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Insultes au bureau

41 ans 91 1472
Bonjour

Je travaille en CDD de droit public depuis 4 ans dans un institut d'état de recherche médicale.

Mardi dernier, lors d'une réunion, ma chef m'a dit "TA GUEULE" plusieurs fois et  
d'autres joyeusetés du type, T'ES BÊTE...

Je suis pas très affirmée donc j'ai rien dit... mais j'étais intérieurement dévastée.

Le soir suite à un mail qui lui ai parvenu mais qui ne le lui était pas destiné (mail de travail, pas critiquant son comportement), elle est revenu m'engueuler devant tous mes collègues.... J'ai encore rien dit et je suis partie m'enfermer pendant 2h dans les toilettes.

On est dans des open spaces donc qd elle gueule tout le monde entend. donc tous mes collègues sont témoins.

Je ne suis pas une cible précise, elle engueule tout le monde comme ça. Elle insulte de vive voix, par mail, en réunion collective.... tout le monde y passe.

Ce n'est pas non plus précisement du harcèlement moral puisque je ne pense pas que ce soit délibéré de sa part... elle se sent sous pression et décompresse comme elle peut. C'est juste que ça crée une mauvaise ambiance au bureau et je crois que je ne le supporte plus. Ses cris me terrorisent depuis que j'ai commencé à travailler là.

Mes collègues, initialement décidés à faire une lettre collective, ont finalement décidés qu'il était plus judicieux que je fasse la lettre seule puisque ct moi qui était visée. Je suis sur le principe d'accord mais je ne sais pas comment la formuler....

Physiquement et mentalement ça m'affecte c'est indéniable, je dors mal, je me réveille en pleine nuit complètement obsédés par des pensées noires relatives au boulot, j'ai le dos et le le sternum bloqués depuis 3j, la vie de tous les jours est difficile à assumer (terrain de dépression chronique), je dois être efficace 2h par jour au travail qd j'arrive à y aller. J'ai déjà fait un burn out y'a 1 an et demi.

Qu'auriez vous fait à ma place ?


Merci d'avance
:shock: Mais elle n'a absolument pas le droit de parler comme ça à ses collaborateurs sous pression ou pas.

Est-ce que tu te sens de lui dire un jour calmement qu'elle n'a pas à te parler sur ce ton ?

Moi c'est ce que j'aurais fait, en + de chercher un boulot ailleurs même si ce n'est pas à toi de partir puisque tu n'es pas en faute ni rien.

J'hallucine toujours que les gens laissent faire des comportements pareils au boulot. Je ne parle pas de toi mais de l'ensemble de votre bureau. Tout le monde le voit, le vit et personne ne dit rien.
Cette personne a un supérieur hiérarchique je suppose. Est-ce que toi et/ou d'autres collègues pourraient le solliciter pour intervenir ?
As-tu des entretiens annuels qui permettent de faire un bilan et poser des objectifs pour l'année suivante ?

Je ne pense pas qu'on puisse sereinement continuer à travailler correctement dans une ambiance pareille.

Bon courage en tous cas.
41 ans 91 1472
Non elle me terrorise trop, je suis bloquée quand je lui parle. Depuis 4 ans, a part dire oui oui j'arrive pas du tout à discuter avec elle. Je tremble quand je suis en sa présence. oui c'est ma directrice. chercheuse très connue dans le domaine où je travaille. pas manager du tout par contre... et non à proprement parler elle n'a pas de supérieur hiérarchique au sens classique du terme. ça ne marche pas tout à fait comme ailleurs dans la recherche publique.

Tout le monde au boulot rale mais concrètement personne ne fait rien.

On n'a pas d’entretien annuel. Mon CDD est renouvelé de manière tacite (avec elle même...) ce qui m’empêche pas de stresser 3 mois avant la fin du contrat...

Je cherche ailleurs mais étant en dépression chronique, obèse morbide, noire, surdiplomée... ça va honnêtement pas être simple de trouver autre chose...

En tout cas merci
Pas facile en effet :?

A part prendre un maximum de recul par rapport à son comportement je ne vois pas trop comment tu peux faire.

Voir du côté de la médecine du travail peut-être, histoire que quelqu'un soit quand même au courant de son comportement.
48 ans 35 10308
fila91 a écrit:
oui c'est ma directrice. chercheuse très connue dans le domaine où je travaille. pas manager du tout par contre... et non à proprement parler elle n'a pas de supérieur hiérarchique au sens classique du terme. ça ne marche pas tout à fait comme ailleurs dans la recherche publique.

C'est malheureusement quelque chose d'assez courant dans la recherche, les gens "montent en grade" dans la direction d'équipe sur leurs qualités scientifiques et pas du tout sur leurs aptitudes à encadrer les gens, et ce n'est pas le même métier. J'en sais quelque chose, je bosse dans la recherche publique aussi, et j'ai fini en dépression du fait de mon ancien chef (et je m'en suis sortie en changeant d'affectation).

