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"Grosse vache" de Nina roberts

A
36 ans Nice 21965
«Grosse vache» raconte avec une violence extrême le combat d’une jeune femme contre l’anorexie-boulimie. Oeuvre de fiction extraordinairement intime, ce livre présente l’originalité d’évoquer sans complaisance un mal moderne très  
répandu.

extrait Citation:
Mes yeux se sont tournés vers mon cousin, une boule de chair reliée à son double menton se balançait de gauche à droite pendant qu’il mangeait. On aurait dit un dindon. Une violente nausée m’est montée, c’est alors que je me suis levée de table pour aller regagner les toilettes. Je me suis enfermée pour rejeter tout ce que je n’avais pas pu avaler. J’ai plongé mes doigts dans le fond de mon gosier, j’ai chatouillé le fond de ma gorge en espérant en faire sortir quelque chose. J’avais beau enfoncer mes doigts, je ne faisais que racler le fond de mon gosier. Trop tard, je n’avais rien à gerber. J’ai attendu cinq minutes avant de retourner à table, c’était l’heure du dessert. Ma mère en avait encore trop fait. Deux tartes aux pommes, de la mousse au chocolat, tout ça accompagné d’un café agrémenté de chocolat. Je me suis dit que c’était la dernière fois que je ferais une chose comme ça. Ma mère m’a regardée droit dans les yeux en posant les desserts sur la table. J’ai vu dans son regard son sourire noir. C’était comme si elle me disait : « Regarde, Jessica, ça c’est pour toi. Tiens, vas-y, prends-le, mange-le, je sais que tu adores ça, allez quoi, bouffe-le, putain, bouffe-le ! » J’ai eu une étrange montée d’un seul coup, c’était comme une bouffée de chaleur. C’est bon, j’étais cuite, je venais d’avoir une putain de pulsion. J’ai regardé tout ce tas de desserts posés devant moi. En prenant ma cuillère entre les doigts, j’ai senti comme un tremblement. Par la suite j’ai eu un frisson glacial qui partait de ma nuque et qui venait descendre sur mes épaules. Mon cœur s’est mis à palpiter et je me suis mise à manger. Je n’ai jamais osé le faire devant mes parents, ni devant des gens, d’ailleurs. J’ai toujours mangé en cachette, la seule qui m’ait vue faire c’était Céline. Et là, sans savoir pourquoi, je me suis mise à dévorer devant ma famille, sans même me poser de questions... C’était comme si d’un seul coup je perdais toute ma pudeur. Je pense avoir fait ce geste-là uniquement parce qu’inconsciemment je voulais montrer ma détresse. J’avais profondément envie de les dégoûter de moi. En mangeant ainsi devant eux, c’était comme si je leur disais : « Regardez-moi, regardez comme je suis sale, je bouffe comme une truie, je ne suis pas une princesse, je suis une fille sale et grotesque. » Bien sûr, personne n’a entendu mon appel au secours... Jimmy me regardait avec un léger dégoût, mon cousin, lui, en faisait autant que moi, quant à mes parents ils faisaient mine de rien.


je compte le lire sous peu, quelqu'un l'aurait deja lu?
A
36 ans Nice 21965
personne?
45 ans 17521
je ne l'ai pas lu, mais... pourquoi ne pas nous en faire une chronique pour le mag ?
A
36 ans Nice 21965
moi? :shock: euh, je l'ai pas encore lu ni acheté vu mon futur chomage mais pourquoi pas sinon
A
36 ans Nice 21965
bouquin acheté, j'en ferais une future presentation
A
36 ans Nice 21965
fini de le lire, bouquin super accorcheur, il se devore sans mauvais jeu de mot
A
36 ans Nice 21965
ma chronique sur le bouquin
B I U