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Comment aider une amie boulimique ?

H
24 ans 1
Bonjour,
j'ai une amie dont je suis plutôt proche, qui commence a être boulimique, et je ne sais pas quoi faire pour l'aider.

Elle refuse parfois de s'alimenter, ou alors très peu,  
elle se fait vomir, et c'est le début, elle a fait que quelques crises, mais cela ne va pas en s'arrangeant. Je n'ai pas envie qu'elle plonge dedans, je veux qu'elle s'en sorte, et je pense que le plutôt possible est le mieux.

Comment lui faire comprendre qu'elle n'est pas grosse et que c'est pas un gâteau qui va lui faire prendre 10 kilos ?!

Je ne sais pas trop comment l'aider, elle vois déjà un psy (pour d'autre raisons) mais par honte de lui en parler, elle lui a écrit une lettre (un grand pas pour elle car elle a honte, j'ai trouver l'idée très bonne).
Pour ne pas arranger le tout, elle a beaucoup de problèmes et n'est pas bien dans sa peau...
J'aimerais bien l'aider de mon coté, ou au moins savoir comment réagir quand elle m'en parle.

Je devrais plutôt lui parler des conséquences effrayante ?Essayer de la faire parler ? Lui montrer des témoignages ? Lui écrire un "texte" avec ce que je ressent, ce qu'elle risque, des explications, ce genre de trucs ?
Bref j'ai énormément d'idées mais je ne sais pas quoi faire, d'un coté je suis prête a tout pour qu'elle arrête, mais si je n'utilise pas la bonne méthode et que cela empire, c'est pas ce que je veux, je préfère être sure.

Aidez moi s'il vous plait !
48 ans 35 10308
Je trouve ta démarche très touchante, tu es une bonne amie et c'est important d'avoir des gens sur qui s'appuyer. Ceci dit, je crois que c'est compliqué pour quelqu'un d'extérieur de faire entendre raison à une personne dans la situation de ton amie. La décision de se faire aider et de s'en sortir elle ne peut venir que d'elle-même. Fais attention, si tu la "bouscules" trop, même avec les meilleures intentions du monde, elle pourrait en arriver à te repousser.

En particulier si elle a d'elle-même une vision très déformée, je ne pense pas que tu puisses toute seule arriver à la convaincre qu'elle n'est pas grosse par exemple, elle pourrait penser que tu lui mens ou que tu ne la comprends pas. Tes intentions sont très belles mais tu risques d'être maladroite.

C'est très bien qu'elle soit déjà suivie par un psy, je pense qu'elle a besoin d'une aide professionnelle en effet, l'idée de la lettre est très bonne, le fait qu'elle t'en parle est bon signe aussi, elle semble avoir la volonté quand même de s'en sortir. A mon avis ce que tu peux faire pour elle c'est être là, l'écouter, lui dire que tu comprends qu'elle vit des choses difficiles, lui dire que tu es là pour elle, que si elle a besoin de toi tu es là, et attendre ensuite que ça vienne d'elle. L'encourager éventuellement à en parler avec son psy, mais en essayant de ne pas lui faire "la morale" (je suis sûre que ce n'est pas ce que tu fais, mais je pense que c'est important de ne pas "nier" ce qu'elle ressent, si elle est sincèrement persuadée d'être trop grosse elle ne t'écoutera pas si tu dis le contraire, ne pas lui faire des remarques sur ce qu'elle mange ou ce qu'elle ne mange pas, etc...).

Tu es son amie (et c'est énorme!) mais tu n'es pas psy ni médecin.

Voilà en tout cas mon avis, j'espère que tu auras d'autres témoignages, peut-être qui n'iront pas dans le même sens! ;) Je ne suis pas sûre qu'il y ait de "bonne" solution, ou qui marchent à tous les coups. En tout cas encore une fois montre lui ton amitié et ton soutien, ta présence, en essayant de ne pas être dans le jugement.

Bon courage à toutes les deux, tiens nous au courant?
A
28 ans Paris 72
Déjà c'est très touchant venant de ta part de vouloir l'aider! :-)

Après je te répondrais un peu la même chose, tu peux être là pour la soutenir mais tu es son amie et non pas son thérapeute. Elle seule pourra véritablement se soigner, avec l'aide d'un médecin.

C'est très bien qu'elle soit déjà suivie par un psy, et encore mieux qu'elle est osée lui en parler. Je pense que c'est très difficile de franchir le cap et d'oser parler de ce symptôme perçu comme honteux... Beaucoup de boulimiques se cachent pendant des années et vivent comme ça, sans en parler et demander de l'aide. Tu peux déjà la valoriser par rapport à sa démarche, ça ne pourra que l'encourager à se faire soigner. Et puis dédramatiser aussi ! Parce que la boulimie est une maladie, et qu'il n'y a pas de culpabilité à avoir. Lui dire qu'elle n'est pas la seule, que beaucoup de femmes (et d'hommes!) en souffrance rencontrent ce genre de problème.

