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Les "contreforts sociaux", une petite théorie du s

S
47 ans 7
Bonsoir !
Je voudrai vous faire partager une expérience bien étrange que j'ai vécue tout récemment. Juste avant je voudrai dire que je suis effrayé par la brutalité et la  
violence avec laquelle on reprend sur ce forum des membres qui ont le malheur d'employer le mot "régime", ça fait peur et carrément même révoltant sur les idées reçues contre les anorerique. Mais bon. On comprend aussi bien sûr que vous êtes "à cran" sur ce mot.

Le truc bizarre c'est ça. Juste pour comprendre, je suis obligé de dire que je souffre hélas depuis plus de 10 ans de TCA, et, donc, depuis 1 an et demi de bv. Or, depuis un an - j'ai pas honte de le dire même si c'est un peu dur quand même - je suis très seul. Hé oui. Puis, en plus, j'ai changé de travail, avec un nouveau dans lequel les sollicitations ont été vraiment hypernombreuses, et dures à vivres, très pressantes et stressantes. Rien de bien méchant, juste de très très sollicitants et stressant.
Et, pour la première fois depuis 1 ans, j'ai eu l'occasion de passer 15 jours immergé au milieu d'amis et de la famille. J'avais depuis un an aussi de plus en plus de mal à sortir, bouger, et me repliait de plus en plus, effrayé à l'idée que quelqu'un passe chez moi. Et, le grand classique, crise sur crise d'angoisse, le soir, puis, surtout, le dimanche

Et là, sur les 15 jours...plus rien ! Enfin, quasiment plus rien ! Quelques crises d'angoisse, si, bien sûr : quelque jours, aussi avec un peu de bv, mais 10, 15 fois moins que d'habitude. Oubli du "harcèlement" des responsabilités professionnelles, surtout. Et, il n'y avait rien de forcé, rien de très "en dehors de l'ordinaires" : tout en étant "entouré", je passais la plupart des journées en retrait de tous, mais, en les "sentant" présents de loin, en quelque sorte, dans une chambre, pendant que eux étaient ensembles.

Et hop, je rentre, patatras ! Dimanche dernier ça redégringole, et brutalement, démesurément (7000 kcl dans une journée...hélas...)

C'est très bizarre à dire, mais, à distance, en regardant mes mails et les sollicitations professionnelles qui revenaient, lorsque j'étais là-bas, "je me sentais fort", presque indifférent. Je ne les ignorais pas du tout, mais elles me faisaient 10 fois moins d'effets d'angoisse et de panique que quand je suis ici, seul. Et, de retour, blong ! Toujours la même histoire : je rentre après une journée dense, et là, je trouve encore 20 mails à répondre. Au début c'est du plaisir, on écrit, puis tout à coup ça part en vrille, ça se noue, ça devient compulsif, tout se mélange : clavier, nourriture...

Alors, j'ai l'impression que les "contreforts sociaux", c'est un peu quelque chose comme ça, des sortes de "coussins" de présences absentes, de personnes qui nous entourent sans forcément être avec nous mais dont la seule présence - pas trop, juste à distance, parce que si c'est trop présent, ça devient intrusif, et là, du coup, nouvelles angoisses. Les contreforts sociaux, c'est cet espèce de truc très bizarre, carrément subtil, d'une présence, pas trop présente, mais suffisamment pour rendre fort. Et je me suis rendu compte que je suis comme attiré par les magasins, qui vendent de la nourriture, mais jamais pour la nourriture, en fait. Parce qu'on dit bonjour, au revoir ? Ben non, justement, je me sent agressé quand c'est ça. Mais parce que les gens sont autour, circulent, sans être trop proches, justement.
Dommage que les contreforts sociaux, ça ne s'achète pas chez Leroy-Merlin, en soldes, c'est la période...ça serait bien pratique. Alors, dans tout ça, je me dis, est-ce qu'il faut vraiment travailler "sur soi", ou davantage au contraire à s'extraire de soi et tout faire pour tenter de construire patiemment de telles présence rassurante ?
Voilà !
Je ne sais pas si ça va peut-être vous paraître complètement décalé... :oops:
B I U