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Depression latente : la réaction de vos proches ?

41 ans 04 5576
Bonjour les filles et les messieurs,

J'ai une question à vous poser : j'ai une espece de depression latente, depuis toujours, que beaucoup d'entre vous doivent connaitre ou vivre aussi.  
Je ne me considère pas comme un "être humain normal", mais plutôt comme une sorte de monstre, de phénomène de foire. C'est pour moi aussi reel et aussi evident que les lois de la physique ou que les étoiles dans le ciel, ou que la terre soit ronde.

Je souffre de cette forme de depression, de cette image de moi, à tel point que je ne considère pas comme ayant droit à l'amour, ou à une vie de famille normale. J'en ai pris mon parti depuis longtemps, et je le "vie" plutôt bien, cela m'empêche de trop attendre des gens ou de la vie, de prendre des baffes, cela ne m'empêche pas de penser à avoir des enfants un jour, en passant par la coparentalité, mais bien évidemment cela ne me permettra jamais une "vie normale". Encore une fois j'en ai pris mon parti et ce n'est pas si gênant la plupart du temps.

Je sais ce que vous allez dire : c'est n'importe quoi, etc etc etc..
Ce n'est pas le sujet (même si vous êtes très gentilles).

A ce jour, une seule personne, mon meilleur ami, était au courant de cela. Il l'accepte tant bien que mal... j'évite soigneusement d'en faire étalage devant d'autres personnes, parce que je sais à quel point c'est destructeur pour eux... En apparence, je suis gaie, vive, pleine de bonne humeur et d'humour...

Ce n'est pas vraiment qu'une apparence d'ailleurs je ne me sens la plpupart du temps pas si nulle que cela...

Mais voilà... un de mes collègues, que je considère comme un ami, a découvert "ma perception de moi" et il est très inquiet. La première
fois qu'il m'en a parlé,hier, j'ai été prise au dépourvu et je l'ai renvoyé dans ses cordes, en lui disant de ne pas s'en préoccuper, que tout allait bien et j'ai changé de sujet.

Je viens d'aller le voir pour discuter plus "rationnellement" et ne pas le laisser barboter dans son jus. Je lui ai expliqué à quel point ça pouvait être destructeur pour lui de s'impliquer là dedans, qu'il n'avait pas à s'inquièter d'apprendre un jour que je m'étais suicidée ou une autre connerie dans ce genre parce que je suis habituée à ce trouble et je le vis plutôt bien.

Il m'a dit comprendre que je ne voulais pas lui en parler et qu'il n'avait pas les capacités psy ou même l'envie d'en discuter avec moi, de prendre ce problème à sa charge mais il m'a demandé d'aller voir un psy. Je lui ai expliqué que j'étais suivie, avant et que depuis mon déménagement, je ne l'étais plus car les psys d'ici veulent memettre sous anti depresseur, ce que je refuse. Il m'a demandé de persister dans ma recherche d'aide... ce que je n'ai plus le courage de faire (ne lui ai pas dit, non plus).

Il reste inquiet... je ne sais pas trop de quoi, puisque je lui ai dit que je n'étais pas suicidaire, mais il l'est encore.

J'ai peur pour lui, s'il ne sait pas prendre du recul, il va morfler. Je ne sais pas quoi faire, il ne peut ni comprendre ni accepter ce trouble... je ne sais pas le rassurer...

Que me conseillez vous ? D'attendre ? de laisser passer du temps ?
38 ans 73
Je me reconnais tout à fait dans ta description. Sauf que c'est pas un de mes amis qui a découvert ça, mais un de mes profs, et qu'il en a été estomaqué (j'ai regretté d'être sortie de mon lit ce jour-là). Je crois que j'y ai gagné une image de tarée à moitié dépressive à ses yeux, et chaque fois que j'essaye de le détromper, je m'enfonce.
Honnêtement, je ne saurais te conseiller (surtout vu que je ne vois pas de psy et que mon prof n'est pas un proche :lol: ) mais je t'envoie tous mes encouragements pour surmonter la situation ;)
40 ans Ici et là-bas 3402
C'est étrange de lire un post dont j'aurai pu écrire chaque mot ou presque..........

