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Ronde et tres tres angoissée.

37 ans 41
Bonjour,

Voila, comme le titre le dit : je suis ronde et très très angoissée.
L'année dernière je suis tombée lors de mon stage de 12 mois sur un chef très porté  
sur l'aspect physique des gens. J'étais pour lui grosse donc molle, donc pas bien, donc pas intelligente = flemmarde, ne fais jamais rien bien, etc.
Je me suis battue toute l'année contre ses préjugés, ses mots et son regard. Il a traité ce que je faisais de poubelle, il s'énervait régulièrement pour un oui et pour un non, et me crier dessus.
J'ai surmonté l'année grâce à une bonne psy et des anti-depresseurs. J'ai validé mon stage et j'ai eu mon diplôme avec mention. Mais j'ai réalisé que j'y ai perdu le peu d'estime que j'avais de moi, et le peu de caractère que j'avais.
Cette année j'ai un nouveau chef et je me laisse manger par lui. Je l'ai laissé instauré une relation de dominant-dominée. Quand je lui parle, je me recroqueville, j'essaye de ne pas prendre beaucoup de place, comme si je craignais qu'il s'aperçoive d'un coup que j'étais grosse et qu'il me juge donc comme une bonne à rien.
Cela m'angoisse vraiment, et me pourrit la vie.
Un exemple très simple : j'ai la gastro depuis hier apres-midi. Je suis restée tard au boulot malgré mon mal de ventre et je suis allée consulter mon généraliste en début de soirée : il a diagnostiqué la gastro. Je ne suis donc pas allée travailler aujourd'hui. Mais je suis dans un état d'angoisse chronique de peur que mon chef se dise dans sa tête "Oh cette grosse, déjà qu'elle est molle, elle s'absente aussi pour un rien".
Je n'assume plus mes rondeurs, mon physique. Je n'arrive pas non plus à répliquer aux gens.
Je sais que si mon nouveau chef me disait : tu es molle, tu ne sers a rien, je n'oserai meme pas lui repliquer.

Voila, je ne sais plus quoi faire pour faire taire mon angoisse et ne plus me victimiser.
Je ne veux plus être la dominée, je veux ne plus avoir peur de mes chefs,
W
35 ans Moulins (03) 200
Alors plusieurs choses, tout d'abord le chef pendant ton stage il t'a fait du harcèlement moral, et c'est puni par la loi. Si ton nouveau chef te le fait tu peux l'attaquer en justice (avec témoignage psy à la clé, voir de quelques collègues).


Sinon il est comment ton nouveau chef ? Assez autoritaire, te parle mal ? Ou plutot compréhensif ?


Enfin : dis toi, et force toi même à le dire, que les compétences au travail n'ont rien à voir avec le tour de taille. Et qu'il est pas normal qu'on juge les gens sur leur corpulence.

Essaie de prendre confiance en toi, un chef (et je sais de quoi je parle) préfère largement quelqu'un qui prend des initiatives quit à faire des erreurs, qu'une personne qui a trop peur de faire des erreurs et de déplaire.
C
109 ans 438
En lisant ton post j'ai halluciné!!! Parce que je pense que la relation que tu avais avec ton ancien chef était tout bonnement du harcèlement moral. Il faut que tu saches qu'en France aucun employeur ne peut juger ton travail à partir de ton physique sinon tu peux porter plainte pour discrimination. Et personne n'a le droit de t'interdire de prendre un jour d'arrêt maladie.

Je ne travaille plus mais je sais qu'un climat d'angoisse profonde au travail peut rapidement mener à la dépression.Il faut donc absolument que tu brises ce cercle vicieux dans lequel tu es. Certes ton chef est hiérarchiquement supérieur mais ça reste un homme comme les autres.

N'as-tu personne à qui tu pourrais parler de cette situation? Un psy dans l'entreprise?Délégué syndical? Certains collègues avec qui tu t'entends bien? Je pense que tu dois en parler avant que te détruire encore plus.

