Le 21.10.03 Par Anne Stolbowsky

BVP : la pub se mobilise contre la hausse de l’obésité infantile

« Moi j’aime maman quand elle m’offre un kinder surprise ! »

« Danone kid est un yaourt sucré aromatisé, naturellement riche en calcium. Il participe chaque jour à la solidité de votre enfant… »

« Petits Musclés, c’est de l’energie pour les petits malins ! »

Et si tout cela n’était plus qu’un mauvais souvenir ? On a le droit de rêver non ?!!

La grosse prise de conscience

Recemment alerté sur le problème de l’obésité grandissante

chez les enfants, le BVP ( Bureau de vérification de la pub en France ) a intégré hier un chapitre enfants à sa charte de déontologie destinés aux publicitaires.

D’après le BVP « il s’agit de prendre clairement position contre toute communication qui, délibérément ou non, contribuerait à encourager chez les enfants des comportements qui seraient contraires aux principes alimentaires couramment admis en matière d’hygiène de vie. »

Un code des bonnes pratiques pour stopper toute incitation au grignotage, à la sédentarité, à l’excès et aux présentations trompeuses dans les pubs alimentaires mettant en scène des enfants :

    Serait on pas en train d'essayer d'me la r'faire ?

  • Grignotage :
  • « la publicité ne doit pas inciter les enfants à s’alimenter de façon inconsidérée tout au long de la journée » et « le grignotage ne doit pas être présenté comme substituable à un repas. »

  • Sédentarité
  • : « si la représentation de la consommation d’un aliment lors ou à l’issue d’une activité physique est légitime, celle d’un comportement de grignotage associé à l’inactivité physique n’est pas admise. »

  • Excès
  • :la publicité ne doit pas inciter les enfants à une consommation excessive d’un produit », et plus précisément « on entend par incitation à une consommation excessive le fait, par exemple, de représenter un enfant consommant un produit sans retenue ou dans des quantités déraisonnables. » heu koi d'9 docteur ?

  • Présentations trompeuses
  • : dans les cas où sont présentées des équivalences nutritionnelles entre produits alimentaires, celles-ci doivent être nutritionnellement pertinentes (par exemple porter sur des nutriments communs, présents en quantité significative) ».

    Par ailleurs « la présentation des équivalences ne doit pas inciter à des substitutions entre catégories,( pomme contre yaourt ) notamment en suggérant que les bénéfices de deux produits comparés sont globalement équivalents .

    la publicité ne doit pas suggérer que la seule consommation d’un produit induit une performance optimale ou la réussite maximale dans une activité notamment artistique, scolaire ou sportive« .

« L’autorégulation » dans la pub, vous y croyez vous ?

Salut moi c smako le ptit dèj too choco too mimi too rigolo qui te rend idio et accro !Rappelons que le BVP est seulement une association, qui a pour but l’autodiscipline des publicitaires, le seul risque encouru à ne pas respecter ses « bons conseils » étant … la radiation.(moahahaha)

A l’image de la dernière campagne de pub pour une marque de culottes jugée sexiste par le bvp, mais diffusée quand même jusqu’au bout.

Le BVP émet déjà depuis longtemps un ensemble de recommandations, comme celle concernant l’image de la personne humaine et notamment de la femme… hum Je vous laisse juger concernant leur réelle application…

Aujourdhui beaucoup de gens reprochent au BVP son inefficacité, et certains projets visent une régulation de la pub avant diffusion.

Jean-Marc Nesme, député (UMP), a déposé en février, un projet de loi signé par une quarantaine de députés, qui a relancé le débat sur les dérives de la pub.

L’ UPE (‘Union de la publicité extérieure) s’était déclarée d’accord pour un contrôle des pubs avant diffusion par le BVP. Puis face aux pressions des patrons d’agence publicitaire, l’UPE a changé d’avis….

Oui mais quand même ce sont nos enfants !

On peut tout de même raisonnablement espérer que les publicitaires vont plutôt respecter cette nouvelle charte pour chérubins, pour la simple raison que l’obésité infantile est dans le colimateur de la santé publique, et que donc par les temps qui courrent enfreindre ces nouvelles règles leur feraient une mauvaise presse…

La porte est ouverte !

Le bourrage de crâne de nos chères têtes blondes, c’est quand même fou qu’on ne s’en préoccupe que maintenant… mais enfin mieux vaut tard que jamais !

A travers cette charte, le rôle des médias dans l’évolution des désordres alimentaires vient d’être officiellement reconnu en France, et c’est déjà un pas important vers la prise en main d’un problème qui touche tout le monde .

A savoir le cocktail idéal minceur image irréelle et déformée du corps que la pub nous assène, qui provoque tant de culpabilité, d’intolérance et conduit tous droit les gens aux désordres alimentaires. Bien sur je ne parle pas seulement des conduites qui mènent à l’obésité..

Beaucoup de chemin reste à faire, beaucoup d’information et d’éducation, ainsi qu’une publicité modérée et d’avantage consciente des ravages que provoquent les stéréotypes véhiculés.

Et maintenant, un peu de lecture sérieuse :

elle a raison la madamegoblertoys : jouets de mauvais goût et humour débridé ( en anglais )

Le site qui organise le Recouvrement des panneaux de pubs du metro parisien : 17 octobre 2003. Le JT en a parlé. Pourvu que çà dure (sic)

L’asso Résistance à l’agression publicitaire : manifeste contre le système publicitaire ( à lire absolument )


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