Désolée pour l'inutilité de mon commentaire mais javais envie de le dire.
41 ans 04 5576
Merci de vos commentaires les filles...

je savais bien que je n'étais pas seule...

même si je suis toujours seule face à son incompréhension et à son inquiétude. :cry:

Je crois que le mieux est de laisser passer du temps, de le voir moins. S'il ne me voit pas, il cessera d'y penser. Je ne veux pas que cela lui bouffe la vie.
48 ans 92 746
Bonsoir Calie-Toad,

Situation assez particulière, en fait tu dois te sentir aussi impuissante à le rassurer que lui doit se sentir impuissant à t'"aider"... ;)

Je ne sais pas en détails ce que tu lui as dit, pour ma part je lui aurais juste dit à quel point cela me touchait qu'il se sente à ce point concerné, mais qu'en revanche le "problème" était très intime et que lui ne pourrait pas le régler et que si je sentais que je n'allais pas bien, s'il le voulait, je viendrais lui en parler..... car je ne vois que cela pour un peu le rassurer (que tu le fasses ou non réellement à l'avenir). Plus on essaie de minimiser les choses ou d'insister et positiver, moins cela peut être rassurant parfois !
Si c'est réellement un ami, prendre de la distance avec lui serait dommage pour vous 2.
Bonne soirée :D
39 ans 3006
Calie-Toad a écrit:
Merci de vos commentaires les filles...

je savais bien que je n'étais pas seule...

même si je suis toujours seule face à son incompréhension et à son inquiétude. :cry:

Je crois que le mieux est de laisser passer du temps, de le voir moins. S'il ne me voit pas, il cessera d'y penser. Je ne veux pas que cela lui bouffe la vie.


Je ne voudrais pas trop m'immiscer... Mais tu crois VRAIMENT que s'il ne te voit pas il y pensera moins ? S'il s'inquiète pour toi jusqu'à t'en avoir parlé.. Tu crois peut-être qu'il va lacher l'affaire comme ça ?
41 ans 04 5576
Aspha a écrit:
Calie-Toad a écrit:
Merci de vos commentaires les filles...

je savais bien que je n'étais pas seule...

même si je suis toujours seule face à son incompréhension et à son inquiétude. :cry:

Je crois que le mieux est de laisser passer du temps, de le voir moins. S'il ne me voit pas, il cessera d'y penser. Je ne veux pas que cela lui bouffe la vie.


Je ne voudrais pas trop m'immiscer... Mais tu crois VRAIMENT que s'il ne te voit pas il y pensera moins ? S'il s'inquiète pour toi jusqu'à t'en avoir parlé.. Tu crois peut-être qu'il va lacher l'affaire comme ça ?


Ben on dirait bien qu'il l'a lâchée :lol:
J'ai effectivement pris quelque distances, je crois qu'il l'a bien compris et qu'il respecte cela. Son inquiétude passera, va...
45 ans 17521
Je vis cet état de dépression latente dont tu parles, depuis de nombreuses années... Je sais très bien faire illusion, parce que je suis quelqu'un d'assez dynamique, et que j'ai du caractère...

Pour mon entourage, il y a pluusieurs cas de figure :

Ma mère à qui j'essaie de cacher ça au mieux, parce qu'étant elle-même dépressive, elle culpabilise trop de m'avoir légué ça en plus du reste... donc pour ne pas l'accabler, je lui cache le plus possible...

Le reste de ma famille, pour eux, c'est absoluement impensable... pas moi, je suis forte, je suis une battante, etc... j'ai été arretée pour dépression cette année, et quand j'en ai parlé à ma tante, elle a détourné les yeux d'un air gêné en disant "ah bon... on savait pas... on dirait pas, hein... " et on est passées à autre chose...

Mes amis, qui ont l'habitude de venir me pleurer sur l'épaule, et comptent sur moi pour les porter à bout de bras et être là... quand j'ai le malheure de péter les plombs, ou de leur confier mon état, c'est la cata, la panique... on me regarde avec des yeux affolés, genre "mais si elle est pas bien, qui c'est qui va s'occuper de nous ???" :evil: et là, d'un seul coup, j'ai plus de nouvelles de personne ou presque, le temps que ça se tasse, parce que forcement, ça va vite se tasser, pour eux, je suis tellement forte...

Il faut dire aussi que je suis entourée de gens plus ou moins dépressifs, et comme je suis capable de donner le chance, on considère que je dois surement être moins dépressive que les autres, puisque j'arrive à le dissimuler... donc je vais bien, tout va bien...