Soigne toi bien et courage!
37 ans 41
En ce qui concerne l'année dernière, j'étais en stage, je voulais valider mon diplôme. On n'a pas arrêté de me dire qu'a mon niveau d'études, c'était normal de souffrir et que ça devenait compétitif.
On m'a aussi dit que si je me plaignais ou essayer de changer d'équipe, donc de chef, je pourrai dire au revoir à mon diplôme voir à ma future carrière. Et puis j'avoue aussi qu'avec le recul, je n'ai pas vu le harcèlement et je me suis simplement blâmée.
Et puis vu mes collègues de l'an passé : personne ne m'aurait soutenu.
Mais bref, c'est du passé comme on dit.
Cette année est plus problématique parce que je crois vraiment que j'ai instauré par peur une relation de dominant-dominée à cause de mon angoisse. Je réalise que maintenant, c'est-a-dire 5 mois plus tard que ce n'est pas génial, ni épanouissant d'avoir peur et de se laisser dominer.
Mon chef est autoritaire mais il reste au fond humain, sauf que moi je bloque automatiquement face a lui...
Il a beaucoup d'emprise sur moi parce que je le laisse faire et aussi parce que je suis certes employée mais aussi son étudiante puisque je suis thésarde. Un statut pas très facile a gérer.

Sinon j'en parle un peu à mes collègues, mais l'année dernière quand je me suis plainte auprès de collègue on m'a répliqué que c'était lourd de se plaindre et qu'on avait tous nos problèmes. Oui, pas encourageant.
Sinon nous n'avons pas de délégué syndical à proprement parler. Mais je vois une psy de la Fac qui est débordée..

Et oui, je viens de réaliser aussi que j'ai peur de déplaire, tellement que je disséque toutes les remarques de mon chef, et ca tourne meme en boucle dans ma tete.
W
35 ans Moulins (03) 200
Ce que tu peux faire, mais c'est pas facile c'est demandé à ton chef si vous pouvez avoir un "entretien" histoire de parler des premier mois que tu as pris ton travail, de savoir ce que tu pense de lui, ce qu'il attends de toi, ce qu'il souhaite de toi etc.

C'est une période privilégié qui permet de mettre les choses à plat sans rancune etc. pour savoir comment la relation de travail peut s'améliorer...
A
36 ans 3124
Limou a écrit:
On n'a pas arrêté de me dire qu'a mon niveau d'études, c'était normal de souffrir et que ça devenait compétitif.


Non non et non ce n'est pas normal!

Quelque soit ta position hiérarchique, tu n'as pas plus le droit qu'un PDG de subir le harcèlement moral.

Non, mais c'est pas la fête du slip kangourou quoi, alors sous prétexte que tu commence dans la vie active, tu dois te faire traiter comme une sous merde? Ben non, au contraire, tu étais là pour apprendre justement, à contrario il aurait du être plus attentif mais en aucun cas répressif!

Je peux comprendre, qu'en tant qu'étudiante, ton but était de valider ton diplôme, mais il y a des limites.
37 ans 41
Citation:
Ce que tu peux faire, mais c'est pas facile c'est demandé à ton chef si vous pouvez avoir un "entretien" histoire de parler des premier mois que tu as pris ton travail, de savoir ce que tu pense de lui, ce qu'il attends de toi, ce qu'il souhaite de toi etc.


J'y ai déjà pensé mais je n'ai pas le courage pour le moment. Je sais que je suis en période down et que la moindre remarque aura tendance a me blesser..
Mais j'y reflechis sérieusement.

Sinon, non, ce n'est pas normal de souffrir mais à force de l'entendre, j'ai fini par y croire. Quand on nous rabache matin-midi et soir que tout le monde est passé par là, que le probléme c'est pas les autres mais c'est nous. On finit par y croire.
R
36 ans Paris 1624
Limou a écrit:
Sinon, non, ce n'est pas normal de souffrir mais à force de l'entendre, j'ai fini par y croire. Quand on nous rabache matin-midi et soir que tout le monde est passé par là, que le probléme c'est pas les autres mais c'est nous. On finit par y croire.

