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De la tyrannie du régime

35 ans Bordeaux 364
Titre plus qu'étonnant et radical, j'en conviens.
Je "m'excuse" à l'avance pour la longueur de ce témoignage.

Je suis toute nouvelle sur le forum, et je découvre cette partie. J'ai eu  
envie de vous faire part de mon témoignage, de mon avis, en ce qui concerne les régimes "forcés".
Je m'explique: Je n'ai que 21 ans, et pourtant, j'ai déjà été confrontée à de nombreux régimes. Je suis passée par un nombre incalculable de méthodes pour maigrir, allant du régime encadré par un spécialiste de la santé en passant par le régime "miracle" d'un magasine people ou de presse féminine qui prônent les régimes pré-noël, post-noël, pré-été, j'en passe et des pires... Je n'oublie pas non-plus de mentionner le régime radical de jeûn consistant à manger uniquement le soir. Une soupe. Avec, cas exceptionnel, une biscotte, et un peu de beurre bien étalé.

Inconscience, allez-vous me dire. Oui. Mais pas la mienne. Celle de mes parents, celle de ma mère, de ma famille. Et c'est par le terme de tyrannie que je définis ce qui consiste en profiter du pouvoir qu'on a sur une personne (en l'occurence ici, le pouvoir qui lie un enfant à ses parents et aux membres de sa famille tels que les "grands" frères et soeurs, tantes et oncles, grands-parents..) pour "l'obliger" à perdre du poids sans tenir compte des circonstances qui mènent à une sur ou sous-alimentation, selon le cas. On se dit qu'on sait ce qui est bon pour nos enfants, et c'est légitime. Mais il ne faut pas confondre vouloir aider son enfant, et vouloir faire de son enfant ce qu'on veut qu'il soit. En d'autres termes, pour ma part, on m'a forcée à pas mal de régimes restreignants et contraignants depuis que j'ai une dizaine d'années.

Les dangers de cette sorte de régime? Ils sont si nombreux... Boulimie, anorexie, hyperphagie, etc. En un mot: TCA. Mais aussi, provocation de l'effet inverse escompté: prise de poids rapide et presque irrémédiable. Enfermement sur soi, timidité, complexes... Je continue?

J'ai longtemps cru, par "héritage" familial, qu'il fallait à tout prix être mince ET belle pour plaire, pour être acceptée, pour ne plus qu'on se moque de moi. Je me suis toujours dis, depuis mon plus jeune âge, que je me définissais par le terme "grosse" avant que de me définir par le terme "fille". D'aussi loin que je me souvienne, partout où j'allais dans ma famille, on m'empêchait de manger, surveillait tout ce que je portais à ma bouche. Ma mère a été jusqu'à forcer mon frère à me faire faire du sport avec des vêtements de sudation en me faisant faire un régime alors que j'avais 12 ans. Fabuleusement dangereux et inconscient, n'est-ce pas? Et pourtant... Elle ne se rend pas compte que mon surpoids et tout ces problèmes de nourriture, d'image de moi, me posent de sérieux problèmes pour m'affirmer et m'épanouir, pour être moi. Car en plus de tout cela, elle a aussi bien pris soin de tenter de me faire "réagir" par des remarques, réflexions, humiliations familiales et vexations, qui avaient pour but de me faire dire qu'il fallait que j'arrête de trop manger, et qui a eu pour effet inverse de me faire encore plus manger. J'ai grandi sans repères, sans image... en perpétuel conflit avec moi-même et mon corps. Je ne sais que le refuser. Je n'ai l'image de moi que celle que ma mère et mon entourage me donnaient de moi.

Désormais, je sais que je n'ai pas à m'obliger de faire un régime si je n'en ai pas envie, ni besoin. Si un jour je devais faire quelque chose qui soit dans le sens de retrouver une alimentation saine et équilibrée, ce ne sera certainement pas quelque chose qui portera le nom de régime, mais plutôt quelque chose qui aura pour but de me "réapprendre à manger". Si je perdais du poids par cette méthode, ce serait plus par relation de cause à effet que par volonté d'en perdre. Je veux me stabiliser, sur le long terme.

