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Et si on ne ressent pas la faim ?

46 ans à la maison ! 10072
J'ai fait lire le livre de Zermatti à ma mère, qui a bien accroché elle aussi.
Mais voilà, son problème est qu'elle n'arrive pas à ressentir la faim. Elle dit ressentir  
la satiété, mais pas la faim.
Est-ce que vous connaissez des exercices qui lui permettraient de ressentir la faim (à 64 ans, je n'ai pas très envie de lui dire d'arrêter de manger jusqu'à ce qu'elle la ressente...) ?
44 ans Paris 9866
La satiété c'est la fin de la faim, donc comment fait-elle pour la ressentir si elle ne ressent pas la faim pour commencer??
Souvent c'est un problème de mots: qu'entend-elle par faim? ventre qui gargouille? pour moi c'est l'idée que ce serait agréable de déguster tel aliment, là maintenant. Penser favorablement à un aliment, c'est déjà de la faim (pas besoin d'attendre la tête qui tourne)... ;)
S
85 ans 4896
trashrap a écrit:
J'ai fait lire le livre de Zermatti à ma mère, qui a bien accroché elle aussi.
Mais voilà, son problème est qu'elle n'arrive pas à ressentir la faim. Elle dit ressentir la satiété, mais pas la faim.
Est-ce que vous connaissez des exercices qui lui permettraient de ressentir la faim (à 64 ans, je n'ai pas très envie de lui dire d'arrêter de manger jusqu'à ce qu'elle la ressente...) ?


je ne savais pas non plus ce qu était la faim, car je mangeais matin, collation, midi, collation, soir, collation en plus de mes crises de bouffe la nuit.

Je ne pouvais pas affronter cela.

Le seul exercice qui m'a été proposé par la dièt du gros, c'est d 'attendre d'avoir faim pour manger. J'ai du noter ma faim de 0 a 4 (0 pas faim, 4 je mangerais la nappe) et noter tout ce que je ressentais.

Si ta maman n'est pas diabétique, il n'y a pas de souci pour elle a faire cet exercice une journée, fait elle des analyses de sang régulièrement `?
46 ans à la maison ! 10072
Oui, pas de soucis de ce côté-là (mon père l'est, alors ils mangent à heures très régulières).

La satiété pour elle, c'est quand elle n'a vraiment plus envie de rien.

Je vais lui parler de ton exercice, Saralou.
25680
trashrap a écrit:
J'ai fait lire le livre de Zermatti à ma mère, qui a bien accroché elle aussi.
Mais voilà, son problème est qu'elle n'arrive pas à ressentir la faim. Elle dit ressentir la satiété, mais pas la faim.
Est-ce que vous connaissez des exercices qui lui permettraient de ressentir la faim (à 64 ans, je n'ai pas très envie de lui dire d'arrêter de manger jusqu'à ce qu'elle la ressente...) ?


Quand j'ai commencé la RA je ne ressentais ni la faim ni la satiété, j'ai vraiment eu du mal à retrouver ces sensations que j'avais sans doute perdu depuis aussi loin que remontait mes souvenirs.

L'exercice dont parles Saralou est une très bonne idée.

Pour retrouver la sensation de faim j'ai arrêté de manger pendant une journée, enfin je n'ai pas eu à attendre toute la journée car quand le soir est arrivée la faim était bien là et la sensation n'était pas agréable du tout.
Le truc c'est que ta maman est une sénior, et à cet âge là on ressent moins la soif comme la faim, donc ta maman ne doit surtout pas faire ce que j'ai fait.

Donc outre l'exercice cité par Saralou, je conseillerais à ta maman de continuer à prendre ces repas à heure régulière et de bien stopper dès les premiers signes de satiété, pas juste quand elle est pleine.

Et si la faim revient avant le repas suivant elle pourra toujours prendre une petite collation ;)
41 ans 91 1472
L'exercice proposée par Saralou est vraiment parfait. Je le conseille vivement.

