Le 31.03.04 Par Anne Stolbowsky

Obésité : l’industrie refuse une règlementation

Face au fléau de l’obésité tant médiatisé, la Direction générale de la Santé (DGS) a proposé 2 mesures :

  • « établir des seuils maximums de teneurs en sucres simples, en lipides et en sel dans les aliments préparés ».
  • « interdire toute publicité pour les produits alimentaires qui ne respecteraient pas cette nouvelle disposition ».
  • Une initiative de santé publique, refusée en bloc par l’Association nationale de l’Industrie agroalimentaire (ANIA).

    sous le prétexte en bois

    : « On ne peut accepter de mettre en place un système de discrimination des aliments, alors que chaque aliment quelle que soit sa composition, a sa place dans une alimentation équilibrée ».

    Il faut savoir cette proposition touche presque tous les produits alimentaires des industriels : charcuterie, plats cuisinés congelés,barres chocolatées et autres confiseries industrielles.., qui sont des aliments gavés de calories vides, c’est-à-dire sans éléments nutritifs (vitamines, minéraux ou nutriments – glucides ou lipides ).

    Pas besoin d’être un expert pour savoir tout çà, il suffit d’aller faire ses courses :

    En lisant les étiquettes, on s’arrache souvent les cheveux : du guacamole avec 0.4 % d’avocat, des raviolis « goût boeuf » farcis à la peau de poulet, les biscuits d’apéritif « saveur fromage », qui contiennet tout sauf du fromage, de la viande aux hormones, des allégés qui contiennent autant de calories que les autres…et j’en passe des faux labels, des étiquettes très trompeuses.

    Le procédé est vieux comme le commerce, simple, et très lucratif pour l’industrie agroalimentaire : fabriquer des produits moins couteux en les bourrant d’ingrédients bon marché en général synthétiques.

    Les marchands de l’antiquité connaissaient déjà le truc : ajouter du sel, qui prend l’eau, qui fait du poids.

    Avec l’industrialisation, puis la médiatisation et la mondialisation, les choses se sont très largement agravées : le produit ne compte plus, seule la façon de le vendre compte.

    Le procédé de fabrication est le plus possible caché du consommateur. Qui a déjà visité une usine à yahourt ? Un abatoir à poulet ? On y colle une étiquette qui fait rêver, un max de pub, et çà vend…

    Changer les produits, les méthodes de fabrications, remettre en question ses profits, ses actionnaires au nom de la santé des consommateurs. Pas question.

    Malbouffe !L’ANIA, comme tous les industriels soucieux de leurs profits et de leur image publique, nous sort donc la carte de l’autodiscipline. Une réaction déjà maintes et maintes fois observée.

    Loin de remettre en question sa course au profit sans âme et sans éthique, l’ANIA reporte la faute de la malbouffe sur les consommateurs eux mêmes.

    Voici les 4 facteurs de l’évolution de l’obésité selon l’ANIA :

  • une « diminution généralisée » de l’activité physique
  • une « surabondance des produits attirants et accessibles au plus grand nombre »
  • un « développement de comportements alimentaires inadaptés à ces nouveaux mode de vie »

    une « évolution des comportements psychologiques et sociaux ».

    Et de conclure : « Il n’y a pas de bon ni de mauvais aliment. Tout aliment a sa place dans une alimentation équilibrée ».

    Je ne suis pas contre imputer une partie des tords au consommateur qui a effectivement un choix. Ne nous mettons pas entant que victime non plus.

    Le problème est d’abord que ce choix est de moins en moins conscient, du à l’intensification des campagnes de pub, et ensuite le choix est de plus en plus restreint : les produits naturels sont de plus en plus évincés, comme par hasard les fruits n’ont plus de gout,sont de plus en plus chers, et de plus en plus de produits « gadjet » et artificiels apparaissent.

    Le choix se restreint donc de plus en plus, pour le consommateur qui n’a ni le temps ni les moyens de courrir marchés après supermarchés, et est bien plus bombardé de pub qu’informé.

    L’ANIA s’engage à suivre des recommandations…

    Pour conclure, la vrai question derrière tout çà c’est : comment imposer plus d’éthique aux gros industriels, qui ont de plus en plus les moyens de tout acheter, y compris de s’acheter une bonne conduite ?

    Loin d’être spécifique au secteur agro alimentaire, le problème se pose pour tous les grands groupes : presse, textile, automobile, éléctroniques, qui ont en toute impunité recours à des pratiques ignobles au nom de la course au profit.

    La seule possibilité à notre portée est de fournir une info, des discussions, des points de vue alternatifs.

    Jusqu’ou iront ils trop loin ? c’est au consommateur de leur apporter la réponse.

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