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L'intimité au sein du couple

P
52 ans 3535
Je ne ferai pas d'amalgame entre fidélité/infidélité et orientation sexuelle. Je trouve que même si cet homme avait été fou amoureux de sa compagne et que l'adultère ou la rupture  
était la dernière chose qui aurait pu arriver, il se devait d'être honnête avec elle en lui confiant qu'il était bisexuel. On peut ne pas vouloir révéler son passé ou qui on est à l'être qu'on aime mais à condition que ça ne lui pète pas à la gueule un jour ou l'autre de cette manière.
L
43 ans 87
Je comprends ce que tu écris, Prax. Lui dire qu'il était bi ? Il ne l'assumait pas.

Est-ce qu'un homme hétérosexuel confie à sa compagne qu'il l'est ? "J'ai un truc à te dire, je suis hétéro." ?

Tu verras, j'ai modifié mon texte précédent, j'avais envoyé trop tôt mon doigt ayant ripé.
Bonne journée.
P
52 ans 3535
Qu'il n'assume pas n'enlève rien au fait qu'il l'a trompée, trahie. Si il avait eu un minimum d'honnêteté il l'aurait quittée dès qu'il a compris qu'il tombait amoureux de cet homme. Et ça aurait été la même chose si il s'agissait d'une femme. Comme je disais, pas d'amalgame entre tromperie et orientation.

Un hétéro ne confie pas à une femme qu'il est hétéro puisqu'elle considère que ça coule de source, que c'est la valeur par défaut d'un homme attiré par elle. Les chances de tomber sur un(e) bi ne sont pas très élevées, les relations intimes humaines sont déjà parfois bien assez compliquées, alors si en plus faut deviner des choses très dissimulées..........
L
43 ans 87
Effectivement, pour toi comme pour moi qui ne vivons pas cette situation, qui ne sommes pas en recherche de notre orientation sexuelle, à qui on ne demande pas de l’assumer et avons les idées claires et donc le recul nécessaire, il est facile de donner une opinion, de ne pas faire d’amalgame et d’arriver à cette conclusion : partir avant de tromper.

Concernant les relations extraconjugales, j’ai entendu parler/croisé/connu ces gens qui cèdent à leurs pulsions, entrent dans une spirale nébuleuses où ils se perdent dans leurs hésitations (imagine seulement s’ils sont de « nature » hésitante) et leurs questionnements, se retrouvent acculés contre le mur et seule une partenaire peut trancher à leur place, une partenaire qui ne comprend pas sur le coup que tout le mal être, la colère, la frustration, l’insulte, le mépris… qu’elle reçoive ne la concerne pas elle mais est bien le reflet de l’image que les émetteurs ont d’eux-mêmes. (Voguelavie l’a parfaitement compris).

Lui fait le package parce qu’il vit la situation dans sa globalité : relation extra-conjugale ET avec un homme. Il a cette ambivalence en lui et je crois qu’il tente peut-être de lutter contre ses pulsions pour finalement y céder. C’est possible. Le "Je suis bisexuel, je suis également attiré par le même sexe c’est pour ça que je cède à mes pulsions et que je trompe." est l’argument de celui qui n’assume pas, enfin selon moi. Personne (?) ne lui demande de lutter contre ses pulsions sinon finalement lui-même. Lutter contre lui-même ne pourrait produire chez lui que malaise et un effet ressort ou boomerang. Il peut être bi tout en ne faisant pas n’importe quoi, n’importe comment, se respecter lui-même pour respecter ses partenaires (aussi quand elles sont des femmes !). Je ne sais pas quelle éducation il a reçu, l'environnement dans lequel il a évolué et continue d'évoluer. Si quelqu’un l’a éduqué dans la biphobie ou homophobie, à chercher à le conditionner à être hétérosexuel ce qu’il n’est visiblement pas, lui a tenu des propos biphobes ou homophobes même sous forme de «bonnes blagues », tout ça dès l’enfance, année après année, je peux comprendre qu’il ait du mal à assumer et je lui souhaite de se donner les moyens pour y arriver et des moyens pour vivre des relations plus calmes et respectueuses.
Tu écris qu’il aurait dû lui dire avant d’être amoureux. Etre amoureux… va savoir quelle est sa définition parce qu’on a tous des définitions différentes sur le sujet, et quand il sait qu’il est amoureux. Et généralement, lors de la rupture, les femmes veulent des explications. "Pourquoi ?" et "Pour qui ?", non ? En plus de son attirance pour les hommes qu’il n’assume pas, je me suis demandé si le fait que l’amiE de Voquelavie ait connu un décès et une perte d’emploi n’a pas participé à l’autre fait qu’il ait mis du temps à lui cracher le morceau pour la préserver ou attendre qu’elle aille mieux alors que le temps a peut-être, peut-être eu un effet plus destructeur. :/