Arrêtez de croire que le régime est le seul moyen de s'accepter, car c'est faux. Il y a effectivement des personnes qui ont fait des régimes et qui ont réussi à garder un poids équilibré sur de longues années (ma mère, par exemple, qui en a perdu 15 et qui a gardé son poids depuis). Mais ces personnes, pour autant que je les connaisse, ne peuvent pas manger une sucrerie ou une chose grasse sans se sentir obligées de se restreindre en jeunant le lendemain, ou de culpabiliser. En gros, elles sont perpétuellement au régime.
Il n'y a pas de régime miracle. Il y a une manière de s'accepter, et une manière de prendre soin de soi, en faisant du sport, en mangeant "bien" (autrement que par la boulimie dont je souffre depuis des années..), choses qui peuvent mener à une perte de poids. Mais ne vous sentez surtout pas obligées de perdre du poids parce que les gens qui vous entourent vous disent que vous seriez mieux. Demandez-vous toujours à quel point ils peuvent être assez capables de se mettre à votre place pour savoir quels effets vont avoir un comportement qu'ils calquent sur vous, comme si vous réagissiez forcément de la même manière aux même choses.

Par ce témoignage, je veux non-seulement vous dire que la santé d'un enfant est important, et le comportement alimentaire qu'on lui inculque aussi, et que par conséquent, il faut biensûr surveiller ce comportement, mais toujours dans le souci de comprendre pourquoi il a tel ou tel comportement, plutôt que de juger qu'il faille lui faire faire un régime (une discussion autour d'une solution est toujours plus bénéfique. Il faut comprendre la source de la mauvaise alimentation). Mais aussi, et surtout, vous dire que non-seulement, les régimes sont un sacré cercle vicieux dans lequel il ne vaut mieux pas tomber, et que la volonté personnelle, c'est ce qu'il y a de plus important, et que même à 20, 30, 40 , 50 ans ou plus, l'encadrement et la compréhension des problèmes alimentaires est ce qu'il y a de plus important, et aussi, pour finir, que surpoids ne veut pas dire problème alimentaire, nécessairement.
Il y a biensûr des dangers à avoir un surpoids, mais on passe plus de temps à modeler notre corps pour essayer d'être "dans la norme" et ainsi éviter le courroux du surpoids qui plane au dessus de nos têtes telle l'épée de Damoclès , qu'à vivre notre vie et en profiter vraiment, de ces années qu'on nous donne.

Je sais qu'aujourd'hui, je ne suis pas "guerrie" de mes TCA, et que j'en suis loin. J'aperçois des manières de m'en sortir, mais je n'arrive pas encore à agir. Je ne sais pas encore si je peux m'accepter comme je suis, si je peux accepter ce corps qui a causé tant de méchanceté de la part de ma mère, méchancetés dont je suis encore victime aujourd'hui. Je sais aussi que je me gâche la vie avec tout ça, parce que je m'empêche de vivre, je m'empêche de m'aimer, qu'on m'aime aussi, je refuse qu'on me trouve jolie finalement, parce que j'ai été formatée pour me dire que je suis grosse, trop grosse, toujours trop grosse, quoi qu'il arrive.
J'aurai tant aimé dire merde à tous ceux qui m'ont forcée à faire des régimes, mais je n'en avais pas la possibilité, étant enfant, tellement facile de m'aliéner à un comportement...

J'espère que je n'ai pas été trop longue et que vous avez eu le courage de me lire jusqu'au bout.

Voilà un petit bout de ma vie et de ma position "contre" les régimes. Les régimes forcés, tout particulièrement, et de mon engagement à faire comprendre aux gens qui ont des enfants, des proches, en surpoids, qu'il ne faut pas aller contre eux mais avec eux, les comprendre, leur parler, avant de leur imposer quelque chose que non seulement ils ne comprennent pas, mais en plus, et par là, ne peuvent que mal intégrer et qui mène à ce genre de choses étouffantes et douloureuses que sont, parmi tant d'autres, les TCA.
Je sais désormais aussi que je peux être Belle sans être mince, que l'un n'implique pas l'autre...