Personnellement moi même après 2 ans d'alimentation intuitive (idem RA), j'ai toujours du mal avec la sensation de faim. La sasiété c'est bon. La faim non. En épisode dépressif c'est encore pire. En ce moment, j'ai l'impression d'être en froid avec mon estomac (qui doit etre une entité ayant sa propre volonté, parce que bon... sinon je comprends pas!!)
Donc j'attends d'avoir faim et je mange à des horaires délirants (pti déj quand je le saute pas 10h... repas quand je le saute pas 16h, diner minuit...) mais au moins je la sens un peu.
Mais en faisant ça, je m'expose à des hypoglycémies assez violentes...
La diet de l'hopital (adhérent au gros) me disait que pour éviter les crises d'hyperphagies (qui surviennent rarement le ventre plein), il fallait couper la poire en deux en mangeant à heures régulières en notant la faim. que le corps se régulerait de lui même et apprendrait à avoir faim, le matin, le midi et le soir.
En ce moment je n'ai pas de crises donc je ne le fais pas mais.... je devrai ;-)
S
96 ans 4480
Au tout début de ma RA, j'étais comme ta maman. incapable de savoir reconnaitre ma faim (et ma satiété !)

Au début, je restais sans manger jusqu'à avoir des sensations. J'ai commencé à découvrir les gargouillis, les crampes d'estomac, etc... jusqu'à repérer cette fameuse sensation de faim.

Sans mentir, les premiers jours, je suis restée loooooongtemps sans manger.

Maintenant je sais la reconnaitre sans soucis, j'ai plus de mal sur la satiété.
Pour le reste, je galère, je ne suis pas un modèle. j'en resterai donc là ;)
33 ans 1547
poupoule a écrit:
La satiété c'est la fin de la faim, donc comment fait-elle pour la ressentir si elle ne ressent pas la faim pour commencer??
Souvent c'est un problème de mots: qu'entend-elle par faim? ventre qui gargouille? pour moi c'est l'idée que ce serait agréable de déguster tel aliment, là maintenant. Penser favorablement à un aliment, c'est déjà de la faim (pas besoin d'attendre la tête qui tourne)... ;)


Je suis étonnée aussi car pour ma nutritionniste la satiété n'est pas une "nouvelle" sensation mais la disparition de la sensation de la faim. Elle me dit régulièrement "pas de satiété sans faim". Ça correspond à ce que je ressens même si pour l'instant je suis loin d'être au clair avec le respect de ma satiété, donc peut être que d'autres nuanceraient cela je ne sais pas.

Alors peut-être que ta mère ressent la faim sans pouvoir la nommer, l'identifier?
Ou alors, peut-être que la satiété n'est pas perçue comme étant une absence de faim mais comme une présence de satisfaction qui n'est pas en soi la satiété mais en est un bon indicateur.

Concernant les exercices sur la perception de la faim, celui de Saralou me paraît le plus intéressant.
64 ans ne me paraît pas un âge où il puisse être dangereux si elle a toujours à manger sur elle et qu'elle peut se nourrir si elle se sent mal, mais tu la connais et si tu es inquiète, ça peut être bien de demander l'avis de son médecin.

Dans le même genre, voici un exercice tiré du livre de Jan Chozen Bays (Manger en pleine conscience) qui distingue sept sortes de faim et propose pour chacune d'elle des exercices pour en prendre conscience et les satisfaire.
La faim des yeux, celle du nez, de la bouche, de l'estomac, des cellules, de l'esprit et celle du coeur.
C'est assez intéressant car cette distinction permet d'affiner la sensation de faim sur d'autres aspects de sa présence et de sa satisfaction. (comment la bouche peut toujours être insatisfaite alors que l'estomac, lui, est satisfait, par exemple).

Citation:
Exercice : développer la conscience de la faim de l'estomac

Restez à l'écoute des sensations de votre estomac tout au long de la journée. Comment votre estomac vous signale-t-il qu'il a faim ?

*Soyez attentif à tous les sons, les mouvements, à toutes les sensations de pression, de chaleur, de fraîcheur, etc. qui vous signalent la faim.

*Lorsque vous mangez, quelles sont les sensations qui vous indiquent que votre estomac est vide ? Qu'il est agréablement plein ? Qu'il est trop plein ?

*A part la faim, y'a-t-il d'autres circonstances où vous sentez des tiraillements ou des malaises dans votre estomac ? D'après vous, que se passe-t-il dans ces moments là ?

*A quels moments l'estomac envoie-t-il des signaux de faim ? Ces moments sont-ils prévisibles ? A quels moments de la journée ces signaux sont-ils le plus forts : avant le petit déjeûner, le midi, l'après midi, avant le repas du soir ou au coucher ?