Citation:
J'aimerais bien l'aider de mon coté, ou au moins savoir comment réagir quand elle m'en parle.
Je devrais plutôt lui parler des conséquences effrayante ?Essayer de la faire parler ? Lui montrer des témoignages ? Lui écrire un "texte" avec ce que je ressent, ce qu'elle risque, des explications, ce genre de trucs ?
Bref j'ai énormément d'idées mais je ne sais pas quoi faire, d'un coté je suis prête a tout pour qu'elle arrête, mais si je n'utilise pas la bonne méthode et que cela empire, c'est pas ce que je veux, je préfère être sure.

Si je peux te donner un conseil (et je sais qu'il n'est pas forcément facile à appliquer, surtout si tu es proche d'elle et que tu es inquiète) : ne la flique pas. Je te dis un peu ça par rapport à mon vécut donc ce n'est pas un conseil très objectif, mais bien souvent j'ai regretté d'en avoir parlé à des amis ou de la famille proches quand après je me sentais surveillée en permanence. Même si ça part d'une bonne intention les réflexions du genre : "Tu viens à table mais tu ne manges pas? Tu as mangé au moins aujourd'hui?", "Tu t'es fait vomir? Qu'est-ce que tu avais mangé?", "Pourquoi tu vas aux toilettes?" etc... Pour ma part toutes ces réflexions m'oppressaient et renforçaient mon angoisse.
Lui parler des conséquences effrayantes, je pense pas que ce soit vraiment le rôle d'une amie. Les médecins s'en chargeront. Et puis toute personne atteinte de TCA sait au fond d'elle qu'elle fait du mal à son corps je pense... Si tu lui parles comme ça, elle risque de penser que tu lui fais la morale.
Le plus important me semble-t-il, c'est qu'elle sente que tu es là pour elle, que tu ne la juges pas, que tu es prête à l'écouter et que tu entends sa souffrance.

Du courage à vous deux !
26 ans Ici 284
Happily a écrit:
Je devrais plutôt lui parler des conséquences effrayante ?Essayer de la faire parler ? Lui montrer des témoignages ? Lui écrire un "texte" avec ce que je ressent, ce qu'elle risque, des explications, ce genre de trucs ?
Bref j'ai énormément d'idées mais je ne sais pas quoi faire, d'un coté je suis prête a tout pour qu'elle arrête, mais si je n'utilise pas la bonne méthode et que cela empire, c'est pas ce que je veux, je préfère être sure.


Je n'ai peut-être pas de tca, mais des gros problèmes de stress et des sortes de cycles crises où je me mutile dont je n'arrive pas à me sortir. Honnêtement, si on me parlait de conséquences effrayantes ça me ferait encore plus stresser, car les conséquences je les connais déjà et elles me font peur, même en ayant peur de ça ce n'est pas un stimulant assez efficace que pour arrêter de me torturer. Ce dont souffre ton amie n'est pas juste une mauvaise habitude dont on peut se débarrasser en "se stimulant", le travail qu'elle doit effectuer et au cours duquel elle a de grande chance de s'en sortir (en trouvant la source précise de son problème avec son thérapeute), elle doit l'effectuer elle et elle seule. La place adéquate, je crois que tu l'as déjà: l'écouter quand cela ne va pas, la rassurer, l'épauler. (Mais surtout pas la forcer à parler! Ça fait un bien fou de vider son sac, mais seulement quand on s'y sent prêt!)
Je ne sais pas si c'est sont cas, mais par exemple quand je parlais à mon ami de ce qui n'allait pas cela me faisait beaucoup de bien d'être écoutée, il s'inquiétait pour moi mais ne savait pas trop me répondre comme toi mais il était présent pour moi et ça me donnait déjà beaucoup de baume au cœur. Je me suis souvent rendu compte que finalement, je n'avais besoin que d'une oreille attentive et que le fait qu'il ne me réponde pas grand chose n'entravait pas le bénéfice de mon vidage de sac. Du coup, je pense qu'il serait intéressant de lui faire par de ton ressenti, son ressenti aussi face à ta présence pour l'aider si tu te poses des questions à ce niveau.

Je ne sais pas si ça peut te rassurer mais dis toi qu'elle est sur une bonne voie, elle voit un thérapeute, se confie à lui (elle surmonte même ses difficultés à s'ouvrir à lui!), a un entourage présent pour elle (toi et peut-être d'autres). ;)
M
90 ans 1565
Je comprends que tu ressentes l'envie d'aider ton amie,je connais bien ça pour l'avoir ressenti(et le ressentir encore,malgré tout!) avec ma meilleure amie qui est anorexique depuis près de 4 ans. Cependant, malheureusement,c'est bien difficile d'aider une personne qui souffre de TCA... Tant que la personne n'est pas prête à s'aider elle-même,toute aide sera inutile. On ne peut pas aider quelqu'un contre sa volonté et c'est encore plus vrai lorsque c'est à cause d'une maladie. Si tu n'as pas été boulimique toi-même,ton amie sera d'autant moins prête à t'écouter à mon sens. Franchement,je ne compte plus le nombre de fois que ma meilleure amie m'a dit que je ne pouvais pas comprendre et finalement,c'est assez vrai. Sauf que bien souvent,les personnes atteintes de TCA ne se sentent comprises que par les personnes atteintes de la même maladie parce qu'elles vont évidemment dans le même sens la plupart du temps.
B I U