Je vis donc avec cet état latent, mais sans essayer spécialement de le cacher, le montrer fait le vide autour de moi, alors que j'ai plutôt besoin d'être entourée... Donc je donne le change... et je garde ça pour moi.

Je n'arrive pas à me décider à aller consulter quelqu'un, il faut d'abord que j'accepte l'idée que j'ai besoin d'aide, ou qu'on puisse m'aider. Peut-être aussi la crainte, quelque part, d'aller mieux... parce que j'ai l'habitude de mon état, même si je ne me sens pas heureuse ainsi, que j'ai des angoisses et des pulsions de mort, et que je ne sais pas ce que c'est que de vivre autrement.
41 ans 04 5576
karen a écrit:
Je vis cet état de dépression latente dont tu parles, depuis de nombreuses années... Je sais très bien faire illusion, parce que je suis quelqu'un d'assez dynamique, et que j'ai du caractère...

Pour mon entourage, il y a pluusieurs cas de figure :

Ma mère à qui j'essaie de cacher ça au mieux, parce qu'étant elle-même dépressive, elle culpabilise trop de m'avoir légué ça en plus du reste... donc pour ne pas l'accabler, je lui cache le plus possible...

Le reste de ma famille, pour eux, c'est absoluement impensable... pas moi, je suis forte, je suis une battante, etc... j'ai été arretée pour dépression cette année, et quand j'en ai parlé à ma tante, elle a détourné les yeux d'un air gêné en disant "ah bon... on savait pas... on dirait pas, hein... " et on est passées à autre chose...

Mes amis, qui ont l'habitude de venir me pleurer sur l'épaule, et comptent sur moi pour les porter à bout de bras et être là... quand j'ai le malheure de péter les plombs, ou de leur confier mon état, c'est la cata, la panique... on me regarde avec des yeux affolés, genre "mais si elle est pas bien, qui c'est qui va s'occuper de nous ???" :evil: et là, d'un seul coup, j'ai plus de nouvelles de personne ou presque, le temps que ça se tasse, parce que forcement, ça va vite se tasser, pour eux, je suis tellement forte...

Il faut dire aussi que je suis entourée de gens plus ou moins dépressifs, et comme je suis capable de donner le chance, on considère que je dois surement être moins dépressive que les autres, puisque j'arrive à le dissimuler... donc je vais bien, tout va bien...

Je vis donc avec cet état latent, mais sans essayer spécialement de le cacher, le montrer fait le vide autour de moi, alors que j'ai plutôt besoin d'être entourée... Donc je donne le change... et je garde ça pour moi.

Je n'arrive pas à me décider à aller consulter quelqu'un, il faut d'abord que j'accepte l'idée que j'ai besoin d'aide, ou qu'on puisse m'aider. Peut-être aussi la crainte, quelque part, d'aller mieux... parce que j'ai l'habitude de mon état, même si je ne me sens pas heureuse ainsi, que j'ai des angoisses et des pulsions de mort, et que je ne sais pas ce que c'est que de vivre autrement.


Tu vois Karen, je m'étais laissée prendre à l'illusion... Parfois, en te lisant, oui, je savais que ça n'allait pas mais tu semblais rebondir tellement bien, tellement vite...

Citation:
Je n'arrive pas à me décider à aller consulter quelqu'un, il faut d'abord que j'accepte l'idée que j'ai besoin d'aide, ou qu'on puisse m'aider. Peut-être aussi la crainte, quelque part, d'aller mieux... parce que j'ai l'habitude de mon état, même si je ne me sens pas heureuse ainsi, que j'ai des angoisses et des pulsions de mort, et que je ne sais pas ce que c'est que de vivre autrement.


J'ai été soignée, un temps, mais je ne le suis plus (déménagement). Je pense que si j'avais continué avec cette psy, j'aurais peut être pu m'en sortir... mais là, je n'ai plus envie de lutter, je n'en peux plus. Rechercher un nouveau psy, être sure de m'entendre avec lui, avancer, encore, mais pour aller où ?

MA vie est traçée, elle ne me fait pas hurler de joie c'est sur, mais je préfére ne pas trop y penser. Parce que me dire que j'ai encore à peu près 50 ans à faire comme ça...

