MENU Le Forum Vive les rondes Connexion

Une sorte de blocage

32 ans 940
Bonjour à toutes et à tous,

Il y a quelques mois, je vous écrivais une tartine parce que j’avais l’impression de ne pas être digne d’être aimée.  
Si les choses vont bien mieux de ce côté aujourd’hui (encore que, vu la situation actuelle, ça peut se discuter...), je vous écris aujourd’hui car hier j’ai réalisé quelque chose de... désagréable, et je n’arrive pas à y voir très clair, à mettre de l’ordre dans ma tête...

Je suis avec Monsieur depuis bientôt 4 ans. Durant environ 3 ans, nous avons à moitié vécu ensemble (comprendre : je squattais son studio la majeure partie de la semaine). Pour des raisons pratiques, j’ai depuis quelques mois déménagé dans une autre ville où je vis en colocation.
Comme je l’avais expliqué dans un post précédent, Monsieur et moi avions rompu deux mois cet été plus ou moins à ma demande, parce que j’étais complètement perdue dans ma vie, que je n’étais plus sûre de rien (sauf du fait que je l’aimais toujours, ça c’était clair). Cela fait à présent deux mois que nous sommes à nouveau ensemble, et tout se passe à merveille. Tellement bien même que, moi qui étais auparavant extrêmement réticente quant à l’idée de nous installer ensemble, j’ai totalement changé d’avis : cela m’apparaît à présent presque comme une évidence : je veux vivre avec lui (même si je sais que nous devrons chacun fournir un gros travail d’adaptation, moi surtout).

Et c’est le drame... (enfin non, là c’est juste pour l’effet dramatique :lol: :roll: :arrow:)
Plus sérieusement, c’est surtout que depuis hier soir je suis affreusement triste à cause d’un téléphone que j’ai eu avec Monsieur, parce que j’ai réalisé quelque chose : que, d’une certaine façon, je suis toujours sur mes gardes, que j’ai peur, que je ne peux pas m’empêcher de penser à l’éventualité qu’entre nous ça finisse par se terminer. Autrement dit, que j’ai encore et toujours en tête cette idée que "on ne peut compter que sur soi-même". Et ça me fait mal. D’ailleurs, en écrivant ces lignes, j’ai les larmes aux yeux (et si je n’étais pas au travail, parole, je pleurerais un bon coup. Edit: je suis finalement allée pleurer quelques minutes aux toilettes :lol:).

Ça me fait mal, parce que moi j’aimerais pouvoir m’abandonner, arrêter de penser trop à cet avenir anxiogène, avoir confiance et m’engager totalement dans ce si beau "nous" que lui et moi formons. Mais non, je suis encore et toujours dans la retenue, à me stresser et me prendre la tête pour des petits riens, "de faire des montagnes de pas grand choses", comme il dirait. Finalement, j’ai l’impression de "mal l’aimer". Alors oui, bien sûr, penser à soi c’est important aussi, mais je souffre de voir tous ces déséquilibres internes contre lesquels je dois lutter, tous ces doutes, ces peurs, alors que lui me donne tout sans se poser de questions tout en sachant faire la part des choses.

J’aimerais tellement pouvoir l’aimer comme il m’aime... ! Et je suis si triste de constater que je suis toujours enfermée dans cette muraille que je m’étais construite pour me protéger des autres...
Alors, forcément, je m’interroge : peut-être qu’en fait, je ne l’aime pas vraiment ? Pas assez ?
En même temps, je sais bien que ces interrogations sont stupides car je ne doute pas de mes sentiments pour lui, je sais que je l’aime, que je veux être avec lui, et que même si je suis pleine de doutes face à l’avenir, qu’on ne peut jamais être sûrs de rien, je sais que je n’ai pas envie que cette belle relation cesse de sitôt. Que c’est la peur qui parle à ma place.
Mais ça me fait mal, parce que je pensais avoir dépasser tout ça... et qu’une fois de plus, je me retrouve bloquée en moi-même par ma propre muraille...

Ne me reste plus qu’à la démolir cette muraille, comme toutes les autres...

Je relis mon texte et constate que finalement, les choses sont à présent plutôt claires, dans le fond. Peut-être ai-je délogé une première pierre en vous écrivant. J’espère.
Mais si vous avez des idées pour m’aider à démonter tout ça plus rapidement, je suis preneuse, et vous en remercie d’avance.
En tous cas, je sens qu’écrire ici m’a fait du bien... Alors merci VLR, et merci à vous qui avez eu le courage de tout lire (parce que décidément, je suis pas forte en synthèse :rainbowafro:).
A
38 ans 3124
Coucou miss,

As-tu parler de ce blocage a un professionnel? peut être qu'un psy pourrait t'aider à y voir plus clair...

Moi en te lisant, je "vois" une fille qui a tres peur de l'avenir et qui bloque(peut être par peur d'échouer justement?), est-ce que ton homme te rassure et t écoute?Je pense que le "problème" ne porte pas sur ton couple, mais sur les barrières que tu te met...il serait donc intéressant de faire un travail sur toi afin de cerner pourquoi tu te met autant de barrières...
32 ans 940
Oui, je suis d'accord avec toi, ce sont mes barrières le problème et je compte bien en parler avec ma psy dès la prochaine séance (je suis suivie depuis bientôt 6 ans ;) ).