Comme je te l’écrivais, Prax, avec de l’empathie, je peux arriver à comprendre beaucoup de choses ce qui ne veut pas dire que j’apprécie son comportement. Et j’ai la même empathie pour l’amiE de Voguelavie. Le comportement de l’amI a été destructeur et il lui va falloir beaucoup de temps pour se soigner, analyser, se reconstruire en tant que femme et reprendre confiance en elle. Elle n’est ni responsable, ni coupable de ce qu’il lui est arrivé. Elle n’a rien fait de mal ou de travers. Si elle se sent ou cherche à être responsable ou coupable, je crois que c’est simplement sa confiance en elle bien entamée qui a créé ce sentiment et cette recherche. Je crois comprendre aussi pourquoi elle préfère restée enfermée chez elle. Elle se retrouve au pied du mur à devoir, en plus de sa rupture, encaisser l’annonce de la bisexualité de son ex-compagnon, faire un travail d’acceptation de son orientation sexuelle (par procuration et à retardement), assumer d’avoir partagé la vie et l’intimité avec lui, accepter qu’il soit parti pour un homme. Et je pense qu’elle tente de se protéger en s’épargnant les regards et les questions et réactions étonnées, maladroites, déplacées et potentiellement biphobes/homophobes de son entourage qui pourraient la blesser davantage. Peut-être qu’elle fait bien de s’isoler pour se rassembler un peu. Les points positifs est qu’elle a une amie à ses côtés et qu’elle a réagi immédiatement en allant consulter.

Dernière modif par le 552j; modifié 1 fois
L
43 ans 87
Prax a écrit:
Un hétéro ne confie pas à une femme qu'il est hétéro puisqu'elle considère que ça coule de source, que c'est la valeur par défaut d'un homme attiré par elle. Les chances de tomber sur un(e) bi ne sont pas très élevées, les relations intimes humaines sont déjà parfois bien assez compliquées, alors si en plus faut deviner des choses très dissimulées..........


Tout d’abord, il n’y a pas de jugement de valeur ou de tentative de culpabilisation de l’amie de Voguelavie. Je ne l’avais pas précisé tellement cela allait de soi pour moi. Il n’y a pas de conditionnel passé moralisateur. Je ne fais que soulever cette question entre parenthèse parce que cela m’a interpellée.

Je vois ce tu veux dire, Prax. C’est étrange j’ai le sentiment que tu déresponsabilises l’homme et que cela serait la faute des femmes, non ? Peut-être aussi que poser cette question serait mal vécu par les hommes qui se sentiraient atteints dans leur "virilité" et "J’ai un truc à te dire, je suis hétéro." nuirait aussi à leur "virilité" ?
Pour moi, partir sur ce postulat que tout le monde est hétérosexuel est erroné puisque ce n’est pas le cas et attendre des gens qu’ils fassent la démarche de dire le contraire me semble trop facile et trop confortable. Ce que je vais t’écrire va peut-être t’étonner. Je mets toujours un point d’interrogation naturellement sur l’orientation d’un homme à qui je plais et qui me plaît et je ne suis pas la seule femme à le faire. Je n’ai pas eu à deviner, j’ai posé la question et pas qu’une fois. Les réponses et les réactions m’ont parlé d’eux. J’ai pleinement conscience que les trois orientations existent, nous sommes suffisamment informés, tant et si bien qu’il n’y a pas de "valeur par défaut". Je sais aussi parfaitement que "l’habit" ne fait pas le moine. Après rien ne dit que je ne me bananerais pas un jour pour des raisons que j'ai envisagées également, mais je crois que je réduis la part de risque sans l’occulter pour autant.