C'est tout à fait vrai, je ne peux que te comprendre j'ai subi la même chose l'année dernière.
Ma chef a même été jusqu'à me dire "Réfléchissez bien si vous partez, imaginez-vous dans un an, chez vos parents, dans votre chambre en train de grignoter !"... et j'ai pas su quoi répondre parce qu'elle avait passé 8 mois à détruire le peu de confiance que j'avais en moi.
Les remarques au quotidien, je connais. Et oui, j'étais devenue quasi-incapable car je perdais tous mes moyens, je ne pouvais plus me concentrer sur mon travail.
Mais là c'était particulier, c'était une TPE, les employés c'était elle et moi.

J'ai fini par démissionner, c'était ça ou me retrouver chez un psy.
Et même si je n'ai pas encore retrouvé toute la confiance que j'avais en moi, j'ai fini par réaliser qu'en fait c'est simplement elle qui est pourrie de l'intérieur. ^^
Elle aussi disait que c'était normal de s'en prendre plein la tête, que je pouvais m'estimer heureuse de bosser pour elle car dans d'autres entreprises on ne m'aurait jamais embauchée, ou alors on m'en aurait fait voir encore plus...
Mais si elle m'a proposé un CDI à la fin de ma 1ère semaine de stage, c'est que je n'étais pas si nulle que ça !

Mais je comprends entièrement ce que tu ressens, je suis pareille, toujours à me remettre en question, à soupçonner mes collègues de me critiquer, etc.

Et puis m**** à la fin, c'est peut-être un peu aux autres de se remettre en question ! :evil:

Crois en toi, si tu as validé ton stage et si tu as trouvé du taff, ce n'est pas par hasard ! Tu les as mérités !
37 ans PARIS 10
Salut Limou,

Je te rassure il y a des personnes en ce monde qui aime les femmes rondes !!! Et qui ne jugent pas que sur le physique ! Le tout c'est d'ignorer les idiots qui ne considèrent les gens que par leur physique et de se tourner vers ceux qui t'apprécieront aussi bien pour ton physique que pour ta personnalité ! :)
C
50 ans 1965
Le problème c'est que la vie prof n'est pas la même que la vie privée. Le souci n'est pas ton tour de taille, mais ta personnalité. Peu importe ton physique, tu dois te vendre. Et de fait, c'est plus difficile quand on n'est pas dans la norme parce qu'on doit prouver plus (c'est vomitif je sais, mais dans les faits, je remarque que c'est ainsi). C'est donc la confiance en soi et la façon dont on veut être perçu qui importe. Et parfois, ce n'est pas facile...

Y a des cons, des vampires, des bouffeurs d'individus... si tu ne leur montres pas au premier abord que tu n'es pas là pour être bouffée, tu seras celle qui sera bouffée. Y a pas de milieu, pas d'échappatoire...

Là, tu es partie et tu t'emprissonnes dans le rôle de victime. N'attend pas du boss qu'il change d'attitude si toi-même tu ne changes pas d'attitude. C'est à toi de te réveiller... de dire stop, d'exiger du respect. Et ne compte sur personne d'autre que toi, c'est-à-dire que l'impulsion doit venir de toi avant tout.

Courage... ;)
A
36 ans 3124
cornflakegirl, quand tu dis qu'elle doit changer d'attitude, c'est à dire?
C
50 ans 1965
Acide-Lyrique a écrit:
cornflakegirl, quand tu dis qu'elle doit changer d'attitude, c'est à dire?


Quand je lis ceci c'est très parlant :

Citation:
Cette année j'ai un nouveau chef et je me laisse manger par lui. Je l'ai laissé instauré une relation de dominant-dominée. Quand je lui parle, je me recroqueville, j'essaye de ne pas prendre beaucoup de place, comme si je craignais qu'il s'aperçoive d'un coup que j'étais grosse et qu'il me juge donc comme une bonne à rien.