Quant au pourquoi de ces barrières, ça je crois que je sais d'où ça vient, et c'est pourquoi je suis triste: c'est probablement la cause d'un épisode de mon passé qui a fait beaucoup de dégâts sur le plan affectif et social (j'en parlais sur le post "pas digne d'être aimée").
Depuis quelques mois je suis en plein dedans, une bonne partie des problèmes que je rencontre m'y ramènent, encore et encore et encore... Je me demande combien de temps je vais devoir travailler là-dessus :evil:
(Je me demande surtout si je ne devrais pas vider mon sac, tout déballer à la personne qui est au centre de cet épisode, mais comme cette personne n'a pas fait exprès et n'y peut dans le fond pas grand chose et que je ne lui en veut (consciemment) pas tant que ça, j'hésite, je sais pas comment je pourrais présenter la chose... Enfin bref)
32 ans 940
Ah, et comme j'ai occulté une partie de ta réponse, je reprends: oui, mon homme me rassure et m'écoute - et me secoue aussi depuis quelque temps, ce qui est très désagréable mais assez efficace, ça fait avancer le schmilblick un peu plus vite... Il est très ouvert à la discussion et arrive à bien relativiser les choses. :lying:
Mais tu as entièrement raison: j'ai peur de l'avenir. Aussi en partie parce que je vais normalement terminer mes études dans quelques mois et que je ne sais pas encore exactement ce que je vais faire ensuite (ce qui me stresse vu qu'on va déménager dans une région "inconnue" où il va commencer des études).
En tous cas, merci beaucoup pour ta réponse :kiss:
A
38 ans 3124
Depuis ton post "pas digne d'être aimé" tu as vu une évolution? tu te vois tjr comme un monstre pas digne d'être aimé?

C'est bien que tu vois une psy déjà...lui as-tu parler de cet événement fâcheux? lui as-tu demander conseil?Je ne sais pas ce qu'il en est, mais en effet, si tu as la possibilité de dire à la personne qui ta fait ça ou même lui écrire, peut être ça te soulagerai...

Ensuite, oui la vie est faite d'imprévus, mais il faut que tu apprenne à relativiser, ce sont souvent les peurs qui engendrent ce qu'on redoute le plus...la peur de perdre...et en essayant pas, tu échoue direct ;)

Tu n'avais pas un soucis de dépendance affective aussi?
A
38 ans 3124
Moi je trouve tres posittif que tu es une personne aimante qui t'écoute et t'épaule...et objectivement, tu crois qu'il se prendrais autant la tête à t'épauler s'il ne t'aimait pas? s'il ne croyait pas en toi et en ton potentiel? c'est avec ces "petites choses" qu'il faut apprendre à se rassurer, à relativiser et à se laisser porter par le vent...ton chéri n'est pas un ennemis, enfin je te dis tout ça, mais au fond je te comprend, j'ai l'impression de me lire...il faut se dire qu'on est avant tout humain, qu'on ne peut pas tout réussir, que l'échec c'est humain aussi, mais hop on enfile ses bottes et on recommence...
32 ans 940
Acide-Lyrique a écrit:
Depuis ton post "pas digne d'être aimé" tu as vu une évolution? tu te vois tjr comme un monstre pas digne d'être aimé?

Non, ça je commence à l'accepter (et heureusement) ^^

Acide-Lyrique a écrit:
C'est bien que tu vois une psy déjà...lui as-tu parler de cet événement fâcheux? lui as-tu demander conseil?Je ne sais pas ce qu'il en est, mais en effet, si tu as la possibilité de dire à la personne qui ta fait ça ou même lui écrire, peut être ça te soulagerai...

Oui, je lui en ai parlé plusieurs fois, mais j'avoue qu'à part travailler sur les séquelles actuelles que cet événement a causé je sais pas trop comment faire. Et oui, j'ai l'impression que ça me soulagerait, mais j'ai pas envie de blesser cette personne parce que ce qu'elle m'a fait n'était pas vraiment volontaire (on était toute gamine, t'es pas conscient de ce genre de choses à cet âge et elle-même vivait des trucs pas sympas dans sa famille à l'époque. Quant à ce que c'était, pour faire simple c'était un peu le coup du "je suis plus ta copine!", mais sur une longue durée et de façon très vicieuse, à un moment clé de l'apprentissage social. Pas grand chose comparé à ce qu'on put vivre d'autres personnes c'est sûr, mais chez moi ça a détruit quelque chose).

Acide-Lyrique a écrit:
Ensuite, oui la vie est faite d'imprévus, mais il faut que tu apprenne à relativiser, ce sont souvent les peurs qui engendrent ce qu'on redoute le plus...la peur de perdre...et en essayant pas, tu échoue direct ;)

Oui, j'en ai bien conscience, et je relativise le plus possible! (Mais c'est duuuuur :lol:)

Acide-Lyrique a écrit:
Tu n'avais pas un soucis de dépendance affective aussi?

