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Les TCAs, une maladie ?

41 ans 04 5576
Oui je sais, question choquante, hein ?

Ben je trouve que pas tant que ça. Je pense pour ma part que les TCAs sont une maladie, avec des causes, des  
symptomes, des conséquences et que comme toutes les maladies, ça vous tombe dessus sans que vous l'ayez demandé.
Mais je trouve que ce n'est pas la faço de penser de tous (on a le droit bien sur). Je ne parle bien sur pas de l'anorexie, qui a été relativement médiatisée, et qui est de moins en moins considérée comme un caprice ou une extravagace, même si ce n'est pas encore gagné.
Par contre, je lis ici même, assez souvent, sur le forum, des personnes qui se disent hyperphages, mais qui ne semblent pas considérer cela comme une maladie mais plutôt comme un laisser aller ou une faiblesse de caractère. Ou parfois l'hyperphagie, oui, ces personnes l'admettent comme une maladie, mais par un procédé que je ne comprend, ne considèrent pas le poids pris comme une conséquence de cette maladie.
Vous vous en pensez quoi ? reellement, au fond de vous ? Si vous admettez que votre surpoids est une conséquence d'une maladie, est ce que ça vous aide à le gérer, voire à l'accepter ou est ce que ça vous enfonce encore plus ? Qu'en pense votre entourage proche ?
Merci de vos réponses,
35 ans 2879
Disons qu'en fait là où le bât blesse peut-être c'est que contrairement à l'anorexie il y a une notion de perte de contrôle dans l'hyperphagie. Donc une impuissance et un côté "minable" car on est soumis à ces crises.

L'impuissance est très (mais alors très) mal vue il me semble dans la société. On te parle de volonté, du fait que c'est toi qui mets les aliments à la bouche, tout va dans le sens de la culpabilisation et de l'image de soi dégradée.

Alors difficile ensuite de se sentir digne et juste malade. Moi-même j'ai du mal à me le dire. Surtout que tout est flou pour les raisons de cette maladie. Ca a alors un côté maladie imaginaire, excuse qu'on se trouve...
41 ans 04 5576
Okapi a écrit:
Disons qu'en fait là où le bât blesse peut-être c'est que contrairement à l'anorexie il y a une notion de perte de contrôle dans l'hyperphagie. Donc une impuissance et un côté "minable" car on est soumis à ces crises....


ben tu as la même perte de contrôle que dans le cas d'un cancer ou autre chose... sauf que souvent tu perds du poids et que ton corps décline dans ces cas là... Or, persone ne songerait à reprocher à un cancéreux son aspect délabré, si ?

Citation:
L'impuissance est très (mais alors très) mal vue il me semble dans la société. On te parle de volonté, du fait que c'est toi qui mets les aliments à la bouche, tout va dans le sens de la culpabilisation et de l'image de soi dégradée.

Alors difficile ensuite de se sentir digne et juste malade. Moi-même j'ai du mal à me le dire. Surtout que tout est flou pour les raisons de cette maladie. Ca a alors un côté maladie imaginaire, excuse qu'on se trouve...


C'est la même chose pour l'anorexie, non, ce côté "maladie imaginaire" ? la depression également est maintenant reconnue comme une maladie, c'est également un signe d'impuissance.

Je ne cherche pas à te contrarier, je comprend très bien tes raisons parce que ce sont les mêmes que beaucoup, voire tout le monde avancent. Mais je ne les trouve pas justifiées du tout. Les TCAs sont une maladie, c'est une réalité. L'avoir accepté m'a permis non pas de les guérir mais de les gérer, comme je gérerai n'importe quelle maladie connue. Parfois même, ces TCAs me donnent des avantages sur les autres. Pourquoi alors ne pas l'accepter ?
35 ans 2879
Toad a écrit:
Okapi a écrit:
Disons qu'en fait là où le bât blesse peut-être c'est que contrairement à l'anorexie il y a une notion de perte de contrôle dans l'hyperphagie. Donc une impuissance et un côté "minable" car on est soumis à ces crises....


ben tu as la même perte de contrôle que dans le cas d'un cancer ou autre chose... sauf que souvent tu perds du poids et que ton corps décline dans ces cas là... Or, persone ne songerait à reprocher à un cancéreux son aspect délabré, si ?

Oui, c'est une perte de contrôle. Sauf que tu n'agis pas quand tu as un cancer alors que dans le cas du TCA si.
C'est plus proche de l'alcoolisme, sauf qu'on n'a pas la dépendance due à la drogue (et donc pas d'"excuse").
Toad a écrit:
Okapi a écrit:
L'impuissance est très (mais alors très) mal vue il me semble dans la société. On te parle de volonté, du fait que c'est toi qui mets les aliments à la bouche, tout va dans le sens de la culpabilisation et de l'image de soi dégradée.

Alors difficile ensuite de se sentir digne et juste malade. Moi-même j'ai du mal à me le dire. Surtout que tout est flou pour les raisons de cette maladie. Ca a alors un côté maladie imaginaire, excuse qu'on se trouve...


