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Le complexe de ne pas avoir fait de longues études

K
31 ans Normandie, represent! 102
J'ai toujours été une excellente élève à l'école en ne fournissant que très peu d'efforts. On m'a toujours dit que je ferai de grandes études, que ce serait facile pour  
moi... Sauf qu'en arrivant au lycée, dans une section européenne, j'ai perdu pied, je me suis noyée et j'ai tout envoyé valser 3 mois avant le bac. Je l'ai tout de même passé (et obtenu) en candidat libre, mais tout juste, 10,68 de moyenne. J'en parle rarement, pour vous dire! :oops:
Suite à ça j'ai fait un bout de semestre de fac d'anglais, un vague bout de 1ere année de bts AM au cned, et là je suis en remise à niveau de sciences pour bts diet au cned (ma conviction sur ce projet n'existe plus).
Je ne mène aucun projet à bien vu que de toute façon je suis trop nulle, je voudrai me payer les études de mes rêves (master mini) mais je n'ose pas, j'ai peur d'échouer, de toute façon je n'y arriverai pas, j'ai perdu le fluide.
Je suis complexée de n'avoir "que" le bac, je me mets la pression car il faut travailler, épargner, j'ai bientôt 25 ans et l'impression d'avoir tout perdu! Un conseil serait le bienvenu!
C
45 ans là 2187
Peut-être de faire un bilan de compétences avec le Pôle Emploi afin de confirmer ton nouveau projet (ou pas) et d'en tout cas voir avec plus de certitudes ce qui te correspondrait. Puis enfin te lancer dans le type d'études qui te conduirait au métier que tu auras défini, si tu en as la possibilité.
58 ans Franche Comté 995
oui, parce que le but du jeu, ce n'est pas les études, mais bien le projet professionnel.
lorsque l'on sait ou l'on va, pourquoi on fait les choses, la motivation est là.

il faut te situer dans l'avenir, dans un éventuel travail et non pas te fixer sur les études.
je sais qu'en France, les études sont plus valorisées que le travail et que quelqu'un qui a fait de bonnes études peut être nul toute sa vie (en effet, être bon dans les études ne garantie pas devenir bon au boulot, c'est un autre monde), mais c'est dommage.

tu peux essayer de trouver quelqu'un qui t'aidera à porter ce projet professionnel.
36 ans 5932
C'est quoi, ton rêve ? LE projet. Celui que tu rêverais de mener à bien sans jamais oser t'y atteler ?

Parce que m'est avis qu'il n'y a que ça de vrai dans la vie : essayer de réussir ce dont on rêve, et ce peu importe le domaine (il n'y a pas que les études...).
Pas les plans que les gens ont dessiné pour nous.

Et pour ça on a toute une vie, et droit à un nombre incalculable de faux départs et de mauvaises réceptions.

Donc, zen, tu as toute ta vie pour te fixer des challenges à relever, et même pour ne pas réussir sans avoir à en rougir.
K
31 ans Normandie, represent! 102
Le seul métier qui revient à chaque fois que je me pose la question c'est l'enseignement. Mais la trouille que j'ai d'échouer m'empêche d'avancer. Je sais que c'est nul mais j'ai l'impression que mon entourage attend le moment où je vais m'y remettre pour braquer ses yeux sur moi et profiter du moment de ma chute, qui arrivera de toute façon. Je ne suis pas parano quand je dit ça, j'ai déjà eu des réflexions de mon frère, mon père insinuant que quoi que j'entreprenne, je n'avais pas besoin de soutien dans la mesure où j'abandonnerai bientôt.
Ma maman n'attend que le jour où je me lancerai pour de vrai, car elle n'a pas eu le choix et a du travailler jeune. Mais je n'arrive à tirer de son attitude qu'un peu plus de pression. Mon compagnon me soutient même s'il considère que cela ne fait que retarder d'autant plus nos projets famille/maison. Ma petite soeur est la seule qui soit "en phase" avec ce que je ressens. C'est elle qui m'a fait réaliser que je n'avais pas de simples regrets mais plutôt un énorme complexe.
Je ne sais pas comment faire pour me lancer pour moi sans donner raison ou m'efforcer de satisfaire tout e monde. Je me mets trop de pression je crois.
58 ans Franche Comté 995
et faire un detours chez un psy pour une consulation. je pense que ce serait le seul moyen de comprendre le pourquoi de ce blocage. parce que ce n'est que cela, un blocage. donc il y a eu un ou plusieurs evenements qui ont altere le processus d'apprentissage.