Elle se rend compte qu'elle a eu dès le départ une attitude de victime. Elle tend à disparaitre au lieu de s'affirmer. Elle a peur de prendre de la place parce qu'elle pense que son corps en prend déjà de trop.

L'attitude part de la gestuelle, de la position du corps. On peut tenir le même discours, avoir la même compétence, la gestuelle aura plus d'impact que le discours. Une personne souriante, ouverte, qui a une bonne posture et des gestes fluides et ouverts sera plus écoutée qu'une personne avec moins d'assurance qui a le dos courbé. Aussi bien poser sa voix au lieu de marmoner... Tout ça va influencer la personne en face et ça sera plus difficile d'abaisser une personne qui a confiance en elle, ou du moins qui envoie les bons signaux.

Je ne dis pas que c'est bien ou mal, il n'y a aucun jugement moral derrière ce que je dis. C'est un conseil parmi d'autres. Et je ne dis pas non plus que c'est facile... et si c'est difficile au début, il faut parfois se forcer à "faire semblant" d'avoir confiance en soi pour s'habituer à certains comportements plus "positifs". Parce que donner l'impression d'être dominé, c'est être dominé (du moins, ça donnera l'impression), et c'est donner l'occasion de se faire marcher sur les pieds.
A
36 ans 3124
Merci cornflakegirl, je comprend mieux ton raisonnement et je suis tout à fait d'accord que la gestuelle, ce que tu dégage, a une influence sur le comportement de l'autre.

ça ne veut pas non plus dire qu'une personne qui sera ou se montera bien dans ses pompes, ne sera jamais victime un jour de harcèlement moral, mais être sur de soi, ça amène plus de "respect" qu'une personne qui se met de suite en position de victime.
37 ans 41
Merci pour vos réponses.


Et a vrai dire ce n'est pas aussi simple. Je suis passée en un an de quelqu'un de social, joyeux, entrepreneur, a une fille consciente de son poids, de son corps, malheureuse et angoissée. Et oui, dire que ca a commencé par un "Les gens gros ne prennent pas soin d'eux, c'est des flemmards" et a fini par "ton travail la, c'est de la poubelle, de la merde"
Et la peur, l'angoisse, ce n'est pas rationnel.
Depuis la fin de mon stage de l'an passée, j'ai essayé de revoir ma gestuelle, de revenir à celle que j'étais : ouverte, joviale, plutôt zen, à gérer mon stress.
Et si 1 fois sur deux je redeviens cette personne, et bien le reste du temps j'ai des bouffées d'angoisse incontrôlable. Je bug totalement et ne gère plus rien : Ni mon angoisse, ni ma gestuelle, ni mes mots.
C'est douloureux. C'est affreux. Parce qu'en plus, après ces grandes crises d'angoisse, je suis capable de raisonner et même de prendre du recul pour voir que je me laisse bouffer, pour revoir mon attitude.
Bref, je me sens coincée, prise au piège par cette angoisse que je ne contrôle plus du tout.
Au moins en dehors des crises d'angoisse, de bouffée de peur, je reste quelqu'un de joyeux, optimiste et fonceur..
Sauf que mon boss voit rarement ces cotés la, vu que je stresse souvent en sa présence.


Citation:
ça ne veut pas non plus dire qu'une personne qui sera ou se montera bien dans ses pompes, ne sera jamais victime un jour de harcèlement moral, mais être sur de soi, ça amène plus de "respect" qu'une personne qui se met de suite en position de victime.
On se fait aussi bien bouffé dans un cas que dans l'autre. Le seul point positif de l'an passé est que moi j'ai tenu mes 12 mois de stage alors que deux de mes prédécesseurs se sont barrés au bout de 4 mois [je ne le savais pas avant de signer pour le stage, dommage]. La confiance que j'avais en moi m'a simplement permis de survivre, mais pas de ne pas tomber en dépression.
B I U


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