et qui m'ont conduis dans un premier temps à l'anorexie).
J'ai pris conscience avec le temps que je me détruisais, et que le mieux et souvent l'ennemi du bien... Aujourd'hui, si je pouvais seulement parvenir à vaincre ses crises et à m'accepter pour ce que je suis, ce serait à mes yeux la plus belle des victoires!
_Aphasie_ a écrit:
Apfeldorfer explique que, dans l'absolu, il faudrait parvenir à ne pas donner systématiquement une réponse alimentaire à problème non-alimentaire (en l'occurrence, un inconfort émotionnel). C'est-à-dire, quand tu te sens vide par exemple, à trouver un moyen de te "remplir", de te réconforter, autrement qu'avec la nourriture.

C'est exactement ça ! Je crois que c'est la premiere fois que je lis une phrase qui décrit aussi bien le pourquoi du comment une de mes crises survient... Et c'est la toute la recherche que je m'emploi a l'heure actuelle à mettre en place. Trouver comment remplir ce vide oppressant autrement qu'en me jetant à corps perdu sur la nourriture... Pour l'instant, j'y arrive sur de très courtes périodes (je parle de la semaine qui vient de s'écouler), à savoir 1 jour de temps en temps, j'arrive à courir prendre une douche au lieu d'aller à la supérette (oui, j'ai pas trouver mieux, vu les horaires auxquels surviennent les crises, vers 23h).


Ah oui, autre point qui n'aide en rien... Il faut savoir qu'ici existent, en nombres très important, ce qu'on appelle des "combinis". A savoir des épicerie de quartier ouvertes 7jours/7 et 24h/24 ! Autrement dit, une crise à deux heures du matin en France, si le frigo est vide, il est vide... Ici, le frigo est vide ? Pas de problème, let's go !

Des moments où je me demande ce que je fais ici ^^
34 ans 3196
Ah, le Japon et les TCA... On avait parlé ici, il y a quelques temps, d'un blog effrayant sur le culte de la minceur et de la "volonté" au Japon. Peut-être le connais-tu déjà ? http://www.sonyan.fr/p...-sushi-volants/salut-tca-bien/

Je voulais rebondir sur un point de ton dernier message. Tu écris vouloir trouver un "dérivatif" à ces crises, en trouvant autre chose pour te remplir/t'occuper que la nourriture.
Je crois qu'au contraire, il faut apprendre à affronter ses émotions. Les régimes et autres gourous diététiques recommandent aux "mangeurs émotionnels" de s'occuper l'esprit pour éviter la crise (sortir, faire du sport, penser à autre chose...) Ceux qui écrivent sur la RA proposent tout à fait l'inverse : s'arrêter pour se concentrer sur ses émotions, notamment via des exercices de "pleine conscience".

En gros, quand tu sens arriver la crise, il s'agit de prendre un moment pour toi, pour observer ce qui se passe en toi. Attention : observer n'est pas comprendre. Il s'agit juste de t'asseoir ou de t'allonger, de respirer, et de noter mentalement les sentiments et les sensations que tu ressens ("je me sens angoissée, triste, vide ; j'ai une boule à l'estomac, envie de crier, pleurer etc.") Le but n'est pas de comprendre le pourquoi du comment, dans une optique psychologisante, mais de t'autoriser à vivre ces sentiments.

Quand tu te remplis compulsivement, tu cherches à faire taire tes sentiments, à les éviter. Essayer de les nier par une autre activité est aussi une stratégie d'évitement. Or, ton corps et ton cerveau t'envoient des signaux très forts, qu'il s'agit de prendre en compte.

Le but est de te rendre compte que tu es parfaitement capable de faire face à ces sentiments, qui sont tout à fait normaux, sans avoir recours à un quelconque subterfuge. J'avais lu une métaphore qui me semblait très juste : les sentiments pré-crise arrivent comme une vague qui submerge tout. Il faut accueillir cette vague, non l'éviter. En pleine conscience, tu la laisses venir à toi, tu la laisses monter en toi, tu l'affrontes sans la dévier par de la nourriture ou tout autre diversion, tu la laisses te submerger en l'observant, puis tu la laisses repartir.

Bref, les stratégies de diversion et d'évitement ne fonctionnent qu'un temps selon moi. Après, c'est plus simple à dire qu'à mettre en pratique, j'en ai parfaitement conscience... Moi-même je me débats avec ça tous les jours en ce moment !

PS : tu trouveras plein de posts sur la pleine conscience sur le forum, si cette approche t'intéresse ;)
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En gros, quand tu sens arriver la crise, il s'agit de prendre un moment pour toi, pour observer ce qui se passe en toi. Attention : observer n'est pas comprendre. Il s'agit juste de t'asseoir ou de t'allonger, de respirer, et de noter mentalement les sentiments et les sensations que tu ressens ("je me sens angoissée, triste, vide ; j'ai une boule à l'estomac, envie de crier, pleurer etc.") Le but n'est pas de comprendre le pourquoi du comment, dans une optique psychologisante, mais de t'autoriser à vivre ces sentiments.



Bonsoir

je rebondi sur ce que tu dis car je ne fais pas de boulimi mais je suis faché avec la nourriture au poids ou cela devient une obsession, j'ai beau m'occuper ou retarder le temps c'est toujours le besoin qui prend le dessu surtout que cela m'apaise.
j'ai tout essayé acuponcture, homeopathie, EFT, sophrologie... mais c'est en moi
B I U


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