Le 27.03.22 Par warnweb

Grossophobie : un critère de discrimination à l’embauche

Terme encore trop peu considéré en nos contrées, le principe de « grossophobie » est d’une part ignoré et, plus spécialement ridiculisé par de nombreux experts du droit. Pourtant, la grossophobie est un fait avéré dont les méfaits, en plus d’être banalisés, se déversent impunément dans la sphère privée et parfois même dans les médias.

Comme toutes les discriminations aujourd’hui reconnues par le droit et, par extension, par la société, la grossophobie n’est pas prise au sérieux et ce, bien que ce phénomène ait une incidence grave sur la santé psychique de ceux et celles qui en sont victimes.

Qu’est-ce que la grossophobie ?

© Mairie de Paris

La grossophobie est une forme de discrimination qui désigne une partie de la population très définie. La grossophobie concerne en effet toutes les personnes dont on dit d’elles qu’elles sont « grosses ». Ainsi, toutes les personnes en surpoids – que ce surpoids soit léger ou relevant de l’obésité – sont potentiellement victimes de grossophobie.

Cette discrimination tient au fait qu’on considère qu’un corps sain est nécessairement un corps respectant des proportions pré-définies au nom de critères institués par l’Indice de Masse Corporelle. En un sens, la grossophobie est une discrimination qui discrédite et réduit les personnes atteintes de surpoids au stade de sous-homme du fait de leurs particularités physiologiques.

Au même titre que le racisme ou le sexisme, la grossophobie est une forme de discrimination qui s’étend à tous les domaines, y compris professionnel.

Les personnes en surpoids n’ont pas un accès égal à l’emploi

D’après le droit, le principe d’égalité prévoit que toute personne doit pouvoir accéder à l’emploi dans les mêmes conditions que n’importe quelle autre. Toute personne n’obtenant pas un emploi bien qu’elle réunisse les critères académiques requis est potentiellement victime d’une discrimination imputable à certaines de ses caractéristiques propres.

Or, cette discrimination, naturellement illégale dans le cadre du racisme et du sexisme, est sous-estimée dans les statistiques dès lors où il est question de grossophobie. Une discrimination sous-considérée ne fait alors que conditionner celle-ci au point de la rendre institutionnelle.

Ainsi, de nombreux employeurs se refusent à engager des personnes en surpoids pour des motifs discutables. Ceux-ci estiment qu’une personne obèse est moins capable qu’une autre au prétexte que son poids l’handicaperait. Ce qui, dans la très vaste majorité des cas, n’est cependant jamais avéré.

Bien que le principe d’égalité soit bafoué, le législateur, à ce jour, ne s’est jamais intéressé sérieusement à la question de la discrimination à l’embauche dans le cadre de la grossophobie.

Comment dénoncer la grossophobie ?

À ce jour, les mécanismes légaux à même de dénoncer des actes de grossophobie caractérisés sont pour le moins inexistants. L’État n’a que très peu entrepris dans ce domaine en France.

Néanmoins, vous pouvez vous adresser à certaines associations qui pourraient prendre en charge vos plaintes. Celles-ci pourraient éventuellement monter un dossier si la discrimination est indéniable.

Toutefois, les plaintes se rapportant à une discrimination relative au poids sont le plus souvent déconsidérées. Il ne tient qu’à chacun de militer de sorte à faire progresser la cause de la lutte anti-grossophobie.


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