Merci de m'avoir lue ;)
B
50 ans sud 628
tant de lucidité ton age et malgré les pressions que tu subis... franchement ça fait plaisir ;) courage ... c'est toi qui a raison et si les autres refusent de comprendre, tant pis pour eux....tu es sur la bonne voie...
35 ans Bordeaux 364
Merci Baby, de m'avoir lue et d'avoir réagi ;)

On me le dit assez souvent, que je suis très lucide. C'est hélas aussi une douleur pour moi, bien que je la préfère au fait de souffrir sans me rendre compte, parce que je sais que j'ai un problème, je sais ce qu'il est, mais je n'arrive pas à agir, et ça me frustre. En tous les cas, je suis quand-même heureuse d'en venir à tenir ce genre de discours, car avec l'éducation que j'ai eue, bien qu'elle ait été parfaite sur plein d'autres points, sur celui de l'image et de la prise de confiance, elle avait de grosses failles, qui auraient pu me mener aisément à l'anorexie, à des discours pro-ana aussi, j'aurai pu prôner à cause de ça la minceur à tout prix. Mais j'ai réussi à avoir le recul necessaire pour ne pas accepter ce "bourrage de crâne" de ma famille, et aussi refuser celui des médias, tous les jours. Quelque part, je m'en sors bien. Bien que ma boulimie me fasse encore pas mal de misère, et que je sois encore incapable de la maitriser vraiment, je sais que je vis mieux en sachant que je peux me donner une chance de m'en sortir, et que cela ne passe pas forcément par la perte de poids

;)
54 ans En passant par la Lorraine... 797
Bonjour Sephira
Je t'ai lu jusqu'au bout et j'y ai revu tout mon parcours "régime" de la pré-adolescence jusqu'à maintenant. Aujourd'hui, j'ai dit STOP et je m'assume parfaitement. Quand je fais le point, je m'aperçois que mes kilos n'ont pas été un obstacle à ma vie et je ne veux pas me "détruire" pour devenir ce que je ne serai jamais. Bien sur, je fais quand même un peu attention car j'arrive dans une tranche d'âge où le surpoids n'est pas recommandé...
L'essentielle c'est de se sentir bien dans sa tête pour être bien dans son corps, c'est cela qui nous rend belle.
Bonne journée, CHRISTOU54
40 ans 78 3901
Sephira,

merci pour ton témoignage, il en ressort tant de souffrances mais une vraie envie de passer outre et de voir la vie et les choses avec tes propres yeux.
même si tu n'as pas encore la force d'agir, tu es déjà sur le bon chemin et tu as fait un énorme pas en avant.
bon courage et merci
39 ans 3006
Tu m'as retourné les tripes... La surveillance, la restriction cognitive imposée... Qu'est ce que ça fait mal tout ça. Courage, tu as la lucidité qu'il faut, maintenant que tu as posé les bornes, il ne te reste plus qu'à avancer gentiment vers la libération, le mieux. Courage ;)
35 ans Bordeaux 364
Merci pour vos réponses, vos réactions. Elles me font beaucoup de bien. Quand je tiens ce genre de discours, j'ai toujours peur d'être en quelques sortes à côté de la plaque. Je me dis qu'après tout, il est fort probable que je sois moi aussi enfermée dans un système de pensée sans m'en rendre compte. Avoir des échos à ce que je dis, voir que mon expérience a des points communs avec celle de certaines autres personnes, ça me fait me dire quelque part que je ne suis pas vraiment seule contre tous.