il suffit des fois de quelques seances pour debloquer tout ça. ce serait dommage de passer à coté de tes envies et de ton avenir pour ça. alors que poser tes problemes sur la table remettrait la machine à apprendre en marche et éloignerait la peur d'echouer.

c'est une demarche parfois difficile à faire, mais salutaire. par contre, je te conseille de n'en parler qu'à des personnes bienveillantes. le jugement des autres est parfois difficile à vivre. étrange, d'ailleurs que beaucoup preferent que l'on continuent à aller mal, plutot que se soigner.

y'a pas à dire, l'etre humain reste un mystere pour moi.
courage
34 ans 3170
kimmy_kim a écrit:
J'ai toujours été une excellente élève à l'école en ne fournissant que très peu d'efforts. On m'a toujours dit que je ferai de grandes études, que ce serait facile pour moi... Sauf qu'en arrivant au lycée, dans une section européenne, j'ai perdu pied, je me suis noyée et j'ai tout envoyé valser 3 mois avant le bac. Je l'ai tout de même passé (et obtenu) en candidat libre, mais tout juste, 10,68 de moyenne. J'en parle rarement, pour vous dire! :oops:
Suite à ça j'ai fait un bout de semestre de fac d'anglais, un vague bout de 1ere année de bts AM au cned, et là je suis en remise à niveau de sciences pour bts diet au cned (ma conviction sur ce projet n'existe plus).
Je ne mène aucun projet à bien vu que de toute façon je suis trop nulle, je voudrai me payer les études de mes rêves (master mini) mais je n'ose pas, j'ai peur d'échouer, de toute façon je n'y arriverai pas, j'ai perdu le fluide.
Je suis complexée de n'avoir "que" le bac, je me mets la pression car il faut travailler, épargner, j'ai bientôt 25 ans et l'impression d'avoir tout perdu! Un conseil serait le bienvenu!


Bonjour Kimmy-Kim je vais te parler de mon exemple en espérant qu'il te serve.

Moi j'étais plutôt l'inverse; la fille sur la lune, qui s'ennuyait énormément en cours alors forcément en 3ème, on me propose soit le redoublement soit une filière pro de 4ans. Alors je suis hyper vexée car toutes mes amies partent en lycée général et redoubler hors de question ! Alors je me résigne à prendre une filière professionnelle.
Le problème c'est qu'entendre, elle est médiocre ou elle ira à peine jusqu'au bac, tu finis par le croire.

Je décroche mon bac pro avec mention et je décide d'aller en faculté de lettres car après tout, la seule matière que j'aime c'est le "français" (la littérature s'en rapprochant un peu même si je lis peu) depuis toute petite.
Je regarde les statistiques (0% de réussite et d'ailleurs seulement 37% de ceux qui ont suivi un parcours idéal donc lycée général et bac littéraire...).

Je n'avais honnêtement aucune connaissance (les étudiants connaissaient quasiment toutes les œuvres et faisaient depuis 3 ans des dissertations et commentaires composés, ce que je n'avais jamais fais de ma vie).

La première chose que je fais c'est aller dans une biblio et demander à la dame d'accueil ce qu'il faut absolument connaître et quels sont les livres qui peuvent m'apprendre à faire une dissertation ou autre.

Je travaille mais je me vautre à peu, ce qui à mon sens est normal.. et puis ma meilleure amie me dit mais tu échoues parce que tu es programmée pour échouer donc je ne comprends pas. Elle me dit, tout le monde s'attend à ce que tu ne réussisses pas qu'inconsciemment tu te l'interdis !

Je réfléchie beaucoup sur cette phrase et si c'était vrai... et oui je faisais tout pour que ça ne fonctionne pas par des petits réflexes de protection et de façon inconsciente évidemment.

Je fais un gros travail sur moi pour me dire que je mérite de réussir et puis les gens et les statistiques on s'en fiche !

Crois-moi ou non j'ai eu mes 4années de suite sans rattrapage et tous les profs étaient étonnés en connaissant mon parcours...J'ai même intégré l'iufm pour être prof mais je me suis arrêtée car ce n'était pas ce que je souhaitais vraiment faire.
Alors que des personnes sortant de prépa littéraire se vautraient...