Lorsque vous ressentez la faim, attendez un peu avant de manger. Observez simplement cette sensations que vous percevez comme de la faim. Soyez à l'écoute de vos sensations, de vos émotions et de vos pensées. Est-il facile de retarder volontairement de manger quand vous ressentez la faim ?


Donc peut-être qu'avant de se lancer dans le fait d'attendre la sensation de faim, elle peut commencer par différer sa propre prise alimentaire d'un quart d'heure et essayer de répondre à ces questions à chaque repas. Cela pourra peut être déjà l'aider à nommer ce qu'elle ressent.
C
45 ans 6
Bonjour, je suis nouvelle sur ce forum, mais je préfère poster ici que faire un nouveau topic, car j'ai le même soucis. Je ne ressens ni la faim ni la satiété, donc je souffre d'hyperphagie. Heureusement j'ai découvert le livre Permis de maigrir en 1987 donc je ne m'interdis plus aucun aliment (j'avais 12 ans). En outre, ce livre m'a permis de découvrir que je mangeais pour mes émotions, et il m'a permis de découvrir les légumes (depuis je privilégie les aliments colorés et qui font du bruit, tout en étant pauvres en calories, ainsi je garde un IMC en dessous de 35).
Rester à jeûne pour ressentir la faim j'ai laissé tombé au bout de 4 jours de jeûn car j'avais des malaises très violents. Je n'ai pas encore lu le livre de Zermati car je suis fauchée en ce moment, mais pour savoir si j'ai faim j'utilise des images mentales (1: mon aliment sucré préféré, 2: ma viande préférée, 3: mon fruit "peu sucré" préféré). Donc en premier, je ferme les yeux et j'imagine des pâtisseries. Si ça ne me donne pas envie je m'arrête là et je considère que je n'ai pas faim et que je recherche de la nourriture pour combler un sentiment (ennui, frustration, colère, etc.). Si les images de pâtisseries me donnent envie je passe à l'étape suivante, j'imagine une entrecôte grillée comme j'aime au barbecue, bien juteuse, avec l'odeur et le bruit de la cuisson, et tout et tout. Si ça ne me donne pas envie je m’arrête là (c'est que c'est juste une envie de sucré et comme je ne saute pas de repas, c'est forcément dû à un sentiment et non pas dû à un taux de glycémie trop bas). Si par contre l'entrecôte me fait saliver, je passe à la dernière étape, j'imagine une pomme comme j'aime: ferme, croquante, juteuse, pas trop mûre pour qu'elle garde un goût légèrement acidulé comme les bonbons qui piquent. Si ça me donne envie je mange, sinon je considère que ce n'est pas une vraie faim. J'admets que 9 fois sur 10, je ne franchis pas ces trois étapes, pourtant 6 fois sur 10 je mange quand même. Et malheureusement, je mange jusqu'à ressentir des douleurs atroces donc j'aimerai vraiment trouver une méthode plus simple et plus efficace, comme par exemple ressentir la faim tout simplement. Je ne ressens pas non plus quand mon estomac est vide (c'est un concept qui me fascine parce que ça ne me parle pas du tout). Je ne ressens pas non plus la soif (quand j'ai une violente migraine, c'est le signe que j'ai oublié de boire depuis plus de 36 heures).
Dès que j'ai des sous je vais m'acheter le livre. Depuis 10 jours j'ai commencé un carnet de bord où je note les aliments, l'heure, la sensation de faim de 0 à 5, et la sensation de satisfaction de 0 à 10 (mais en fait je remplis au pif, je n'arrive même pas à comparer la variation de sensations d'un repas à l'autre car c'est vraiment nouveau pour moi de chercher à donner une note).
Désolée pour la tartine. Merci d'avoir pris le temps de me lire. Vos témoignages m'aident beaucoup. Je n'aurais jamais entrepris cette démarche sans vos témoignages intimes et précis. Merci beaucoup :)
C
45 ans 6
Je n'ai pas réussi à éditer mon message pour ajouter un PS : à 12 ans j'ai franchi les 100 kilos, c'est pour ça que j'avais décidé de me renseigner sur une méthode qui ne soit pas un régime restrictif.
47 ans 35 10308
Bonjour à toi et merci pour ton témoignage intéressant.
Je voudrais juste rebondir là-dessus, qui me pose question.
Cardamone a écrit:
Je ne ressens ni la faim ni la satiété, donc je souffre d'hyperphagie.