Il est hélas très dur de se retourner contre sa famille, de leur reprocher un comportement, surtout quand ils ne savent pas se remettre en question. Et c'est aussi pour cela que je n'arrive pas à agir pour le moment. J'aurai juste besoin que ma mère reconnaisse avoir mal agis, reconnaisse avoir des failles... Personne n'est parfait, mais au lieu de le reconnaître, elle préfère camper sur ses positions de mère parfaite. Il est difficile de faire saisir aux gens à qui on reproche ce type de comportement la nuance entre accepter d'avoir fait une erreur qui nous tient indirectement ou non responsables des problèmes de quelqu'un d'autre, et se voir comme un tyran ou une personne mauvaise sous tous les points, de manière absolue.

Tout cela pour dire aussi que dans ce genre de cas, la difficulté de s'en sortir tient aussi de ce qu'on dépend un minimum de la reconnaissance des autres des différentes erreurs qui ont pu être faites, et que cette reconnaissance, lorsqu'elle est impossible à obtenir, peut nous faire sombrer dans une espèce de cercle vicieux qui nous fait hésiter à l'infini sur ce qu'on doit faire pour être mieux. Parce qu'effectivement, dur dur aussi de ne pas douter de soi, et de ce qu'on pense des autres....


merci encore ;)
J'admire le courage dont vous faites quotidiennement preuve, sans forcément vous en rendre compte, d'assumer vos rondeurs et passer outre les critiques des autres. Je n'en ai pas encore la force, mais je persiste. :D
39 ans 3006
Sephira a écrit:


Il est hélas très dur de se retourner contre sa famille, de leur reprocher un comportement, surtout quand ils ne savent pas se remettre en question. Et c'est aussi pour cela que je n'arrive pas à agir pour le moment. J'aurai juste besoin que ma mère reconnaisse avoir mal agis, reconnaisse avoir des failles... Personne n'est parfait, mais au lieu de le reconnaître, elle préfère camper sur ses positions de mère parfaite. Il est difficile de faire saisir aux gens à qui on reproche ce type de comportement la nuance entre accepter d'avoir fait une erreur qui nous tient indirectement ou non responsables des problèmes de quelqu'un d'autre, et se voir comme un tyran ou une personne mauvaise sous tous les points, de manière absolue.


Il n'y a que depuis très très peu de temps que ma mère a changé sa position, justement au moment où je n'en ai plus besoin. Tu es encore dans une position assez douloureuse, mais on peut s'en sortir même sans que les personnes ne le reconnaissent. Tu sais, tu lui demandes une remise en question très violente sur des années de sa vie, ça ne se fait pas en un jour. Je ne cherche pas à défendre, ou à justifier, tout ce qu'elle a fait est injustifiable. Souvent, ce genre de personne projette ses propres douleurs sur l'enfant. Au départ ils pensent bien faire, et quand on le leur renvoie dans la tronche, ils ont du mal à comprendre. Laisse mûrir tout ça tranquillement dans la tête de ta mère, elle aussi elle a besoin de temps, et si elle n'en mûrit pas, dis toi que tu auras fait ce qu'il fallait pour la faire évoluer, qu'elle n'a pas saisi la branche et point. Ne t'empêche pas d'avancer. Ce qui est important c'est que tu puisses dire les choses, qu'elle sache ta position à toi. Maintenant, laisse le temps faire, c'est tout ce que tu auras. Ma mère a mis 5 ans à comprendre qu'un enfant ce n'est pas bête... Et qu'elle n'a pas été parfaite du tout.
T
53 ans houilles 3
Bravo pour ta lucidité et ta sagesse.
J'ai l'impression de me lire, moi aussi j viens de prendre conscience de tout le mal que je me faisais subir etje dis stop, bientôt 40 ans il est temps de vivre et d'arrêter mes bétises avec les régimes, je suis ronde et alors, je ne suis pas un monstre pour autant, il est temps que j'apprenne à m'aimer. Merci pour ton témoignage ça m'a fait du bien de te lire, mais j'aurai préféré que tu ne subisse pas tout ça. Courage
56 ans 91 25732
tartealafraise a écrit:
Bravo pour ta lucidité et ta sagesse.
J'ai l'impression de me lire, moi aussi j viens de prendre conscience de tout le mal que je me faisais subir etje dis stop, bientôt 40 ans il est temps de vivre et d'arrêter mes bétises avec les régimes, je suis ronde et alors, je ne suis pas un monstre pour autant, il est temps que j'apprenne à m'aimer. Merci pour ton témoignage ça m'a fait du bien de te lire, mais j'aurai préféré que tu ne subisse pas tout ça. Courage


J'avais 39 aussi quand je suis arrivée sur ce site, avec le même parcours que la plupart d'entre vous.