Bref, au final, ce que j'essaie de dire c'est qu'il ne faut absolument pas perdre confiance en toi et si tu arrêtes de te dévaloriser comme j'ai pu le faire, je suis certaine que tu peux aller très loin. Ce n'est pas du tout facile; on part de zéro mais quand on veut on peut. Moi la gamine qui avait beaucoup de misère à avoir la moyenne au collège ;)
34 ans 3170
3 alors :roll:
34 ans 3196
Je voulais juste te dire une chose Kimmy-kim :

Je sais que la société contemporaine nous met souvent la pression sur le boulot (il faut un travail stable avant trente ans, pour l'épargne, la baraque etc.) mais il faut relativiser. Tu es jeune. Tu n'es pas en retard ou je sais pas quoi, tu as encore de longues longues années devant toi. Van Gogh ou Gauguin se sont mis à la peinture "seulement" vers 30 ans, Boulgakov (un auteur russe que j'adore, l'un des plus grands selon moi) s'est aussi lancé dans la littérature à la trentaine...
Tout ça pour dire que tu as le temps de faire ce qui te plaît et te passionne. J'ai croisé beaucoup de gens à la fac qui ont fait ou repris des études "sur le tard". Un chargé de TD en histoire de l'art antique notamment, qui avait plaqué sa brillante carrière d'avocat pour tout reprendre du début, de la première année au doctorat. Ce mec était remarquable de passion, il excellait dans sa discipline, et surtout, il semblait très heureux de son choix de vie.

Bref, ton projet d'enseignement n'est pas inaccessible, loin de là. C'est un projet sérieux, qui demandera de la rigueur et du travail, mais c'est possible, sois-en convaincue.

Plein de courage à toi :kiss:
46 ans à la maison ! 10072
Je dirai même... au contraire !
Plus tu as d'expérience de la vie, plus ce qu'on t'enseigne à la fac ou à l'IUFM te paraîtra avoir du sens. Alors certes, plus on vieillit, moins on a de facilités de mémoire ou de concentration, mais tu n'en es pas là !!

N'écoute pas ceux qui te dises que tu n'y arriveras pas. Ou écoutez-les... et prouve-leur le contraire...

Et puis, même si tu échoues... et bien ce n'est pas grave ! C'est ta vie et ce que tu fais, les expériences que tu fais, ce n'est jamais perdu.
K
31 ans Normandie, represent! 102
Merci Merci à toutes pour vos réponses! Je suis entrée en réflexion depuis le jour où j'ai posté ici! J'ai décidé d'y aller, de foncer et de faire mes études en fac, lettres pour être plus précise. Je n'en ai parlé à personne, sauf mon compagnon, du coup j'ai moins de pression.
J'ai définit un projet professionnel (dans les grandes lignes), j'aimerai soit enseigner la littérature en france, soit enseigner le français à l'étranger. Je me sens plus zen vis à vis de l'apprentissage en lui même.
Par contre j'ai très peur de l'aspect financier, de ne pas trouver de job d'appoint, de devoir me reposer sur mon compagnon pour les dépenses du ménage ou pire, de devoir demander à mes parents de l'aide. Je me renseigne, je recherche des solutions, on verra bien :lying: . Je vous tiens au courant!
L
36 ans 37
Lalwende a écrit:
C'est quoi, ton rêve ? LE projet. Celui que tu rêverais de mener à bien sans jamais oser t'y atteler ?

Parce que m'est avis qu'il n'y a que ça de vrai dans la vie : essayer de réussir ce dont on rêve, et ce peu importe le domaine (il n'y a pas que les études...).
Pas les plans que les gens ont dessiné pour nous.

Et pour ça on a toute une vie, et droit à un nombre incalculable de faux départs et de mauvaises réceptions.

Donc, zen, tu as toute ta vie pour te fixer des challenges à relever, et même pour ne pas réussir sans avoir à en rougir.

pouce vert lol!!! j'ai l'impression d'entendre mon père!!! tout a fait d'accord!!! la confiance en soi la clé de la reussite!! ;)
R
36 ans 835
Je suis EXACTEMENT comme toi, je complexe à cause de mes etudes car je reve d'un master ou d'un doctorat...