J'avoue que je n'avais pas fait ce lien de cause à effet (ou du moins, pas dans ce sens-là). Pour moi la faim et la satiété sont des sensations du corps (bien sûr le psychique joue un rôle, mais pour moi ce sont des sensations physiques) et l'hyperphagie est une sensation mentale (difficulté à s'arrêter de manger, besoin psychique de manger souvent, ou autre...).
Pour tout dire, j'aurais plutôt tendance à dire que c'est l'hyperphagie qui inhibe les sensations de faim et de satiété et pas l'inverse. Est-ce que tu as déjà réfléchi à ça dans ce sens-là?

Je ne sais pas si je suis très claire, mais cette phrase en particulier m'a beaucoup interpellée.

En tout cas j'espère que ton chemin te sera profitable, n'hésite pas à partager ici.
C
45 ans 6
Merci d'avoir répondu si vite !

Je ne suis pas devenue hyperphagique du jour au lendemain, ça s'est installé doucement, c'est pour cela que j'ai utilisé la conjonction "donc".

Ça a commencé par des sensations physiques différentes au niveau du corps. D’abord il y a eu perte de la sensation de satiété, mais au début je mangeais simplement un tout petit plus car (sans doute) le corps avait encore ses anciennes habitudes.
Quand je dis "corps" je pense à l'estomac mais aussi au reste :
-aux muscles qui travaillent pendant la mastication (et plus tard, durant les premières années d'hyperphagie j'avais super mal aux muscles de la mâchoire, aujourd'hui j'ai une mâchoire très saillante car les muscles sont hypertrophiés)
-aux yeux (au tout début je savais encore à quoi ressemblait des portions adaptées à mon organisme)
-à l'horloge interne (au début j'avais encore la notion du temps écoulé depuis le début du repas, aujourd'hui c'est flou, je peux restée dix minutes à table comme trois heures, placer une horloge dans la cuisine n'a rien amélioré).

Après la perte de satiété, la première année où je mangeais un peu plus j'ai grossi de 10 kilos (et j'ai grandi de 10 cm), la seconde année j'ai grossi de plus de 40 kilos (et j'ai grandi de 0 cm, en fait ma croissance s'est arrêtée à l'âge de 11 ans).

Angia a écrit:
Pour tout dire, j'aurais plutôt tendance à dire que c'est l'hyperphagie qui inhibe les sensations de faim et de satiété et pas l'inverse. Est-ce que tu as déjà réfléchi à ça dans ce sens-là?
.



Je présuppose que la perte de satiété a provoqué une confusion au niveau de la sensation de faim, et que les deux cumulées ont provoqué une hyperphagie durant une très longue période qui, malheureusement, n'est toujours pas révolue. Mais je ne suis ni médecin ni nutritionniste donc je joue avec des termes que je maîtrise pas forcément très bien. Peut-être qu'effectivement, comme tu le dis l'hyperphagie pourrait précéder la perte de satiété et la confusion de la sensation de faim, mais cette hypothèse ne correspond pas au ressenti que j'ai eu vis à vis de ce trouble alimentaire.

De plus, tu sembles faire une séparation très nette entre le ressenti physique et le ressenti psychique mais dans les deux cas, ne s'agit-il pas d'hormones qui se baladent dans le sang et qui stimulent notre cerveau et nos organes pour dire "y'a faim" et "y'a plus faim", non ? Là j'avoue que je pars dans un domaine que je ne maîtrise absolument pas car j'ignore totalement de quoi je parle. Quand une personne me dit qu'elle a l'estomac vide, je suis fascinée car je n'arrive pas à imaginer comment elle fait pour le savoir... Est-ce que pour cette personne c'est aussi simple que de savoir si elle a le nez bouché? froid aux joues? les pieds mouillés?
Une amie dit tout le temps "les gens confondent avoir l'estomac vide et avoir faim" mais je ne sais pas la différence entre les deux puisque je ne reconnais ni l'un ni l'autre. Ça dépasse complètement mon imagination.

Terra incognita ! :shock:
B I U