J'ai dit stop, j'ai fait une RA, je me suis réconciliée avec mon corps et moi.

Je ne le regrette vraiment pas. En fait je ne regrette qu'une chose, ne pas l'avoir fait avant et avoir pourri une bonne partie de ma vie et de ma jeunesse. Mais heureusement il n'était pas trop tard !

Merci à Sephira d'avoir donné son témoignage, d'avoir su trouver les mots et elle ne peut pas savoir à quel point ça me fait plaisir qu'à 21 ans elle ait compris que la vie, c'est pas ça, pas cette tyrannie, pas cette bataille contre soi et ses proches.

Bienvenue dans la vraie vie ! :D
35 ans Bordeaux 364
Aspha a écrit:
Sephira a écrit:


Il est hélas très dur de se retourner contre sa famille, de leur reprocher un comportement, surtout quand ils ne savent pas se remettre en question. Et c'est aussi pour cela que je n'arrive pas à agir pour le moment. J'aurai juste besoin que ma mère reconnaisse avoir mal agis, reconnaisse avoir des failles... Personne n'est parfait, mais au lieu de le reconnaître, elle préfère camper sur ses positions de mère parfaite. Il est difficile de faire saisir aux gens à qui on reproche ce type de comportement la nuance entre accepter d'avoir fait une erreur qui nous tient indirectement ou non responsables des problèmes de quelqu'un d'autre, et se voir comme un tyran ou une personne mauvaise sous tous les points, de manière absolue.


Il n'y a que depuis très très peu de temps que ma mère a changé sa position, justement au moment où je n'en ai plus besoin. Tu es encore dans une position assez douloureuse, mais on peut s'en sortir même sans que les personnes ne le reconnaissent. Tu sais, tu lui demandes une remise en question très violente sur des années de sa vie, ça ne se fait pas en un jour. Je ne cherche pas à défendre, ou à justifier, tout ce qu'elle a fait est injustifiable. Souvent, ce genre de personne projette ses propres douleurs sur l'enfant. Au départ ils pensent bien faire, et quand on le leur renvoie dans la tronche, ils ont du mal à comprendre. Laisse mûrir tout ça tranquillement dans la tête de ta mère, elle aussi elle a besoin de temps, et si elle n'en mûrit pas, dis toi que tu auras fait ce qu'il fallait pour la faire évoluer, qu'elle n'a pas saisi la branche et point. Ne t'empêche pas d'avancer. Ce qui est important c'est que tu puisses dire les choses, qu'elle sache ta position à toi. Maintenant, laisse le temps faire, c'est tout ce que tu auras. Ma mère a mis 5 ans à comprendre qu'un enfant ce n'est pas bête... Et qu'elle n'a pas été parfaite du tout.