Je ne veux plus remuer la boue.
:kiss:
38 ans 73
Je me permets de squatter un peu le topic pour vous poser une question (surtout à celles qui ont fait des études longues): comment est-ce que vous avez fait pour continuer malgré tout? Je suis actuellement en DEA, à une encâblure du doctorat (mon rêve de gamine). J'estime en être arrivée là par une chance incroyable, mais j'ai peur que ça ne suffise pas pour le doctorat... D'ici quelques mois, je devrai prendre la décision de candidater ou non, et comme je ne vaux rien, ça va devenir sacrément problématique :lol:
46 ans Epinal 264
Bonsoir,

pour répondre à Meerenwenn, j'ai "continué" parce que je n'avais pas trop le choix: le principe de "marche ou crève". "Crever", je n'y suis pas parvenue et ce malgrè des tentatives multiples depuis l'âge de 7 ans. "Marcher" (tituber serait plus exact) je l'ai fait, sans plaisir et sans but, à contrecourant souvent, car seule. Tout ce qu'écrit Calie-Toad ou Karen, je l'ai vécu, pareil. Dépression latente, j'aime bien l'expression, c'est assez bien descriptif.
Comme vous, j'ai toujours cru que c'était inéxorable, inévitable, incurable... que j'étais comme ça, oui un monstre. Jusqu'au jour où j'ai été hospitalisée d'urgence en psychiatrie, à force d'avoir tenu le coup et cru pouvoir vivre avec; mon cerveau a pété les plombs et mon corps a docilement suivi le nervous breakdown. Et après 5 ans de psychothérapie, un traitement idoine, je n'ai plus aucune pulsion suicidaire ou juste destructrice, je m'aime et j'aime ma vie.

Je suis revenue de tellement loin, si vous saviez, mais je suis bête, vous savez sûrement.
Je l'ai déjà dit dans cette section, je le répète encore aujourd'hui: la dépression est une maladie comme une autre, ça se soigne, on en guérit, on y survit.
Cessez de croire à cette malédiction et surtout cessez de croire que nous sommes nées comme ça et que ça ne peut pas changer. Nous ne sommes pas "comme ça". Nous sommes dépressives, victimes d'une maladie extérieure à nous.C'est la maladie qu'il faut combattre, pas nous-mêmes.

A Calie-Toad, je voulais juste te dire que mon psy m'a proposé des entretiens téléphoniques, pourquoi ne pas en parler à ta psy, ou lui demander si elle connait un confrère dans ta nouvelle ville?
Encore une fois, les filles, ce n'est pas une malédiction, ni une fatalité, juste une maladie.
Ne renoncez pas.
:kiss:
35 ans st etienne 89
je suivait cette discussion en ayant un sentiment de déja vue, et l'espoir n'avait pas tellement sa place ici... mon cas est quasiment le même avec une différence quand même: j'ai se que l'on peut qualifié de "timidité dérangante": cette impréssion perpétuel de géner les autres, d'encombrer et de ralentir tout le monde...mais avec le sourire pour que personne ne s'en rende compte...
De se faite je passe mon temps a essayer d'être gentille, serviable.... sans jamais me sentir apprécié.Comme vous le dite si bien: "on s'y fait"!

et c'est la que Calyopechrysis entre en scéne! merci à toi!!!Tu redonne l'envie de changer les choses...
A
36 ans Nice 21965
je connais tres bien aussi ce genre de chose, je le cache a ma famille parce que certaines en sont la cause mais surtout pour ne pas etre "percé" à jour,

j'ai aussi connue les gens qui te parlent d'eux quand tu as besoin d'etretre reconforté ne serais ce qu'un peu mais leurs problemes sont plus importants que les tiens,

du coup je me suis effacée, j'ai ma carapace qui me protege des autres car j'ai pris l'habitude de "prendre" leur mal pour qu'ils aillent mieux mais c'est allé beaucoup trop loin (bon je continue avec mon meilleur ami mais c'est parce qu'il en a besoin, je suis son garde fou on va dire) et aussi pour proteger les autres de moi

un seul a reussi à me percer à jour, quand une felure se fait, il me protege de moi meme et de ce que je pourrais faire

consulter, pfff les psys nous ecoutent vraiment?pas l'impression moi
A
36 ans Nice 21965
ah au fait karen, j'ai vu que ca allait pas quand on s'est vu les deux dernieres fois, j'ai juste pensé que tu n'etais pas encore prete à "tout sortir" mais si t'as besoin suis la hein :kiss:
B I U


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