J'ai décroché mon bac s mention bien en européenne... en 2001!!!! j'ai été en fac de medecine, mais j'etais tellement malade de boulimie, que j'ai échoué (je vomissais des tas de fois tous les jours, avec des tonnes de grosses crises c'etait affreux). la boulimie a ensuite gaché toutes mes études, et moi la brillante bacheliere je me suis retrouvée enfermée 3ans dans un Hopital Psy, a faire Tentative de suicide, sur tentative de suicide.

Finalement en 2005, apres une TS carabinée et une isolation de longue date en HP, je sors de là et je passe mon permis, a 23ans, et je me lance en bts assistant de manager. je l'obtiens en 2007, mais je me suis trompée de voie, je DETESTE le secrétariat. finalement je me retrompe de voie : je vais en ecole d'infirmiere mais vu la formation de bourrin, je ne suis pas assez solide physiquement et psychologiquement surtout. Je me barre au bout de 8 mois. J'enchaine avec une formation afpa, sans grande conviction.

Mon chéri, qui est la perle rare et l'homme de ma vie, me dit d'aller en fac et en plus il me soutient financierement!!!! Je me lance en fac d'anglais et ENFIN, ca marche du tonnerre. Je suis meme enceinte cette année et je vais jusqu'au bout, avec un bidou a exploser. Et je vais continuer. Tout ca pour te dire de ne pas perdre espoir, j'ai 29ans , enceinte, et je suis en L1 mais crois moi je mets la patée a tous ces jeunes lool et je suis vraiment determinée. Avec de l'experience, en plus, on reussit beaucoup mieux en fac meme si on se sent un peu rouillée...
Donc : NE PERDS PAS ESPOIR, on l'aura ensemble notre master, meme si t'es un peu plus jeune que moi!
74 ans 2403
OP, tu parles de l'enseignement, plus précisément, enseignement de quoi ?

Au lycée, à partir de la 1ère et alors que jusqu'alors j'étais bonne élève, j'ai fait une dépression, je séchais les cours ou quand j'y allais, je n'écoutais pas, j'étais "absente", je ne révisais rien, je n'avais aucun projet de toutes manières, si bien que j'ai échoué le bac S à deux reprises.
Inscrite ensuite en candidate libre avec le CNED, je n'arrive pas à me motiver et ne me présente même pas aux examens.

Et puis, à 23 ans, je m'inscris au DAEU littéraire, un équivalent du bac que j'obtiens avec mention très bien.
Je m'inscris en alors fac d'économie, car j'avais envie "de faire des maths, mais pas des trop difficiles". 0% de réussite pour les candidats venant de DAEU. Un peu tête brûlée mais pas tout à fait rassurée, j'y vais quand même. Résultat : ma licence obtenue en 3 ans sans accroc.

Pendant ces 3 années je me mentais à moi-même en me disant que j'irais m'ennuyer à bosser dans une banque, que c'est pas la panacée mais qu'il y a quelques débouchés et que je ne vais pas faire la fine bouche parce qu'il y en a plein, des gens qui ne font pas le boulot de leurs rêves.
Mais c'est parce que je ne voulais pas voir, pour des raisons bien trop longues à relater ici, que ce qui me faisait vibrer, c'était la pédagogie, l'enseignement.
En même temps, tous les enseignants de mon entourage, lorsque je me hasardais à leur parler de cette éventualité, me déconseillaient fortement de m'y engager. Alors j'ai arrêté d'en parler, et j'ai gardé mon projet secret. Enfin j'entrevoyais un avenir gai et qui me ressemble.
Ainsi, au moment des inscriptions au Master, j'ai surpris tout le monde car jusqu'au dernier moment, je parlais d'un sombre master finance (beurk) alors qu'en réalité je m'étais inscrite à l'IUFM en master enseignement du premier degré (prof des écoles).

J'arrive sur la fin de mon M1, je devrais normalement être en M2 en septembre (je suis major de promo) et je me dis que ce virage a été la meilleure décision de ma vie, et tout le monde aujourd'hui le reconnaît, même ceux qui déchantaient au départ.

Donc je dirais que si tu ressens cette vocation de l'enseignement, vraiment, n'hésite pas, tu as tout à gagner.
74 ans 2403
Oubliez ma première question, je n'avais pas vu la dernière intervention de Kimmy_kim, perdue dans le flot des réponses. :lol:

Bonne route à toi !
B I U


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