C'est la même chose pour l'anorexie, non, ce côté "maladie imaginaire" ? la depression également est maintenant reconnue comme une maladie, c'est également un signe d'impuissance.

Il me semble que les raisons de l'anorexie sont plus connues : envie de contrôle, dégoût de son corps...Mais j'ai peur de dire des bêtises.
Pour la dépression oui ça me semble bien plus proche ! Mais quand tu dis que tu ne vas pas bien on te demande toujours "Pourquoi ?". Et si c'est "sans raison" alors tu te heurtes aussi à l'incompréhension. On admet qu'on aille mal pour une rupture, une perte d'emploi ou autre mais pas qu'on aille simplement mal.
Toad a écrit:

Je ne cherche pas à te contrarier, je comprend très bien tes raisons parce que ce sont les mêmes que beaucoup, voire tout le monde avancent. Mais je ne les trouve pas justifiées du tout. Les TCAs sont une maladie, c'est une réalité. L'avoir accepté m'a permis non pas de les guérir mais de les gérer, comme je gérerai n'importe quelle maladie connue. Parfois même, ces TCAs me donnent des avantages sur les autres. Pourquoi alors ne pas l'accepter ?

Je suis certaine que tu es dans le vrai tu sais. J'essayais juste d'analyser ce qui pouvait freiner l'entourage et soi-même à voir les choses sous l'angle de la maladie. Car je dois avouer que si je me dis que tu as raison j'ai du mal à l'intégrer pour autant :roll:
41 ans 04 5576
Okapi a écrit:

C'est plus proche de l'alcoolisme, sauf qu'on n'a pas la dépendance due à la drogue (et donc pas d'"excuse").


Pas de dependance ? tu en es sure ? pour moi les crises d'hyperhagie, je les appelle des "shoots", donc to image d'alcoolisme ou de drogue convient bien. Par contre, je sais que si je tentais de les bloquer je serai mal. J'en ai besoin. Je les fais donc, mais avec une certaine maitrise on va dire (c'est à dire que plus vite je chute, mois longtemps je tombe...)

Citation:
Il me semble que les raisons de l'anorexie sont plus connues : envie de contrôle, dégoût de son corps...Mais j'ai peur de dire des bêtises.
Pour la dépression oui ça me semble bien plus proche ! Mais quand tu dis que tu ne vas pas bien on te demande toujours "Pourquoi ?". Et si c'est "sans raison" alors tu te heurtes aussi à l'incompréhension. On admet qu'on aille mal pour une rupture, une perte d'emploi ou autre mais pas qu'on aille simplement mal.


non les raisons de l'anorexie sont les mêmes que celles de l'hyperphagie. C'est juste que la "réaction" à ces causes se fait de façon différente. J'alterne hyperphagie et anorexie, mais ce n'est pas en fonction de la saison. J'ignore pourquoi parfois c'est l'un et de temps en temps l'autre.

Citation:
j'ai du mal à l'intégrer pour autant


c'est pourquoi j'ai écrit "Vous vous en pensez quoi ? reellement, au fond de vous ?" dans mon premier post. Beaucoup semblent avoir ce point de vue mais dès qu'on creuse un peu, non les liens ne se font pas. J'avoue que je n'ai pas pensé cela du jour au lendemain et que je serai bien infichue de dire comment j'ai intégré, comme tu dis. Peut être parce qu'encore une fois, on se dit qu'on se dit cela pour avoir une excuse ? encore de la culpabilité ?

MErci en tout cas de tes réponses,
60 ans Au bord de la mer 15536
J'ai toujours su que si j'étais grosse, c'est parce que je mangeais trop, mais je ne m'étais jamais interrogée à ce sujet.

Alors oui, je pense réellement au fond de moi, que c'est une maladie, et que je ne suis pas guérie.
Mais depuis que j'ai découvert de quoi je souffrais, j'ai pu justement commencer à lutter contre.

Déjà en trouvant les causes, le déclencheur.
Et puis grâce à la RA.

Mon entourage proche ? J'en ai peu parlé, mais pour eux, non ça n'est pas une maladie. J'essaie déjà de les initier au principe de la RA, mais à part mes filles, ils ne sont pas très réceptifs.
A
32 ans Nantes 11
"Au fond de moi" je pense que c'est une maladie, je sais que je ne suis pas responsable, je sais que dès que j'essaie de controler ce que je mange c'est encore pire, et d'autant pire que ma volonté est féroce.
Mais personne autour de moi ne comprend ce que je vis, même les psy, dans leurs propos il y a toujours un doute, au fond pour eux ils ne pourront jamais savoir si je me victimise ou si j'ai un problème réel et incontrolable, puisqu'ils ne l'ont pas vécu non plus...
Alors c'est difficile de rester accrocher à ce qu'on pense "au fond de soi" et on culpabilise, on croît qu'on se voile la face.
E
37 ans 105
J'ai senti le meme desespoir et la meme impuissance quand j'étais en manque de bouffe autant que d'antidouleur.


C'était pas dans ma tete, c'était un vrai phénomène physique, pas un caprice, ou quoi que ce soit.
B I U