Je suis désolée de répondre si tard, j'ai eu une longue absence dûe à une surchage de travail....
Pour répondre plus amplement à ce que tu soulèves, je dirais qu'en fait, je ne m'attends plus vraiment à ce qu'elle accepte toute cette remise en question... Je sais que ce serait trop dur pour elle, de toute façon, puisque j'ai récemment eu une dispute avec elle et qu'elle ma affirmé sans scrupule n'avoir jamais fait de mal à personne, qui que ce soit, même involontairement. Pour faire bref, elle pense être la bonté réincarnée. Mais, c'est vrai que j'ai toujours cet espoir vain de la voir un jour me dire qu'elle regrette de s'être comportée comme cela avec moi. Je ne peux hélas pas la changer, ni la forcer à accepter mon point de vue. Je commence petit à petit à me résigner et à avancer seule, du moins, accepter d'avancer seule, car avancer seule, je l'ai toujours fait.
Beaucoup de personnes me conseillent d'aller lui parler à nouveau. Je ne peux tout simplement pas. La dernière fois que j'ai essayé, je me suis effondrée en larmes et elle n'a pas eu un seul petit geste tendre envers moi, j'ai eu l'impression d'être une inconnnue pour elle, à la voir me regarder froidement alors que je souffrais devant elle....
Bref, je crois que tu as raison, je ne dois pas refuser d'avancer...Mais j'en suis consciente. Ceci dit, dans mes mauvais jours, je continue de lui en vouloir énormément.
J'ai appris récemment par ma tante que ma mère me soupçonnait de lui en voiloir pour quelque chose dont elle n'avait pas la connaissance, et qu'en gros elle ne voyait pas trop de quoi je pourrais bien lui en vouloir....Donc, je préfère maintenant avancer seule....même si je tombe soubvent. Quand bien même, je me relève, et je retente....

;)
35 ans Bordeaux 364
tartealafraise a écrit:
Bravo pour ta lucidité et ta sagesse.
J'ai l'impression de me lire, moi aussi j viens de prendre conscience de tout le mal que je me faisais subir etje dis stop, bientôt 40 ans il est temps de vivre et d'arrêter mes bétises avec les régimes, je suis ronde et alors, je ne suis pas un monstre pour autant, il est temps que j'apprenne à m'aimer. Merci pour ton témoignage ça m'a fait du bien de te lire, mais j'aurai préféré que tu ne subisse pas tout ça. Courage


Merci pour ton message :)
Je suis contente que tu aies quand-même réussi à écouter cette sorte de voix intérieure qui nous dit qu'on doit se révolter contre tout ça...Mieux vaut tard que jamais ;) et tu es encore bien jeune ;)
C'est super difficile d'aller à rebours de l'opinion publique sur les régimes, le surpoids, les rondeurs, celle qui dit que quand ona du poids en trop, on doit absoluemnt le faire disparaître en se privant, ou la pression familiale, celle des proches...

Je te souhaite beaucoup de courage aussi :D
35 ans Bordeaux 364
Patty a écrit:


J'avais 39 aussi quand je suis arrivée sur ce site, avec le même parcours que la plupart d'entre vous.

J'ai dit stop, j'ai fait une RA, je me suis réconciliée avec mon corps et moi.

Je ne le regrette vraiment pas. En fait je ne regrette qu'une chose, ne pas l'avoir fait avant et avoir pourri une bonne partie de ma vie et de ma jeunesse. Mais heureusement il n'était pas trop tard !

Merci à Sephira d'avoir donné son témoignage, d'avoir su trouver les mots et elle ne peut pas savoir à quel point ça me fait plaisir qu'à 21 ans elle ait compris que la vie, c'est pas ça, pas cette tyrannie, pas cette bataille contre soi et ses proches.

Bienvenue dans la vraie vie ! :D


Bonsoir Patty, merci pour ton message!
Comme je dis toujours, mieux vaut tard que jamais! Il n'est jamais trop tard, je pense, pour sortir de cette sorte de cercle vicieux dans lequel on tombe trop rapidement...Et c'est pas facile non plus de mettre en doute tout ça, d'aller contre, de parfois se mettre à dos les gens qu'on aime! Il faut avoir une certaine force de caractère, je m'étonne d'ailleurs de l'avoir, quelques fois.
Disons que ça m'a fait grandir bien vite, malheureusement. Et en même temps, je ne suis pas peu fière de penser comme ça, je me dis que mon cas aurait pû être pire..j'aurai pu naître avec un physique de rêve et ne pas avoir le choix de dire non à la pression qui me ferait rester mince, j'aurai pu ne pas avoir ce choix....

Je l'ai et j'en profite, et j'espère que ça te sera bénéfique autant qu'à moi. La route est longue, mais fructueuse, j'en suis sûre :D
B I U


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