Héééé oui... Mais de ce côté-là j'ai bien avancé, et avec lui j'ai eu très peu de problèmes de ce côté-là, notre relation est plutôt saine je crois ^^.

Acide-Lyrique a écrit:
Moi je trouve tres posittif que tu es une personne aimante qui t'écoute et t'épaule...et objectivement, tu crois qu'il se prendrais autant la tête à t'épauler s'il ne t'aimait pas? s'il ne croyait pas en toi et en ton potentiel? c'est avec ces "petites choses" qu'il faut apprendre à se rassurer, à relativiser et à se laisser porter par le vent...ton chéri n'est pas un ennemis, enfin je te dis tout ça, mais au fond je te comprend, j'ai l'impression de me lire...il faut se dire qu'on est avant tout humain, qu'on ne peut pas tout réussir, que l'échec c'est humain aussi, mais hop on enfile ses bottes et on recommence...

Objectivement, je sais bien, tu as tout à fait raison - et merci merci pour tes réponses!! :kiss:
Et quand je flippe par rapport à l'avenir, je me répète en boucle une phrase qu'il m'a sortie un jour où je lui faisais part de mes peurs: "Non mais tu dis des bêtises, je perds jamais mon temps avec toi. Tout le temps que je passe avec toi, c'est du temps gagné."
Des fois, ça marche, et je relativise bien, je prends de la distance, j'ai une attitude plus sereine. Et des fois ça marche pas, l'objectif fait pas le poids face au subjectif paniqué :lol:
A
38 ans 3124
Essaye peut être d'écrire ou parler à cette personne sans la braquer, sans la faire culpabiliser, en lui disant que tu as conscience qu'à l'époque elle avait des soucis mais que son attitude t'as affecté...
32 ans 940
Oui, c'est une idée... après, j'ai plus parlé à cette personne depuis des années et les quelques fois que j'ai essayé (sur facebook), elle m'a pas répondu... mais je pourrais peut-être lui envoyer un message ou lui écrire un mail. Il faudrait que j'y pense sérieusement.
49 ans 35 10308
Tu pourrais déjà l'écrire, ce mail/message, même si après tu ne l'envoies pas, est-ce que ça pourrait te faire du bien de mettre des mots précis sur tout ce ressenti (peut-être l'as tu déjà fait)?
32 ans 940
J'ai déjà extériorisé une fois cette histoire dans une sorte de poème mais qui n'était pas destiné à être lu par cette personne (je l'avais posté sur mon blog d'ailleurs).

Par contre, j'avais écrit une lettre à mon père que je ne lui ai toujours pas fait lire, mais ce processus d'écriture m'avait fait du bien, je m'en souviens: un jour j'aimerais bien en parler avec lui, mais je n'en ressens pas spécialement le besoin non plus: avec cette lettre, c'est comme si j'avais fait moi-même un deuil.

Donc, écrire une lettre en l'adressant vraiment à cette personne dans un premier temps sans forcément l'envoyer ensuite, justement j'y pensais: peut-être que ça aurait le même effet qu'avec celle à mon père? Ce serait bien ça... :Fade-color

Merci beaucoup pour vos suggestions en tous cas, ça fait du bien de "se le voir écrire" par quelqu'un d'autre que par soi-même :kiss:
49 ans 92 746
Bonsoir Tribulations,

J'ai retrouvé certains côtés de moi-même dans ce que tu as décrit.
Tu sais, tu as raison : on est souvent seul(e). Même entouré(e), soutenu(e), on demeure seul(e) finalement.
Personne ne te connaît mieux que toi-même.
Si, par le passé, tu t'es construit une sorte d'armure pour te protéger, c'est une bonne chose effectivement de tenter de l'alléger, mais continues quand même de te préserver.
C'est un beau cadeau de faire confiance, mais c'est bien également de rester lucide. Car oui, une histoire peut ne pas durer des dizaines d'années. Et toi comme lui allez encore évoluer, chacun à sa façon et à son rythme.

Ce qui compte vraiment à mon avis c'est :
1/ savoir exprimer tes sentiments à son égard
2/ vivre et profiter au mieux de l'instant présent.

Si tu étais réellement bloquée et pénalisée, c'est si tu n'avais pas su donner une "seconde chance" à votre histoire.
Dédramatises, la confiance se renforce avec le temps et le vécu.
Bonne soirée :D
32 ans 940
dremsia a écrit:

Ce qui compte vraiment à mon avis c'est :
1/ savoir exprimer tes sentiments à son égard
2/ vivre et profiter au mieux de l'instant présent.

Merci beaucoup pour ton message Dremsia! ;)
Pour le premier point, pas de problème, mais tu as mis le doigt sur mon problème principal dans cette relation: vivre et profiter de l'instant présent. ça, c'est pas mon fort, mais j'y travaille :roll:
Allez: j'vais essayer de dédramatiser! Pfiouuu!
B I U


Discussions liées