En effet tu peux essayer d'en parler à la médecine du travail, ou aux représentants syndicaux. Tu peux dire dans quelle branche (ou quel organisme) tu es? Pour ma part j'ai réussi à faire entendre ma voix en passant bien au dessus (au niveau du département de recherche dont dépendait mon labo, mais ça dépend de la hiérarchie de l'organisme), mais j'ai été en quelque sorte "pistonnée" (une amie à moi qui connaissant une personne haut placée dans le département et qui a été sensible à mes problèmes).

Par contre je suis étonnée quand tu dis que ton CDD est renouvelé tacitement. Les CDD dans la recherche publique sont maintenant très contrôlés, on ne peut pas en faire beaucoup de suite et c'est limité dans le temps, donc ça va finir par s'arrêter de soi-même.

Encore une fois je ne sais pas dans quel domaine tu es, mais dans le mien (agronomie), le fait d'être obèse et noire n'est pas un critère discriminatoire, on recrute pas mal de CDD et ça se joue essentiellement sur les qualifications. Par contre, le fait d'être en dépression (donc j'imagine pas très bien dans ta peau, et en général ça se voit) ça peut être un souci, tu es suivie? Et le fait d'être surdiplomée aussi, mais est-ce que tu ne peux pas viser des postes en accord avec tes diplômes? C'est ta dépression qui t'en empêche?
33 ans perdue dans un monde qui est devenu fou 539
Citation:
Mes collègues, initialement décidés à faire une lettre collective, ont finalement décidés qu'il était plus judicieux que je fasse la lettre seule puisque ct moi qui était visée


D'accord mais ils s'en plaignent aussi d'après ce que j'ai compris. Tes collègues ne seraient-ils pas en train de botter en touche ?!
41 ans 91 1472
Merci pour vos interventions.

Angia ; je suis à l'inserm. domaine VIH (rêve de petite fille, sauveuse du monde vous savez...)
CDD de droit public, d'un an, renouvelable six fois au maximum (j'en suis à 4). pas d'entretien annuel pour nous dire vous etes renouvelés ou pas... donc en janvier on t'appelle on te dit venez signer votre contrat. Par contre à 5 ans et 11 mois et 3 semaines.... c'est plus trop la même chose.

J'ai pas vocation à travailler dans le public éternellement (moi aussi je veux gagner de l'argent :twisted: ) donc je prends de l'expérience et je m'en irai dans le privé (si c'est possible.

La dépression, si y'a pas de contrôle, ça se voit pas. Mon travail est fait. donc les gens ne se posent pas de questions.

J'ai sinon un poste adapté à mes diplômes ( enfin le niveau pas le domaine, ... thèse pas passée donc diplôme validé bac+5, mon poste est accessible de bac+3 à Bac+8, médecin, pharmacien compris, donc ça va).
Dans le privé , je suis perçue comme trop diplomée et trop universitaire, les recruteurs préfèrent les gens expérimentés et pas chers... (3 ans et demi de chômage avant mon premier poste... on m'a demandé si je parlais bien le français, alors que je suis née à paris....).

La médecine du travail m'a aidé pour le burn out... mais son action est limitée quand même mais je vais les contacter
Sinon y'a pas de syndicat dans mon unité...

Je vais voir.
36 ans 5932
Pas très courageux, les collègues. C'est sûr que de laisser le CDD assumer seul c'est toujours beaucoup plus confortable. Après tout, si ça change quelque chose, eux pourront en profiter également. Et si ça ne change rien, ils n'auront pas à assumer aussi, surtout si elle a ensuite une dent contre ceux qui auront ouvert leur bouche.

Citation:
Qu'auriez vous fait à ma place ?

Rien qui puisse t'aider. Après avoir subi le harcèlement d'une imbécile (sérieux, elle ne faisait même pas ça intelligemment puisqu'elle faisait même des siennes devant ses supérieures) également sous pression, et ce sans être en état de réagir intelligemment (très affectée par un décès récent), j'ai finalement appris à l'ouvrir poliment mais fermement... ou à m'en moquer, selon les cas.
Mais on n'a certainement pas le même caractère toutes les deux.

Alors, puisque tu ne te sens pas de l'affronter (ce que je peux comprendre), est-ce que tu te sens capable de l'ignorer lorsqu'elle te parle mal ? Par exemple, lorsqu'elle te dit "ta gueule", te sens-tu capable de continuer comme si elle ne t'avait rien dit jusqu'à ce qu'elle soit capable de le demander convenablement ? Te sens-tu capable de lui montrer de cette façon que son comportement n'a plus l'effet escompté sur toi ?
B I U