Les gens que l’on croise ne déballent tous toute leur vie, leur intimité et leurs pensées dans les moindres recoins. Tu le fais ? Et certains ne dissimulent pas non plus leur orientation sexuelle. En ne disant pas qu’on est hétéro, dissimule-t-on qu’on est hétéro ? Quand tu dis qu’il y a peu de chance de croiser des bis, je crois simplement que tu en as déjà croisés et que tu continues d’en croiser mais que tu ne les vois pas pour la bonne raison que ce n’est pas écrit sur leur front et qu’ils ressemblent à n’importe quel quidam. Pour ma part, je réalise que j’ai commencé à croiser des bis et des homos à partir du bahut et j'en ai toujours croisés par la suite.

Enfin, bref, c’était une parenthèse qui n’était pas dans le jugement du comportement de l’amie de Voguelavie. Cela m’avait interpellé, c’est tout. J’arrive aussi à comprendre qu’elle ait réagi ainsi.
P
52 ans 3535
Que je le déresponsabilise ? Si ça ne t'a pas effleuré, c'est tout à l'opposé : je lui colle tous les torts sur le dos.

La plupart des personnes partent d'un postulat. Dans une famille, lorsque la jeune femme annonce à ses parents qu'elle a rencontré quelqu'un et qu'elle va leur présenter, ils s'attendent à ce que ce soit un homme, blanc, bien élevé, au physique agréable. C'est là leur valeur par défaut. Si c'est un jeune homme qui présente quelqu'un à ses parents, ils s'attendent à une femme blanche, jolie, mince, fertile et sans enfants. C'est aussi leur valeur par défaut. Si il ramène une femme très ronde, une noire, une "vieille", ou une jeune qui a déjà 3 gosses, leur postulat s'écroule.

Alors oui, même si j'envisage toujours tous les scénarios, si je rencontre une femme et qu'il est clair que c'est une relation naissante, j'aspire à ce qu'elle soit hétéro (les probabilités sont avec moi).
38 ans très au sud 7523
Perso je pars du postulat que tout le monde a une base bi et laisse exprimer une des 3 options qui est quand même en majorité hétéro.
Je trouve la posture de Prax interessante car il n'a pas tort sur les attentes et postulats des gens, nous ne sommes que des humains avec nos vies et expériences très personnelles même si nous essayons de faire preuve d'empathie nous partons toujours de nous même et de notre vécu. Car même si comme toi Luluberlue on se dit qu'une personne nous plait on aimerait bien qu'elle soit dans une orientation sexuelle compatible avec la notre.
Par contre là où la tolérance (euh que je déteste ce mot mais je n'en vois pas d'autre)/ l'ouverture d'esprit intervient c'est peut être dans la capacité que l'on a à tracer une croix sur notre postulat et accueillir l'autre tel qu'il est quand il se dévoile autre que ce que projeté. Certains le font très facilement d'autres n'y arrivent pas du tout...
P
52 ans 3535
C'est comme je dis toujours : les éoliennes, les homos ou les TGV, la plupart des gens sont pour ou tout au moins n'ont rien contre mais à condition que ça ne se passe pas chez eux.

La tolérance dépend d'où tu la places. N'étant pas parent, je ne suis pas concerné par un enfant qui me présenterait quelqu'un. Mais personnellement, je ne voudrais pas d'une femme bi dans ma vie, point.
B I U


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